Selon les données du FMI, l'Inde est en 2022 la puissance économique mondiale (en $) courants avec un produit intérieur brut (PIB) de Mds de $., et de 10210 Mds de $ en parité de pouvoir d'achat (PPA), soit le mondial après les États-Unis et la Chine. La croissance a atteint une moyenne proche de 8 % au cours des et quinquennaux entre 2002 et 2012. Pourtant les défis de l'Inde restent tels que les autorités visent toujours la maximisation de la croissance pour éradiquer la pauvreté de masse qui touchait encore en 2021 60 millions d'Indiens (pauvreté multidimensionnelle selon le PNUD), soit 14,3 % de la population https://www.undp.org/india/national-multidimensional-poverty-index-progress-review-2023 .

Les inégalités de revenus sont en augmentation. En 2016, les 10 % les plus riches disposaient de 55 % des revenus nationaux.. Dans le rapport de 2022 sur les inégalités mondiales, l'Inde fait toujours partie des pays les plus inégalitaires dans le monde. Les auteurs du rapport qualifient l’Inde de « pays pauvre et très inégalitaire, avec une élite aisée ». Les 50 % des ménages indiens les plus pauvres ne possèdent presque rien et la classe moyenne est également relativement pauvre.. En 2024, les 1 % les plus fortunés concentrent 40 % de la richesse totale nationale, le plus haut niveau d’inégalité jamais enregistré dans le pays depuis que les relevés existent..

Selon un rapport de Global Corruption Barometer Asia publié en 2020, l’Inde arrive en tête en matière de corruption en Asie, avec un taux de 39 %. La corruption fait partie de la vie quotidienne des indiens, avec près d’un citoyen sur cinq obligé de payer un fonctionnaire pour accéder à un service public essentiel, comme la santé ou l’éducation..

A cause du poids significatif (45%) du secteur informel dans son économie, secteur dont la taille et la croissance sont difficiles à mesurer, les données économiques indiennes sont généralement considérées comme peu fiables par les universitaires et les experts.

Histoire thumb|Pièce d'argent de l'Empire Maurya, av. J.C. thumb|Pièce d'argent de l'Empire Gupta, Période pré-coloniale (avant 1773) Entre 2800 et 1800 av. J.C., la civilisation de la vallée de l'Indus pratiquait le commerce entre villes. Le commerce des épices est pratiqué depuis l'Antiquité entre l'Europe et l'Asie, par exemple entre l'Empire romain et l'Inde. L'ouverture de la Route des Indes accentue le phénomène à la fin du . thumb|Image de Calicut, Inde dans l'atlas de Georg Braun et Frans Hogenberg Civitates Orbis Terrarum, 1572

Période coloniale (de 1773 à 1947) L'empire britannique établit sa domination à la fin du . Le Mouvement pour l'indépendance de l'Inde dénonce l'exploitation et la mauvaise santé économique du pays.

La période coloniale représente pour l'Inde un fort déclin économique, en comparaison du reste du monde : d'après les statistiques réalisées par l’historien britannique Angus Maddison, la part de l'Inde dans la richesse mondiale est tombée de 22,6% en 1700 à 3,8% en 1952.

Période pré-libérale (de 1947 à 1991) La politique économique après l'indépendance était influencée par la période coloniale mais aussi par le modèle économique de l'Union soviétique (plans à ). La croissance (environ 3,5 % des années 1950 aux années 1980) reste faible au regard d'autres pays d'Asie comme la Chine.

La libéralisation partielle de l'économie depuis 1991 L'Inde a connu un décollage économique plutôt lent dans les années 1980 avant de s'accélérer depuis les grandes réformes entreprises à partir de 1991 sous le mandat du Premier ministre Narasimha Rao et son ministre des finances, Manmohan Singh, qui sera Premier ministre entre 2004 et 2014. Ces réformes sont adoptées en réaction à une crise monétaire et à un déficit commercial important. Elles incluent la libéralisation des investissements étrangers, des réductions significatives des tarifs douaniers, la modernisation du secteur financier, et des ajustements dans les politiques monétaires et fiscales. Le secteur public a cédé la place à des groupes privés de toute taille qui s'appuient sur la vieille tradition des castes marchandes et d'entrepreneurs.

Le processus de réforme a eu quelques effets bénéfiques sur l'économie indienne, y compris des taux de croissance plus élevés, la baisse de l'inflation, et l'augmentation des investissements étrangers. Le déficit commercial a été réduit à 1 % en 2002-2003. Depuis 1991, la croissance indienne a été en moyenne de 5 %, atteignant un record de 8,4 % en 2004. Depuis, le rythme de la croissance économique s'est accéléré : 9,6 % en 2007, 8,7 % en 2008 malgré la crise économique.

Le gouvernement indien, soutenu par la Bolivie, le Venezuela et Cuba, a refusé de signer l'accord sur la « Facilitation des échanges » de l'OMC en , préférant protéger les petits agriculteurs locaux et la sécurité alimentaire du pays..

En 2015, la croissance économique de l'Inde s'accélère. Son PIB au affiche 7,3 %, soit une des plus fortes croissances parmi toutes les économies mondiales. Les secteurs de la production et des services ont contribué à cette croissance. L'Inde passe alors devant la Chine qui affiche alors une hausse de 6,9 % du PIB réel. Près de 80 % du marché du travail est informel.

Les secteurs bancaire et ferroviaire ont commencé à être privatisés. Ces dernières années les budgets de la santé et de l'éducation, déjà très faibles (respectivement 1,8 % et 4,5 % du PIB).., ont été réduits, de mème que d'autres dépenses sociales : aides à l'emploi, allocations aux cantines scolaires, plans pour l'accès à l'eau potable. Sur la question du droit du travail, des amendements votés en 2018 restreignent davantage les activités syndicales et tendraient à faciliter les licenciements et à allonger la durée de travail hebdomadaire des salariés..

Le Fonds monétaire international (FMI) fait état, dans son rapport de 2025, du manque de fiabilité des statistiques officielles indiennes, notamment en ce qui concerne les données du PIB, de la consommation et les niveaux de revenu. Des économistes indiens estiment en 2025 le PIB réel de l'Inde à 2 500 milliards de dollars, contre 3 800 milliards de dollars selon le gouvernement.

Les dynamismes des investissements étrangers Comme les autres États BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l'Union Indienne s'affirme comme un des nouveaux grands pays industriels. Depuis quelques années, les flux d'investissements augmentent rapidement, soit de dollars en 2005, mais de dollars en 2006. La crise financière pourrait ralentir conjoncturellement cette tendance.

Comparée à la Chine, les moteurs de la croissance indienne sont beaucoup plus domestiques. Ils s'appuient sur un taux de consommation intérieur équivalent à 70 % du PIB contre 40 % en Chine. L'investissement est également plus équilibré : 32 % du PIB contre 40 % en Chine, mais le vrai point noir de l'Inde est la faiblesse de ses infrastructures urbaines, d'énergie. et de transport qui induit celle de l'industrie manufacturière. Elle peut par contre s'appuyer sur une classe moyenne estimée à à niveau de vie comparable aux occidentaux.

En 2016, l'Inde, qui réalise d'échanges commerciaux avec l'Afrique souhaite intensifier sa présence sur le continent africain, notamment en ce qui concerne ses ressources énergétiques. En comparaison, la Chine a réalisé de dollars d'échangesEmmanuel Derville, « Après la Chine, l'Inde lorgne aussi les richesses de l'Afrique », Le Figaro, encart « Le Figaro Économie », samedi 9 / dimanche 10 juillet 2016, page 22..

Le taux de pauvreté La croissance soutenue a permis d'augmenter le niveau de vie d'une grosse partie de la population de l'Inde. Cependant, les miséreux des bidonvilles de Bombay ou de Calcutta resteront longtemps très nombreux, même si leur part relative va en s'amenuisant dans cette immense population. En 2017, la Banque mondiale estimait que le taux de pauvreté (fixé à US par jour) était tombé de 38 % en 2007 à 21 % en 2017, soit plus de 300 millions de pauvres..

Ceci a conduit le parti du Congrès au pouvoir depuis 2004 a s'arranger sur une stratégie de "croissance inclusive" en accompagnement de sa politique de libéralisation. Un ensemble de programmes sociaux dans l'éducation, l'emploi (NREGA) ou la santé visent à améliorer la position des basses castes dans le nouveau jeu économique. La préoccupation numéro un du pays est de créer au moins dix millions d'emplois nécessaires chaque année pour absorber l'arrivée massive des jeunes du baby boom des années 1980Planning Commission, Eleventh Five Year Plan, 2008.

Emploi et chômage

La question de l'accès à l'emploi devient cependant un problème majeur. Le nombre d'emplois dans le pays a diminué de entre 2012 et 2019, alors que plus d'un million de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. En conséquence, le nombre de chômeurs chez les moins de a bondi de en 2012 à en 2018. D'autre part, 90 % des emplois en Inde relèvent encore du secteur informel, caractérisé par l’absence de contrat de travail, d’assurance et de cotisation retraiteL’Inde a détruit d’emplois en six ans, Le Monde, 06 novembre 2019.

Chaque année, des millions d’Indiens, parmi les plus défavorisés, quittent leur village pour travailler dans les mégalopoles. Le nombre de ces "travailleurs migrants" se situerait entre et . Cette main-d’œuvre non qualifiée et mal payée est essentielle dans l’économie indienne. Elle est le plus souvent utilisée dans des emplois précaires et parfois dangereux, sans contrat de travail ni sécurité sociale, dans le secteur informel, sur les chantiers de construction, dans les usines, dans les hôtels et restaurants. Le reste forme le bataillon des vendeurs de rues ou de conducteurs de rickshawsCovid-19 : En Inde, la tragédie des migrants « invisibles », Le Monde, 17 avril 2020.

Le système de castes continue d'avoir une grande influence sur le fonctionnement des entreprises. La mainmise des hautes castes sur les bons postes perdure, tandis que les « dalits » sont relégués à des fonctions subalternes. En 2012, 93 % des administrateurs des mille plus grandes entreprises indiennes étaient issus des castes supérieures (qui ne représentent que 15 % de la population). En 2019, une étude américaine portant sur sociétés indiennes cotées en bourse a dénombré trois dalits ou membres de minorités à des postes de direction sur quelque postesLes castes, vilain secret du monde des affaires en Inde, L'Obs, 06 novembre 2020.

Inégalités sociales L'Inde se caractérise par des inégalités sociales très élevées. Le 1 % de la population la plus riche gagne en 2021 plus de 20 % du revenu national total, alors que les 50 % les plus pauvres gagnent seulement 13 % du revenu national total. L’Inde fait désormais partie des pays les plus inégalitaires dans le monde selon Le Rapport sur les inégalités mondiales 2022, qui qualifie l’Inde « de pays pauvre et très inégalitaire, avec une élite aisée »...

Corruption

L’Inde est le pays de la région Asie-Pacifique où dessous-de-table et pots-de-vin sont le plus pratiqués. Les plus pauvres en sont fortement victimes : 73 % d'entre eux sont contraints d'y recourir au moins une fois par an, contre 55 % des plus favorisés, selon Transparency International. Cette corruption facilite l’accès à des services qui devraient être publics : documents administratifs, affaires de police, raccordement à l’électricité, voire soins hospitaliers. Alors que les milieux d'affaires sont mis en cause dans de nombreux dossiers spectaculaires, des hommes d’affaires compromis ont dû fuir le pays et les liens entre milieu politique et financements obscurs nourrissent l’« empire des milliardaires », selon la formule du journaliste James Crabtree..

Secteurs d'activités thumb|300px| Treemap des Exportations Indiennes par produit (2014) à partir de Harvard Atlas of Economic Complexity