Le Trévoux est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Situation La commune du Trévoux est une commune rurale appartenant au Pays de Quimperlé. Le bourg est situé à à l'ouest de la ville de Quimperlé et à à l'est de Quimper, sa préfecture de rattachement. Il comporte une agence postale, un grand parc et une bibliothèque.
Relief
La commune est faiblement vallonnée. L'altitude varie entre (fond de la vallée du Bélon) et . Le bourg occupe une colline qui culmine à d'altitude.
Voies de communication et transports Par la voie expresse : sortie 48 direction Bannalec sur la RN 165 (E60), suivre la D 4 vers Bannalec puis la D 22 direction Le Trévoux. Ou sortie Kervidanou, puis prendre direction Le Trévoux (RN 165 - E60).
Par le train : gare SNCF de Quimperlé puis bus TBK ligne 3.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Bélon, le Dourdu et divers autres petits cours d'eau.
Le Bélon sert de limite à l'est avec la commune de Mellac. D'une longueur de , il prend sa source dans la commune de Bannalec et se jette dans l'Océan Atlantique en limite de Moëlan-sur-Mer et de Riec-sur-Bélon, après avoir traversé .
Le Dourdu, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Bélon à Riec-sur-Bélon.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du TrévouxLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Trégunc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Le Trévoux est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimperlé, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols
Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu1,7 %35Extraction de matériaux0,2 %5Terres arables hors périmètres d'irrigation56,2 %1173Prairies et autres surfaces toujours en herbe5,8%121Systèmes culturaux et parcellaires complexes30,9 %645Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants2,3 %49Forêts de feuillus2,9 %60Source : Corine Land Cover.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Treuuou en 1161., Trevou en 1220, Treffou en 1426, Treffvou en 1516, Treffou 1536 et 1574, Treuou en 1630, et Trévon (Carte de Cassini, levés effectués en 1783 pour la carte de Quimper, numéro 172).
Le Trévoux est issu du breton trev « paroisse, trève »., comprendre ancien breton treb (moyen breton treff) « lieu habité »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise (approche linguistique du vieux celtique continental), éditions Errance, Paris, 2003, , p. 300.
Le nom de la commune en breton est attesté sous les formes An Treou, An Treo, et An Treoù-Kernev.On dit aussi traditionnellement en breton An Treou Kerne pour distinguer Le Trévoux de la paroisse et aussi désormais commune du Tréhou qui se dit An Treoù Leon car celle-ci est située en pays de Léon. La forme bretonne normalisée proposée par l'Office public de la langue bretonne est An Treoù-Kerne.
Héraldique
Histoire
Antiquité Des vestiges gallo-romains ont été trouvés à Beuz, Kerbonit et Beuz-an-Dourdu.. « Le vilage de Beuz-an-Dourdu [est] formé de quatre fermes dont deux ont l'apparence de vieilles maisons nobles. Dans la cour de l'une d'elles a été trouvé le petit trésor de 27 pièces françaises du dont M. Le Naour, l'heureux inventeur, conserve encore la presque totalité, en attendant l'offre avantageuse de quelque amateur. Aux issues de la même maison, on reconnaît des substructions gallo-romaines considérables, qui sont sans doute les vestiges d'une villa. Des murs se coupant à angle droit sont visbles à fleur de sol, et la terre est mêlée d'innombrables fragments de tuiles à rebord, de briques (...) » écrit un article datant de 1932 écrit à la suite d'une visite sur place de membres de la Société archéologique du Finistère..
Moyen-Âge
La paroisse du Trévoux (Treuuou) est mentionnée dès le . Elle est née d'un démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Bannalec. Un village de Bannalec à la limite du Trévoux se nomme Kerantrévoux (le village du Trévoux). La paroisse du Trévoux dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille.
En 1161 un premier document évoque Le Trévoux. Dans un document établi de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, la localité du Trévoux est mentionnée : cet acte formalise les droits de l'abbaye sur 3 villages de la localité dont Roz Kéréon (écrite Caer Chéréon)L'histoire d'une commune : Le Trévoux - Georges COURRIC, 1995.
Temps modernes vignette|Carte de Cassini de la région du Trévoux [Trévou] (1783). Vers 1500 la paroisse du Trévoux est créée. Le Trévoux était jusque-là une simple trève de Bannalec. L'église actuelle est construite ; elle fut agrandie par la suite.
Pendant les Guerres de la Ligue, entre 1590 et 1600, la paroisse, comme ses voisines, est dévastée par les deux partis en présence. Les habitants ont fui, les champs ne sont plus cultivés depuis 5 ans.
Dans son roman historique Aliénor, prieure de Lok-Maria, Pitre-Chevalier évoque les « malheureuses familles de Trévoux et de Moëlan, décimées par les loups » à l'époque des guerres de la LiguePitre-Chevalier, "Aliénor, prieure de Lok-Maria", tome 2, 1842, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56212497/f245.image.r=moelan.
En 1759 la paroisse du Trévoux [le nom est écrit Trevou] devait chaque année fournir 20 hommes pour servir de garde-côtes"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne...", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f6.image.r=Pleuven?rk=107296;4.
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Le Trévoux en 1778 :
Révolution française En 1789 le corps politique de la paroisse, constitué de Luc PETIT, Joseph COATSALIOU, Charles LE GAL, Charles LE DEUF, Jean BERTHOU, Mathurin GUILLOU, Joseph DANIELOU, Joseph KERBIQUET, Nicolas LE GAL, Joseph COATSALIOU, Joseph KERBIQUET, Nicolas LE GALL, Joseph COATSALIOU, Maurice POSTEC et Gilles BERTHOU rédige le cahier de doléances. Les auteurs réclament dans ce document : la liberté d'aller moudre nos blés ou on nous grèvera moins ; la liberté de disposer des pieds d'arbres qui se trouvent sur nos fossés ; l'assurance de rester sur nos domaines en payant leurs rentes aux seigneurs sans être obligés de leur payer les bailléesDroit perçu par le seigneur lors du renouvellement du bail. ; la soustraction des rachats en franc fiefs ; que la même mesure ait lieu pour toute la province ; le droit d'avoir l'eau de vie à 30 sous la bouteille comme les privilégiés.
En 1791 Riec-sur-Bélon cède à la commune du Trévoux les villages de Laniscar, Keranmoulin, Beg-ar-Roz, Pen ar Run, Beuz-an-Dourdu, Guengaradec, Benon, Goalichot et Landreign.
En 1793 le manoir de Lanorgard abrita la fabrication de faux assignats..
Le Un rapport du Conseil général du Finistère indique en que Le Trévoux fait partie des 27 communes de plus de 500 habitants du Finistère qui n'ont encore aucune école de filles"Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère", août 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5668228b/f436.image.r=Pleuven?rk=107296;4.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Le Trévoux en 1853 :
Selon un document déposé au Corps législatif 145 des 150 conscrits de Le Trévoux pour la période allant de 1858 à 1867 ne savaient ni lire ni écrire..
Jean François Emmanuel GadonJean François Emmanbuel Gadon, né le à Concarneau, décédé le au Trévoux. fut recteur du Trévoux pendant 31 ans entre 1867 et 1898 : pendant son ministère l'église et les chapelles de la paroisse furent restaurées et admirablement entretenues, un presbytère bâti par ses soins et, doué d'une splendide voix de ténor, il laissa d'unanimes regrets au cœur de ses paroissiens. Sa tombe a été conservée dans le placître entourant l'église paroissiale.
Les Petites Sœurs de saint François d'Assise s'installent en 1873 dans le domaine de Lanorgard.
Le
La Belle Époque vignette|Avis favorable donné par le conseil municipal du Trévoux à l'autorisation d'exercer de la Congrégation de Notre-Dame des Orphelins au manoir de Lanorgard en vertu de la loi sur les Congrégations de 1901 (journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest). Les Carmélites du Trévoux durent s'exiler en Suisse en 1901 envertu de la loi sur les Congrégations..
Le les habitants du Trévoux empêchèrent l'inventaire des biens d'église de la paroisse en s'opposant à l'entrée dans l'église des agents du gouvernement..
La Première Guerre mondiale vignette|Le Trévoux : le monument aux morts.