Basile Boli, né le à Abidjan en Côte d'Ivoire, est un footballeur international français. Il évolue au poste de défenseur central durant les années 1980-1990.
Formé à l'AJ Auxerre, il débute en première division à seize ans avec ce club et s'impose rapidement comme titulaire. En 1990, Bernard Tapie parvient à le convaincre et il rejoint l'Olympique de Marseille, avec lequel il est champion de France et finaliste de la Coupe d'Europe des clubs champions dès sa première saison en 1990-1991. Puis, après un second sacre national d'affilée, Basile Boli marque le seul but de la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions 1993 permettant ainsi à l'Olympique de Marseille d'être le premier club de l’histoire du football français à gagner une coupe d'Europe.
À la suite d'une dernière saison terminée à la seconde marche de D1 française, Basile Boli s'engage avec le Rangers FC où il est sacré champion d'Écosse. Après un an, il revient dans le championnat français avec l'AS Monaco. Au bout de six mois, il s'en va terminer sa carrière dans le club japonais d'Urawa Red Diamonds jusqu'en 1997.
En équipe de France, Basile Boli connaît 45 sélections pour un but inscrit. Avec les Bleus, il participe à l'Euro 1992.
Une fois sa carrière de joueur terminée, il s'engage un temps en politique avant de revenir au football en tant que conseiller à l'AJ Auxerre puis coordinateur sportif à l'OM. Il est depuis 2015 ambassadeur de l'Olympique de Marseille.
Biographie Enfance et formation upright|vignette|gauche|Lors de ses débuts, Boli est comparé à Marius Trésor.
Né le 1967 à Abidjan (dans le quartier d'Adjamé), en Côte d'Ivoire, la famille Boli arrive en France en 1980., dans le arrondissement de Paris. Basile a des sœurs aînées ainsi que huit frères : Jean-Baptiste, Claude, Joseph, Lambert, Roger, Laurent, André et Noël. Ses parents et sœurs retournent plus tard vivre en Côte d'Ivoire..
Son père, ayant découvert Marseille en tant que tirailleur sénégalais, est fan de l'Olympique de Marseille. Son fils Basile est, lui, supporter du Paris Saint-Germain. Basile fréquente aussi les travées du Parc des Princes où il est ramasseur de balles au début des années 1980. et participe même à l'envahissement du terrain par les ultras du KOP de Boulogne le , à l'issue de la finale de la Coupe de France remportée face à Saint-Étienne..
Doué pour le sport et habitant Romainville en Seine-Saint-Denis, il débute dans le club de football de la ville. Gabes, un des dirigeants du CA Romainville, se souvient : .
Non sollicité par le PSG, Basile Boli intègre le centre de formation de l'AJ Auxerre avec son frère Roger. Pendant sa formation à Auxerre, Basile participe aux victoires en championnat de France cadets en 1983 et en Coupe Gambardella en 1986, preuves de ses qualités de défenseur intraitable. Doté d'un physique impressionnant, Basile brille rapidement et éclipse même son frère, à qui on promettait pourtant un bel avenir dans le football. Basile déclare en 2014 : .
Débuts et premiers trophées à l'AJA (1983-1986) upright|vignette|droite|Guy Roux, dont Basile deviendra proche, le recrute, le titularise en Division 1 et lui permet de devenir international..
Guy Roux appelle Basile en équipe première d'Auxerre pour la première fois lors de la saison 1982-1983. Le , Boli participe à la réception de l'AS Monaco (1-1), à seize ans. L'AJA termine huitième de Division 1.
Dès l'année suivante, Boli devient un élément clé de la défense auxerroise. Lors de cette saison 1983-1984, l'AJA monte pour la première fois sur le podium en se classant troisième. L'AJA occupe même, pour la première fois de son histoire, la première place du classement, de la à la à la suite d'une série de sept victoires consécutives (de la à la ).
La saison 1984-1985 voit Auxerre découvrir la Coupe d'Europe pour la première fois de son histoire en participant à la Coupe UEFA. Le tirage au sort ne lui est pas favorable puisqu'elle est opposée au Sporting Portugal. Le , au Stade José Alvalade, Boli dispute donc sa première rencontre européenne et s'incline 2 buts à 0. Le match retour a lieu le . L'AJA réussit à remonter ses deux buts en retard, mais cède dans les prolongations en concédant deux buts (2-2). Auxerre termine la saison à la quatrième place en championnat. Grâce à la troisième place en D1 de l'AS Monaco, vainqueur de la Coupe de France, l'AJA est qualifié pour la Coupe UEFA suivante.
En Coupe UEFA, l'AJA hérite du Milan AC comme adversaire. Au match aller, le , l'AJA s'impose 3-1. Paolo Maldini dispute ce jour-là son premier match en coupe d'Europe. Au match retour, l'AJA s'incline 3 buts à 0 et est éliminée. Septième en championnat et quart-de-finaliste en Coupe de France, l'AJA n'est pas européen une troisième saison d'affilée.
Confirmation avec Auxerre (1986-1990) upright|vignette|gauche|Boli fait partie de l'équipe idéale de l'AJA des années 1977-2007, élue par les supporters.
Au début de la saison 1986-1987, Boli est appelé pour la première fois en équipe de France A. Auxerre termine quatrième en 1986-1987 et obtient une nouvelle qualification pour la C3.
L'AJA se fait éliminer encore une fois au premier tour de la Coupe UEFA 1987-1988 : défaite 2-0 en Grèce contre le Panathinaïkos puis victoire trop courte au retour (3-2). En championnat, le club auxerrois termine neuvième.
La saison 1988-1989 voit l'AJA terminer cinquième de D1. Boli inscrit un but. L'équipe atteint aussi les demi-finales de la Coupe de France où elle est éliminée par l'Olympique de Marseille, futur vainqueur de l'épreuve. Grâce à cette cinquième place en championnat, l'AJA retrouve la Coupe UEFA.
L'équipe de Boli passe pour la première fois le 1ᵉʳ tour européen lors de la C3 1989-1990. Lors du tour préliminaire, l'AJA réalise son premier exploit. Battu 0-1 à domicile par le Dinamo Zagreb, elle s'impose 3-1 en Yougoslavie et se qualifie pour les trente-deuxièmes de finale. Auxerre bat successivement les Albanais du KS Apolonia Fier, les Finlandais de RoPS Rovaniemi et les Grecs de l'Olympiakos Le Pirée avant d'être éliminée en quart de finale par la Fiorentina. En parallèle à cette aventure, l'AJA termine à la sixième place en championnat. Objet de nombreuses convoitises, dont le PSG, c'est finalement l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie qui réussit à lui faire quitter son club formateur. C'est donc en 1990 que le joueur débarque à Marseille avec l'ambition avouée de remporter des titres dans un club ambitieux.
Son entraîneur durant toutes ses années auxerroises et avec qui il a relation quasi filiale, Guy Roux, déclare en 2018 que Boli est .. Basile a, avec ses compagnons de fortune les Martini, Cantona, Vahirua ou encore Prunier, réalisé de multiples exploits et sorti l’AJA de l’anonymat. , assure-t-il en 2014..
Consécration marseillaise (1990-1994) upright|vignette|gauche|Raymond Goethals (ici en 1977) est le principal entraîneur de Boli à l'OM.
À l'orée de la saison 1990-1991, le onze de l'Olympique de Marseille subit quelques retouches avec les arrivées de Pascal Olmeta dans les buts marseillais et de Basile Boli en défense centrale pour pallier entre autres le départ de Karl-Heinz Förster. Mais cette saison est marquée par l'instabilité au poste d'entraîneur. Gérard Gili est remplacé par l'Allemand Franz Beckenbauer en puis, en , c'est le technicien belge Raymond Goethals qui prend les commandes de l'équipe. Ces nombreux changements n'affectent pas les résultats de l'équipe qui obtient un nouveau titre de champion de France, le premier pour Boli. Basile est notamment l'auteur de huit buts en D1, chose rare pour un défenseur. Au niveau européen, le club marseillais échoue en finale de Coupe d'Europe des clubs champions face à l'Étoile rouge de Belgrade de Sinisa Mihajlovic aux tirs au but (0-0 tab 5-3), après avoir notamment éliminé en quarts de finale le Milan AC, double tenant du titre. À Bari en Italie, les caméras de télévision et les photographes s'attardent alors sur la tristesse de Basile Boli.. Le joueur applaudit les supporters marseillais pour leurs encouragements tout en versant des larmes de déception (« les larmes de Bari »).
En 1991-1992, l'OM est une nouvelle fois champion de Division 1. L'OM est éliminé prématurément au deuxième tour de la nouvelle Ligue des champions par les Tchèques du Sparta Prague.
À l'été 1992, le club marseillais fait notamment signer le défenseur Marcel Desailly ainsi que les attaquants Alen Bokšić et Rudi Völler pour pallier le départ de Papin. Le Belge Raymond Goethals est toujours l’entraîneur des « Ciel et Blanc » et Basile fait partie des cadres de l'équipe au milieu des Deschamps, Desailly, Angloma, Pelé et Di Meco. Choix qui se révèleront payants puisque l'OM termine à la première place du championnat. Le , à Munich, l'OM affronte le Milan AC en finale de la Ligue des champions. Boli se blesse à un genou et demande à sortir , ce que le président Bernard Tapie interdit. Quelque temps plus tard, à la minute, Abedi Pelé obtient un premier corner et le botte. Au premier poteau, Basile Boli devance Frank Rijkaard et ouvre le score d’une tête décroisée. Faisant écho aux larmes de Bari, la joie du joueur est immense lorsqu'il brandit la coupe et la présente aux supporters phocéens. Il entre ce jour-là dans l'histoire du football français, s'agissant de la première victoire d'un club français en Coupe d'Europe.
Sa dernière saison à Marseille n'est pas aussi accomplie que les précédentes. L'affaire VA-OM est dans tous les esprits, le club est criblé de dettes et Boli, miné par les blessures, n'apparaît qu'épisodiquement dans le onze olympien. À la fin de l'exercice 1993-94, l'OM perd son titre national et se voit rétrograder en Division 2 : Boli, comme la majorité de ses coéquipiers, quitte le navire phocéen.
En équipe nationale (1986-1993) Au début de sa carrière, il sera sélectionné une fois en équipe nationale A' et 10 fois en espoirs.
Dès 1986, Boli choisit de représenter la France en équipe nationale. Le , il connaît sa première sélection à Lausanne pour Suisse-France et une défaite 2-0.
Les Bleus ne parviennent pas à sortir des qualifications pour la Coupe du monde 1990.
Lors des phases qualificatives pour l'Euro 1992, parmi les huit équipes qualifiées, l'équipe de France est la seule à gagner tous ses matchs. Boli offre la victoire en Albanie lors du troisième match (0-1), pour son unique but international. Lors de la phase finale en Suède, les Bleus sont décevants avec une élimination en phase de groupe.
Suivent ensuite les éliminatoires pour la Coupe du monde 1994. Sa dernière cape a lieu lors de la réception de la Russie en match amical le (3-1). Blessé au genou depuis la finale de la Ligue des champions 1993, Basile est absent de la sélection française lors des matchs ratés de l'automne 1993 qui se soldent par la non-qualification de la France. Basile Boli ne rejoue plus avec les Bleus.
Il fait partie de la défense française jusqu'en 1993. Sa carrière sous le maillot bleu n'est pas à la hauteur de celle qu'il a en club. Bien qu'il évolue en compagnie de joueurs doués comme Jean-Pierre Papin ou Éric Cantona, il ne remporte aucun titre.
Fin de carrière à l'étranger (1994-1997) Basile Boli rejoint les Glasgow Rangers pour vingt millions de francs et s'engage pour quatre ans. Star de l'équipe avec Brian Laudrup, il ne s'acclimate pourtant pas à l'état d'esprit du club. Malgré un titre de champion d'Écosse, il retrouve le championnat français un an après l'avoir quitté, en signant à l'AS Monaco. Les Girondins de Bordeaux, et l'Olympique de Marseille souhaitent aussi le recruter.