, né dans le bourg de Katsuragi (district d'Ito) dans la préfecture de Wakayama le , est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ). Il est élu de 1996 à 2012 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, pour le district de la préfecture d'Osaka. Un des principaux fidèles de Yukio Hatoyama, il est Secrétaire général du Cabinet du Japon dirigé par ce dernier du au , et est ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie dans le Cabinet mené par Yoshihiko Noda depuis le . Il a également présidé la Commission de la Sécurité de la Chambre des représentants du au , puis celle du Comité des Affaires de la Diète du PDJ du au .

Formation et carrière professionnelle

Il passe toute sa scolarité au sein de l'enseignement public dans son bourg natal de Katsuragi : il sort du collège communal Myōji en mars 1964 puis du lycée préfectoral Kaseda en mars 1967. Il intègre le mois suivant la faculté des sciences et d'ingénierie de l'université Chūō, situé dans l'arrondissement de Bunkyō à Tokyo. Il y obtient son en électrotechnique en mars 1971.

Une fois diplômé, il est engagé le mois suivant par le Laboratoire central de recherche de l'entreprise d'électronique grand public Matsushita Electric Industrial Co., Ltd (désormais dénommée, depuis 2008, Panasonic Corporation) à Moriguchi dans la préfecture d'Osaka. En 1978, il est transféré au sein de Matsushita Electronic Components Profile, www.hi-ho.ne.jp. Il est également membre du syndicat de l'entreprise, composante du ou , et du ou . Ses activités syndicales le rapprochent de la politique, et tout particulièrement du Parti socialiste japonais (PSJ) même s'il n'en a jamais été officiellement membre.

En , il quitte le secteur privé pour devenir secrétaire en chef de Masao Nakamura, député socialiste tout juste élu dans l'ancien électoral de la préfecture d'Osaka et ancien cadre du syndicat de l'industrie électrique. Celui-ci va notamment être vice-ministre parlementaire du Trésor (ou des Finances) auprès de Hirohisa Fujii dans le gouvernement « anti-PLD, anti-communiste » de Morihiro Hosokawa d' à . Il s'agit alors de la première administration japonaise à ne pas être dominée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice libérale) depuis 1955. Hirano est également membre du comité exécutif du syndicat de Matsushita Electric en tant que directeur de son département des affaires politiques de 1988 à 1994 政官要覧, éd. セイサクジホウアイピイ, 2006, p.149 « Cabinet Profiles - Hatoyama Cabinet (Formed September 16, 2009), CHIEF CABINET SECRETARY : Hirofumi Hirano », The Japan Times.

Carrière politique

Première campagne législative

En 1994, une réforme modifie le mode de scrutin pour les législatives, passant du vote unique non transférable à un système mixte alliant vote majoritaire uninominal à un tour dans 300 circonscriptions et proportionnelle dans 11 blocs législatifs correspondant plus ou moins aux grandes régions géographiques du Japon. La carte électorale est alors profondément remaniée, les nouveaux districts électoraux étant plus nombreux et de tailles plus réduites que les précédents. Les villes qui constituaient l'ancien sont répartis entre les nouvelles et et une partie de la . Or, Masao Nakamura, malade, décide de ne briguer de nouveau mandat dans aucun de ces districts lors des élections législatives à venir, prévues au plus tard pour 1997. Hirofumi Hirano lance alors sa campagne dès 1994 dans le , à savoir les villes de Hirakata et Katano à l'extrémité nord-est de la préfecture d'Osaka, comme candidat indépendant. Il reçoit le soutien de Nakamura mais aussi de son ancien syndicat.

Il mène une campagne active de terrain ; ainsi, il préside un « réseau de vie régionale » et parcourt notamment à pied toute la préfecture en réalisant avec ses partisans des travaux d'intérêt général et en recueillant les doléances des citoyens, action baptisée . En , il publie aux éditions Village Press un livre intitulé Présentation du Teku Teku DonDon sur le site officiel de Hirofumi Hirano, dans lequel il présente l'expérience de cette marche ainsi que sa vision politique Fiche du livre Aruike ! Zougame de Hirofumi Hirano sur le site japonais d'Amazone. Il s'axe sur les questions environnementales (notamment de gestion de l'eau), d'alimentation, de sécurité publique et de gestion des catastrophes. D'ailleurs, après le séisme dévastateur de Hanshin du , il contribue à recruter des sauveteurs volontaires à Hirakata et Katano et participe à des opérations de sauvetage à Kobe de février à .

Lors du scrutin qui a finalement lieu le à la suite de la dissolution de la Chambre des représentants le précédent, il n'a face à lui que deux candidats : celui du PLD (revenu au pouvoir en 1994 grâce à une Grande Coalition formée avec le PSJ) Masumi Ogawa (52 ans, avocat) et celle du Parti communiste japonais (PCJ) Takako Yoshise (64 ans). Il peut ainsi capitaliser sur son nom l'électorat du centre ou du centre gauche et les indépendants. Il est assez largement élu, obtenant soit 48,59 % des suffrages Résultats des élections législatives de 1996 dans le d'Osaka, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Premiers pas à la Diète

À la Chambre des représentants, il siège dans un premier temps comme non inscrit. De 1996 à 1997, il est membre de la Commission des Affaires étrangères. Il fait alors partie des députés les plus actifs pour exiger en 1997 du gouvernement libéral-démocrate de Ryūtarō Hashimoto de rejoindre le processus de négociations dit d'Ottawa pour l'interdiction des mines antipersonnel. En effet, le Premier ministre de l'époque et son administration refusent pendant plusieurs mois de renoncer à l'usage de ces armes pour sécuriser certaines plages occidentales de l'archipel. Hirano mène ainsi plusieurs attaques en Commission contre le Cabinet, signe plusieurs pétitions et participe à une campagne caritative pour l'envoi de membres artificiels à des enfants estropiés par des mines antipersonnel au Sri Lanka. Il se rend d'ailleurs dans ce pays en en compagnie de deux membres de la Chambre des conseillers, le social-démocrate Wataru Kubo et la présidente du Parti des réformes démocratiques (PRD, bras politique de la confédération syndicale Rengō dans laquelle l'ancienne Sōhyō s'est fondue en 1989) Teiko Sasano Présentation des relations nippo-sri lankaises sur le site du ministère des affaires étrangères du Japon. Il organise également un festival de musique Japon-Sri Lanka. Finalement, après que les États-Unis ont eux-mêmes ralliés le processus d'Ottawa et face à un important lobbying des ONG, de l'opposition mais aussi de nombreux parlementaires de la majorité (notamment du PSD qui fait toujours partie de la Grande coalition au pouvoir mais s'il ne dispose plus d'aucun ministre, ainsi que de plusieurs anciens Premiers ministres et autres poids lourds du PLD, Hashimoto finit par accepter de négocier à ce sujet à partir d' et le Japon, après avoir tenté en vain de réviser le projet de traité initial, est l'un des premiers signataires de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel le (ratifiée le ) K. ADACHI, « WHY JAPAN SIGNED THE MINE BAN TREATY : The Political Dynamics behind the Decision », Asian Survey, éd. University of California Press, 2005.

Hirofumi Hirano conserve de plus le fort activisme environnementaliste, de défense des droits des citoyens et d'intervention personnel dans la gestion des catastrophes qui a fait son succès électoral. Ainsi, il demande dès la fin de l'année 1996 des mesures au ministère des Transports pour lutter contre les glissements de terrain récurrents dans la zone de Sugi à Hirakata. De plus, après le naufrage du pétrolier russe Nakhodka au large de la côte occidentale de Honshū le , provoquant une marée noire ( de pétrole déversé au total) qui a affecté plus de de littoralPrésentation du naufrage du Nakhodka et de sa marée noire, site du CEDRE, Hirofumi Hirano participe aux missions de nettoyage, organise des manifestations pour collecter des fonds destinés aux sinistrés de la préfecture de Fukui (l'une des plus touchées) et demande la mise en place d'une cellule de crise.

Très rapidement, Hirofumi Hirano se rapproche à la Diète du Parti démocrate du Japon (PDJ), mouvement d'opposition au PLD et partisan d'une « troisième voie » entre ce qu'elle qualifie comme le « fondamentalisme de marché » de la principale force d'opposition Shinshintō et l'« État construction » de la majorité gouvernementale, fondé par environ la moitié des parlementaires des deux partis associés à cette dernière au sein de la Grande coalition (le PSD, nouveau nom depuis du PSJ, et le NPS) et ayant donc fait dissidence avant les législatives de 1996. Si Hirano n'a pas rejoint ce parti à sa création, contrairement à son mentor Masao Nakamura, il réalise de nombreuses actions conjointes avec lui. Ainsi, il est l'un des signataires d'une proposition de loi démocrate déposée en visant à créer une « Autorité de supervision de l'Administration », voulue comme la version japonaise du Government Accountability Office (GAO) américain. À partir du , tout en restant encore sans étiquette, il rejoint à sa formation le groupe parlementaire de la ou , qui rassemble le PDJ, le PRD et quatre petits partis issus de l'éclatement quelques jours plus tôt du Shinshintō (les anciens du Parti démocrate socialiste PDS rassemblés dans le Nouveau parti de la Fraternité et les petits mouvements conservateurs libéraux modérés de la Voix du Peuple, du Parti du Soleil et From Five créés par les anciens dissidents du PLD de 1993 ou 1994 qui n'ont pas rejoint le Parti libéral d'Ichirō Ozawa) Évolution des groupes politiques à la Chambre des représentants entre 1990 et 1998. Finalement, lorsque ces différents formations fusionnent le suivant pour former le nouveau grand parti d'opposition, qui conserve le nom du PDJ, Hirofumi Hirano décide de s'engager et de le rejoindre.

Au sein de l'opposition démocrate

Il s'implique activement dans la vie de son nouveau parti. Dans le cadre de la campagne pour le renouvellement de la moitié de la Chambre des conseillers du , il est l'un des coureurs du relais Ekiden de km reliant Osaka à Kōbe pour soutenir les candidats démocrates et promouvoir les propositions du PDJ. Il devient de plus en vice-président du Comité des Affaires de la Diète du parti, secondant à ce poste jusqu'en l'ancien démocrate socialiste Tatsuo Kawabata. Il le devient à nouveau de septembre à , aux côtés cette fois de Tatsuo Satō (dissident en 1994 du PLD). Il est de plus à partir de secrétaire général de la fédération démocrate de la préfecture d'Osaka (et donc son numéro deux, derrière son président Kansei Nakano, chef de file des ex-PDS au sein du parti). Il le reste jusqu'en 2003, puis succède à Nakano à la tête de la fédération qu'il conserve jusqu'en .

Il est nettement réélu à la Chambre des représentants dans son d'Osaka à trois reprises avant 2009 : avec et 55,47 % des suffrages en 2000 (il obtient plus du double du score du candidat arrivé second, le libéral-démocrate et ancien conseiller de 1987 à 1989 et de 1992 à 1998 Kazutaka Tsuboi), votes et 58,18 % en 2003 (et cette fois-ci près de 2,5 fois le résultat de son principal adversaire, l'indépendant soutenu par le PLD qu'il avait déjà affronté en 1996 Masumi Ogawa) et bulletins et 48,11 % en 2005 (s'il ne réussit pas alors à obtenir la majorité absolue en voix dans un contexte marqué par une nette victoire sur le plan national du PLD mené par Jun'ichirō Koizumi, il est avec Takashi Nagayasu le seul député démocrate sur dix sortants à conserver sa circonscription dans la préfecture d'Osaka) Résultats des élections législatives de 2000, 2003 et 2005 dans le d'Osaka, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Intérêt nouveau pour les questions éducatives et scientifiques