Ernst-Günther Schenck, né le à Marbourg et mort le à Aix-la-Chapelle, est un médecin allemand entré en 1933 dans la SS où il atteint le grade de Standartenführer.
Il est particulièrement connu en raison de sa présence dans le Führerbunker au moment de la mort de Hitler, dont il parle dans un ouvrage autobiographiqueIch sah Berlin sterben; als Arzt in der Reichskanzlerei. qui a notamment influencé les livres de Uwe Bahnsen, de James O’Donnel et de Joachim Fest.
Biographie Formation et débuts
Après ses études de médecine, Schenck entre dans la SS en 1933.
Nutritionniste militaire au début de la Seconde Guerre mondiale Au début de la Seconde Guerre mondiale, il travaille au camp de concentration de Dachau, où il crée une plantation d’herbes médicinales, destinée notamment à fournir des suppléments de vitamines aux troupes de la Waffen-SS. En 1940, il est nommé responsable de l’alimentation de la SS.
En 1943, il conçoit une saucisse à base de protéines, destinée aux unités de combat de la Waffen-SS : ce produit est testé sur 370 détenus du camp de concentration de Mauthausen, dont certains décèdent à la suite de l'expérience.
Schenck est également associé au développement d’une méthode holistique pour prévenir le cancerThe Nazi War on Cancer, Robert N. Proctor.
Officier sur le front de l'est (1943) Muté à sa demande sur le front de l'est au sein de la SS, Schenck y fait preuve de valeur au combat et est décoré de la croix de fer de seconde classe, ..
Chirurgien militaire à Berlin (avril-mai 1945) Il arrive à Berlin en dans le cadre de la retraite de l'armée allemande submergée par l'Armée rouge.
Il se porte volontaire pour travailler dans un poste médical d'urgence installé dans les ruines de la chancellerie, à proximité du Führerbunker. Malgré son absence d'expérience chirurgicale, le manque de matériel et les problèmes d'approvisionnement, il pratique une centaine d'opérations majeures. Durant ces interventions, il est conseillé par Werner Haase, un des médecins personnels de Hitler, plus expérimenté que Schenck, mais gravement affaibli par la tuberculose.
Après la mort de Hitler le , dont il est informé par Haase le , il fait partie d'un groupe d'officiers qui tentent une « sortie », mais qui est fait prisonnier par les Soviétiques. Les Allemands sont incarcérés, puis livrés au NKVD le .
L'après-guerre En 1949, Schenck est condamné à mort, mais la sentence est commuée en 25 ans de prison. En fait, il est libéré en 1955 et rentre en Allemagne, dans ce qui est devenu la République fédérale allemande (Allemagne de l'ouest). Il fait partie d'un groupe de près de 600 prisonniers libérés. Arrivé au camp de transit de Friedland (Basse-Saxe), près de Göttingen, il prête un serment selon lequel il n'a commis aucun crime pendant la guerre.
Il entre dans la société pharmaceutique Chemie Grünenthal à Aix-la-Chapelle. Il travaille aussi comme expert nutritionniste pour les rapatriés ayant subi des dommages liés à la faim.
En 1963, une procédure est engagée contre lui à Munich en raison de son rôle dans la SS et il est condamné pour avoir utilisé des êtres humains comme animaux de laboratoire ; il est un des seuls médecins nazis à être interdit d'exercice de la médecine en République fédérale.
Justifications concernant son rôle dans la SS Lors de ses entretiens avec O'Donnel, parlant de sa période de chirurgien en 1945, Schenck ne peut pas citer un seul blessé qui ait survécu à ses opérations, ce qu'il attribue à son inexpérience et aux terribles conditions de travail.
Dans ses mémoires, Schenck résume son rôle au sein de la SS à celui d'un médecin qui n'est concerné que par l'amélioration de la nourriture des troupes et la lutte contre la famine. Mais cela est contredit par le procès de 1963.
Publications Ich sah Berlin sterben; als Arzt in der Reichskanzelei, Herford, Nikolai, 1970Notice Worldcat. (J'ai vu Berlin mourir comme médecin dans la Chancellerie) Woina Plenni : 10 Jahre Gefangenschaft in sowjetischen Lagern (Prisonnier de guerrewoina plenni: ce sont des mots russes (woina : « guerre » (nominatif), plenni : « prisonnier » (nominatif) ; la syntaxe ne semble pas correcte. : dix ans d'emprisonnement dans les camps soviétiques) Nie mehr nach Hause? : als Wissenschaftler, Sträfling und Arzt 10 Jahre in sowjetischen Gefangenen-, Arbeits- und Besserungslagern (Plus jamais à la maison ? Dix ans dans les camps soviétiques d'emprisonnement, de travail et de rééducation en tant que scientifique, prisonnier et médecin) Hypnos und Aesculap heimliche Aufzeichnungen eines Gefangenen in Sowjetrussland von 1945-1955 (??? d'un prisonnier en Russie soviétique de 1945 à 1955)
Filmographie La Chute d'Oliver Hirschbiegel (2004), où Schenck est interprété par Christian Berkel.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Gine Elsner, Heilkräuter, "Volksernährung", Menschenversuche : Ernst Günther Schenck (1904-1988) ; eine deutsche Arztkarriere, Hambourg, VSA Verlag, 2010
Liens externes
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