Jean-Georges Noverre, né le à Paris et mort le à Saint-Germain-en-Laye, est un danseur et maître de ballet français.
Il est considéré comme le créateur du ballet moderne. Le jour de sa naissance, le , est devenu la Journée internationale de la danse.
Biographie Fils d’un officier suisse et d’une mère française, Noverre est très tôt formé à la danse, notamment par Louis Dupré, premier danseur de l’Opéra de Paris. En 1742, il se produit à Fontainebleau devant la cour de Louis XV et, dès l’âge de seize ans, danse à l’Opéra-Comique, alors dirigé par Jean Monnet.. En 1744, il rejoint la troupe de ballet dirigée par Jean-Barthélemy Lany, chez le prince Henri de Prusse à Berlin. De là, il se rend également à Dresde pour les fêtes de l’union du prince électoral Frédéric-Christian de Saxe avec la princesse Marie-Antoinette de Bavière, en 1747.
De retour à Paris, il entre dans la troupe de ballet de l'Opéra-Comique. À la fermeture de l'Opéra-Comique en 1748, il travaille à Strasbourg et à Lyon, où il crée son premier ballet ballet-pantomime, Le Jugement de Pâris, et rencontre l'actrice et danseuse qu’il épouse. En 1752, il quitte la province et crée les Fêtes chinoises, le à l’Opéra-Comique. Le triomphe de ce ballet lui vaut d’être invité pour deux saisons à Londres, où il fait monter ses ballets novateurs sur la scène de l’acteur britannique David Garrick, à partir de .. En 1754, il revient à l'Opéra-Comique et y compose son premier ballet, Les Fêtes chinoisesFiche sur CESAR.
Outre les Lettres sur la danse, on lui doit des Observations sur la construction d'une nouvelle salle de l'Opéra (1781), Deux lettres de M. Noverre à Voltaire (sur Garrick, 1801), des Lettres à un artiste sur les fêtes publiques (1801), ainsi qu'un manuscrit non daté, rédigé vers 1752, intitulé Théorie et pratique de la danse en général, de la composition des ballets, de la musique, du costume, et des décorations qui leur sont propres (Paris, Bibl. de l'Opéra, copié par le calligraphe Pierre-Jean-Paul Berny de Nogent).
Noverre était ami de Voltaire, Frédéric II, Mozart. et David Garrick (qui l'a appelé « le Shakespeare de la danse »). Ses plus célèbres ballets sont La Toilette de Vénus, La Mort d'Ajax, Le Jugement de Pâris, Jason et Médée, Les Horaces, Les Petits Riens Il est le grand théoricien du ballet d'action.
Il semble bien que ce soit à sa fille, Louise Victoire Jenamy, pianiste, qu'en 1777, Mozart dédia son Concerto pour piano no 9 en mi bémol majeur, dit « Concerto Jeunehomme » Michael Lorenz, « Mademoiselle Jeunehomme ». Zur Lösung eines Mozart-Rätsels (Vers une solution d'une énigme de Mozart), essai pour l'exposition Mozart de 2006. Da Ponte Institut, Vienne, 2006, p. 423–429..
Le théoricien Poursuivant les réformes esquissées par Louis de Cahusac, le librettiste de Rameau, Noverre estime que le ballet doit peindre une action dramatique « sans s'égarer dans les divertissements », dépeindre les passions, les mœurs et les usages de tous les peuples. Le compositeur de ballet doit suivre la nature et la vérité, il doit offrir une narration logique fondée, comme le récit dramatique, sur la succession « exposition - nœud - dénouement ». La danse doit être naturelle et expressive plus que technique et virtuose. La danse « en action » doit émouvoir le spectateur par une pantomime expressive, inspirée du jeu théâtral, tel que celui de Garrick.
Noverre ne ménage pas ses critiques à l'égard de la danse de son temps, et plus particulièrement sur la situation de l'Opéra de Paris : il remet en cause l'organisation hiérarchique du ballet, il proscrit le masque qui, dit-il, « étouffe les affections de l'âme », il poursuit la réforme des costumes précédemment introduite à l’Opéra par Marie Sallé et prône des costumes véridiques, allégés et mieux adaptés à la danse. Dans la collaboration de Noverre avec le dessinateur Louis-René Boquet à Stuttgart, la recherche de l'élégance cède la place à celle de la « vérité historique » et le symbolisme et le formalisme caractérisant les costumes de ballet jusqu'à cette époque évoluent vers l'expression des émotions et de la réalité (bien que stylisée) du personnageLe langage de la danse classique, guide aux sources iconographiques, Flavia Pappacena, Gremese, 2012..
Quant au danseur, selon Noverre, il doit posséder une culture générale large, incluant l'étude de la poésie, de l'histoire, de la peinture, de la géométrie, de la musique et de l'anatomie.
Ainsi, les nouvelles propositions qu'il émet formeront le terreau du ballet romantique. Il contribue à l'art de la Pantomime, « La danse doit être plus naturelle, plus expressive ».
Il décrit aussi la « danse en action », le ballet doit peindre une action dramatique, basée sur une représentation de la société (mœurs, passion).
Il prit aussi part à la querelle des Pantomimes, expression proposée par Arianna Fabbricatore pour indiquer une controverse milanaise spécifique à la danse, qui l'opposa entre 1774 et 1776 à Gasparo Angiolini.
Les Lettres sur la danse
vignette|Jean-Georges Noverre, gravure de Roger, d'après Guérin. Texte de Barthélemy Imbert. Frontispice des Lettres sur les arts imitateurs (1807) Dans cet ouvrage fondamental paru pour la première fois simultanément à Lyon et à Stuttgart en 1760, Noverre développe sa conception du ballet d'action et passe en revue les qualités et les défauts des principaux danseurs, chorégraphes et maîtres de ballet de son temps.
Évocation en littérature Dans La Maison du chat-qui-pelote de Balzac, Monsieur Guillaume, marchand drapier, juge sévèrement cet artiste et tous les artistes en général, mettant ainsi dans le même sac peinture, danse, art dramatique :
Dans un exemplaire des Nuits de Paris de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, propriété du baron de Lamothe-Langon et annoté par lui, se trouve une liste des noms de personnes figurant dans le livre et du surnom qui leur était attribué. Noverre y est nommé le Pantomimographe de l'OpéraP. L. Jacob, Bibliographie et iconographie de tous les ouvrages de Restif de la Bretonne (…), Paris, Auguste Fontaine, 1875, p. 273, lire en ligne. Ce terme pantomimographe , manifestement dérivé de « mimographe » (écrivain de mimes), n'apparait en nul autre endroit avant son utilisation comme dénomination d'un procédé de projection chronophotographique de la fin du cité dans Jules-Louis Breton, « La chronophotographie. La photographie animée. Analyse et synthèse du mouvement », Revue scientifique et industrielle de l'année, Paris, E. Bernard et C°, 1897, ..
Principaux ballets
Notes et références
Bibliographie Émile Campardon, L'Académie royale de musique au , Paris, Berger-Levrault, t. II, , 409 p., . Émile Campardon, Les Spectacles de la foire, Paris, Berger-Levrault, 1877, t. II, , 2 vol. ; 26 cm, . « Éloge de M. Noverre », Mercure de France, , . Arianna Beatrice Fabbricatore, La Querelle des pantomimes. Danse, culture et société dans l’Europe des Lumières, Presses universitaires de Rennes, 2017 .
Articles connexes Lettres sur la danse Danse baroque Ballet d'action Querelle des Pantomimes
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