Kyoto ou est une ville japonaise de la région du Kansai, au centre de Honshū en Asie. Elle fut de 794 à 1868 la capitale impériale du Japon, sous le nom de Heian-kyō (« Capitale de la paix et de la tranquillité »). Elle est aujourd'hui, avec ses palais impériaux, ses milliers de sanctuaires shinto et de temples bouddhistes, le cœur culturel et religieux du pays. La ville est aussi la capitale de la préfecture de Kyoto ainsi que l'une des grandes villes de la zone métropolitaine Keihanshin (Osaka-Kobe-Kyoto). Sa population est d'environ d'habitants (estimations 2024).
Géographie vignette|upright|Carte de Kyoto (partie urbaine).
Situation Située au centre de l'Ouest de l'île de Honshū, dans la région du Kansai, Kyoto est entourée par des montagnes, avec à l'est le lac Biwa. Seules les montagnes au nord font partie de son découpage administratif, notamment les monts Atago, et Hiei.
Hydrographie Trois cours d'eau traversent la ville : le fleuve Uji, qui passe à Osaka, sous le nom de Yodo-gawa, et les rivières Kamo et Katsura.
Climat Le climat de la ville est de type subtropical humide. En hiver les températures y sont relativement douces, avec toutefois de fréquents épisodes de froid humide qui amplifient la sensation de fraîcheur (il neige chaque année à Kyoto). Les étés sont moites et chauds, voire torrides, les nuits y sont particulièrement étouffantes. Du fait de la topographie, la ville est entourée de montagnes. Il est courant au Japon de décrire le climat de Kyoto comme extrême : une chaleur difficilement supportable en été et un froid mordant en hiver.
vignette|Coucher de soleil depuis l'une des berges de Kyoto en février 2024.
Urbanisme Morphologie urbaine vignette|Le pont Togetsu-kyō à Kyoto. Juin 2019. La ville a été dessinée selon un motif de grille en accord avec la tradition de géomancie chinoise. Aujourd'hui, les principaux quartiers d'affaires sont situés au sud et au centre de la ville, tandis que le Nord et Arashiyama, à l'ouest, sont des aires à l'atmosphère verdoyante moins peuplées.
Arrondissements Kyoto est divisée en onze arrondissements : Fushimi-ku, Higashiyama-ku, Kamigyō-ku, Kita-ku, Minami-ku, Nakagyō-ku, Nishikyō-ku, Sakyō-ku, Shimogyō-ku, Ukyō-ku et Yamashina-ku. Ce sont des divisions municipales disposant d'un bureau municipal mais elles ne sont pas, comme c'est le cas à Tokyo, dirigées par un conseil.
Voies de communication et transports vignette|La gare ferroviaire dont l'architecture avait été critiquée à sa construction en raison de son modernisme et de son gigantisme.
Kyoto se trouve sur le Tōkaidō, la route historique reliant le Kanto (Tokyo) au Kansai (Kyoto, Osaka et Kobe) ; dans la ville, la route devient Gojō, la « cinquième rue ». Contrairement aux autres grandes villes du Japon, son centre-ville ne contient pas d'autoroutes.
Kyoto est desservie par la ligne Shinkansen Tōkaidō (Tokyo-Osaka), gérée par la compagnie JR Central. Les principales compagnies ferroviaires desservant l'agglomération sont JR West, Hankyu, Keihan et Kintetsu. L'aéroport international du Kansai se trouve à par le service « Haruka » de la compagnie JR West.
La gare de Kyoto, monumentale, a été inaugurée en 1997 dans sa forme actuelle. Elle fait aussi fonction de centre commercial, comporte un hôtel et de nombreux restaurants et propose une vue sur la ville depuis le sommet de ses onze étages. Un musée ferroviaire, le Kyoto Railway Museum, ouvre ses portes en 2016, remplaçant l'ancien musée inauguré en 1972.
Le réseau de transport public comprend deux lignes de métro disposées en croix, coupant la ville dans les sens Nord-Sud et Est-Ouest, de plusieurs lignes de trains urbains privés en partie souterraines (Hankyu, et Keihan), et de nombreuses lignes de bus exploitées par plusieurs compagnies différentes. Kyoto est desservie également par un réseau de tramways composé de deux lignes.
Le vélo est un moyen de transport fréquemment utilisé, la ville étant dense et en grande partie plate.
Histoire
Préhistoire vignette|Maquette de Heian-kyō, . vignette|Kyoto, rue principale, 1891.
Bien que des preuves archéologiques permettent d'affirmer que les premiers hommes, présents sur les îles du Japon, il y a plus de comme chasseurs-cueilleurs, furent ensuite parmi les premiers potiers du monde dès le millénaire av. J.-C.Jean Guilaine (dir.), Aux marges des grands foyers du Néolithique : Périphérie débitrices ou créatrices ? : Séminaire du Collège de France, Paris, Errance, 2004, 294 p. . Avec la participation de Jean-Paul Demoule : Aux marges de l'Eurasie: Le Japon préhistorique et le paradoxe Jomon : ., la région de Kyoto ne fut peuplée qu'à partir du par le clan Hata venu de Corée. Au cours du , voulant s'éloigner de l'influence du clergé bouddhiste au sein du gouvernement impérial, l'empereur prit la décision de déplacer la capitale depuis l'actuelle Nara vers une région éloignée de cette influence.
Antiquité En octobre 794, la capitale fut transférée de Nagaoka-kyō à un site le long de la rivière Yodo-gawa. L'année d'après, le nom du site fut changée de Yamashiro-no-kuni à Heian-kyō ( « la capitale de la Paix et de la tranquillité »)Le Japon à l'époque de Heian, Francine Hérail.. La ville fut la sixième ville construite en à peine plus d'un siècle sur un modèle de ville chinoise, caractérisée par un plan en damier orienté du nord au sud. La ville couvrait alors un rectangle de de large et de de long. La ville était divisée par la Suzaku, route traversant la ville du nord au sud, avec à la pointe nord le Daidairi, le palais impérial. La partie orientale se nommait Sakyō (« la ville de gauche ») et la partie orientale Ukyō (« la ville de droite »). La plupart de la population vivait à Sakyō car Ukyō avait de nombreux marécages et moins d'infrastructures.
Moyen Âge Plus tard, la ville fut rebaptisée Kyoto (« la ville capitale »). Elle développa deux quartiers spécifiques : le quartier sud où se situait le palais impérial et la cour ; le quartier où le shogun Yoshimitsu Ashikaga plaça en 1378 sa résidence dans le 'Hana no Gosho' (ou Muromachi-dono, Karasumaru-dono) du quartier de Muromachi. Cela donne par ailleurs le nom de la période Muromachi de l'histoire de l'archipel. Le shogun se fit également construire le Pavillon d'Or Kinkaku-ji dans le nord de la ville. Par la suite, la ville fut véritablement dévastée par les armées lors de la guerre d'Onin, abandonnée en grande partie par ses habitants et livrée au pillage de 1467 à 1477. En 1489, le shogun Yoshimasa Ashikaga se fit construire l'une des merveilles architecturales du Japon : le Pavillon d'Argent (Ginkaku-ji) qui voulait rivaliser avec le Pavillon d'Or construit par son grand-père Ashikaga Yoshimitsu.
Temps Moderne L'avènement du shogunat Tokugawa en 1600 fit perdre à Kyoto son rôle de centre politique et administratif au profit d'Edo, lieu de résidence des shoguns. Toutefois, Kyoto resta la capitale impériale du Japon jusqu'au transfert de la résidence de l'empereur à Edo en 1868, lors de la restauration de Meiji.
Époque contemporaine Après qu'Edo fut rebaptisée Tokyo (signifiant « la capitale de l'Est »), Kyoto fut connue peu de temps sous le nom de Saikyō (« la capitale de l'Ouest »).
Au tournant du , sous l'impulsion de son maire Saigō Kikujirō, Kyoto se modernise et se dote d'un tramway. Le canal du lac Biwa est aussi construit, ce qui a permis l'irrigation à des fins industrielles et l'accès à l'eau potable pour la ville..
Épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, Kyoto échappa de peu à la destruction atomique, car la ville figurait en tête des cibles désignées par le comité des objectifs américain. Son choix fut finalement rejeté à la suite de l'intervention du secrétaire de la Guerre des États-Unis Henry Lewis Stimson et de conseillers, dont le Français Serge Elisseeff, qui connaissaient la richesse culturelle de la ville, et estimèrent que sa destruction serait un obstacle grave à une réconciliation ultérieure avec le Japon.
Les monuments historiques de l'ancienne Kyoto (villes de Kyoto, Uji et Ōtsu) ont été inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco en 1994. En 1997, Kyoto a accueilli la conférence qui donna naissance au protocole de Kyoto.
Le , la ville s'agrandit en intégrant le bourg au nord de Keihoku (京北町).
Politique et administration
Administration La ville de Kyoto est administrée par la , dirigée par le maire. Depuis le , le maire est Kōji Matsui. Le maire est subordonné par trois maires adjoints, auxquels sont subordonnés les neuf bureaux municipaux, les 54 départements municipaux, le comptable municipal et les 11 présidents d'arrondissements.. Les citoyens de Kyoto sont représentés auprès de leur ville par le (ou l'Assemblée municipale), comptant 67 sièges répartis à travers les onze arrondissements de la ville..
L'élection municipale et l'élection au conseil municipal ont lieu tous les quatre ans. La dernière élection municipale a eu lieu le , tandis que la dernière élection au conseil municipal a eu lieu le .
Jumelages et partenariats
Jumelages
Partenariats : il s'agit en fait d'un « partenariat d'amitié » ;
.
Population et société
Démographie En avril 2024, la population de Kyoto était estimée à , répartis sur une superficie de , soit une densité de population de .
+ Évolution de la population. 1879 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2015 20202024 1 436 247
Enseignement vignette|« Le chemin de la philosophie », à Kyoto, au printemps. Kyoto est un des centres universitaires les plus importants du pays, et accueille d'éducation supérieure. L'importante université de Kyoto constitue une des deux plus prestigieuses universités du Japon et est considérée comme une des meilleures universités en Asie et dans le monde par les classements internationaux. ; dix de ses chercheurs ont notamment obtenu le prix Nobel. Cinq autres sont également très renommées : RitsumeikanRitsumeikan (立命館大学). et DoshishaDoshisha (同志社大学)., Kyōto Sangyō.Kyōto Sangyou (京都産業大学)., Ryūkoku ou encore BukkyoBukkyo (佛教大学).. Kyoto a également un réseau important d'éducation supérieure appelé le consortium des universités de Kyoto, qui se compose de trois établissements nationaux, cinq publics (préfectoral et municipal), et privées.
Il est aussi possible à Kyoto de suivre un cursus scolaire français (de la maternelle à la terminale), au sein du lycée français international de Kyoto conventionné avec l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, permettant la reconnaissance de son baccalauréat en France.
Les étudiants représentent environ 10 % de sa population.
En philosophie, Kitarō Nishida (1870-1945) fut le fondateur de l'École de Kyoto, un courant de philosophie japonaise qui chercha à marier la philosophie occidentale avec la spiritualité issue des traditions extrême-orientales, et qui fut suivi par de nombreux disciples dont Hajime Tanabe.
Religion La petite cathédrale catholique Saint-François-Xavier est le siège du diocèse de Kyoto. La cathédrale de l'Annonciation de Kyoto, construite en 1901
Économie vignette|Le siège social de l'entreprise Nintendo.
PIB (PPA) par habitant. Parités de pouvoir d'achat (PPA) - OECD Données. Année US$ PPA 1980 1990 2000 2010 2014 Le tourisme constitue une importante part de l'économie de Kyoto. La ville jouit en effet de nombreux héritages culturels, constamment visités par les groupes scolaires japonais et par les touristes étrangers.
L'industrie de Kyoto est principalement composée de petites installations, la plupart desquelles est gérée par des artisans traditionnels japonais. Les kimonos de Kyoto sont particulièrement reconnus et la ville demeure le premier centre de fabrication de kimonos japonais. Cependant, de telles entreprises commencent à décliner aujourd'hui, à l'heure où les ventes de biens traditionnels stagnent.