Les Alpes-Maritimes (prononcé ) sont un département français de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Les habitants des Alpes-Maritimes sont appelés Maralpins, mais cette appellation est rarement employée. On utilise plus fréquemment Azuréens, pour désigner la population vivant sur la bande côtière azuréenne allant de Menton à Théoule-sur-Mer, sur la Côte d'Azur.
L'Insee et La Poste lui attribuent le . Sa préfecture est Nice. C'est le le plus peuplé de France en 2023 avec ses , qui sont répartis dans .
Un premier département des Alpes-Maritimes existe de 1793 à 1814, sous la Révolution française et le Premier Empire. Il est alors composé essentiellement du comté de Nice, détaché du royaume de Sardaigne et réuni à la France, ainsi que de la principauté de Monaco (Monaco, Roquebrune et Menton à l'époque) annexée et l'arrondissement de San Remo, annexé à la République ligurienne. En 1814, le comté de Nice retourne au royaume de Sardaigne et Monaco recouvre son indépendance mais sous protectorat sarde.
Lors du rattachement du comté de Nice à la France (avril 1860 - à l'exception de Tende et La Brigue, qui ne deviendront françaises qu'en 1947 et de Pigna et du marquisat de Dolceacqua, restés italiens), un second département des Alpes-Maritimes est créé par l'adjonction audit comté de Nice de l'arrondissement de Grasse, détaché du département du Var. Peu après a lieu le rattachement des villes de Menton et Roquebrune, qui avaient fait sécession de la principauté de Monaco et s'étaient placées sous la protection de la Sardaigne et dont les droits furent rachetés par l'empereur des Français au prince de Monaco en 1861. Le département comporte alors trois arrondissements, Nice, Grasse, et le nouvel arrondissement de Puget-Théniers (de 1860 à 1926).
Géographie
Situation Le département des Alpes-Maritimes est limitrophe des départements du Var au sud-ouest et des Alpes-de-Haute-Provence au nord-ouest ainsi que de l'Italie à l'est. Il est bordé par la mer Méditerranée au sud. Sa topographie est très contrastée. Comme son nom l'indique, la plus grande partie du département est partie constituante de l'ensemble topographique des Alpes - et notamment des Alpes maritimes - mais il a également la particularité d'être un département côtier avec sa façade méditerranéenne.
La partie côtière du littoral azuréen est très urbanisée et densément peuplée. Elle regroupe toutes les villes de la Côte d'Azur dans une conurbation quasi continue de Menton à Théoule-sur-Mer, tandis que la partie montagneuse, plus étendue mais faiblement peuplée, est entièrement rurale exception faite des chefs-lieux des cantons de l'intérieur.
Relief Le point culminant du département - situé sur la frontière franco-italienne - est la cime du Gélas () qui domine, plus à l'est, la vallée des Merveilles. En effet, le mont Argentera est certes plus élevé avec d'altitude mais il est situé en territoire italien. Le mont Mounier () domine au sud le vaste dôme de Barrot formé d'une masse de plus de d'épaisseur de pélites rouges profondément échancrées par les gorges de Daluis et du Cians. Sauf en période hivernale, quatre grands cols permettent de franchir au nord le massif du Mercantour-Argentera dont l'imposante barrière de de long dresse l'hiver sa muraille neigeuse visible de la côte. À partir de l'ouest, c'est d'abord, sur la route des grandes Alpes, le col de la Cayolle () aux sources du Var (fleuve) dans la commune d'Entraunes. Puis le col de la Bonette, l'un des plus hauts cols routiers d'Europe avec ses permettant de relier la vallée de la Tinée à celle de l'Ubaye. Plus à l'est, le col de la Lombarde (), au-dessus d'Isola 2000, permet de rejoindre le sanctuaire Sainte-Anne de Vinadio en Italie. Et enfin, à son extrémité orientale, le col de Tende () qui assure la liaison avec Coni (ou Cuneo) en Italie.
Massifs forestiers La seule région des Alpes niçoises a un taux de boisement de 60,9 %, un peu supérieur à la moyenne du département et très supérieur au taux moyen de 39,4 % de la région Provence – Alpes - Côte d’AzurInventaire forestier du département des Alpes-Maritimes.
Hydrographie
Les cours d'eau sont l'Aigue Blanche, l'Ardon, l'Artuby, la Banquière, la Barlatte, la Bassera, la Bendola, la Bévéra, le Bieugne, le Borrigo, la Bouillide, le Bourdous, le Bouyon, la Brague, la le , la Cagne, le Caïros, la , le Careï, la la , le Cians, le , la Ciavanelle, l'Estéron, la Faye, le Fontanalba, le Fossan, la Ganière, la Gironde, le Gorbio (cours d'eau), la Gordolasque, la Grande Frayère, le torrent de la Guercha, la Lane, la Lévensa, le Loup, la Lubiane, la Maglia, le Magnan, la , le Malvan, le Mayola, la Miagne, la Minière, la Mourachonne, la , le Paillon (les Paillons), le Raton, le Réfréi, le Riou, le Riou de l'Argentière, le Rioulan, la Roudoule, la Roya, la Siagne, la Siagnole, la Tinée, le Tuébi, la Valmasque, le Var, le Végay, la Vésubie et la Vionène.
Climat
Le climat des Alpes-Maritimes est principalement de type montagnard jusqu'au climat méditerranéen en se rapprochant du littoral. Il est caractérisé par des averses importantes en saison automnale et par des orages violents en saison estivale ; ce phénomène est dû à la rencontre des masses d'air chaud le long du littoral et des masses plus froides provenant des montagnes. Ainsi, dans la nuit du 3 au , à la suite de fortes précipitations, des inondations meurtrières ont causé la mort de vingt personnes dans le département.
La zone littorale a un climat méditerranéen (précipitations importantes en automne et au printemps surtout, sécheresse en été, ainsi qu'un hiver doux et sec). Vers l'intérieur, et surtout dans le nord, un climat de montagne (hiver assez vif, orages d'été).
L'un des attraits du département est son niveau d'ensoleillement important : par an.
Le département est le plus orageux de France avec en moyenne d'orages par an.
Histoire
vignette|vignette|Carte des Alpes-Maritimes (1800).Les thermes romains de Cemenelum. Les Romains créent un district militaire nommé Alpes Maritimæ en 14 av. J.-C., qui acquiert le statut de province au milieu du s. Elle a pour capitale Cemenelum (aujourd'hui Cimiez, un quartier du nord de Nice). Dans sa plus grande extension, en 297, cette province englobe Digne et Briançon. Sa capitale est ensuite déplacée à Embrun.
Lors de la sécession provoquée par Postume qui créa l'Empire des Gaules en 260, la région resta fidèle à Gallien.
Un premier département des Alpes-Maritimes existe de 1793 à 1814. Son chef-lieu est Nice, mais ses limites diffèrent de celles du département actuel, incluant Monaco (Port-Hercule) et Sanremo (Saint-Rème) mais non l'arrondissement de Grasse (alors dans le département du Var) : le département s’arrête donc à l'ouest approximativement au fleuve Var.
Le découpage en 1812 était: Arrondissement de Nice : Cantons : Aspremont, La Brigue (Briga), Menton, Monaco, Nice (deux cantons), Roquebillière (Roccabilliere), Saint-Salvador, Saorge (Saorgio), L'Escarène (Scarena), Sospel (Sospello), Utelle, Villefranche-sur-Mer Arrondissement de San-Remo : Cantons : Bordighera, Dolcecacqua, Pigna, San Remo, Taggia, Triora, Vintimille. Arrondissement de Puget-Théniers : Cantons : Beuil, Gilette, Guillaumes, Puget-Théniers, Roquesteron, Saint-Étienne-de-Tinée, Villars-sur-Var. En 1860, Cavour, un des partisans de l'unité italienne autour du royaume de Sardaigne, négocie le soutien de Napoléon III. En échange de la Savoie et du comté de Nice, l'Empire français doit aider la Sardaigne à conquérir la partie de l'Italie du Nord détenue par l'Autriche. Cependant, Napoléon III fait machine arrière durant la guerre, ne permettant à la Sardaigne que l'obtention de la Lombardie. Malgré le fait que l'accord n'est pas rempli, la cession des territoires sardes doit bien avoir lieu. L'annexion est appuyée par un plébiscite remis en question, car le résultat n'aurait pas changé l'issue du vote. Les 15 et 16 avril 1860, hommes inscrits des du comté de Nice votent pour le rattachement à la France. Cela représente 83,8 % des inscrits () et 99,2 % des votants ()Tableau des résultats pages 319 et 320 dans La Réunion de Nice à la France de Paul Gonnet, Les Éditions du Cabri, Breil-sur-Roya, 2003, 343 pages, . Le nouveau département des Alpes-Maritimes sera composé de l'ancien comté de Nice, divisé en un arrondissement de Nice et un arrondissement de Puget-Théniers (ces deux arrondissements existaient déjà dans l'ancien département (1793-1814)), et d'une partie du département du Var, l'arrondissement de Grasse, déplaçant la frontière occidentale du fleuve Var jusqu'à la Siagne et Théoule, au pied du massif de l'Estérel. Toutefois le comté de Nice est amputé de Tende et de La Brigue qui seront intégrés à la France lors du traité de Paris en 1947.
L'arrondissement de Puget-Théniers est supprimé à des fins d'économie en 1926 et rattaché à celui de Nice.
En septembre 1947, conformément au traité de Paris signé en février de la même année, les communes de Tende et de La Brigue (ainsi que des parties des communes des hautes vallées de la Vésubie et de la Tinée, dont une partie de la commune d'Isola) restées italiennes depuis 1860, sont rattachées à ce département. Le suivant, cette annexion est confirmée par un référendum.
vignette|Logo du département des Alpes-Maritimes, à la frontière monégasque. Le département des Alpes-Maritimes utilise un logo dont la forme est un quadrilobe aux arcs sécants, inséré dans un cercle, qui rappelle un motif commun dans les chapelles romanes du département. On y distingue en haut le mélèze de la partie montagneuse du département et en bas le palmier du littoral. À gauche et à droite : la fleur de lys de la partie provençale (issue des armes de la maison d'Anjou) et la croix de la maison de Savoie pour l’ancien comté de Nice, motifs gravés sur les anciennes bornes frontière.
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le département vote majoritairement à droite, avec un déplacement de cet électorat vers le centre ou l'extrême droite sous la présidence d'Emmanuel Macron. Pour la législature, sur les neuf circonscriptions des Alpes-Maritimes, trois sont tenues par la droite républicaine (Les Républicains) et six par l'extrême droite (Rassemblement national et Union des droites pour la République). Pour le mandat 2020-2026, les cinq sénateurs que compte le département sont de LR.
Les Alpes-Maritimes ont connu des problèmes de corruption du personnel politique dans les années 1980 et 1990, aboutissant notamment aux condamnations pénales des maires de Nice, Jacques Médecin, de Cannes, Michel Mouillot et d'Antibes, Pierre Merli.
Conseil départemental Le conseil départemental est composé de cinquante-quatre conseillers élus pour six ans. Depuis les élections de mars 2015, cinquante sont de droite, dont 43 LR et 7 UDI, et quatre seulement sont de gauche, dont 2 Front de Gauche, un écologiste et un socialiste. Du au 15 septembre 2017, le conseil départemental est présidé par Éric Ciotti (LR), et depuis la fin de l'année 2017, le conseil départemental est présidé par Charles Ange Ginésy (LR).
Budget En 2011, le budget primitif du département s'élève à d'euros dont (38,3 %) sont consacrés à l'action sociale et au fonctionnement (26,6 %)Le budget 2011, site officiel du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Consulté le .. Les dépenses d'investissement atteignent un peu plus de d'euros (19,2 %).
En 2010, le département était le troisième plus endetté de France avec d'euros d'emprunts soit 68,4 % du budget total : les Alpes-Maritimes (06), Le Journal du Net. Consulté le juillet 2011.. Cette dette se chiffrait à par foyer fiscal, et à par habitant. La tendance d'évolution de la dette au cours de la dernière décennie correspond à une forte augmentation : et + 26 % entre 2009 et 2010. Elle était ainsi de .
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