Le château d'Ainay-le-Vieil est un château médiéval construit au sur l'emplacement d'une forteresse du , au milieu du village d'Ainay-le-Vieil, dans le département français du Cher. Après l'avoir acheté à Jacques Cœur, Charles de Bigny fait édifier entre 1500 et 1505 un logis pré-Renaissance de ...
Depuis 1467, le château demeure dans la même famille. Trois générations de suite, il est transmis par les femmes, dont certaines alliances sont à la fois prestigieuses et connues. Les propriétaires actuels comptent parmi leurs ancêtres Jean-Baptiste Colbert, ministre de ..
Surnommé Le Cher remarquable : vus du ciel ; spécial du Berry Républicain décembre 2011 . . en raison de son enceinte fortifiée circulaire, le château d'Ainay-le-Vieil fait aujourd'hui partie de la route touristique Jacques Cœur.
Historique Le château est construit sur un site occupé autrefois par les Gallo-Romains. Fortifié dès le Haut Moyen Âge, il est situé sur la zone frontière qui séparait les domaines francs de ceux d’Aquitaine et, plus tard, ceux des rois de France des territoires anglais. Cette position stratégique, particulièrement jusqu’à la fin de la guerre de Cent Ans, explique la dimension de sa double enceinte qui lui a assuré force et pérennité. Il s’agissait d’une place importante pour le royaume, confiée à la garde de personnages proches des rois de France : Bourbon, des Barres, Sully, Culant.
Le château est cité dans le cartulaire de Champagne à la fin du . La localité est désignée sous le nom dAinacum Vetus (Ainay-le-Vieil) dans les années 1180, ce qui semble montrer qu'elle est antérieure à la petite ville proche d'Ainay-le-ChâteauC. N. Victor Mallard, Histoire des deux villes de Saint-Amand et du château de Montrond, note 1, ., siège d'une châtellenie des seigneurs de Bourbon. Elle se trouvait à proximité de l'ancienne voie romaine reliant Bourges à Néris. En 841 et 856, des actes citent la vicaria Ulnacencis ou Ainacensis dans le pagus de Bourges, qui devait correspondre à Ainay-le-Vieil plutôt qu'à Ainay-le-Château, cependant un doute subsiste car Ainay-le-Vieil n'était pas une vicaria (viguerie) contrairement à Ainay-le-Château, et que cette dernière avait des vignes (et en garde souvenir par le nom d'une rue) ; la charte de 841 mentionne une donation en vignes. Le château se situe près de la ville gallo-romaine de Drevant et devait être à l'origine une de ses protections avancées. La famille de Charenton possède un fort à Drevant : Ainay-le-Vieil est à la limite occidentale des possessions de cette maison féodale, dans la mouvance des comtes de Nevers et des sires princes de Bourbon.
La famille de Bourbon, propriétaire de la terre (plus tard duché) de Bourbon (cette famille est capétienne depuis 1249 seulement, avec les frères Eudes et Jean de Bourgogne puis le gendre de ce dernier, Robert), fut la première historiquement connue. La seigneurie est passée à la puissante famille des Barres. En 1213, la terre d'Ainay appartient à Pierre des Barres. Dans un acte de 1213, Pierre des Barres donne à l'abbaye de Bussières une rente à prendre soit sur la terre d'Ainay-le-Vieil, soit sur celle de Chemners ou sur celle de Meaulne.. Deux actes testamentaires datés de 1235. et 1236 confirment cette possession. Pierre des Barres est probablement un des nombreux demi-frères de , qui s’illustre en sauvant le roi Philippe Auguste à la bataille de Bouvines en 1214. Bien qu'aucun acte le confirme, la terre d'Ainay devait être dès cette époque dans la mouvance des seigneurs de Bourbon car, en 1216, Pierre des Barres a rendu hommage au sire de Bourbon pour la forêt de Tronçais, des hommes à Coust, et pour des hommes et des maisons à Meaulne et à Ainay. Si Pierre des Barres a de bons rapports avec les sires de Bourbon, il se déclare aussi homme lige de la comtesse de Champagne, en 1216. Il est aussi lié avec la comtesse de Nevers, dont il a reçu des fiefs en 1221 et pour laquelle il s'est porté caution en 1222. Pierre des Barres est mort vers 1233-1234. On n'a pas de documents permettant d'attester que son fils aîné, , actif en 1225, mort après 1243, est seigneur d'Ainay-le-Vieil, pas plus que des Barres, mort en 1310.. vignette|Vue extérieure de l'entrée du château, en 2007. La famille de Sully, originaire du château de Sully-sur-Loire, possède pendant plus d’un siècle Ainay-le-Vieil, qui sert de tête de pont pour harceler les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. Aucun document ne permet de savoir comment la terre d'Ainay-le-Vieil est passée dans le domaine de la famille de Sully. Gilles (ou Gilon) de SullyGaspard Thaumas de La Thaumassière, Histoire de Berry, Bourges, Imprimerie et lithographie de A. Jollet fils, , 1865, (lire en ligne), mort en 1345 et 1348, est seigneur de Beaujeu et d'Ainay-le-Vieil, fils d' de Sully, arrière-petit-fils d' de Sully, qui a fondé la branche des Sully-Beaujeu et était le frère de Simon de Sully, archevêque de Bourges.
Pendant la guerre de Cent Ans, il est le seul château de la région à rester français après la défaite de Poitiers en 1356.
À la fin des guerres franco-anglaises, le château perd son intérêt militaire.
La terre d'Ainay-le-Vieil passe aux barons de Culan(t) après le mariage en 1433 de Belle-assez de Sully, fille de Geoffroy de Sully, seigneur de Beaujeu, Ainay-le-Vieil, Magnac, Cluis-Dessus, Buxières-d'Aillac, Bouesse, Beaulieu et Guay-le-Viel, qui est l'arrière-petit-fils de de Sully, avec Charles de Culant (1460), grand maître de FranceC. N. Victor Mallard, Histoire des deux villes de Saint-Amand et du château de Montrond, (lire en ligne)..
Acheté aux Culant en 1435 par Jacques Cœur, l’argentier de , puis confisqué à celui-ci lors de sa disgrâce. Cette vente n'a pas dû être exécutée car la vente des terres d'Ainay-le-Vieil et de Meaulne, le , est passée par messire Louis de Belleville, chevalier, seigneur d'Ainay, et sa femme dame Marguerite de Culant, qui les avaient reçues en dot, au profit de Jean et Charles de ChevenonGaspard Thaumas de La Thaumassière, Histoire de Berry, volume, (lire en ligne), écuyers, frères, seigneurs de Bigny ; Charles de Bigny fut grand écuyer de France en 1466-1470, mais fut-il aussi grand-maître des Coureurs de France, c’est-à-dire des Postes royales fondées par C. N. Victor Mallard, Histoire des deux villes de Saint-Amand et du château de Montrond, . ? ; les Chevenon de Bigny furent aussi seigneurs de Saint-Amand-le-Chastel — alias le châtel Saint-Amand — aussi après les Culan). Ainsi, le château d'Ainay est habité par les descendants de la famille de Bigny depuis plus de six siècles...
La Révolution française épargne la forteresse d’une destruction totale, le marquis de Bigny habitant alors le château de Bigny, au nord de Saint-Amand-Montrond. Ce dernier y est décapité et son épouse s’exile alors en Angleterre ; son fils est tué dans la bataille de Quiberon qui oppose les aristocrates à l’armée révolutionnaire.
Au , son neveu Anatole de Chevenon, devenu le nouveau marquis de Bigny, entreprend la restauration du château et des jardins d’Ainay, entre 1855 et 1860. Le parc de sept hectares est transformé en jardin paysager et des chartreuses sont créées près du « Carré en île », lui-même aménagé en potager.
À son décès, sa fille, la comtesse de Villefranche hérite d’Ainay-le-Vieil, qui est dévolu ensuite à sa fille, la marquise de Colbert-Chabanais, et enfin à la fille de celle-ci, la baronne Géraud d’Aligny.
En 1954, le baron et la baronne Géraud d’Aligny, parents des actuels propriétaires, décident d’ouvrir le château au public. Ils sont à l’initiative de la Route du Cœur de la France, première des Routes historiques en France, avec plusieurs châteaux privés. Elle deviendra par la suite la route Jacques-Cœur. Un spectacle « Son et lumière » est créé un an après celui de Chambord. Le nombre de visiteurs augmente.
Depuis 1982, une politique culturelle active est menée. Les thèmes des expositions sont généralement liés à celui des Célébrations nationales.
En 1984, une tempête dévaste le parc, point de départ de grands travaux de réhabilitation.
En 1988 a lieu la création de la Route des Parcs et Jardins de la Région Centre, sous les auspices de la Demeure historique, par Marie-Sol de La Tour d’Auvergne, afin de développer le tourisme de jardins dans la région. L’Association des Parcs et Jardins de la Région Centre, créée à partir de la Route, devient l’organisme réunissant et représentant l’ensemble des jardins de la région Centre.
En 1993, à la suite de la baronne Géraud d’Aligny, Auguste d’Aligny est nommé gérant de la SCI familiale, qui compte six membres, tous enfants de la fondatrice. Le développement commercial du château conduit à la création de chambres d'hôtes, de gîtes, d'un restaurant, d'une salle de réception et d'une boutique. Des évènements ponctuels y sont aussi organisés (festival de peinture, rencontres musicales, journées du patrimoine, colloque sur Colbert, etc.).
Description Le château d’Ainay-le-Vieil est l’une des forteresses féodales les mieux conservées du centre de la France. Denis Hayot place la construction de l'enceinte dans la seconde moitié du , comme le montrent les archères à fente chanfreinée qui apparaissent à cette période. Denis Hayot note la proximité de conception de l'enceinte d'Ainay-le-Vieil avec celle du château de Billy, sans pouvoir en expliquer la raison. Son aspect actuel est dû en partie à Gilles de Sully, qui a modifié la forteresse primitive vers 1330.
Le château se présente sous la forme d’une enceinte octogonale irrégulière, de plus d’un demi hectare, entourée de douves d’eaux vives. Démunie de défenses naturelles comme tout château-fort de plaine, il comportait une seconde enceinte avec double fossé et double pont-levis. La seconde enceinte, aujourd’hui disparue, renfermait une surface d’environ trois hectares. Son tracé se lit encore sur le cadastre napoléonien datant des années 1830 et sur un plan copié sur celui-ci.
vignette|Le château en 2009. À l’intérieur de l’enceinte, côté nord-est, Charles de Bigny fait édifier entre 1500 et 1505 un logis pré-Renaissance de en brique et pierre. Son fils Claude, gouverneur de la Bastille à Paris et son petit-fils Gilbert, maître d’hôtel de la reine Catherine de Médicis, achèvent les embellissements.
Les intérieurs sont décorés de cheminées monumentales du même style.
Une chapelle est construite par Gilbert de Bigny, vers 1527, dans une des tours : elle est décorée d’un plafond à caissons sculptés dans la pierre, qui témoigne de l’avancée de l’influence italienne des débuts de la Renaissance française. Des peintures murales du illustrent la vie du Christ. Elles sont attribuées à Jean Boucher et son école. La restauration récente des peintures permet de distinguer les apports des époques ultérieures : arabesque de feuillage du , bandes bleu ciel du , peinture au pochoir du .
De grandes fenêtres ont été ouvertes sur l’extérieur et sur la cour débarrassée de ses bâtiments militaires.
Vers 1600, deux pavillons de style Renaissance tardif sont construits face au château à l’emplacement de la seconde enceinte ; ils marquent l’entrée des jardins d’eau de la Renaissance créés par le marquis de Bigny qui, proche de la cour du roi, céda ainsi à la mode du temps.
Les bâtiments Le château d'Ainay-le-Vieil présente deux parties, l'une médiévale et l'autre pré-Renaissance de :