Tomás Luis de Victoria (en latin : Thomas Ludovicus a Victoria Abulensis), né vers 1548 à Sanchidrián (province d'Ávila)Concernant le lieu de naissance de Tomás Luis de Victoria, une thèse soutient qu'il est né à Sanchidrián. Il n'existe aucun registre de naissance ou de baptême du compositeur. Lui-même dit dans un document « ex Civitate Abulensis oriundum existere », c'est-à-dire, « originaire de la cité de Ávila ». Cfr. Raffaele Casimiri, Il Victoria, Rome, 1934, p.154 ; Ferreol Hernández, Tomás Luis de Victoria, Ávila, 1960, . et mort le à Madrid, est un prêtre catholique, compositeur, maître de chapelle et organiste, le plus célèbre polyphoniste de la Renaissance espagnole.
Ses nombreuses œuvres vocales se comptent par dizaines : vingt messes, plus de quatre-vingts motets de quatre à huit voix, plus de quatre-vingts hymnes, seize Magnificat, deux Passions, etc.
Biographie D'une famille de onze enfants, il est le septième enfant de Francisca Suárez de la Concha et Francisco Luis de Victoria. Il perd son père à l'âge de neuf ans. En 1558, il devient enfant chantant au sein du chœur professionnel de la cathédrale d'Avila et donc élève de musique de Bernardino de Ribera, qui en est alors le maître de chapelle. Jusqu'à l'âge d'environ dix-huit ans, il reçoit ainsi un enseignement musical complet puisqu'il y est également formé au plain-chant, au contrepoint et à la composition, et s'exerce en outre à la pratique du clavier sous la direction des maîtres Jerónimo de Espinar et Juan Navarro y Hernando de Isasi. , . et entre au Collège Germanicum, fondé en 1573 par Grégoire XIII et dirigé par les jésuites.
Il étudie la théologie au Collegio romano et . Nommé chantre dans les chœurs (c'est à dire choriste professionnel), . C'est de cette époque que daterait l'influence palestrinienne sur les premières compositions du jeune Victoria.
En 1569, il exerce les fonctions de maître de chapelle et d'organiste à l'église Santa Maria di Montserrato de Rome.
À partir de 1571, il enseigne la musique au Séminaire romain, et, deux ans plus tard, il succède à Palestrina dans la charge de maître de chapelle jusqu'en 1577. Entre-temps, en 1572, à 24 ans, il publie un premier recueil de motets, où il précise, dans la préface, avoir voulu . Ordonné prêtre le https://books.google.fr/books?id=3zYrDwAAQBAJ&pg=PA264, il entre, trois ans plus tard, en 1578, dans la Congrégation de l'Oratoire, fondé par saint Philippe Néri.
Il fait paraître son premier livre de messes en 1583, mais c'est la publication de l'Officium Hebdomadæ Sanctæ à Rome, en 1585, un recueil de musique qui couvre toute la Semaine sainte, qui lui apporte une large notoriété en tant que compositeur. Le recueil contient neuf Lamentations, dix-huit Répons, deux Passions et diverses autres pièces d'une austérité plaintive et recueillie. L'ensemble est typique du style de Victoria : un alliage de mélodies simples, drapées autour des mots et progressant avec une détermination imparable où se glissent avec subtilité certaines modifications de rythmes ou des saillies harmoniques souvent déterminées par le sens des versets mis en musique. En effet, a une écriture dont l'esthétique est souvent déterminée par le sens des versets mis en musique, où des effets imprévus viennent rehausser le style modéré et classique du compositeur.
En 1587, il est nommé chapelain et maître de chœur du couvent royal des clarisses déchaussées à Madrid, où vivait, retirée, la fille de Charles Quint, l'impératrice Marie d'Autriche (veuve de l'empereur Maximilien II et sœur de Philippe II). Durant cette partie de sa vie, il reçoit plusieurs offres des plus importantes cathédrales espagnoles qu'il refuse toutes, notamment celles, prestigieuses, de Séville et de Saragosse, préférant demeurer au couvent royal, où il acquiert également la charge d'organiste en 1603, car ses fonctions lui laissent du temps pour se consacrer à la composition.
De retour à Rome en 1592, il y supervise la publication de son second livre de messes, le Missae, liber secundus. Il assiste aussi aux funérailles de Palestrina en 1594, avant de rentrer définitivement en Espagne en 1595.
À partir de 1596, il est le maître de chapelle et l'organiste de l'impératrice Maria à Madrid et exerce les mêmes fonctions auprès de sa fille Margarita à partir de 1603. Christian Zentner, Claudia Richter : "Musik", Ottus Verlag, Saint-Gall 2005.
En 1600 paraît le livre Missae, Magnificat, motecta, psalmi et alia a 8, 9, 12 vocibus dans la typographie royale de Madrid.
C'est au seuil du , en 1603, que Victoria compose son chef-d'œuvre, l'Officium Defunctorum à six voix, pour la messe des funérailles de l'impératrice Marie, et qui est dédié à sa fille Marguerite d'Autrichehttps://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=mdp.39015057553722;view=1up;seq=31 (traduction du latin). L'œuvre est publiée deux ans plus tard, en 1605, à la Presse royale et devient rapidement une référence pour marquer la fin du Siècle d'or espagnol et celle de la musique polyphonique de la Renaissance.
Victoria meurt à Madrid le .
Le legs musical de Victoria, comparé à ceux des grands compositeurs de la Renaissance, comme Palestrina ou Lassus, est relativement modeste avec seulement 180 pièces. En outre, il n'a jamais publié de musique profane et s'est cantonné dans un style classique, voire austère. Mais le soin apporté à ses compositions, comme le prouvent les incessantes révisions des éditions de ses recueils et ses commentaires consignés en préface, souligne l'attitude très critique de Victoria sur son propre travail et sa recherche d'une perfection qu'il atteint dans ses meilleures œuvres.
Œuvres
Tout l'œuvre de Victoria appartient au genre de la musique vocale sacrée, soit . Les deux seules compositions instrumentales parfois mentionnées sont d'attribution douteuse :
Offices Officium Hebdomadæ Sanctæ. C’est sous ce titre que Victoria publie son Office de la Semaine sainte à Rome en 1585, peu de temps avant son retour en Espagne. Cette œuvre polyphonique était destinée à être exécutée lors des cérémonies les plus importantes de l'année liturgique, les offices du dimanche des Rameaux ainsi que des Jeudi, Vendredi et Samedi Saints. Répons V du Samedi Saint à 4 voix O vos omnes Officium Defunctorum (1605). Cet Office des Morts contient la seconde Messe de Requiem, à six voix, de Victoria, après sa Missa pro defunctis, à 4 voix, parue en 1583.
Messes
Motets Ses plus 80 motets de 4 à 8 voix, . La plus grande partie des motets sont inclus dans trois recueils publiés en 1572, 1583 et 1585, dont :
Hymnes Plus de 80 hymnes, dont les 32, tous à 4 voix, dans le recueil Hymni totius anni (Hymnes pour toute l'année), publié en 1581 :
Hymni totius anni
Psaumes Dixit Dominus, à 8 voix Ecce nunc benedicite, à 8 voix Lætatus sum, à 8 voix Laudate Dominum omnes gentes, à 8 voix Laudate pueri Dominum, à 8 voix Nisi Dominus, à 8 voix Super fulmina Babylonis, à 8 voix
Magnificat Magnificat Primi toni I, à 4 voix Magnificat Primi toni II, à 6 voix Magnificat Secundi toni I, à 4 voix Magnificat Secundi toni II, à 6 voix Magnificat Tertii toni I, à 5 voix Magnificat Tertii toni II, à 6 voix Magnificat Quarti toni I, à 4 voix Magnificat Quarti toni II, à 5 voix Magnificat Quinti toni I, à 5 voix Magnificat Quinti toni II, à 6 voix Magnificat Sexti toni I, à 5 voix Magnificat Sexti toni II, à 5 voix Magnificat Septimi toni I, à 5 voix Magnificat Septimi toni II, à 5 voix Magnificat Octavi toni I, à 6 voix Magnificat Octavi toni II, à 6 voix
Passions
2 passions dans l'œuvre au-dessus (1585 ; le compositeur écrivit uniquement les pièces du chœur représentant la foule des juifs et les soldats romainsLa lecture et les personnages tel Jésus-Christ restaient en solo, plus précisément en grégorien ou plain-chant d'après la tradition ; s'il n'est pas certain que cette façon fût l'invention de Victoria, les compositeurs tardifs imitaient cette manière obtenant un vrai effet dramatique pour leurs passions.) Passio secundum Matthaeum, à 4 voix (Passion selon saint Matthieu) Passio secundum Ioannem, à 4 voix (Passion selon saint Jean)
Autres œuvres sacrées Des antiennes, répons, cantiques, lamentations, dont les Lamentations de Jérémie, des litanies, dont les Litaniæ de Beata Virgine pour deux chœurs, et un Beatus Vir.
Discographie Ave Maris stella / O quam gloriosum – Westminster Cathedral Choir, dir. David Hill (1986, Hyperion) - Gramophone Classical Music Awards O magnum mysterium – Westminster Cathedral Choir, dir. David Hill (1987, Hyperion Records) Cantica beatae Virginis, Ensemble Hespèrion XX, dir. Jordi Savall, en la Collégiale de Cardona (Catalogne) (1992, Astrée / Maestros del siglo de oro 3 CD Alia Vox 2009) - Diapason d'Or Dum complerentur – Westminster Cathedral Choir, dir. James O'Donnell (1996, Hyperion) Missa Ave Regina 8 voix, Chœur Festina Lente, dir. Michele Gasparro (2000, Dynamic) Ave Regina caelorum – Westminster Cathedral Choir, dir. Martin Baker (2004, Hyperion) Et Jesum - Motets for solo voice, Carlos Mena, contreténor ; Juan Carlos Rivera, luth et vihuela (2004, Harmonia Mundi ; réédition, Harmonia Mundi « Gold » 2010) Musique sacrée – Ensemble Plus Ultra, dir. Michael Noone (2011, coffret 10 CD Archiv) Nordic Voices sings Victoria – Nordic Voices (2015, Chandos)
Listes détaillées pour les œuvres principales Officium Hebdomadæ Sacntæ (1585) y compris Lamentations et Responsorium :Officium Hebdomadæ Sanctæ - Enregistrement (liste) Missa pro defunctis (1583) et Officium Defunctorum (1605) :Officium Defunctorum - Enregistrement (liste)
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes
Musique de la Renaissance
Liens externes
Site consacré à Tomás Luis de Victoria (avec un catalogue complet des œuvres et de nombreuses partitions en versions numérisées et transcrites) La chorale milanaise Amici Cantores a sur son site Web des enregistrements d'œuvres de Tomas de Victoria en téléchargement libre. Maestros del Siglo de Oro, Morales, Guerrero, Victoria, La Capella Reial de Catalunya, Hespèrion XX, dir. Jordi Savall, Alia Vox AVSA9867 sur classicalacarte.net Tomás Luis de Victoria, sur Cancioneros Musicales Españoles.
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