vignette|redresse|Gilles-Marie Eppendorf, esperluette accompagnée d’un triton, milieu du . vignette|redresse|Esperluette sur un caractère typographique (d’où la graphie inversée) en bois de de haut.

L’esperluette ou esperluète (nom féminin), également appelée éperluette, perluette, perluète, « et » commercial ou « et » américain , désigne le logogramme &. Elle résulte de la ligature des lettres de la conjonction de coordination « et » et possède la même signification.

Son inventeur serait TironThe new encyclopaedia Britannica, volume 1, Encyclopaedia Britannica, 1995, p. 14., secrétaire de Cicéron, également auteur de la première méthode de sténographie décrite, les notes tironiennes, mais on ne retrouve ce signe typographique dans aucun de ses manuscrits. On cite aussi Alde Manuce, un imprimeur-libraire installé à Venise qui, outre cette création, a révolutionné l’imprimerie par le format qu’il a donné à ses livres, en particulier l’in-octavo, plus petit, moins cher et plus maniable que les in-quarto ou in-folio.

Utilisation historique L’esperluette résulte de la ligature du e et du t, héritée de l'époque mérovingienne« Esperluette » sur clve.fr (consulté le 23 mai 2015).. À l’origine, cette graphie ligaturée était plus ou moins systématiquement utilisée par les copistes médiévaux, qui utilisaient de nombreuses autres abréviations. En l’occurrence, on trouve l’esperluette fréquemment employée pour les termes et (&), etc. (&c.).vignette|redresse|Esperluettes droite et italique.|centréAlors que le plus souvent, dans les manuscrits européens, seuls ces deux termes étaient abrégés à l'aide de &, les scribes anglais s’en servaient aussi pour n’importe quelle séquence -et- : deberet pouvait être écrit deber&. On trouve cependant aussi de telles graphies en Europe : fazet, dans les Serments de Strasbourg, est écrit faz&. Occasionnellement, certains scribes l’utilisent entre un mot terminant par e et un autre commençant par t, par exemple de terra écrit d&erra, quae tamen écrit qua&amen. D’autres séquences dont ec dans mecum, nec, speculum, intellectum, ou Graece, ed dans sed, ex dans excreverit utilisent plutôt des ligatures similaires pour ec, ed ou ex mais distinctes du et.

vignette|80px|Certaines polices, comme la police d'écriture Trebuchet, permettent de voir la ligature entre le et le .

Utilisée jusqu’au quatrième dictionnaire de l’Académie française de 1762, l’esperluette n’est plus utilisée dès le cinquième de 1798.

Présente dans les alphabets écrits à la fin du Moyen Âge, l’esperluette aurait été la de l'alphabet français. Ce n'est qu'au que l'esperluette disparaît des abécédaires..vignette|300px|Évolution de l’esperluette au cours de l’histoire de l'écriture.|centré

Étymologie L’étymologie de perluète et esperluète, et de leurs variantes orthographiques, est disputée. Plusieurs ouvrages de référence donnent des étymologies différentes : selon le dictionnaire Larousse de 1878, cité par le Trésor de la langue française, le &, dernière lettre de l’alphabet, était appelé ète, et les enfants apprenaient à l’école élémentaire à réciter l’alphabet en ajoutant après « Z » les mots latins « et, per se, et » (« et, en soi, ‘et’ »), prononcés « ète-per sé-ète », qui se serait transformé en « et, per lui, ète », plus accessible aux enfants comme moyen mnémotechnique. L’appellation du caractère « & » aurait découlé de cette habitude sous la forme de perluète ou esperluette ; le Robert historique de la langue française, dans son édition de 1992, possède deux articles (« Esperluette » dans les E et « Perluète ou Esperluette, Esperluète » dans les P) qui se contredisent : le second article évoque l’origine mnémotechnique décrite ci-avant, ainsi que l’influence d'« épeler » et de « pirouette », l’autre fait venir esperluette du latin perna, « jambe, cuisse, jambonneau », par l’intermédiaire de pernula qui a donné « perle, perlette ». Le nom du signe viendrait alors de sa forme et non de son sens ; le Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française de 1970 de Paul Robert indique que le terme esperluette est « probablement du radical latin perna, croisé avec sphærula [...] ; et aussi avec l’ancien français espère « sphère » du latin sphæra ; la finale est peut-être due au latin uvula ; le Dictionnaire de l’Académie française de 1842 indique qu’« On mettait ce signe à la fin de tous les alphabets, avec lesquels on enseignait à lire aux enfants : dans quelques provinces du Nord, on le leur faisait prononcer Perluète ; en Lorraine, on disait Esperluète. Y-grec, zéta, perluète. Ce nom était probablement une corruption de Perlectum, Lu jusqu’au bout. » La neuvième édition indique plutôt que le terme esperluette est « probablement dérivé du latin sphaerula, “petite sphère”. » ; Le Bon Usage de 1991 indique « zed, ète, perluète, apprenait-on aux enfants dans les écoles élémentaires, en ajoutant une rime plaisante. L’édition de 2008 indique « sans doute altération de pirouette, comme les [variantes] pirlouète, perluète. »Maurice Grevisse et André Goose, Le Bon Usage, Bruxelles: De Boeck, 2008, 14 édition, p. 119 §113 H1. Un autre étymologie possible est l’occitan es per lo et, « c’est pour le et ».

L’étymologie du mot anglais rappelle celles du latin ou de l'occitan. est mis pour , c'est-à-dire : (litt. « Un « et » à lui tout seul »).

Cette formulation est devenue à la suite de deux changements phonologiques : une assimilation, transformant classiquement la suite de phonèmes consonantiques [np] en [mp] plus faciles à prononcer, ainsi qu'une élision du [e] devant la voyelle [æ]. Utilisation contemporaine vignette|Logo de France Télécom de 2000 à 2006.

L’esperluette est l'un des rares caractères à avoir le même sens dans de nombreuses langues. Elle est d'un usage courant en anglais, sous le nom d’ampersand. En français, elle est moins utilisée et même rejetée dans la langue littéraire. Néanmoins, elle est parfois utilisée dans certains ouvrages, dans l’italiqueLexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, France, 2007 , 79.. Son utilisation en français est essentiellement circonscrite à un usage commercial et publicitaire, pour les raisons sociales. L’esperluette est ainsi parfois appelée « et commercial ». Elle est classiquement utilisée dans l'abréviation « & » (c'est-à-dire « Monsieur et Madame »).

L'esperluette était utilisée comme logo par l'entreprise France Télécom jusqu'en , juste avant le passage sous le nom Orange.

En informatique

Dans les applications de SGML et XML, par exemple HTML et XHTML, l’esperluette est un caractère d'échappement, qui peut être représenté avec l’échappement, ou entité de caractère, « & ».

Sous un système Unix, placée en fin de ligne d’un interpréteur de commandes, elle indique que l’on souhaite exécuter une commande (par exemple un programme) en arrière-plan, c'est-à-dire de façon asynchrone dans un sous-interpréteur. Lorsque l'esperluette est doublée (&&) entre deux commandes, elle indique qu'il ne convient d'exécuter la seconde que si la première renvoie un code de succès, ce qui équivaut à effectuer un ET logique.

Dans les langages de programmation, « & » est aussi : un opérateur unaire qui renvoie l’adresse mémoire d’une variable lorsqu’il précède cette variable, un opérateur de référence lorsqu’il suit un type (avec une syntaxe inspirée de C) ; en PHP, il permet aussi de passer une variable par référence, en opposition à un passage par valeur ; l'opérateur « et » logique, &, qui représente la conjonction et réalise la fonction ET de deux valeurs A et B, soit en les considérant comme variables logiques (ou « booléens ») ayant la valeur « vrai » ou « faux », soit en effectuant cette opération bit-à-bit, c'est-à-dire en considérant les deux valeurs écrites en binaire et en appliquant l’opérateur « et » à chaque paire de bits correspondants dans les deux valeurs. Pour l'opération logique (non binaire), l'usage du symbole dédoublé « && » est fréquent. L'évaluation peut alors être faite en « court-circuit » (short-circuit evaluation en anglais), sans évaluer l'expression B si la valeur de A est « faux », puisqu'il suffit que l'un des deux soit faux pour que A && B soit faux ; en Visual Basic et en VHDL, un opérateur de concaténation quand il est placé entre deux chaînes de caractères ; dans les URL, « & » sert de liant entre chaque valeur et paramètre de la syntaxe d'une adresse URL. Exemple : http://www.google.fr/webhp?hl=fr&tab=wi. Ce caractère n'est donc pas autorisé dans la chaîne de requête d'une URL lorsqu'il n'a pas de signification et doit obligatoirement être encodé sous la forme « %26 », selon l'encodage-pourcent.

Nom Unicode Glyphe Unicode Entité HTML Perluète U+0026 & Perluète culbutée U+214B (Symboles lettrés) En logique linéaire, la conjonction additive est représentée par une esperluette et la disjonction multiplicative est représentée par une esperluette culbutée appelée « par » .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Réforme de l'orthographe française de 1835 Iain Baxter, artiste conceptuel canadien spécialiste du signe &

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