La Jewish Defense League (JDL) est un mouvement américain néosioniste, créé aux États-Unis en 1968 par Meir Kahane, fondateur deux ans plus tard du parti politique israélien Kach. Le mouvement se répandit plus tard dans plusieurs pays du monde, dont la France (Ligue de défense juive).

Se présentant comme un mouvement d'auto-défense anti-raciste, sur le site de la Jewish Defense League et opposé au terrorismeAnti-Terrorism and Anti-Racism, sur le site de la LDJ, la JDL est considérée par le FBI comme un groupe terroristeTerrorism 2000/2001, rapport du FBI et une et par le Southern Poverty Law Center comme un () anti-arabePage sur la LDJ sur le site du SLPC.

L'organisation s'est rendue responsable par le passé, à côté d'un militantisme activiste plus classique, de plusieurs attentats et assassinats aux États-UnisTerrorism 2002/2005, rapport du FBI contre des intérêts arabes et soviétiques et des personnalités considérées comme .

Histoire Création gauche|vignette| peint sur le portail d'une maison palestinienne à Hébron par des colons israéliens. Il est signé (Jewish Defense League).

La Jewish Defense League est fondée en 1968 à New York (États-Unis) par le rabbin Meir Kahane, chef du mouvement néosioniste israélien Kach.

Ayant compté jusqu'à plus de , la JDL a été considérée comme la deuxième organisation terroriste la plus active aux États-Unis pendant deux décenniesPage de la Jewish Defense League sur le , centre du département de la Sécurité intérieure des États-Unis basé à l'université du Maryland. Au début des années 1970, la JDL axa son action contre l'URSS, à la suite du refus du pays de laisser partir pour Israël ses ressortissants juifs. En , la JDL menace six membres de l'ONU, ressortissants de pays arabes, de représailles pour le terrorisme des Arabes Backgrounder:The Jewish Defense League dans le site de l'Anti-Defamation League. Le , la JDL attaque deux bureaux de l'OLP à New York, faisant trois blessés GTD. Le , deux membres de la LDJ sont arrêtés à l'aéroport Kennedy alors qu'ils planifiaient de détourner un avion d'une compagnie aérienne arabe. Le , la JDL fait exploser une bombe contre un bureau de la compagnie aérienne soviétique Aeroflot. Le , la JDL incendie un immeuble de la Columbia à New York, faisant un mort GTD. Le même jour, elle fait exploser une bombe au bureau de l'imprésario Sol Hurok (qui organisait des tournées d'artistes russes) à New York, faisant un mort et treize blessés GTD.

Le , un leader de la JDL est arrêté par le FBI pour avoir publiquement menacé de mort Yasser Arafat. Le , deux membres de la JDL sont arrêtés, suspectés d'avoir incendié la voiture du frère d'un criminel de guerre nazi. Ils plaident coupable. Le , le chef de la section de Washington de la JDL est condamné pour conspiration après avoir mitraillé les appartements de deux officiels soviétiques. Le , la JDL fait exploser à Brooklyn un véhicule de l'association . Le , un membre canadien de la JDL plaide coupable pour un attentat à la bombe contre la maison d'un néo-nazi canadien. Le , la JDL revendique l'incendie du quartier général du Parti démocrate à Los Angeles.

Le , la JDL incendie un restaurant libanais à Brooklyn, faisant un mort et huit blessés GTD. Le , du meurt dans l'explosion d'une bombe. Le porte-parole de la JDL considère qu'il a , alors leader de la JDL, est arrêté en 2001 alors qu'il préparait des attentats contre une mosquée américaine et le bureau d'un député américain d'origine libanaise Darrell Issa.

Le massacre d'Hébron de 1994, où des dizaines de Palestiniens en prière furent massacrés par un homme armé dans la ville d'Hébron en Cisjordanie, fut perpétré par un ancien membre de la JDL ayant émigré des États-Unis, Baruch Goldstein BBC NEWS, « Goldstein had been a member of the Jewish Defense League. ». La JDL soutient, dans son site web,

Depuis longtemps de nombreux groupes juifs ont été hostiles au groupe. Selon un représentant de l'Anti-Defamation League, le groupe se compose uniquement de « voyous et hooligans ».

Opposition aux Soviétiques Initialement la ligue fut liée à une série d’attentats contre les intérêts soviétiques aux États-Unis, pour protester contre la répression de ce pays contre les juifs soviétiques, qui étaient souvent emprisonnés et interdits de visas de sortie. La JDL décida que la violence était nécessaire pour attirer l’attention sur leur situation, prévoyant que Moscou répondrait aux tensions dans les relations entre les États-Unis et l'URSS en autorisant plus d'émigration vers Israël.

Le une bombe explosa devant les bureaux de Manhattan de la compagnie aérienne soviétique Aeroflot. Un appel anonyme à l’ revendiqua la responsabilité et utilisa le slogan de la JDL. Un autre attentat à la bombe, le , devant le centre culturel soviétique à Washington, fut suivi d'un appel similaire, y compris le slogan. Un porte-parole de la JDL nia toute implication de la JDL dans l'attentat, mais refusa de le condamner Anti-Defamation League sur la JDL. En 1970, des agents soviétiques envoyèrent des lettres de menace à des missions arabes se réclamant de la LDJ pour la discréditer. Ils eurent également pour mission de dynamiter une cible dans la et d'en faire porter la faute sur la LDJ Christopher Andrew, Vasili Mitrokhin, The World Was Going Our Way: The KGB and the Battle for the Third World, Basic Books, 2005, 237–238, .

En 1971 un membre de la JDL aurait tiré un coup de fusil dans le bureau de la mission de l'Union soviétique à l'ONU. En 1972 deux membres de la JDL furent arrêtés et accusés de possession de bombe et de cambriolage dans un complot pour faire sauter la résidence de la mission soviétique à l'ONU à Long Island. Ils plaidèrent coupables et furent condamnés à purger trois ans de prison l'un, et un an et un jour l'autre. En 1975 le leader de la JDL Meir Kahane fut accusé de conspiration d'enlèvement d'un diplomate soviétique, d'attaque à la bombe de l'ambassade irakienne à Washington, et de trafic d'armes en provenance d'Israël. Une audience eut lieu pour révoquer la libération conditionnelle de Kahane pour une affaire de fabrication de bombe incendiaire en 1971. Il a été reconnu coupable de violation de liberté conditionnelle probation et a purgé une peine d'un an de prison.

La JDL était en colère contre l'impresario Sol Hurok qui faisait venir des artistes de l'Union soviétique aux États-Unis. En 1972 une bombe explosa dans son bureau de Manhattan, tuant une secrétaire qui se trouvait être juive, . Hurok et douze autres furent blessés. Jerome Zeller de la JDL fut inculpé pour l'attentat.

Les activités de la JDL furent condamnées par les refuzniks qui estimèrent que les actions du groupe rendaient moins probable que l'Union soviétique assouplisse les restrictions sur l'émigration juive. Le six refuzniks de premier plan — Vladimir Slepak, Alexander Lerner, Natan Sharansky, Iosif Begun — condamnèrent les activités de la LDJ comme terroristes, affirmant que leurs « actions constituent un danger pour les juifs soviétiques [...] car elles pourraient être utilisées par les autorités comme prétexte à de nouvelles répressions et à de l'hostilité antisémite. »

Pendant les années 1980, Victor Vancier (qui fonda plus tard la Jewish Task Force) et deux autres anciens membres de la JDL furent arrêtés dans le cadre de six incidents ; une bombe incendiaire sur une automobile dans une résidence diplomatique soviétique en 1984, les attentats à la bombe de 1985 et 1986 contre des voitures de membres de la JDL rivale, une bombe incendiaire dans une salle où se produisait l'Orchestre symphonique de la fédération de Russie en 1986, deux grenades lacrymogènes lancées en 1986 pour protester contre des représentations de troupes de danse soviétiques. Dans un entretien avec la correspondante du Washington Post Carla Hall en 1984, Meir Kahane admit que la JDL avait « attaqué à la bombe la mission russe à New York, la mission culturelle russe [à Washington] en 1971, les bureaux commerciaux soviétiques . »

Appel au meurtre de nazis Le , déclara à propos du projet du Parti nazi américain de défiler à Skokie : Rubin fut poursuivi pour appel au meurtre mais fut acquitté en 1981« JDL's new leader was born in Montreal », The Gazette, 20 août 1985, D10..

En 1972 Irv Rubin tenta lui-même d'assassiner Joseph Tommasi, un leader national-socialiste..

Des membres de la JDL ont souvent été soupçonnés d'être impliqués dans les attaques contre des néo-nazis, des négationnistes, des antisémites. En 1995, lorsque la résidence à Toronto d'Ernst Zündel a été la cible d'un incendie criminel, un groupe se faisant appeler « Jewish Armed Resistance Movement« Mouvement de résistance armée juive » » revendiqua la responsabilité; d'après le Toronto Sun le groupe avait des liens avec la JDL et Kahane ChaiShermer, Michael, Why People Believe Weird Things, 1997, page 185. Le chef de la branche torontoise de la JDL, Meir Halevi, nia toute implication dans l'attaque, bien que Halevi ait été appréhendé par la police cinq jours plus tard essayant de s'introduire dans la propriété ZündelLinda Deutsch, « U.S. Jewish militants charged in bomb plot: Los Angeles mosque, congressman's office were intended targets », Ottawa Citizen, 13 décembre 2001;. Plus tard le même mois Zündel fut le destinataire d'un colis piégé, détruit par les démineurs de la police de TorontoHenry Stancu, « Police detonate bomb sent to Zündel's home 'Just another day in life of Ernst Zundel,' he says », Toronto Star, 21 mai 1995.

Meurtre d'Alex Odeh Le , l'Arabe américain , directeur régional de l', a été tué par une bombe dans son bureau de Santa Ana (Californie). Peu avant son assassinat, Odeh était apparu dans l'émission de télévision Nightline, où il s'était engagé dans un dialogue tendu avec un représentant de la Juergensmeyer, Mark, Terror in the mind of God, 2003, page 56.

, président de la JDL, fit alors plusieurs déclarations publiques controversées : L' et l' condamnèrent tous deux le meurtre.

Quatre semaines après la mort d'Odeh, Lane Bonner, porte-parole du FBI, déclara que le FBI attribuait cette attaque à la bombe et deux autres à la JDL. En , le FBI classa l'attentat ayant tué Alex Odeh comme action terroriste. Rubin nia toute implication de la JDL :

En 1987 , alors directeur adjoint du FBI, écrivit dans une note interne que les suspects principaux avaient fui en Israël et vivaient dans la ville de Kiryat Arba, en Cisjordanie. En 1988 le FBI arrêta Rochelle Manning comme suspecte pour une attaque par colis piégé et accusa son mari Robert Manning, considéré comme le principal suspect dans l'attentat contre Odeh. Tous deux étaient membres de la LDJ. Le jury ne parvint pas à une décision, et après l'annulation du procès elle partit pour Israël rejoindre son mari.

Robert Manning fut extradé d'Israël aux États-Unis en 1993. Il fut ensuite déclaré coupable d'implication dans le meurtre de Patricia Wilkerson dans une autre explosion sans rapportJweekly.com. William Ross, un autre membre de la JDL, fut aussi reconnu coupable pour sa participation à l'attentat ayant tué Wilkerson. Rochelle Manning a été poursuivie à nouveau pour son implication présumée, et a été détenue en Israël en attendant son extradition, mais elle est morte d'une crise cardiaque en 1994.

Projets d'attentats contre une mosquée et un parlementaire Le et (dirigeant et membre de la JDL) furent accusés de planifier une attaque terroriste contre le bureau du parlementaire arabe américain Darrell Issa, dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001; voir aussi JDL Member Imprisoned in Bomb Plot Killed - ABC News account of the death of Earl Krugel;. Ils avaient également prévu des attaques sur la mosquée Roi Fahd à Culver City.