LAndalousie () est une communauté autonome composée de huit provinces, située dans le Sud de l'Espagne.
Elle constitue l'une des dix-sept communautés autonomes du pays : la communauté autonome d'Andalousie (). La Junte d'Andalousie est l'institution qui exerce le gouvernement de la communauté autonome. Le préambule du statut d'autonomie du pays reconnaît l'Andalousie comme une « réalité nationale ». Elle est située dans le Sud de la péninsule Ibérique. Elle est bordée au nord par l'Estrémadure et Castille-La Manche, à l'est par Murcie, au sud par la mer Méditerranée, l'océan Atlantique et à l'ouest par le Portugal. La province fut le dernier bastion de la période de domination musulmane de la péninsule Ibérique, Al-Andalus (dont l'Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n'a longtemps été qu'une petite partie), et la prise de Grenade en 1492 marqua la fin de la Reconquista. L'Alhambra y reste le plus important témoignage architectural de cette période.
Géographie
vignette|Les oliveraies : paysage typique de l'Andalousie.
L'Andalousie est la deuxième plus grande communauté autonome d'Espagne et la plus peuplée avec une population de . pour une superficie de , soit une densité de .
Provinces d'Andalousie vignette|Carte des provinces d'Andalousie. L'Andalousie est divisée en huit provinces : Province d'Almería (Almería) (, en 2019) ; Province de Cadix (Cadix) (, en 2019) ; Province de Cordoue (Cordoue) (, en 2019) ; Province de Grenade (Grenade) (, en 2019) ; Province de Huelva (Huelva) (, en 2019) ; Province de Jaén (Jaén) (, en 2019) ; Province de Malaga (Malaga) (, en 2019) ; Province de Séville (Séville) (, en 2019).
Relief et hydrographie Au nord de la région, l'élément principal du relief est la vallée du Guadalquivir, située entre deux chaînes de montagnes, la sierra Morena au nord et les cordillères Bétiques au sud (dont fait partie la Sierra Nevada).
Long de , le Guadalquivir (de l'arabe Wad Al Kabir, « le grand fleuve ») est un des grands fleuves de la péninsule Ibérique, arrosant notamment Séville et Cordoue. Ses principaux affluents sont le Jándula, le Yeguas, le Guadalmellato, le Guadiato, le Genil (qui arrose la plaine de Grenade, venant de la sierra Nevada) et le Bembézar.
Son bassin communique au nord avec la Meseta (région de Castille-La Manche) par le défilé de Despeñaperros (sur la route de Jaén à Madrid).
Les cordillères Bétiques séparent l'Andalousie du Guadalquivir (provinces de Jaén, de Cordoue, de Huelva, de Séville et parties des provinces de Malaga, Cadix et Grenade) de l'Andalousie méditerranéenne (provinces d'Almería, de Malaga et parties des provinces de Grenade et de Cadix).
Les principaux points de passage à travers ces cordillères sont le col du Soupir du Maure (entre Grenade et Motril) et le col d'Antequera (entre Cordoue et Malaga).
Flore et faune
Biogéographiquement, l'Andalousie fait partie de la sous-région méditerranéenne occidentale du bassin méditerranéen.
La végétation typique de l'Andalousie est la forêt méditerranéenne, caractérisée par des plantes vivaces feuillues xérophiles, adaptées aux étés longs et secs. L'espèce dominante de la communauté climacique est le chêne vert (Quercus ilex). Le chêne-liège (Quercus suber), divers pins et le sapin espagnol (Abies pinsapo) sont également abondants. En raison de la culture, les oliviers (Olea europaea) et les amandiers (Prunus dulcis) abondent également.
Le sous-étage dominant est composé d'espèces ligneuses épineuses et aromatiques, telles que le romarin (Rosmarinus officinalis), le thym (Thymus) et le ciste. Dans les zones les plus humides aux sols acides, les espèces les plus abondantes sont le chêne et le chêne-liège, et l'eucalyptus cultivé. Dans les forêts, les feuillus du genre Populus (peupliers, trembles) et Ulmus (ormes) sont également abondants ; les peupliers sont cultivés dans les plaines de Grenade.
Les forêts andalouses ont été très modifiées par les établissements humains, l'utilisation de presque toutes les meilleures terres pour l'agriculture et les incendies de forêt fréquents. Les forêts dégradées deviennent des garrigues arbustives et combustibles. De vastes zones ont été plantées d'arbres non climaciques tels que des pins. Il existe maintenant une politique de conservation claire pour les forêts restantes, qui survivent presque exclusivement dans les montagnes.
La biodiversité de l'Andalousie s'étend également à sa faune. Plus de 400 des 630 espèces de vertébrés existant en Espagne se trouvent en Andalousie. S'étendant sur les bassins méditerranéen et atlantique et adjacente au détroit de Gibraltar, l'Andalousie se trouve sur la route migratoire de bon nombre des nombreux troupeaux d'oiseaux qui voyagent chaque année d'Europe vers l'Afrique et vice-versa.
Les zones humides andalouses abritent une riche variété d'oiseaux. Certains sont d'origine africaine, comme la Foulque à crête (Fulica cristata), la talève sultane (Porphyrio porphyrio) et le flamant rose (Phoenicopterus roseus). D'autres sont originaires d'Europe du Nord, comme l'oie cendrée (Anser anser). Les oiseaux de proie (rapaces) comprennent l'Aigle ibérique (Aquila adalberti), le vautour fauve (Gyps fulvus), le Milan noir et le Milan royal (Milvus migrans et Milvus milvus).
Parmi les herbivores, on compte plusieurs espèces de cerfs (Cervidae), notamment le daim (Dama dama) et le chevreuil (Capreolus capreolus) ; le mouflon européen (Ovis aries musimon ), un mouton sauvage ; et le bouquetin ibérique (Capra pyrenaica, qui malgré son nom scientifique ne se trouve plus dans les Pyrénées). Le bouquetin ibérique perd depuis peu du terrain au profit du mouflon de Barbarie (Ammotragus lervia), une espèce invasive venue d'Afrique, introduite pour la chasse dans les années 1970. Parmi les petits herbivores figurent les lapins - en particulier le lapin européen ( Oryctolagus cuniculus ) - qui constituent la partie la plus importante du régime alimentaire des espèces carnivores des forêts méditerranéennes.
Les grands carnivores tels que le Loup ibérique (Canis lupus signatus) et le Lynx ibérique (Lynx pardinus) sont très menacés et se limitent à la sierra d'Andújar, à l'intérieur de la sierra Morena, Doñana et Despeñaperros. Néanmoins, aucun loup n’a été observé en Andalousie depuis 2013 et son extinction devient officielle en 2023Les loups ont officiellement disparu en Andalousie, lefigaro.fr, . Plus abondants et dans des situations de conservation variées sont des carnivores plus petits comme les loutres, les chiens, les renards, le blaireau européen (Meles meles), le putois européen (Mustela putorius), la belette pygmée (Mustela nivalis), le chat sauvage européen (Felis silvestris) , la genette commune (Genetta genetta) et la mangouste d'Égypte (Herpestes ichneumon).
Histoire Préhistoire vignette|Maquette du site archéologique de Los Millares. L'agriculture est présente dès le millénaire en Andalousie, apportée par les descendants d'agriculteurs venus d'Anatolie et du bassin égéen par le courant de la céramique cardiale.
Par la suite, la culture archéologique de Los Millares (âge du cuivre) se propage à travers l'Andalousie orientale et le Levant espagnol entre la fin du et la fin du millénaire Son principal représentant est le gisement éponyme de Los Millares. La culture de Los Millares montre un haut degré de fortification des villages, ce qui contraste avec les populations néolithiques précédentes, dispersées et avec peu de protections ; des nécropoles à l'extérieur des villages, avec une abondance de tombes mégalithiques collectives en forme de tholoi et une différenciation sociale marquée dans les tombes.
Antiquité : Ibères, colonies phéniciennes et province de l'Empire romain Pendant l'Antiquité, l'Andalousie est peuplée par les Ibères.
Les fouilles archéologiques semblent indiquer que les Phéniciens s'installent sur des sites de la péninsule Ibérique vers la fin du ou le début du . Leur venue résulte de la présence dans cette région de riches mines de cuivre, d'argent et de plomb. La principale fondation phénicienne est d'origine tyrienne, sur des îles de la baie de Cadix (Gadir en phénicien). Des Grecs dont des Phocéens installent également des colonies. Au millénaire , dans l'ouest de l'Andalousie moderne se développe la culture tartessienne qui présente un mélange d'éléments phéniciens et indigènes ainsi que son propre système d'écriture utilisé pour écrire le tartessien. Avec la chute des villes phéniciennes d'origine à l'est, Carthage - elle-même la colonie phénicienne la plus importante - devient la puissance maritime dominante de la Méditerranée occidentale et le partenaire commercial le plus important pour les villes phéniciennes le long de la côte andalouse. Certaines des villes andalouses les plus importantes pendant la domination carthaginoise comprennent Gadir (Cadix), Qart Juba (Cordoue), Ilipa (près de la Séville moderne), Malaka (Málaga) et Sexi ou Seksi (près de l'Almuñécar moderne). L'Andalousie est la principale base de la guerre avec Rome menée par le général carthaginois Hannibal.
La région passe enfin sous l'obédience des Romains. La conquête romaine du littoral méditerranéen et de l'Andalousie s'étend entre 194 et 172 Les Romains ayant vaincu les Carthaginois et conquis l'Andalousie, la région est rebaptisée Bétique. Elle est entièrement intégrée à l'Empire romain. De cette région sont venus de nombreux magistrats et sénateurs romains. Corduba (Cordoue), est ainsi le berceau des Annaei, famille des Sénèques et de Lucain et la région celui des empereurs Trajan et (très probablement) Hadrien.
L'Andalousie est une province prospère, grâce à son agriculture, à la facilité de navigation sur le Baetis et surtout à ses ports facilement aménageables. Elle dispose aussi des mines de plomb et d'argent de la sierra Morena et du Rio Tinto. Elle exporte du blé, du vin, des salaisons, du garum, de l'huile d’olive réputée, emballée dans les célèbres amphores espagnoles. La romanisation se manifeste dans ses nombreuses villes (175 du temps de PlinePline l'Ancien, L'Histoire naturelle, III, 3, dont neuf colonies de droit romain).
Vespasien accorde le droit latin à tous les municipes d’Espagne et crée une assemblée provinciale de la Bétique qui se réunit une fois par an pour célébrer le culte impérial et discuter l’administration de la province. La Bétique reste dans l'ensemble en marge de troubles politiques et des menaces barbares qui touchent l’Empire romain à partir de 161, sauf vers 180, lorsque des Maures révoltés traversent le détroit de Gibraltar et ravagent la province, dépourvue de troupes en tant que province sénatoriale. Le légat Gaius Aufidius Victorinus rétablit la situation.
L'Andalousie wisigothique (507-710)
Avec l'effondrement de l'Empire romain, s'établissent les Vandales et les Wisigoths. À partir de la conquête du royaume wisigoth de Toulouse par les Francs de Clovis en 507, les Wisigoths établissent leur royaume dans la péninsule Ibérique autour de leur capitale Tolède.
Bien que les Wisigoths aient commencé à s'établir en Espagne depuis la fin du , leur installation ne se fait pas sans difficultés. Trop peu nombreux pour occuper toute la péninsule, le peuple wisigoth est surtout établi au nord de la Meseta, entre le Tage et l'Èbre plutôt qu'en Bétique et sur la côte méditerranéenne. Ils se heurtent à la résistance des élites urbaines dans les provinces profondément romanisées de la Bétique et de la Lusitanie.
Les tentatives des Wisigoths pour remettre la main sur la Bétique restent vaines, jusqu’à ce que Léovigild parvienne à s'emparer de l’actuelle Andalousie en 572. Décidé à installer sa lignée, le roi associe à son règne ses fils Récarède et Herménégild, ce dernier étant nommé en 579 duc de la Bétique, dont Hispalis (Séville) est le siège.