le Juste (en polonais Prawy), né en 1257 ou en 1258 et mort le , est duc de Silésie et un membre de la dynastie royale polonaise Piast.

Il a été duc de Breslau (1270-1290) et duc de Cracovie () (1288-1290).

Sous la protection de son oncle Ladislas et du roi

le Juste est un des fils d’, duc de Breslau, et de Judith, la fille de . Il n’est encore qu’un enfant quand son père est assassiné en 1266. Son oncle Ladislas, archevêque de Salzbourg, devient son protecteur. Devant en permanence se partager entre Salzbourg et Breslau, Ladislas ne peut s’occuper convenablement de l’éducation de son neveu. En 1267, il l’envoie à la cour du roi .

thumb| le Juste

Duc de Breslau

Lorsque Ladislas décède en 1270, il lègue ses possessions à son neveu. rentre au pays et reçoit une éducation poussée et soignée. C’est sans doute de là que viendra plus tard son intérêt pour l’art, et la poésie en particulier. Ottokar assure la régence du duché de Breslau. La collaboration avec le roi de Bohême est exemplaire. En 1271, prend part à la guerre de la Bohême contre la Hongrie. En représailles, son duché est attaqué par les ducs de Grande-Pologne et de Petite Pologne, alliés aux Hongrois.

est déclaré majeur en 1273 et commence diriger seul son duché. Tout en restant l’allié d’ de Bohême, il noue des relations amicales avec Ladislas d’Opole et de Poznań. En 1276, l’armée du duché de Breslau soutient dans sa guerre contre . Malgré la défaite de la Bohême, il est resté fidèle à son ancien protecteur. Pour sa loyauté à , lui donne le titre de prince du Saint-Empire.

L’enlèvement d’

, le duc de Legnica, essaye de profiter de l’affaiblissement militaire du roi de Bohême, le puissant protecteur d’. Depuis un certain temps déjà, Boleslas réclame le tiers du duché de Breslau qui aurait dû lui revenir après les décès de ses deux frères, et Ladislas. Certain d’avoir l’appui d’, refuse de voir son duché amputé.

En 1277, est enlevé par des hommes de Boleslas le Chauve. , et des chevaliers du duché de Breslau mettent sur pied une opération militaire pour délivrer . C’est un fiasco. Les coalisés sont écrasés le par l'armée du duché de Legnica, dirigée par , le fils de le Chauve. de Głogów et sont capturés. Boleslas ne relâche ses prisonniers qu’à la fin de l’année, à la suite de la médiation d’ de Bohême. En échange de sa libération, donne un sixième de son duché à Boleslas, avec la ville de Środa Śląska.

La mort d’ de Bohême

Le , de Bohême est vaincu et tué par . Dans les rangs de la Bohême ont combattu des chevaliers silésiens qui représentaient le tiers de l’armée d’. n’avait pas directement participé à la bataille mais avait envoyé ses chevaliers se battre dans le camp bohémien. À l’annonce de la mort du roi de Bohême, se rend à Prague. En tant qu’allié d’ et neveu de la reine Anne, il espère assurer la régence du royaume, étant encore mineur. Malheureusement pour lui, c’est Othon du Brandebourg qui devient le régent. ne revient pas de Prague les mains vides, de Habsbourg lui a offert la région de Kłodzko. Libéré de la curatelle tchèque, en profite pour acheter la ville de Krosno Odrzańskie.

Rapprochement avec de Habsbourg

Après la mort de son protecteur tchèque, se rapproche du roi des Romains de Habsbourg. Lors d’une entrevue à Vienne en 1280, il commence à manœuvrer pour obtenir une couronne royale des mains de Rodolphe. Certains historiens avancent même l’hypothèse qu’il aurait rendu un hommage de vassalité à .

Tentative de prendre le contrôle de toute la Silésie et de la Pologne

Les relations du duché de Breslau avec ses voisins se détériorent. En 1280, une invasion lancée par le duc de Legnica et le margrave du Brandebourg est repoussée avec difficulté. Pour essayer d’aplanir les différends, invitent les ducs à le rencontrer en . En réalité, il s’agit d’un piège.

À leur arrivée, , et sont arrêtés et emprisonnés. Il ne les relâche qu’en échange d’un hommage de vassalité. Ce qui est étonnant, c’est que ce serment arraché sous la contrainte n’a pas été renié. Ainsi, soutiendra le Juste dans son conflit avec l’évêque de Breslau. En outre, est forcé de donner au duc de Breslau la région de Wieluń, stratégiquement importante pour s’emparer de la Petite Pologne et de Cracovie. Par la suite, Przemko de Ścinawa et deviennent aussi les vassaux d’.

le Gros sera le seul à rompre son serment. , et trois fils de Ladislas d’Opole (Mieszko de Cieszyn, Casimir de Bytom, et Przemyslav de Racibórz) ne se soumettent pas à .

C‘est en 1281 qu’ tente pour la première fois, et sans succès, de s’emparer de Cracovie. C’était en représailles d’une attaque qui avait été menée par contre le duché de Breslau pour tenter de libérer les ducs Piasts emprisonnés.

Conflit avec l’évêque de Breslau

De 1282 à 1287, doit faire face à un conflit avec l’évêque de Breslau Tomasz Zaremba. Le différend portait sur les propriétés dont l’évêché s’était emparé pendant la période difficile qui avait suivi la Bataille de Legnica. Une autre source de discorde était la suppression de certains privilèges de l’évêché de Breslau, dont le privilège d’immunité.

Au début de l’, l’évêque de Breslau remet ses doléances au légat du pape et lui demande d’être juge. Son verdict est favorable à l’évêché. En réaction, s’en remet au jugement de ses pairs. L’assemblée des ducs, qui lui est inféodée, remet un verdict qui lui est favorable mais qui ne satisfait pas l’évêque. En 1284, soutenu par le légat, l’évêque de Breslau lance l’anathème contre et un interdit (interdictum) frappe le duché. Cet interdit n’est pas suivi par tout le clergé. Les Franciscains, par exemple, restent fidèles à . Celui-ci, qui n’a pas l’intention de se soumettre à l’évêque, en appelle au pape . Jakub Świnka, l’archevêque de Gniezno, essaye sans succès de trouver un compromis acceptable pour les deux parties.

En 1285, s’empare des châteaux appartenant à l’évêque, l’obligeant à se réfugier dans le duché voisin de Racibórz gouverné par Mieszko de Cieszyn et Przemyslaw de Racibórz. Le dernier acte se joue en 1287 quand envahit le duché de Racibórz. N’ayant plus la possibilité de fuir, l’évêque trouve un accord avec qui se montre magnanime et laisse à l’évêque une grande partie de ses anciennes possessions. Parallèlement à ce conflit, a continué à essayer de vassaliser des ducs polonais, dans le but de se faire un jour couronner roi de Pologne.

En 1284, il s’est emparé de la place forte de Kalisz qui appartenait à la Grande-Pologne. n’a pas accepté la perte de Kalisz et a offert en échange la région d’Ołobok.

Duc de Cracovie

Le , , duc de Cracovie et de Sandomierz, décède sans laisser de successeur. voit enfin l’occasion de s’emparer de Cracovie et de devenir roi. Il s’y prépare depuis longtemps. En 1287, les relations avec s’étaient réchauffées et lui avait rendu la région de Wieluń. est l’autre prétendant au trône.

Une partie de la noblesse de Petite Pologne soutient la candidature de Boleslas. La bourgeoisie germanophone de Cracovie, malgré l’opposition de la noblesse, soutient le Juste de Silésie, duc et poète de langue allemande. En 1288 encore, Boleslas, à la tête de son armée, s’empare de Sandomierz et de Cracovie. Le , Boleslas et ses alliés (, la Ruthénie et ) infligent une défaite à le Juste soutenu par les ducs de Głogów, de Ścinawa et d’Opole (Bataille de Siewierz).

Curieusement, Boleslas renonce au trône et abandonne à son cousin le Bref tous ses droits sur la Petite Pologne. Grâce à l’aide de l’évêque de Cracovie, le Bref s’empare du Wawel et repousse l’armée silésienne au-delà des murs de Cracovie. À la mi-1289, le Juste prend en personne le commandement de son armée et assiège le Wawel. Les habitants de Cracovie offrent le Wawel à le Juste. le Bref réussit à s’enfuir.

La mort d’ le Juste et sa succession

Alors qu’il avait presque atteint son but, celui de devenir roi de Pologne, le Juste meurt inopinément le , sans doute empoisonné. Il a le temps de rédiger un testament. Il offre le trône de Cracovie à , le duché de Breslau (Basse-Silésie) à et la région de Kłodzko à .

Il a été inhumé dans la collégiale de la Sainte-Croix de Breslau qu’il avait fondée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les restes d’ le Juste ont été emportés par des anthropologues allemands qui voulaient démontrer qu’ le Juste était allemand. Ils n’ont jamais été retrouvés après la guerre. Le sarcophage d’ le Juste est aujourd’hui conservé au musée national de Wrocław.

Politique intérieure

Pendant tout son règne, le Juste s’est attaché à développer son duché. Il a encouragé le développement économique, a fondé de nombreuses villes et leur a donné des privilèges. Il a encouragé des colons à venir s’installer dans les régions frontalières vides d’occupation. Il a également réalisé une réforme monétaire qui a contribué à considérablement accroître la puissance financière de son duché.

Ascendance

Bibliographie . . . .

Liens externes

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