Le Relecq-Kerhuon (), en breton Ar Releg-Kerhuon, est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne.
Géographie Les habitants sont nommés les Relecquois ou Kerhorres, du nom de deux anciens villages de la commune : Le Relecq et KerhuonCarte de l'état-major consultable sur Géoportail.
Site et situation
Le Relecq-Kerhuon est une commune de petite superficie située juste à l'est de Brest, et totalement limitrophe côté terre de la commune de Guipavas dont elle est issue (à l'ouest, la vallée du Costour et à l'est, le vallon qui débouche dans l'anse de Kerhuon marquent la limite avec Guipavas, limite qui par contre ne s'appuie sur aucun accident naturel côté nord). C'est aussi une presqu'île entourée par la mer sur trois côtés : la rade de Brest (partie sud-est de la plage du Moulin-Blanc) à l'ouest, rive droite de l'estuaire de l'Élorn au sud (y compris l'anse de Camfrout), anse de Kerhuon à l'est (désormais un étang en raison de la digue de la Pyrotechnie de Saint-Nicolas). Le Relecq-Kerhuon est historiquement située dans l'évêché et la seigneurie de Léon et fait désormais partie de la communauté urbaine Brest métropole océane.
Le Relecq-Kerhuon est en effet l'une des communes fondatrices de la communauté urbaine de Brest, créée en 1974 (devenue en 2015 Brest Métropole). La métropole, compte à ce jour, huit villes : Bohars, Brest, Gouesnou, Guilers, Guipavas, Le Relecq-Kerhuon, Plougastel-Daoulas, Plouzané et totalise près de (2006).
Même s'il subsiste encore quelque activité maraîchère dans le cadre du Groupement maraîcher brestois, désormais Savéol, la commune n'a pratiquement plus de terres agricoles en raison de l'urbanisation liée à la proximité de Brest qui a transformé la commune, jadis cité d'ouvriers et de pêcheurs, en banlieue de cette ville. Depuis 2008, après une période intense de plus de 40 ans orientée vers l'équipement, la volonté d'associer les habitants à des manifestations (dans les rues, dans des cadres extérieurs nouveaux, des chapiteaux...) donne une nouvelle image dynamique, accueillante et culturelle de la ville.
Les transports Le passage de Plougastel ou passage de Treisguinec vignette|Le Relecq-Kerhuon : la cale du passage de Plougastel et, à l'arrière-plan, celle du passage Saint-Jean côté Plougastel-Daoulas. En 1399, les droits du passage (initialement dénommé passage de TréninezTréninez était le nom alors porté par la trève de Saint-Marc, l'actuel quartier de Saint-Marc à Brest ou passage de Treisguinec ou Treisquinet), sont cédés par l'abbaye Notre-Dame de Daoulas, qui les détenait précédemment, à M. Le Heuc, cette donation étant confirmée en 1407 par Olivier du Chastel.
Un hôpital (en fait une maladrerie), dépendant de l'abbaye de Daoulas, aurait existé au Passage de Treisquinet et serait à l'origine du nom de la localité de L'Hôpital-Camfrout (d'où l'homonymie avec le hameau et l'anse de Camfrout au Relecq-Kerhuon) située sur le chemin partant du Passage de Plougastel en direction du sud de la Cornouaille.
Un aveu du indique que l'abbaye Notre-Dame de Daoulas disposait du tiers des revenus du passage de Treisguinec « servant pour passer et repasser entre les paroisses de Daoulas, Plougastel-Daoulas et Guipavas sur la rivière et bras de mer qui dévalle de la ville et port de Landerneau à MulgunC'est-à-dire l'Élorn maritime, le dit passage estant indivis o messire Robert du Louet, seigneur de Coët-JunvalCoëtjunval est situé dans la paroisse de Ploudaniel, Guillaume de Penencoët, seigneur de KeroualParoisse de Guilers et Jean de la Marre, seigneur de KererautActuellement écrit Kererot, village de Plougastel-Daoulas, sous la charge de 18 sols de chevrente solidaire due à la seigneurie du ChastelLa seigneurie du Chastel dominait une bonne partie du Bas Léon (le pays compris entre Landunvez, la pointe Saint-Mathieu et Brest), leur château principal étant le château de Trémazan sur le total du dit passga par chacun an ». Le passage était alors affermé « par Alain Piriou, du village de LesquivitVillage de la paroisse de Plougastel, Guillaume Calvez et Béatrice Kerdoncuff, veuve Hiérome Cavez, demeurant au village du passage de Plougastel, poue en payer par an 27 livres tournois ». vignette|gauche|La cale du passage au Relecq (photo prise avant 1920). Un texte de 1748 indique que l'abbaye Notre-Dame-de-Daoulas percevait les revenus des dimanche, lundi et mercredi de chaque semaine, mais que le dimanche et le mercredi, peu de monde fréquente le Passage alors que « tous les mardis, il passe beaucoup de monde avec chevaux et charges pour le marché de Brest, le jeudi pour le marché de Gouesnou, le vendredi et samedi pour le marché de Brest-Recouvrance ».
La situation péninsulaire du Relecq-Kerhuon a longtemps contribué à isoler la commune, l'estuaire de l'Élorn n'étant franchissable que par des bacs, qui permettaient la traversée entre le passage du Relecq-Kerhuon et le passage de Plougastel-Daoulas, les deux lieux-dits ayant conservé cette dénomination. En 1886, le prix du passage est alors de 0,10 centime pour les piétons et de 0,50 centime pour les voitures : on ne peut passer que deux voitures à la fois. Dans Par les champs et par les grèves, Gustave Flaubert évoque amusé son passage de l'Élorn.
Albert Clouard décrit comme suit la traversée en 1892 :
En 1897, Tancrède Martel en fait cette description :
Le bac à vapeur, mis en service en , ne fonctionnait qu'à certaines heures du jour, ce qui souleva des protestations des habitants, mécontents de la raréfaction du service et de l'augmentation du coût du passage, réclamant même la remise en service du bac à rames ou à voiles antérieur, qui assurait un passage toutes les demi-heures dans la journée. En dehors des périodes de fonctionnement, il fallait faire le détour par Landerneau pour gagner Plougastel-Daoulas ou tout autre endroit de la Cornouaille.
Le passage en bac s'arrêta dès la mise en service du pont Albert-Louppe en 1930, mais reprit temporairement entre 1944 et 1949, pendant le temps d'indisponibilité du pont en raison du bombardement d'une arche pendant la Seconde Guerre mondiale. Il subsiste un café, le « Café de la cale » qui s'appelait antérieurement « Petit Nice ».
La desserte ferroviaire
vignette|Le Relecq-Kerhuon : le viaduc du chemin de fer (ligne Paris-Brest) sur l'anse de Kerhuon en construction (1862). Le désenclavement de la commune a commencé par la construction de la ligne ferroviaire de Paris-Montparnasse à Brest en 1865 qui traverse la commune, laquelle dispose d'une gare ferroviaire. Il fallut construire un viaduc ferroviaire long de , haut de et supporté par 11 arches pour franchir l'anse de Kerhuon. La seconde voie entre Kerhuon et Brest n'est posée qu'en 1887.
La construction du viaduc occupa plusieurs centaines d'ouvriers et fut, pour eux, un travail éprouvant : la dynamite étant utilisée pour ce chantier, un accident pouvait très vite arriver. La roche provenait de quatre carrières de Lampaul-Plouarzel et était transportée par gabarre et déchargée dans l'anse. D'autres pierres provenaient de Saint-Divy, Gouesnou et Guipavas.
Dès la mise en service de la gare de Kerhuon se pose le problème de l'amélioration de la route menant, via cette gare, de Guipavas au Passage de Kerhuon : « Il n'existe actuellement [en 1862] entre Guipavas et ce Passage qu'un chemin fort accidenté qu'on ne peut songer à réparer sur place. Les pentes et rampes qui composent ce chemin ont des inclinaisons qui ne s'élèvent pas à moins de quatorze pour cent ; il y a donc lieu d'exécuter une nouvelle voie entre Guipavas et la gare ».
Au , les ponts sur l'Élorn Au , Le Relecq-Kerhuon est traversé par des axes majeurs du transport routier depuis la construction du pont Albert-Louppe mis en service en 1930 traversé par la route nationale 165 (le boulevard Léopold Maissin connut alors bien des embouteillages) ; puis la construction de la voie express Brest-Quimper-Nantes, celle du pont de l'Iroise (mis en service en 1994) et celle de la rocade est de Brest ont mis fin aux embouteillages mais compartimenté la commune en zones isolées les unes par rapport aux autres en dépit des quelques ponts, grands ronds-points et échangeurs permettant la desserte locale.
Le littoral Du Moulin-Blanc au Gué Fleuri Même si elle est considérée comme une plage brestoise, la plage du Moulin-Blanc, en bordure de la rade de Brest, est en réalité à cheval sur trois communes : Brest pour sa partie nord-ouest, Guipavas pour sa partie centrale et Le Relecq-Kerhuon pour sa partie orientale, aux alentours du lieu-dit « La Cantine », fréquentée par des baigneurs mais principalement par les pratiquants de planche à voile et autres sports nautiques. Le Spadium Parc est une piscine et un complexe aquatique ludique situé en bordure même de cette plage sur le territoire de la commune.
Le long de la rive droite de l'estuaire de l'Élorn alternent falaises et grèves : la pointe Sainte-Barbe, extrémité de la presqu'île Kerhorre offre un point de vue exceptionnel sur la rade de Brest et les ponts Albert-Loupe et de l'Iroise, au niveau du bois de Sapin où la population brestoise venait pique-niquer par le passé ; l'anse de Camfrout au milieu est une grève exposée au sud et, au-delà de la cale du Passage de Plougastel, se trouve la presqu'île du Gué Fleuri.
L'anse de Kerhuon
L'ancienne anse de Kerhuon était le port d'attache des bateaux kerhorres. Dans son Guide du touriste qui date de 1889, Onésime Pradère évoque « les barques de Kerhuon, mollement bercées au roulis, [qui] dorment au pied des promontoires ou glissent sur les ondes scintillantes ». Hippolyte Violeau évoque « ses chantiers et ses écluses bouillonnantes ». L'anse de Kerhuon fut barrée par la construction, due à Antoine Choquet de Lindu, en 1787 d'une digue (reconstruite en 1837) le transformant en un étang d'eau saumâtre vaste de 45 hectares le transformant en parc à bois pour la Marine brestoise (dépôt des bois de mâture et de charpente destiné à la construction et à l'entretien des navires de guerre afin d'en assurer la conservation, enclavation) ; ce dépôt des bois est visité en 1846 par le ministre de la Marine M. de Mackau. Onésime Pradère écrit, toujours en 1889 : « La Marine tient en réserve dans l'anse [de Kerhuon] une valeur de plusieurs millions de bois de constructions dont la bonne conservation est due au mélange, dans des proportions convenables, des eaux douces et des eaux salées ». La pyrotechnie de Saint-Nicolas s'installa sur sa rive orientale à partir de 1875 et l'anse fait toujours partie de son périmètre de protection ; l'anse fut asséchée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et remise en eau ensuite. Le fond de l'anse et sa rive occidentale sont devenus une réserve naturelle ornithologique, refuge de nombreux oiseaux, et un lieu de promenade.
Un projet de construction d'un grand port de commerce ou même d'un port transatlantique destiné à accueillir les paquebots fut même envisagé un temps en 1859 dans l'anse de Kerhuon, mais le projet fut abandonné ; un port transatlantique s'ouvrit bien, mais à Brest, et fonctionna pendant quelques années seulement pendant le Second Empire ; le port de commerce fut édifié à « Brest même » dans l'anse de Porstrein. P. Levot écrit : « La grande superficie de l'anse, la profondeur de l'eau qu'on pourrait y obtenir, en faisant des dragages faciles, et l'interruption à volonté des communications entre elle et la rade (la digue établie à l'entrée de l'anse en est la preuve) permettraient, s'il est nécessaire, de la transformer en un vaste bassin à flot et d'y créer un port de commerce ».
Les conditions de navigation sur la rivière de Landerneau ont toujours été difficiles, même pour accéder à l'anse de Kerhuon ou à la pyrotechnie de Saint-Nicolas :