Le catholicisme est l'une des trois principales confessions du christianisme, avec le protestantisme et l'orthodoxie. Il reconnaît l'autorité du pape et des évêques en pleine communion avec lui, notamment pour l’établissement et la transmission de la doctrine, et l’organisation du culte. Tout baptisé dans l’Église catholique est considéré comme catholique, sans autres critères d’appartenance. Avec plus de 1,4 milliard de membres en 2023 selon l'Annuarium Satisticum Ecclesiæ, elle est la première Église chrétienne dans le monde, le christianisme étant également la religion majoritaire au niveau mondial.
L'adjectif « catholique », qui renvoie au symbole de Nicée, est interprété par l'Église catholique comme signifiant « se situer dans la continuité d’une tradition bimillénaire de recherche d'unité et d’universalité »Yves Bruley, Histoire du catholicisme, Paris, PUF, Que sais-je 365, 2010, .. La vie des catholiques est marquée par les sacrements : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la confession, le mariage, l'onction des malades, et, pour les diacres, les prêtres et les évêques, l'ordination. Le catholicisme peut être vécu selon divers états de vie et dans une grande diversité de courants et d’organisations. La grande majorité des catholiques font partie de l’Église latine, mais l’Église catholique comprend également 23 Églises catholiques orientales qui ont, entre autres particularités, le droit d’ordonner prêtres des hommes mariésJoseph Coppens, Sacerdoce et célibat : études historiques et théologiques, Duculot, 1971.
Historiquement, l’usage du terme « catholicisme » remonte au pour marquer la différence avec les confessions protestantes au sein de l’Occident chrétien, mais par anachronisme, l’historiographie catholique utilise ce terme pour désigner le christianisme nicéen du premier millénaire organisé en pentarchie, ce qui, conformément à la doctrine de la foi catholique, fait apparaître l’Église de Rome comme seule continuatrice directe de l’Église primitive.
Selon l’Annuaire pontifical 2021, on dénombrait 1,345 milliard de baptisés catholiques à la fin de 2019Annuaire pontifical 2021 | ZENIT, consulté le 27 septembre 2021., ce qui représente une augmentation de de catholiques par rapport à fin 2012. En effet, fin 2012, il y avait 1,228 milliard de baptisés dans cette Église. Entre fin 2012 et fin 2013, le nombre de catholiques a augmenté de 2,12 %. La croissance du nombre de catholiques, légèrement supérieure à celle de la population mondiale, a tendance à s'accélérer : entre 2005 et 2019, le nombre de catholiques a augmenté de 20,6 %, soit de personnes. Ces baptisés ont des pratiques, des convictions et des engagements religieux extrêmement variables : Étienne Fouilloux, « catholicisme » in Régine Azria et Danièle Hervieu-Léger (dir.), Dictionnaire des faits religieux, Paris, PUF, Quadrige Dicos poche, 2010, ..
Le catholicisme est présent dans presque tous les pays du monde, principalement en Europe, en Amérique et en Afrique subsaharienne, beaucoup moins en Asie et dans le monde arabo-musulman. Il enregistre un déclin dans les pays occidentaux et une forte progression en Afrique et en Asie. En 1978, le monde comptait environ 18 % de catholiques contre 17 % en 2004D'après l'édition 2009 du World Fact Book de la CIA, les catholiques représentent 16,99 % des d'individus peuplant la terre., 17,5 % en 2012 et 17,7 % en 2019.
Les termes « catholique » et « catholicisme » Étymologie vignette|Le symbole de Nicée en grec et en latin. L'adjectif « catholique » vient du grec , « général, universel ». Dès les premiers siècles de notre ère, ce mot apparaît chez différents auteurs chrétiens, qui l'emploient pour clarifier ce qu'est une communauté locale en communion avec l’« Église universelle »Yves Bruley, Histoire du catholicisme, éd. P.U.F., 2004, . face à l'émergence de diverses sectes chrétiennes aux christologies spécifiques. Ainsi, au début du , Ignace d'Antioche dénonce les divisions entre chrétiens : Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes, VIII, 2.. Quelques décennies plus tard, Tertullien s'oppose aux christianismes hétérodoxes du marcionisme et du gnosticisme, inaugurant la littérature chrétienne dans la langue latine, qui ne dispose cependant pas encore du vocabulaire ajusté pour rendre l'expression grecque de .
Dans la littérature latine, le grec n'est pas traduit par son équivalent latin, universalis, mais se trouve directement translittéré en catholicus. Le mot acquiert une extrême importance dès qu'il est intégré dans le symbole de Nicée, qui déclare : . En latin, la carrière sémantique du terme catholicus reste déterminée par le fait qu'il est créé pour qualifier spécifiquement l'Église.
En français, le terme « catholique » apparaît sous la forme catoliche au puis sous la forme catolicque au début du . chez des auteurs comme Philippe de MézièresDictionnaire étymologique Larousse, Paris, 1971..
Évolution du sens après la Réforme Lors de la Réforme protestante, le christianisme connaît des débats doctrinaux d'où émerge une pluralité confessionnelleBernard Bourdin, La Genèse théologico-politique de l'État moderne, .. Des traités polémiques publiés vers 1570, notamment ceux de Philippe de Marnix, font que l'adjectif « catholique » identifie désormais une confession chrétienne parmi d'autres. Le substantif « catholicisme », lui, apparaît à la fin du dans un livre du polémiste catholique Pierre Charron publié en 1595Pierre Charron, Réplique sur la Réponse faite à la troisième Vérité, . Lecture sur Google Book.. Le Dictionnaire historique de la langue française, p. 656. signale un emploi du terme remontant à 1598On le trouve dans le « Recueil des choses mémorables avenues en France sous le règne de Henri II » ; cf l'article Jean Le Frère. Titre complet : L'Histoire de France enrichie des plus notables occurrences et choses mémorables advenues en ce royaume de France et ès Pays-Bas de Flandres, soit en paix, soit en guerre, tant pour le fait séculier qu'ecclésiastique, reillie de divers mémoires, instructions et harangues d'ambassadeurs, négociations d'affaires, expéditions de guerre et autres avertissements particuliers. Paris, 1582. (En société avec Paul-Émile Piguerre, conseiller au Mans, natif du pays Chartrain). Cette histoire est tirée principalement de Henri Lancelot-Voisin de La Popelinière. Le Frère en a retranché tout ce que cet écrivain calviniste y disait contre la religion catholique., à la suite de la naissance des confessions protestantes, pour désigner la religion des chrétiens en communion avec le pape et les évêques. C'est alors un synonyme rare de « catholicité », au sens de « conforme à la doctrine catholique ».
Ambiguïtés Cependant, le terme « catholicité » renvoie aussi à l'universalité de l'Église et de la foi nonobstant la diversité des confessions chrétiennes ; en ce sens, la catholicité est a-confessionnelle. Au contraire, le terme « catholicisme » renvoie à la pluralité confessionnelle en désignant une de ces confessions. Le paradoxe est que « catholique » signifie « universel », tandis que ce terme et ses dérivés commencent à être appliqués à cette réalité lorsque son universalité commence à être contestéeRelevant ce problème, Étienne Fouilloux, dans le Dictionnaire des faits religieux, commence l'article « Catholicisme » en écrivant : . Étienne Fouilloux, « Catholicisme » in Régine Azria et Danièle Hervieu-Léger (dir.), Dictionnaire des faits religieux, Paris, PUF, Quadrige Dicos poche, 2010, ..
Cet usage ne s'impose cependant pas sans difficulté parmi les catholiques. Le cardinal Jacques du Perron, qui répondait aux arguments du roi Jacques d'Angleterre selon lequel l'Église anglicane était catholique tandis que celle de Rome ne l'était pas, estimait que le nom de « catholique » ne pouvait pas être celui d'une religion particulière : . Selon Michel Despland, Michel Despland, La Religion en Occident, Paris, Cerf, Cogitatio Fidei, 1987, .. Le mot « catholicisme » ne devient courant qu'à la suite de son usage durant la Révolution française pour désigner l'Église catholique. Par la suite, les catholiques finiront par considérer assez largement qu'ils ont une religion parmi d'autres.
Le terme de « catholicisme » est donc utilisé tant par les « catholiques » qui se sont construit une identité confessionnelle sous ce nom, que par ceux qui ont besoin d'un mot pour les désigner de l'extérieur. Le catholicisme est donc paradoxalement la confession de ceux qui considèrent (ou devraient considérer) qu'être catholique implique de ne pas faire partie de la pluralité des confessions.
Le mot « catholicisme » peut aussi désigner la façon que l'on a de comprendre la doctrine catholique ou l'exposé systématique de la foi catholiqueDictionnaire Littré, « Catholicisme ».. C'est en ce sens que le terme est employé comme titre d'un essai d'Henri de LubacHenri de Lubac, Catholicisme. Les aspects sociaux du dogme, Paris, Cerf, coll. Unam Sanctam, éd. 1938. Réédition, Cerf, coll. « Œuvres du cardinal Henri de Lubac et Études lubaciennes » VII, 2003 ., ou bien comme titre du dictionnaire encyclopédique CatholicismeInstitut catholique de Lille, Catholicisme, 1948-2000, Letouzey & Ané, ..
L'Église catholique
vignette|gauche|C'est dans la Lettre aux Smyrniotes d'Ignace d'Antioche (v. 100) qu'apparaît pour la première fois l'expression « Église catholique » dans le sens d'« universelle »Ignace d'Antioche dans sa Lettre aux Smyrniotes (v. 100) utilise l'expression « Église catholique » dans le sens d'« universelle », mais par uchronisme de nombreux auteurs catholiques modernes l'utilisent pour désigner l'Église nicéenne du premier millénaire comme étant le même institution que l'Église catholique telle qu'elle s'est constituée durant le second millénaire.Jean Meyendorff, Catholicity and the Church, St Vladimirs Seminary Press, 1997, , .. Icône russe du , musée Pouchkine. L'usage commun est de considérer l'Église catholique ou le catholicisme comme une confession, mais les textes de l'institution concernée ne donnent guère d'éléments qui permettraient d'affirmer qu'elle a telle ou telle désignation officielle. Dans les textes des évêques ou du pape, le terme le plus courant est celui d'« Église », sans autre précision : le mot « Église » n'y vise pas seulement une institution mais aussi un objet de foi. Dans la « communication tous publics » (revues, sites internet des diocèses, livres…), lorsqu'il n'est pas tout simplement question de l'« Église », c'est l'expression « Église catholique » qui est généralement employée.
Les textes officiels du Saint-Siège utilisent, selon le contexte, l'expression « Église catholique » ou bien parlent de « l'Église » tout court. Sur le rapport entre Église et Église catholique, la constitution conciliaire Lumen Gentium indique que : Concile Vatican II, Lumen gentium, §8, texte complet sur le site du Vatican..
L'expression « Église catholique » apparaît aussi dans les documents liés au dialogue interreligieux, notamment dans Nostra Ætate, la déclaration du concile Vatican II sur les rapports du catholicisme avec les autres religions, ainsi que dans Unitatis Redintegratio, un décret de sur l'œcuménisme. Il en va de même pour l'intitulé du Catéchisme de l'Église catholique. Dans le Code de droit canonique de 1983, 20 canons utilisent l'expression « Église catholique ».
Théologie et doctrine L’Église catholique professe que Dieu se révèle par le témoignage donné par la personne de Jésus-Christ : Évangile de Jean, 14:6. et par l'inspiration du Saint-Esprit : .
La double source de la foi vignette|La Trinité, miniature, Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon. L’accès à cette révélation dépend d'une double source : les Écritures et la Tradition : « l'une et l'autre doivent être reçues et vénérées avec égal sentiment d'amour et de respect »|Dei Verbum 9.. L'ensemble que forment les Écritures et la Tradition se nomme le « dépôt de la foi ».