Les droits des personnes LGBTQ au Guyana ne sont pas les mêmes que ceux du reste de la population.

Le Guyana est le seul pays d'Amérique du Sud où les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe (ainsi que les rapports sexuels anaux et oraux hétérosexuels) sont encore illégaux..

En vertu des lois guyaniennes actuelles, la sodomie et la fellation demeurent passibles de l'emprisonnement à perpétuité. En pratique cependant, cette peine n'est jamais appliquée ni même prononcée dans les cas susmentionnés.

Des efforts soutenus par David Granger, président de 2015 à 2020, ont été faits pour dépénaliser les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe, sans succès.

Lois sur les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe Le code pénal guyanien de 1893, dans sa version amendée de 2010, dispose : à l'article 351 que entre individus de sexe masculin est passible de deux ans d'emprisonnement à l'article 352 que à l'article 353 que à l'article 354 que .

Le droit pénal guyanien se garde de définir de manière explicite la « grossière indécence », la « bougrerie » et l'« acte indécent » car ces termes restent définis par la common law, et en particulier la common law anglaise de l'époque coloniale, dont découle la plupart des lois guyaniennes.

Tentatives de décriminalisation À la suite de l’appel du Edward Greene, envoyé spécial des Nations unies pour le VIH/sida dans les Caraïbes, à décriminaliser les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe., le gouvernement guyanien de Sam Hinds annonça en l'organisation d'un débat national sur l’opportunité de réviser les lois du pays discriminant les personnes LGBT. Les groupes religieux firent rapidement savoir qu'ils s'opposeraient à toute révision de ces lois..

En 2013, le gouvernement lança une commission parlementaire chargée de décider si les lois du pays sur la bougrerie devraient être supprimées. Dès le début de l'année 2014, elle commence à recevoir des subventions publiques..

Lors des élections générales de 2015, les principaux partis politiques du pays se montrèrent favorables aux droits LGBT. Le Parti progressiste du peuple déclara : . Le manifeste de l'UAUN/Alliance pour le changement, majoritaire au parlement, contenait quant à lui un appel à mettre fin à la discrimination à l'égard des personnes LGBT.. Le président élu lors de ce scrutin, David Granger, apporta son soutien à la légalisation des rapports sexuels entre individus de même sexe, déclarant en 2016 : ..

En , la Cour suprême du Belize déclara que la loi interdisant la sodomie dans le pays était inconstitutionnelle. Étant donné que le Belize et le Guyana, ainsi que tous les États membres de la Communauté caribéenne, partagent une jurisprudence identique, cette décision aurait normalement dû avoir pour conséquence de rendre inconstitutionnelle la loi interdisant la sodomie au Guyana. Mais c'était sans compter la « clause de sauvegarde » de la Constitution guyanienne de 1980 qui protège les lois héritées de l'ancien Empire britannique de toute révision constitutionnelle, quand bien même ces lois iraient à l'encontre des droits de l'homme.

En , le gouvernement de Moses Nagamootoo annonça qu'il organiserait un référendum national pour décider s'il fallait ou non dépénaliser les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe.. Cependant, le mois suivant, PinkNews indiqua qu’aucun référendum sur la question n'aurait lieu, plusieurs médias guyaniens ayant en réalité mal retranscrit la position du gouvernement.

En , la Cour suprême de Trinité-et-Tobago présidée par déclara inconstitutionnelle l'article 13 de la loi de 1986 sur les délits sexuels (consolidée en 2000) qui rendait passibles de 25 années d'emprisonnement la sodomie et/ou la fellation entre deux adultes. Cette décision suscita l'espoir chez les militants LGBT guyaniens.

En , la déclara, après avoir rencontré les parties prenantes, qu’elle espérait que la Commission de réforme du droit du ministère des Affaires juridiques sera capable de mettre à jour les lois « archaïques » du pays conformément aux pratiques internationales, ce qui se traduirait par une suppression des mesures légales discriminatoires..

En , avant les élections de , 5 des 6 principaux partis politiques du Guyana ont exprimé leur soutien à la dépénalisation de l'homosexualité.

En , après les élections de 2025, le président guyanien, Irfaan Ali, promet de dépénaliser l'homosexualité et de collaborer avec la SASOD (Society Against Sexual Orientation Discrimination) pour dépénaliser les relations sexuelles entre hommes.

Reconnaissance des couples de même sexe Il n'existe aucune forme de reconnaissance pour les couples de même sexe, que ce soit en union civile ou mariage..

Adoption et parentalité Compte tenu du fait que les personnes mariées comme célibataires peuvent adopter au Guyana, la loi guyanienne n'interdit pas à un individu LGBT d'adopter un enfant selon le département d'État des États-Unis..

En , Ann Greene, la directrice de l'Agence de protection des enfants (APE) du Guyana déclara que l'APE ne fait pas de discrimination car aucune loi guyanienne n'interdit aux personnes LGBT et aux couples de même sexe d'adopter, d'être des parents adoptifs ou des tuteurs. Sa déclaration encourage également les personnes LGBT à devenir des parents adoptifs et réitère l’absence d’obstacles juridiques guyaniens à cela, car la directrice de l’APE peut émettre un mandat déterminant quels demandeurs potentiels peuvent adopter conformément au Childcare and Protection Act de 2009..

Protection contre les discriminations En , le Parlement guyanien approuva à l'unanimité un amendement à la Constitution interdisant en partie la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, mais les pressions de chefs religieux avant les élections générales de 2001 poussèrent le président Bharrat Jagdeo à le rejeter.

Un nouvel amendement ne contenant que la clause qui concerne l'orientation sexuelle fut soumis au Parlement en 2003.

En 2016, la ministre de la Protection sociale Amna Ally s’engagea à être une « force motrice » pour mettre un terme à la discrimination contre les personnes LGBT.. En , elle révéla à l'occasion de la présentation de la position du Guyana sur le rapport périodique sur l'implementation de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes à Genève, en Suisse, que le gouvernement guyanien travaillait à faire en sorte que toutes les lacunes juridiques soient éliminées afin de prévenir la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Elle déclara notamment : ...

Identité et expression de genre Jusqu'en 2018, le travestissement était illégal au Guyana. En , plusieurs femmes transgenres furent arrêtées par la police pour avoir mis des vêtements féminins. En 2010, la Guyana Trans United déposa un recours contre l'article 153-47 de la loi sur les infractions correctionnelles de 1893 devant la Cour suprême de justice guyanienne. En 2013, après examiné le recours, le juge en chef du Guyana, Ian Chang, rendit son verdict et statua que le travestissement était légal à moins qu’il ne soit fait à des fins .. Guyana Trans United interjeta appel devant la Cour d’appel, dénonçant une nouvelle fois la loi comme discriminatoire et inconstitutionnelle. Cependant, la Cour d’appel confirma la décision de Chang. L’affaire fut ensuite portée devant la Cour caribéenne de justice (CCJ).. Le problème de droit était le caractère vague de l'expression « fins inappropriées » employée par Chang et la question de savoir si la loi pouvait ou non être contestée en raison de la « clause de sauvegarde ».. La « clause de sauvegarde » empêche de contester les lois de l’époque coloniale. Les plaidoiries débutèrent le et la Cour se réserva le droit de rendre sa décision à une date ultérieure.. Le , la CCJ statua dans l'affaire Quincy McEwan, Seon Clarke, Joseph Fraser, Seyon Persaud and the Society Against Sexual Orientation Discrimination (SASOD) v. The Attorney General of Guyana que l'article 153-47 de la loi sur les infractions correctionnelles de 1893 est inconstitutionnel et doit par conséquent être abrogé. Le panel de cinq juges à l'origine de la décision statua que, en plus d'être archaïque et vague, la loi ...

En 2017, Petronella Trotman, une femme transgenre, fut agressée dans les rues de la capitale Georgetown. Elle signala son agression à la police et porta plainte. Le jour de l'ouverture du procès de son agresseur, le président de la Cour lui demanda de pour la prochaine audience. Vêtue d'un haut bleu et d'une longue jupe à motifs le jour de l'annonce du verdict, le magistrat Dylon Bess lui refusa cette fois-ci l'accès au tribunal en raison de sa et classa l'affaire.

Service militaire En , le chef d'État-Major des armées, le commodore Gary Best, affirma que la (FDG) n’avait aucun problème avec les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe : . Sa déclaration fait suite au sanctionnement de deux soldates dont la sextape avait fuité avant de devenir virale. Commentant cette affaire, l'ancien critiqua l'homophobie au sein des forces armées du pays..

Conditions de vie Bien que les lois guyaniennes sur la pédérastie ne soient plus appliquées depuis longtemps, la discrimination contre les personnes LGBT reste répandue au Guyana, en raison de l’influence importante du christianisme et de la loi biblique dans les normes socio-politiques du pays. La loi britannique (qui resta en vigueur bien après l'indépendance du pays en 1966) criminalisa les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe et contribua à façonner une société résolument hostile à l'homosexualité qui, encore aujourd'hui, est désapprouvée par la majorité de la population. Les personnes LGBT sont continuellement victimes de violence et de harcèlement verbal au Guyana, que ce soit de la part des forces de l'ordre, des chefs religieux ou d'autres citoyens. Pour cette raison, la plupart continuent de garder leur orientation sexuelle cachée. Un terme péjoratif fréquemment utilisé pour désigner les gays au Guyana est « anti-hommes »..

Selon le recensement de 2012, la majorité absolue (63,91 %) de la population du Guyana est chrétienne, le reste étant principalement composé d'hindous (24,83 %) et de musulmans (6,77 %).. Les groupes évangélistes s'opposent résolument à l’amélioration des conditions de vie des personnes LGBT, allant de l’opposition à leur protection contre la discrimination à l’opposition à leur liberté d'expression. Peu avant la première marche des fiertés de l'histoire du pays au printemps 2018, la Georgetown Ministers' Fellowship demanda au gouvernement de Moses Nagamootoo d'interdire l’événement, au prétexte que les personnes LGBT ne devraient pas jouir de la liberté de réunion et d'expression. Le groupe qualifia l’événement d'.. Le gouvernement ignora la requête. Cependant, , l’évêque anglican du Guyana et du Suriname, exprima son soutien à la marche, déclarant : ..

La première marche des fiertés de l'histoire du Guyana se déroula le à Georgetown. Des centaines de personnes défilèrent dans les rues de la capitale, appelant à la dépénalisation de l’homosexualité et à . Parmi les groupes impliqués dans l’organisation de l'événement, on comptait la Caribbean Equality, la Guyana Rainbow Foundation, la Guyana Trans United et la . Il n'y eut pas d'incident violent et la marche fit l'objet d'une vaste couverture médiatique. Le haut-commissariat britannique fit hisser un Drapeau arc-en-ciel sur son bâtiment en signe de soutien à la marche. Dans les jours qui précédèrent l'évènement, le message antihomophobie qu'un père écrivit sur les médias sociaux pour sa fille lesbienne devint viral... Global Voices déclara que . La marche des fiertés de Georgetown fut la première à s'être déroulée dans les Caraïbes anglophones et en inspira d'autres à la Barbade, à Trinité-et-Tobago et à Sainte-Lucie notamment.