L'Angoumois est une ancienne province française, qui a pour capitale Angoulême.
Selon les époques, elle est délimitée, par la Saintonge à l'ouest, le Limousin ou la Marche à l'est, le Poitou au nord, et par le Périgord et la Guyenne au sud. Ses habitants sont les Angoumoisins.
Elle correspond à la partie centrale de l'actuel département de la Charente. Elle comporte également quelques paroisses et enclaves dans l'actuel département des Deux-Sèvres (Pioussay, Hanc et Bouin, issues du marquisat de Ruffec), de la Haute-Vienne (Oradour-sur-Vayres, Cussac, Dournazac, entre autres) ainsi que de la Dordogne (La Tour-Blanche).
Géographie
thumb|center|upright=2|La province de l'Angoumois au et les communes actuelles.
Historique
thumb|La France en 1477.
Cette province est établie sur le territoire de la civitas gallo-romaine dont la capitale est Iculisma, l'actuelle AngoulêmeJean-François Buisson et José Gomez de Soto, Les "écolismiens", les santons et les autres. De l'identité de l'Angoumois celtique et gallo-romain, ou de l'usage contemporain des traditions érudites erronées in .. Elle comprend les pays suivants : Ruffécois, Horte et Tardoire et une partie du Confolentais. Lorsque la maison des Valois-Angoulême accède au trône de France, elle fait partie de ses possessions, avec le Cognaçais. D'abord placée sous l'autorité du comte d'Angoulême, elle est progressivement intégrée, à partir du , à l'administration de la France moderne.
Comme la plupart des autres provinces, ses frontières sont variables, selon que l'on considère ses différentes administrations : le diocèse d'Angoulême, érigé dès le , limité par ceux de Limoges, de Périgueux, de Saintes et de Poitiers. Il s'étend sur quelques paroisses et hameaux de ces derniers. Il ne semble pas avoir été remanié, depuis son premier établissement, jusqu'à la fin du .. L'évêché d'Angoulême était suffragant de Bordeaux. son gouvernement militaire : après avoir fait partie du gouvernement d'Orléans, il est augmenté du gouvernement de Saintonge, pour ne faire qu'un seul et même gouvernement, le gouvernement d'Angoumois et de Saintonge, comprenant un seul gouverneur, un lieutenant général de province, et deux lieutenant du Roi, l'un à Saintes, l'autre à Angoulême. Ils commandent dans les affaires relevant du service militaire du roi. son gouvernement civil, communément appelé province. Dans toute l'étendue de la province, on y juge selon la coutume d'Angoumois, publiée le , sous 10 titres contenant 121 articles. C'est le bailliage et sénéchausséeà noter : on a toujours conservé pour les sénéchaussées le nom des provincia romaines, ce qui fait qu'on peut dire que l'Angoumois est une province aussi ancienne que ses voisines. d'Angoumois. Ce bailliage et sénéchaussée est intégré au Présidial d'Angoulême lors de sa création en 1551. Ses appels sont jugés au Parlement de Paris. jusqu'à la Révolution, il y a également une sénéchaussée à Cognac. Le présidial de Cognac quant à lui est supprimé au milieu du . les gouvernements des deux villes principales : la municipalité d'Angoulême, créée en 1204, sous l'autorité du maire, et la municipalité de Cognac. son administration des finances : elle comprend deux élections, celle d'Angoulême, qui dépend de la généralité de Limoges, et celle de Cognac, qui dépend de la généralité de La Rochelle. L'une et l'autre s'étendent même sur des paroisses ou des hameaux qui ne sont pas de cette sénéchaussée.. En matière de finance, les appels ressortissaient de la cour des comptes, de la cour des aides et cour des monnaies de Paris. À partir de 1710, vient s'ajouter la juridiction consulaire, dont les appels étaient jugés au parlement.
Dates clés de son histoire : Constitution de la cité d'Angoulême à la fin du Unification avec le Périgord et l'Agenais au et devient un comté en 866 Au sommet de sa puissance aux et s (Guillaume III Taillefer et Guillaume IV) Le comté devient l'objet d'une rivalité entre les dynasties princières des Plantagenêts et des Capétiens. Jean sans Terre enlève la toute jeune Isabelle d'Angoulême, fille unique d'Aymar Taillefer, comte d'Angoulême, en 1200. Le roi de France, Philippe Auguste, prononce la confiscation de ses biens continentaux (1202) ce qui déclenche des hostilités (Voir notamment Jean d’Angleterre). Le comté est intégré au Royaume par Philippe Le Bel en 1308. Il passe aux mains des Anglais en 1360 puis est repris en 1373. Mais les Anglais y resteront épisodiquement jusqu'en 1445., en particulier dans les forteresses de La Rochandry et Bouteville. l'Angoumois est érigé en duché-pairie en février 1515 par François ; il devient alors un fief royal et domanial, véritable patrimoine des rois. Angoulême obtient le privilège d'Université (1516). Développement de l'industrie papetière. séjour de Jean Calvin chez Louis Dutillet (1533) à Claix. 1559 : premières églises protestantes. 1576-1588 : troubles de la ligue, siège d'Angoulême, siège de Villebois. Révoltes paysannes aux (impôts, misère, guerres de religion, révocation de l'édit de Nantes. (…) fut rattaché à la généralité de Limoges en 1692 dans le but de mieux contrôler la collecte de l'impôt.
En littérature Le terme Angoumois reste longtemps employé dans le langage courant. On le retrouve notamment dans les romans d'Honoré de Balzac. L'Angoumois, d'où sont originaires Lucien de Rubempré et Madame de Bargeton est la toile de fond des première et troisième parties de Illusions perdues (1836-1843) et de la première partie de Splendeurs et misères des courtisanes (1847)Illusions perdues, première partie et troisième partie, études de mœurs, scènes de la vie de Province, édition Furne, vol.8, , 47, 70 et 407-14-71-86 et vol. 11, ..
Linguistique
Jusqu'au l'occitan est parlé partout en Angoumois. La progression du français vers le sud à l'occasion des repeuplements qui font suite à la guerre de Cent Ans, puis son expansion font décliner l'aire de locution de la langue d'oc dans la région au profit d'un parler d'oïl, le poitevin-saintongeais. Actuellement, une grosse moitié occidentale a le saintongeais pour langue régionale tandis que la moitié orientale - dite Charente occitane - conserve l'occitan (dialecte limousin).
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des comtes et ducs d'Angoulême Gouvernement de Saintonge et Angoumois Histoire de la Charente
Bibliographie
Henri Enjalbert, Aunis, Saintonge, Angoumois, Éd. Horizons de France, 1967 ;
Engoulesme Angoulême au fil de l'histoire, Jacqueline Labregère-Baleix, éd. SAJIC, Angoulême, 1981 ; Une résidence des comtes d’Angoulême autour de l’an mil : Le castrum d’Andone (Villejoubert, Charente). Publication des fouilles d’André Debord (1971-1995), Sous la direction de Luc Bourgeois, 2009, 536 pages couleur, , Publications du CRAHM. (Accéder à la page).
Liens externes
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