Barbara Ogier, baptisée le à Anvers et décédée dans la même ville le , est une dramaturge de la chambre de rhétorique Frederiks & Van den Branden 566. Sa devise était ()Van den Branden 100.
Biographie
Elle est la fille de Maria Schoenmaeckers et Guillielmus Ogier, dramaturge et, depuis 1660, aussi facteur (auteur principal) de la chambre de rhétorique (la Branche d’olivier)Van der Aa 55.
Le , elle se marie avec le sculpteur Guillielmus Kerrickx, qui deviendra « » de l’ en 1692Van den Branden 99 ; de leurs enfants, leur fils Willem Ignatius Kerricx, né le Van den Branden 105, deviendra également sculpteur, ainsi que peintre et architecte, et facteur de la chambre en 1700. Comme sa mère et son grand-père, il écrivit des piècesStecher 257.
Dans l’introduction de (La Mort d’Achille), de 1680, pièce représentée avant la farce de son père, jouée le même jourVan der Straelen 1853, 315, Ogier souligne que les femmes ont leur propre vue sur l’histoire, même sur une matière comme le siège de Troie, et, dans ce cas-ci non sans raison, car le motif de la guerre de Troie était, en effet, l'enlèvement d'une femme, Hélène. Cette pièce était dédiée à Isabelle de Condé, l’épouse d’un conseiller anversois.
ayant reconnu le talent d’Ogier, celle-ci put représenter la chambre lors du concours à Bruges en 1700Vieu-Kuik & Smeyers 406 et à l’occasion de grandes festivités telles que la visite du nouveau gouverneur général des Pays-Bas espagnols, Maximilien-Emmanuel de Bavière, à Anvers en 1693.
À cette dernière occasion, elle écrivit, en deux jours, une courte pièce dans laquelle les personnages allégoriques et mythologiques ne font non seulement l’éloge de l’électeur, mais accentuent également le triste état économique d'Anvers après la fermeture de l’embouchure de l'EscautMeeus 234-235. En de vers apparaissent les figures allégoriques de la Vierge d’Anvers, d’Apollon, de la Peinture accompagnée de trois élèves et de la Sculpture avec deux élèves. Le décor pour la pièce avait été fait par le peintre Godefridus Maes, alors que la pièce même fut publiée par Godgaf Verhulst, illustrée d’une gravure de Gaspard BouttatsVan der Straelen 1854, 97.
Œuvre Remarques générales
Comme elles avaient accès à la vie publique dans une moindre mesure que les hommes, il était plus difficile pour les femmes de faire imprimer leurs œuvres. Certains cénacles étaient presque entièrement réservés aux hommes, comme les chambres de rhétorique, sociétés auxquelles les femmes ne pouvaient s’affilier.
Barbara Ogier a été une exception à plusieurs égards, car la plupart des écrivaines des Pays-Bas méridionaux étaient des religieuses ou des béguines qui menaient une vie religieuse dans un monastère ou au sein d’une communauté de femmes.
Toutefois, les trois tragédies qu’elle a écrites ne sont jamais sorties de la presse, et n’ont été transmises qu’en partie. Les poèmes qu'on connaît d’elle, sont repris dans des anthologies de la chambre .
Appréciation
Parmi ceux qui tenaient Barbara Ogier en haute estime de son vivant figure son collègue rhétoricien Joseph Lamorlet, qui, dans son et par le biais de la voix d’Apollon, l’a qualifiée de Sappho écrivant des vers sans pareille.
En 1724, dans son Parnas, of de zang-godinnen van een schilder, Willem van Swaanenburg publie un poème funèbre en mémoire de Barbara OgierVan Swaanenburg 150-155.
D’après Jan Frans Willems, la qualité de sa poésie serait égale et peut-être supérieure à celle de son père, WillemWillems 148.
Elle-même se faisait excuser des défauts de son style dans les vers suivants :
{|class="wikitable" |- ! Vers en néerlandais ! Traduction libre en français :
Is myn Rymkonst vol ghebreken ? Tis door kortheydt van den tydt : 'K wacht van Konstenaers gheen strydt. Wie sal vrouwen teghenspreken ? | Ma poésie, serait-elle pleine de défauts ? Le manque de temps en est la cause : Je ne crains pas la critique des artistes. Qui oserait contredire une femmeWillems 149?
Œuvres
(La Panthère fidèle), tragédie représentée le en l’honneur de Théodore Verbruggen, sculpteur, doyen en chef de la chambre de rhétorique et montée comme prélude à la pièce de son père, Guillielmus OgierAngillis 27Van den Branden 98 (La Mort d’Achille dans la ville de Troie assiégée), tragédie représentée le en l’honneur d’Isabelle de Condé, épouse de Guillaume-Philippe de Herzelles ; encore représentée en 1703 Verwellecominghe op de Saele van Pictura, aen Syne Doorluchtigheydt Maximiliaen Emmanuel, van Beyeren […] (Souhait de bienvenue à la chambre de la peinture, à son Altesse Maximilien-Emmanuel, Duc de Bavière)Angillis 30, 1693 (accueil à la chambre de la peintureWitsen-Geysbeek 73, qui est la chambre de rhétorique De Olijftak, liée à la guilde de Saint-Luc, le ) , Les arts unis et la ville d’Anvers consolée, montrée à Son Altesse, le Prince-électeur, à la Chambre de la Peinture, le ; (Baucis et Philémon) jeu d’accueil à l’occasion du repas du doyen, Guillielmus Kerrickx, représenté le Angillis 28 ; (Le Paradis troublé), farce représentée le ; encore représentée en 1700 ; , souhait de bienvenue en l’honneur d'Étienne Cornelisz. Janssens de Huioel, chevalier, ancien bourgmestre et échevin en fonction, lors de son élection comme chef (Hoofdman) en 1693Van der Straelen 1853, 309 (La Poésie errante), souhait de bienvenue, représenté le en l’honneur du nouveau chef Gregorius Martens ; (L’Académie triomphante à l’ouverture de son nouveau bâtiment), pièce dédiée au magistrat d’Anvers, à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau bâtiment de l’école d’art, représentée le à AnversWitsen-Geysbeek 73-74Van der Straelen 1855, 163 ; (Mars vaincu et la Paix victorieuse)Angillis 29, récité lors de l’accueil offert au Seigneur Joannes Carolus van Hove, ancien bourgmestre, échevin en fonction de la ville d’Anvers, chef de la guilde de Saint-Luc, à la chambre des arts réunis, le ; (L’Homicide contesté dans la conscience accablée d’Alexandre le Grand), tragédie représentée le ; (La Mort de Clytus), tragédie représentée le le à l’occasion de l’anniversaire du roi, en présence de l’évêque et du magistrat d’AnversWitsen-Geysbeek 74 (Don Ferdinand ou le télescope espagnol), comédie représentée à la chambre des arts réunis, dite la guilde de Saint-Luc, représentée par les amateurs du Olijftak à Anvers, le .
Notes et références
Sources Aa, A.J. van der, Biographisch woordenboek der Nederlanden lire en ligne, volume 17, J.J. van Brederode, Haarlem, 1867, 55-56 ; Angillis, A. Angz., Barbara Ogier, dans : Rumbeeksche avondstonden, De Vereenigde vrienden, De Brauwer-Stock, 1856, 27-41 ; Branden, F. Jos. van den, Willem Ogier, tooneeldichter 1618-1689, V. Resseler, Anvers, 1914 Frederiks, J.G. & Branden, F. Jos. van den, Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde,, L.J. Veen, Amsterdam, 1888-1891, 566 ; Meeus, Hubert, Dye vermaerde coopstat van Antwerpen, dans : (1994), . , 1995, 234-235 ; Stecher, J., Histoire de la littérature néerlandaise en Belgique, J. Sebèque & Cie., Anvers, 1886, Straelen, J.B. van der, Geschiedenis der Rederykkamer de Violieren of Violettebloem of Violettebloem onder zinspreuk Wt jonsten versaemt te Antwerpen, dans : , Hendrik Peeters, Anvers, 1853, 300, 309, 315 ; Straelen, J.B. van der, Geschiedenis der Antwerpsche rederykkamers. 1: Geschiedenis der Violieren, Peeters, Anvers, 1854, 97 ; Straelen, J.B. van der, Jaerboek der vermaerde en kunstryke gilde van Sint Lucas binnen de stad Antwerpen behelzende de gedenkweerdigste geschiedenissen in dit genootschap voorgevallen sedert het jaer 1434 tot het jaer 1793, Peeters-Van Genechten, Anvers, 1855, 163 ; Swaanenburg, Willem van, Parnas, of de zang-godinnen van een schilder. Hendrik Bosch, Amsterdam, 1724, 150-155 ; Vieu-Kuik, H.J. & Smeyers, Jos, Geschiedenis van de letterkunde der Nederlanden, vol. 6, Standaard Uitgeverij, Anvers/Amsterdam, 1975, Willems, Jan Frans, Verhandeling over de Nederuytsche tael- en letterkunde, vol. 2, Vve J.S. Schoesetters, Anvers, 1820-1824, 148. Witsen Geysbeek, P.G., Biographisch anthologisch en critisch woordenboek der Nederduitsche dichters, vol. 4, JAC-NYV, C.L. Schleijer, Amsterdam, 1822, 73-74 ;
Annexes Bibliographie Keersmaekers, A., , dans : Rob Erenstein (réd.), , Amsterdam, Amsterdam University Press, 1996, 212-217 ; Prims, Floris, , dans : , 1949, 30-42 ; Vaeck, Marc van & Verhoeven, Nicole, , dans : R. Schenkeveld-van der Dusse, , Amsterdam, Amsterdam University Press, 1997, 391-395.
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