Marie Alexandre Émile Hippolyte Gallet (1856-1925) est un général de division français ayant commandé durant la Première Guerre mondiale.
Biographie Né à Lavausseau le , il est le fils de Pierre Hippolyte Gallet, marchand tanneur, et de Rosalie Madeleine Marcireau.
Formation
Il entre à Saint-Cyr le et en sort deux ans plus tard au rang sur 345 élèves. Nommé sous-lieutenant au 3e régiment de dragons le , il suit pendant un an les cours de l'école de cavalerie dont il sort en 1878 classé sur 81. Il est affecté au 17e régiment de chasseurs à cheval le , puis nommé lieutenant au 18e régiment de dragons le .
Entre 1882 et 1883, il retourne à l'école de cavalerie. Il en sort officier d'instruction au sur 36. Il est promu capitaine instructeur au de dragons le .
Admis à l'École supérieure de guerre le , il se marie en avec Régine Andrée Thérèse Bivort. Il commence les cours à l'École supérieure de guerre le . Deux ans plus tard, il reçoit son brevet d'état-major avec mention très bien, classé sur 72. Le il est affecté au premier bureau (chargé des effectifs) de l'État-major de l'armée.
Carrière en temps de paix Le capitaine Gallet est officier d'ordonnance de Freycinet, ministre de la guerre dans le cabinet Loubet de 1892.
Il est nommé le au 27e régiment de dragons. Le , il est promu chef d'escadron au 31e régiment de dragons. Le il passe au 4e régiment de chasseurs à cheval.
Il est l'un des sept membres du conseil de guerre qui ont à juger l'affaire Dreyfus en 1894. Le commandant Henry qui est ami avec le chef d'escadron Gallet lui demande la faveur de passer à la barre une seconde fois pour être interrogé sur l'existence d'un traître au deuxième bureau de l'État-major. Sur recommandation de Gallet, le colonel Maurel, président du conseil de guerre, accepte. C'est lors de cette intervention que Henry se parjure lançant un en désignant Dreyfus dans le box des accusés. Gallet fonde sa conviction de la culpabilité de Dreyfus sur trois preuves : l’écriture du bordereau, la pièce Canaille de D… et la déposition d’Henry.
Gallet, qui s'est toujours inquiété du mobile de la trahison de Dreyfus, en parle, en 1895, à Picquart qui lui répond .
Le chef d'escadron Gallet est officier d'ordonnance de Cavaignac ministre de la guerre anti-dreyfusard dans le cabinet Bourgeois de 1895 à 1896.
Le , passé hors cadre, le chef d'escadron Gallet est nommé chef d'état-major de la d'infanterie.
Quand il voit, en 1897, l’écriture d’Esterhazy, il ne doute plus que le bordereau soit de lui. À partir du procès Zola en , il comprend que la pièce Canaille de D... ne s'applique pas à Dreyfus.
Cavaignac, ayant appris que Gallet est maintenant tourmenté de doutes au sujet de Dreyfus, se garde de le rappeler à son cabinet lorsqu'il redevient ministre de la guerre en . À Compiègne le , au lendemain de l'interrogatoire d'Henry par Cavaignac, Gallet déclare que la révision du procès Dreyfus s'impose puisque Henry a avoué être un faussaire.
En 1899, Gallet est nommé officier d'ordonnance à l'état-major particulier du général de Galliffet, ministère de la guerre du second gouvernement Henri Brisson.
Il est sous-chef de cabinet du ministre de la guerre le général André à partir du . Le il est en outre promu au grade de lieutenant-colonel au de chasseurs à cheval.
Dans le cadre de l'affaire des fiches, n'ayant pu fournir au chef de cabinet, le colonel Percin, des renseignements sur les sentiments républicains d'un officier de cavalerie, il se fait vertement tancer et menacer d'être relevé de ses fonctions s'il ne lui en procure pas.
Le , de retour d'une mission en Algérie et en Tunisie, il est nommé attaché militaire aux légations de la République française en Belgique et en Hollande. Il passe colonel le . Dans ses rapports Gallet met en garde contre le découragement qui mine l'armée belge. Il en attribue une part de responsabilité au roi Léopold II. Il prend congé du roi des belges le .
Le , il est colonel au de dragons, puis le au de dragons, et le au de dragons.
Le il est promu général de brigade à la de dragons qu'il commande par intérim depuis 1906. Il est nommé général de division le . Le , il prend le commandement de la de cavalerie, puis le celui de la d'infanterie à Lille.
Pour les grandes manœuvres de , il conçoit un exercice dans lequel trois régiments d'infanterie doivent s'emparer d'un village tenu par l'ennemi sans attendre l'artillerie. Après la charge héroïque au son du clairon, il se félicite devant tous les officiers réunis de la réussite de la manœuvre et de l’allant des troupes. Il rappelle la doctrine de l'offensive à outrance en cours à l'État-Major général de l'Armée : ... . Pris à témoin, le colonel Pétain répond que le général s’est proposé, afin de mieux frapper les esprits, de présenter la synthèse de toutes les fautes qu’une armée moderne ne doit plus commettre. Parmi les témoins de la scène se trouve Charles de Gaulle, sous-lieutenant au d'infanterie d'Arras commandé par Pétain.
Début , il participe à une manœuvre de cadres de corps d'armée près de Vimy s'étant assuré de la présence de Joffre et Gamelin dans l'espoir d'obtenir un commandement de corps d'armée.
Première guerre mondiale Sous les ordres du général Louis Franchet d'Espèrey, commandant du d'armée puis de la , le général Gallet participe aux batailles de Charleroi, de Guise, de la Marne (bataille des Deux Morins) et de l'Aisne.
Le , il est remplacé à la tête de la d'infanterie par le général de brigade Bro.
Le il prend le commandement de la d'infanterie territoriale, puis le celui de la d'infanterie territoriale qui devient sous son commandement la d'infanterie le .
Élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur au , après être resté presque toujours en première ligne pendant deux ans et demi, le général Gallet est mis en congé de repos le et la d'infanterie est dissoute le .
Il commande la d'infanterie territoriale du au .
Il décède à Poitiers le .
Source externe Base de données Léonore (Légion d'honneur)
Notes
Voir aussi Articles connexes Bataille de Dinant (1914) Première bataille de la Marne
Bibliographie Les armées françaises dans la grande guerre, Imprimerie nationale, 1927
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