Boris Franz Becker, né à Leimen (Bade-Wurtemberg) le , est un joueur de tennis allemand, professionnel entre 1984 et 1999.

Il a remporté six tournois du Grand Chelem, Wimbledon en 1985, 1986 et 1989, l'US Open en 1989 et l'Open d'Australie en 1991 et 1996. Il a également remporté trois fois les Masters de fin d'année en 1988, 1992 et 1995, deux fois la Coupe Davis en 1988 et 1989.

Il fait sensation quand il remporte son premier Wimbledon à en 1985, et gagne un surnom « Boum-Boum », du fait de son service et de son jeu offensifs, basés sur la puissance. Il a atteint la première place mondiale en 1991 et y reste pendant 12 semaines. Sa surface de prédilection était la moquette, sur laquelle il a remporté plus de la moitié de ses en simple. Il compte également 15 titres en double, discipline dans laquelle il a atteint la place en 1986 et a remporté la médaille d'or avec Michael Stich aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

Il connait une après-carrière difficile tant sur le plan personnel que professionnel. En 2022, il est déclaré coupable de quatre chefs d’accusation liés à sa faillite personnelle, et est incarcéré pendant quelques mois.

Il est membre du International Tennis Hall of Fame depuis 2003.

Carrière Débuts Boris Becker commence le tennis très tôt, grâce à un court de tennis construit par son père. À douze ans, il suit un programme d'entraînement intensif, qui lui permet de jouer en ligue professionnelle dès ses dix-sept ans.

1984-1985 : l'explosion au plus haut niveau En 1984, il joue son premier tournoi du Grand Chelem à Wimbledon, où il abandonne au troisième tour (1/16), puis atteint les quarts de finale à l'Open d'Australie, alors joué en décembre sur gazon. A Cologne, il rencontre pour la première fois Stefan Edberg, contre qui il perd sur surface dure en salle. Il est aussi finaliste de l'US Open junior contre Mark Kratzmann.

En 1985, il remporte à la surprise générale son premier tournoi au célèbre Queen's de Londres, puis son premier tournoi du grand chelem à Wimbledon, alors qu'il n'est pas tête de série. Il devient le premier joueur non tête de série à remporter le tournoi, ainsi que le plus jeune à remporter un tournoi du Grand Chelem à et , jusqu'à ce que Michael Chang batte ce record en 1989 à Roland Garros. Il élimine trois têtes de série sur son parcours et renverse plusieurs situations compromises, d'abord en seizièmes de finale face à Joakim Nyström, qui sert deux fois pour le match et passe à deux points de la victoire (3-6, 7-6, 6-1, 4-6, 9-7). En huitièmes de finale contre Tim Mayotte, il est mené deux sets à un, puis en demi-finale Anders Järryd gâche une balle de deux sets à zéro dans le tie-break du second set.

Il parvient dans la foulée à remporter le tournoi de Cincinnati contre le récent vainqueur de Roland-Garros, Mats Wilander. Il termine l'année avec une nouvelle finale dans un tournoi, à Wembley, cette fois-ci perdue face au numéro un mondial Ivan Lendl. Il finit la saison en tant que numéro six au classement mondial.

1986 : numéro deux mondial En , il parvient en finale des Masters, où il échoue à nouveau face à Lendl. Deux mois plus tard en finale du tournoi de Chicago, il bat le joueur tchécoslovaque pour la première fois. Il défend son titre à Wimbledon et défait à nouveau Lendl en finale, en trois sets secs ; il est toujours à l'heure actuelle le plus jeune joueur ayant conservé un titre du Grand Chelem ( et ).

Après un été brillant où il remporte l'open de Toronto, il déçoit en demi-finale de l'US Open face au surprenant Miloslav Mečíř. Cette défaite dans un tournoi majeur est d'autant plus surprenante qu'il conclut brillamment l'année par quatre victoires en tournoi, accédant ainsi à la deuxième place mondiale, derrière Lendl. Ce dernier consolide son rang avec une victoire face à Becker aux Masters joués cette fois-là en décembre.

1987-1988 : deux années moyennes L'année 1987 le montre plus en retrait, avec la perte précoce de son titre à Wimbledon, au deuxième tour face au méconnu Peter Doohan. Il gagne cependant trois titres en tournoi (dont le Queens en trois sets 6-7, 6-3, 6-4 face à Jimmy Connors avec une balle de match spectaculaire) et parvient à se maintenir à la cinquième place mondiale. Son meilleur résultat en grand chelem est une demi-finale à Roland Garros.

En 1988, il arrive jusqu'en finale à Wimbledon, où il échoue face à Stefan Edberg, alors qu'il vient de le battre deux semaines plus tôt au tournoi sur gazon du Queen's. Cette même année, il aide l'Allemagne à remporter la Coupe Davis pour la première fois, avant de terminer l'année en beauté par une victoire aux Masters en cinq sets face à Lendl. Il termine l'année numéro quatre mondial.

1989-1991 : le sommet 1989 est certainement le sommet de sa carrière : il remporte la World Team Cup à Düsseldorf, compétition par équipe qui se déroule sur terre battue. Il gagne pour la troisième fois Wimbledon en battant Stefan Edberg en finale, et son unique US Open, en remontant de deux sets à rien et en sauvant deux balles de match au contre Derrick Rostagno pour finalement battre en finale le numéro un mondial, Ivan LendlVideo des 2 balles de match, www.youtube.com. Il conclut l'année par une seconde victoire en Coupe Davis, contre la Suède. À cette occasion, il écrase en trois sets Stefan Edberg et Mats Wilander. Il remporte pour la seconde fois le tournoi de Bercy à nouveau contre Edberg mais il perd la finale du Masters de New York, toujours contre son éternel adversaire suédois. Pour autant, il n'a probablement jamais aussi bien joué qu'en cette fin d'année 1989. Comme en 1986, il redevient le dauphin de Lendl au classement mondial. À Roland Garros, il atteint les demi-finales où il perd contre Edberg en cinq sets. Jamais il n'aura été aussi près de la finale et du titre. Ne pas avoir remporté ce tournoi reste sans surprise la plus grande déception de sa carrière.

Bien que menant largement dans le total de leurs rencontres (25-10), Becker s'incline plus souvent contre Edberg dans les très grands rendez-vous en Grand Chelem (1-3). C'est ainsi qu'il perd en cinq sets la consécutive qui oppose les deux joueurs à Wimbledon en 1990. Il se maintient cependant au deuxième rang mondial grâce à cinq victoires en tournoi et deux demi-finales à l'US Open et aux Masters. Au Masters 1990 il a l'occasion d'être numéro un mondial pour la première fois et en même temps de le faire en fin d'année, mais Edberg en battant Lendl (il perd en finale contre Agassi) en demi-finale a fait échouer ce projet, jamais Becker n'a été aussi déçu dans sa carrièreLéquipe.fr : itw Becker 2017.

En 1991, il parvient en finale de l'Open d'Australie, où il bat Lendl pour être enfin le numéro 1 mondial, la plus grande satisfaction de sa carrière. Il perd à la surprise générale contre son compatriote Michael Stich en finale de Wimbledon. Moins régulier dans les autres tournois, il glisse au troisième rang mondial en fin d'année.

1992-1994 : la déception en grand chelem L'année 1992 se révèle catastrophique pour Becker en Grand Chelem, avec un quart de finale à Wimbledon comme meilleur résultat. Il remporte cependant cinq tournois dont le Masters en fin d'année, et conserve ainsi sa place dans les cinq meilleurs joueurs du monde. L'année suivante est encore plus décevante, et Becker quitte le rang des dix meilleurs joueurs du monde pour la première fois depuis 1985. Toujours décevant en Grand Chelem en 1994 avec aucune finale disputée, il parvient à remporter quatre tournois dont l'Open de Stockholm. Dans ce tournoi, alors classé mondial, il bat en quart, demi et finale les numéros 3, 1, et 2, exploit réalisé depuis par Novak Djokovic et David Nalbandian en 2007. Il termine l'année numéro trois mondial à la suite de sa finale perdue au Masters face au numéro un Pete Sampras. À noter le score très rare où au moins un des deux joueurs parvient à sept jeux ou plus dans tous les sets de 6-7, 7-5, 7-6, 6-7, 7-5 à Wimbledon, victoire contre Andreï Medvedev.

1995-1996 : le regain de forme Il commence l'année 1995 en établissant un record en réussissant cinq aces de suites dans le même jeu alors qu'il était mené 0/40 face à Andreï Medvedev à la Hopman Cup. Becker arrive pour la septième fois en finale de Wimbledon en 1995 mais il est battu en quatre sets par Pete Sampras. Il triomphe par contre à la fin de l'année, au Masters de Francfort, contre Michael Chang. Malgré le gain des deux premières manches en finale du Masters de Monte-Carlo, il s'incline contre Thomas Muster en manquant au passage deux balles de match. Jamais il n'a été aussi près de remporter un tournoi sur terre battue : dans le tie-break du 4ème set, il gâche une balle de match en servant une deuxième balle à plus de 200 km/h sanctionnée d'une double faute.

Il remporte en 1996 son sixième et dernier titre du Grand Chelem : il remonte contre Thomas Johansson un handicap de deux sets à rien (4-6, 3-6, 6-2, 6-1, 6-4) au puis bat Michael Chang en finale de l'Open d'Australie. Boris Becker atteint une nouvelle fois la finale du Masters à Hanovre. Contre Pete Sampras, alors mondial, il livre un duel acharné, d'un niveau de jeu jamais atteint. Sur le score de 3-6, 7-6, 7-6, 6-7, 6-4, Becker s'incline sans aucun regret. Il dit lui-même ne jamais pouvoir rejouer à ce niveau. Il remporte la Coupe du Grand Chelem, sa dernière victoire en tournoi, en battant Goran Ivanišević 6-3, 6-4, 6-4. Redevenu numéro quatre mondial à la fin 1996, il termine cette fois numéro six.

1997-1999 : le déclin Après son quart de finale à Wimbledon en 1997, Becker annonce qu'il ne participera plus aux tournois du Grand Chelem, il rejoue finalement à Wimbledon en 1999 pour y faire ses adieux.

En 1998, il remporte une deuxième fois la World Team Cup en ne jouant cette fois que les doubles. Il arrive en finale du tournoi de l'Open de Gstaad qui a été sa dernière chance de remporter un tournoi sur terre battue, mais il s'incline contre Àlex Corretja.

Il dispute une dernière finale à Hong Kong en contre Andre Agassi, finale qu'il perd 6-7, 6-4, 6-4. Il prend sa retraite quelques mois plus tard, après avoir joué une dernière fois au Tournoi du Queen's en simple et en double avec Pete Sampras et au Tournoi de Wimbledon, où, bien que classé seulement , il atteint le (huitièmes de finale) en battant Nicolas Kiefer et Lleyton Hewitt . Son dernier vainqueur est l'Australien Patrick Rafter . Il quitte donc le tennis avec un palmarès digne des plus grands joueurs de l'histoire, qui comporte en simple et en double. Il joue depuis par intermittence sur le Senior Tour..

Après carrière « Boum-Boum », comme aimaient le surnommer les médias, est aujourd'hui copropriétaire de Völkl, une marque d'équipements sportifs, qui a sous contrat plusieurs joueurs ATP (Radek Štěpánek, Jiří Novák), ainsi que de plusieurs concessions Mercedes en Allemagne. Fin 2007, le champion allemand se lance un nouveau challenge en intégrant l'équipe du site de poker PokerStars pour devenir joueur de poker professionnel.

Son autobiographie, sortie en 2004, s'intitule « Sans filet »Boris Becker "Sans filet", www.ina.fr.

Après sa carrière, il a également participé à des matchs d'exhibition en 2005, comme Michael Stich.

En , Novak Djokovic annonce que Boris Becker va devenir son entraîneur chef pour la saison 2014. En conséquence, Becker abandonne son rôle de commentateur à la BBC. Leur collaboration se termine fin 2016.

Becker devient l'entraîneur d'Holger Rune en .. Il le reste jusqu'en , invoquant un manque de disponibilité de sa part pour le joueur danois pour justifier son départ..

Faillite En , Boris Becker a été déclaré en état de faillite personnelle par un tribunal londonien pour une dette de plusieurs millions d'eurosBoris Becker listed in the public Individual Insolvency Register , The Insolvency Service, 21 juin 2017..