thumb|200px|Cavalier kizilbache de la période safavide.

Les Qizilbash (Azerbaïdjanais: Qızılbaş, « Qizilbāsh ») étaient une coalition de groupes soufis militants, principalement composés de tribus turcomanes d’Anatolie et d’IranMazzaoui, Michel B; Canfield, Robert (2002). "Islamic Culture and Literature in Iran and Central Asia in the early modern period". Turko-Persia in Historical Perspective. Cambridge University Press. . ISBN Safavid power with its distinctive Persian-Shiʻi culture, however, remained a middle ground between its two mighty Turkish neighbors. The Safavid state, which lasted at least until 1722, was essentially a "Turkish" dynasty, with Azeri Turkish (Azerbaijan being the family's home base) as the language of the rulers and the court as well as the Qizilbash military establishment. Shah Ismail wrote poetry in Turkish. The administration nevertheless was Persian, and the Persian language was the vehicle of diplomatic correspondence (insha'), of belles-lettres (adab), and of history (tarikh).Blow, David (2009). Shah Abbas: The Ruthless King Who Became an Iranian Legend. I.B.Tauris. ISBN ."The primary court language remained Turkish. But it was not the Turkish of Istambul. It was a Turkish dialect, the dialect of the Qizilbash Turkomans, which is still spoken today in the province of Azerbaijan, in north-western Iran." Quoted from Blow (2009), . et adeptes d'une forme hétérodoxe de chiisme duodécimain. Ils jouèrent un rôle clé dans la fondation de l’Empire safavide au début du . Leur nom, signifiant « tête rouge », fait référence aux bonnets rouges qu’ils portaient, symbolisant leur loyauté envers la dynastie safavide et leur allégeance au chiisme duodécimain. Sous la direction d’Ismaïl Ier, les Qizilbash furent déterminants dans sa montée au pouvoir, bien que des tensions soient apparues par la suite, lorsque l’État safavide se centralisa. Malgré la diminution de leur influence politique, les Qizilbash restèrent une force militaire importante tout au long de la période safavide..

Fuyant la répression de l'empire ottoman, les Kizilbaches restés en Anatolie se réfugient dans les zones rurales et sont de nos jours connus sous le nom d'alévis.

Étymologie vignette|Troupes Qizilbash du Shah Ismail . Peinture datant d'environ 1647, Chehel Sotoun Le mot Qizilbash dérive du turc Kızılbaş, signifiant « tête rouge ». L'expression est dérivée de leur couvre-chef cramoisi distinctif à douze goussets ( ou en persan ; parfois spécifiquement appelé « Couronne de Haydar » / ), signifiant couronne en persan, est également un terme désignant des chapeaux utilisés pour délimiter l'appartenance à un ordre soufi particulier., indiquant leur adhésion aux Douze Imams et à Cheikh Heidar, le chef spirituel (cheikh) de l’Ordre des Safavides conformément à l'ordre de succession duodécimain. Le nom était à l'origine une étiquette péjorative donnée par leurs ennemis sunnites ottomans, mais il fut bientôt adopté comme un signe de fierté...

Origines les qizilbash étaient à l'origine composés de sept tribus turques de langue turque : Rumlu, Shamlu, Ustajlu, Afshar, Qajar, Tekelu et Zulkadar (Dulkadirs/Dhu'l-Qadar). La langue maternelle des souverains de la dynastie safavide était le turcPrice, Massoume (2005). Iran's Diverse Peoples: A Reference Sourcebook. ABC-CLIO. . . The Shah was a native Turkic speaker and wrote poetry in the Azerbaijani language.. De même, la langue des Qizilbash était également le turc ; c'était la langue de l'armée, des tribunaux, du clergé et de la dynastieSavory, Roger M. (2007) . Iran Under the Safavids. Cambridge University Press. . : "Qizilbash normally spoke Azari brand of Turkish at court, as did the Safavid shahs themselves; lack of familiarity with the Persian language may have contributed to the decline from the pure classical standards of former times."Zabiollah, Safa (1986). "Persian Literature in the Safavid Period". In Lockhart, Laurence; Jackson, Peter (eds.). The Cambridge History of Iran. Vol. 6. Cambridge: Cambridge University Press. . . Mazzaoui, Michel B; Canfield, Robert (2002). "Islamic Culture and Literature in Iran and Central Asia in the early modern period". Turko-Persia in Historical Perspective. Cambridge University Press. . . Safavid power with its distinctive Persian-Shiʻi culture, however, remained a middle ground between its two mighty Turkish neighbors. The Safavid state, which lasted at least until 1722, was essentially a "Turkish" dynasty, with Azeri Turkish (Azerbaijan being the family's home base) as the language of the rulers and the court as well as the Qizilbash military establishment. Shah Ismail wrote poetry in Turkish. The administration nevertheless was Persian, and the Persian language was the vehicle of diplomatic correspondence (insha'), of belles-lettres (adab), and of history (tarikh).. La confrérie Safavieh a été créé par le cheikh Safi al-Din Ardabili (1252-1334), originaire d'Ardabil, au nord de l'Iran, en Azerbaïdjan iranien. Cette confrérie était à l'origine un mouvement soufi (mouvement mystique dont les dirigeants étaient héréditaires). Il existe différentes théories sur l'origine de cette confrérie. La confrérie serait née du rassembleent des confréries Akhiyya (turc : Ahilik), Qalandariyya (turc : Kalenderiye), et Zahidiyya selon Bayat Fuzuli ; selon Abdülbaki Gölpinarli, elle serait issue de la confrérie Halwatiyya (turc : Halvetiye). D'après Abdülbaki Gölpinarli, l'ordre a pu pratiquer la taqiya (turc : takiyye) — dissimulation selon les principes chiites — pour être considéré comme sunnite par des observateurs extérieurs. Les Safavieh étaient alors une sorte d'autorité spirituelle mystique et héréditaire. Au , les Safavieh se réclament ouvertement du chiisme et ont développé une théologie militante qui voulait la suprématie du chiisme à la force des armes. Ces Safavides militants disaient être les descendants du imam, Musa al-Kazim The Safavids, Richard Hooker, 1996 (consulté le 28/08/2006).

Les Kizilbaches descendent de la confrérie Safavieh et désignent à l'origine une confédération de sept tribus des marches turcomanes au nord de l'Iran, dans les provinces azerbaïdjanaises, unis par leur croyance dans la doctrine chiite safavide, dérivée de la doctrine Safavieh.

Certaines théories ont été avancées par des chercheurs pour relier les Kizilbaches à certains ordres secrets militants beaucoup plus anciens ; Abdülbaki Gölpinarli, un chercheur turc, voit en eux les Roger M. Savory (réf. Abdülbaki Gölpinarli), Encyclopædia of Islam, « Kizil-Bash », Online Édition 2005.. Les Alévis kizilbaches se rattachent au Hurrémisme, d'après le chercheur Arsak Poladyan. Les Hurrémi (ou Muhammira en arabe ou en turc "les rouges ou drapeaux rouges") sont connus en kurde sous le nom de "Sor hü Ser" (rouge sur la tête). Mehmet Bayrak, chercheur turc de plus de trente ans sur cette question des origines retient aussi en 2017 la thèse suivante: "après l'assassinat de Mazdek (), sa femme Hurrem poursuit la diffusion de ses idées et ses disciples sont désignés par "Hurremdin". Cette croyance qui a marqué l'alévisme kizilbache en Anatolie et en Mésopotamie, a été reprise par le Yarsénisme." Hasim Kutlu note aussi que "l'alévisme qizilbash est une religion qui se dissimule depuis près de ".

Croyances Les Kizilbaches sont les adeptes d'une forme hétérodoxe de chiisme duodécimain.

Les tribus kizilbaches considéraient leurs sheikhs, particulièrement à partir de Cheikh Heidar et de son fils Ismaïl comme des personnages divins, et étaient donc considérés hérétiques par les chiites duodécimains orthodoxes. Il est clair qu'Ismaïl se présentait à ses partisans non seulement comme un représentant de l'Imam occulté mais comme l'Imam caché lui-même, clamant par-là sa propre divinité. Les Kizilbaches allaient alors se battre sans armure, confiants dans le fait qu'ils ne seraient pas blessés, ajoutant Isma'il waliyyu'llah à la Chahada islamique.

Ceci est peut-être dû au fait que les Kizilbaches connaissaient en fait assez peu la doctrine du chiisme duodécimain. Quand Tabriz fut prise en 1501 par exemple, les chefs kizilbaches n'avaient avec eux aucun livre traitant du chiisme duodécimain, et le livre du fameux Allama Al-Hilli fut pris dans la bibliothèque de la ville afin de fournir des éléments sur la nouvelle religion d'État. Aucun ouléma chiite n'a participé à la formation des politiques religieuses pendant les premières périodes de l'État safavide. Cependant, les doctrines ghulāt furent abandonnées et les oulémas chiites duodécimains résidant en Irak et à Bahreïn furent amenés dans le pays en nombre croissant. Initialement, les oulémas ne faisaient que peu de remarques sur les incohérences religieuses du monarque, mais ils ont réussi à faire adopter une version plus stricte du chiisme au cours du siècle suivant.

Organisation et terminologie Les Kizilbaches devaient en effet obéissance à leur chef qui était leur murshid-e kamil ("directeur spirituel suprême), puis après l'établissement d'un royaume, comme Padichah ("roi"), modifiant ainsi la relation religieuse entre un guide et ses partisans en relation politique entre un souverain et ses sujets. Conséquemment, tout acte de désobéissance d'un soufi kizilbache contre son grand maître spirituel pouvait être considéré comme un (en persan:na-sufigari, conduite impropre d'un soufi); comme lorsque Chah Abbas fit mettre à mort des Kizilbaches en 1614.

La terminologie kizilbache comporte deux types de partisans : Kizilbache: soldat « spirituel » au service du shah Chahseven : par opposition, soldat associé de manière « matérielle » au shah (signifie en turc "celui qui aime le Chah").

Les tribus kizilbaches étaient nomades ou semi-nomades, essentiellement des tribus turques. À la tête de chaque tribu se trouvait un khan. Pour devenir khan, un bey devait remporter une victoire militaire. C’était parmi les khans que le souverain prenait ses gouverneurs généraux (Beylerbeyi). Ses gouverneurs (Hakim) avaient la charge de provinces et districts qu’ils recevaient en fief (Tayyul).

Restant en tribus avant d’obéir au souverain, les Kizilbaches recevaient les ordres de leurs chefs qui selon leur importance avaient rang de Bey, Sultan ou Khan (aussi appelés Amirs). Le chef de l’armée Khanlar Khani (le khan des khans), était généralement le gouverneur de Tabriz (le centre de la province d'Azerbaïdjan oriental).

En temps de guerre, les khans étaient tenus d’apporter au shah le concours de leur tribu. En temps de paix ils alimentaient avec leurs gens le corps des qurtchus, commandé par un Qurtchubashi, garde royale dont l’effectif ne dépassa jamais les six mille hommes. Le Mührüdar était le Garde du sceau royal. Le Khalifa était le représentant du shah comme Titulaire de l’administration de la justice parmi les qizilbashs

Les Khans, réunis, formaient ce qu’on appelait le conseil de Ali Ali Divani car le shah à leurs yeux était le descendant de Ali donc le successeur du prophète et par conséquent le chef spirituel terrestre. Le shah était tenu de prendre conseil pour tout ce qui concernait l’association shahseven. Ali Divani voulait dire aussi le grand conseil. Dans ce conseil était présent le maître des cérémonies de la cour, Yasavul Sohbet.

Tadjiks et Turkmènes Parmi les Kizilbaches, les tribus turkmènes originaires de l'est de l'Anatolie et d'Azerbaïdjan qui ont aidé Shah Ismail à prendre le pouvoir étaient de loin les plus importantes en nombre et en influence. C'est pour cette raison que le nom Kizilbache leur est parfois donnéTadhkirat al-muluk: A manual of safavid administration, traduit par V. Minorsky, Pub. Gibb Memorial Trust, Londres, 1980, . Voici la liste des sept tribus essentiellement turques kizilbaches originelles : Shamlu Rumlu Ustādjlu Takkalu Zol al-Qadr Qajar Afshār Maziar Behrooz, Histoire des Safavides (consulté le 29 août 2006).

D'autres tribus, dont les , Warsāk, ou Bayāt étaient occasionnellement listées parmi les sept grands uymaqs.