Les Forces navales algériennes (FNA ; en arabe : القوات البحرية الجزائرية, en berbère : ⵜⵔⴻⴷⵙⴰ ⵜⴰⴷⵣⴰⵢⵔⵉⵜ ⵏ ⵢⵉⵍⴻⵍ) désignent la marine de guerre de l'Algérie. Elles sont l'une des composantes de l'Armée nationale populaire.

La création du corps moderne remonte à l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Les forces navales sont responsables des opérations se déroulant en mer et en eaux algériennes.

Le commandant en chef des Forces navales algériennes est le général major Benmeddah Mahfoud, depuis le (par intérim).

Histoire vignette|gauche|Le chebec du marin espagnol Antoine Barcelo (au centre) face à deux galiotes de la régence d'Alger (1738).

La marine algérienne a joué un rôle important dans le bassin méditerranéen, entre les , où elle a été une force militaire de l'Empire ottoman de premier plan, qui a assuré non la défense de la régence d'Alger, mais l'attaque des navires occidentaux faisant un passage à travers la Méditerranée. Elle a donné des marins légendaires comme les frères Barberousse ou Hamidou ben Ali. La marine algérienne coopère alors à toutes les expéditions maritimes dans lesquelles la Porte se trouve engagée. thumb|Combat d'un vaisseau français et de deux galiotes barbaresques, huile sur toile de Théodore Gudin.

Les origines de la flotte algérienne (1147-1516) thumb|gauche|Galiote, extraite du Dictionnaire de la marine de Willaumez, 1831.

À cette époque, le Maghreb est sous le contrôle de la dynastie berbère almohade qui a également régné sur l'actuelle Espagne, à Al-Andalus. La Marine est née avec l'installation par Abd El Moumen de chantiers navals dans les ports d'Oran et Honaïne. Mais le règne de cette grande dynastie est bientôt glacé d'abord par quelques désaccords internes, principalement liés aux difficultés de la gestion d'un vaste territoire. La situation s'aggrave encore quand une partie de la péninsule Ibérique passe à nouveau sous le contrôle des dirigeants chrétiens à la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa, la décomposition du royaume s'accélérant avec la formation de trois États en Afrique du Nord. Après la destruction totale du royaume almohade en 1269, commence alors une bataille féroce entre musulmans et chrétiens pour le contrôle de divers ports dans la Méditerranée occidentale. Cela a eu comme conséquence l'occupation par les Espagnols de plusieurs régions algériennes comme le Peñon d'Alger, Oran et Béjaïa. Ceci a conduit les peuples indigènes de ces régions à appeler les corsaires afin de les libérer des envahisseurs chrétiens, chose faite par l'envoi des frères Arudj et Khayr ad-Din en 1512. Les frères Barberousse ont construit au Maghreb une des plus redoutables flottes de leur époque.

Le corsaire Arudj Reis, aîné de Khayr ad-Din gauche|vignette|Gravure d'Arudj Barberousse. Décrit par certains historiens comme les plus grands pirates de l'histoire, les frères Barberousse seraient probablement des Albanais, ou des Grecs. Dans la description qui leur est donnée, on dit que le plus jeune, Khayr ad-Din, était plus brillant et d'une corpulence plus forte que son grand frère, tandis que Arudj était connu pour ses connaissances en navigation. Il était surnommé Barberousse, nom acquis après avoir transporté des réfugiés musulmans d'Espagne vers l'Afrique du Nord. Il se livra à la piraterie dans le seul but de la vengeance, en particulier après son emprisonnement pendant plusieurs années dans les prisons du château de Bodrum. Sa grande habileté lui permit de s'échapper, fuyant ensuite à Tunis où le roi Mohamed Ibn Hafss lui a permis de construire une base navale à partir de laquelle il a réussi à faire sa première flotte militaire. Il a ensuite emmené sa flotte en Algérie afin de libérer la zone de l'emprise espagnole, ce qu'il a réussi à faire en prenant Alger en 1516. Des années plus tard, il réunit sa flotte et quitte le territoire pour conquérir le dernier bastion espagnol en Algérie, Mers el-Kébir.

Consolidation et construction : régence d'Alger vignette|Palais des Raïs Canon Bastion.

Après la libération de toutes les régions sous influence espagnole, la création de la marine de la régence d'Alger débuta. Cette entreprise commence par la construction d'une flotte de quatre petits navires, puis avec le temps, une véritable industrie militaire s'établit. Plusieurs chantiers navals (en particulier à Cherchell, Bougie et Alger) fournissent à la marine ottomane un nombre considérable de navires de guerre, équipés de canons développés entièrement par des compétences locales.

À la suite de l'indépendance des États-Unis en 1776, les navires de commerce américains ne bénéficient plus de la protection des navires de la Royal Navy, ce qui leur pose un problème en Méditerranée. Les navires américains se retrouvent à partir de 1785 attaqués par les corsaires de ce que l'Occident appelle alors la Barbarie, correspondant aux provinces ottomanes du Maghreb, (actuelle Algérie, Tunisie et Libye). Constatant la force de la puissance navale d'Alger, le Sénat des États-Unis décide de proposer un « traité de paix et d'amitié avec les États de Barbarie » dont un avenant est paraphé le à Alger puis de nouveau le . Un traité similaire est signé avec le bey de Tunis.

Le traité est ratifié a l'unanimité par le Sénat des États-Unis début juin, puis signé par John Adams, second président américain, et paraît dans ce qui est le journal officiel américain de l'époque, le Philadelphia Gazette le .

Par la suite, l'expédition américaine du 17 au , connue comme la seconde guerre barbaresque, voit la victoire de l’US Navy sur les pirates barbaresques.

L'attaque des marines britanniques et néerlandaises en , oblige le régent d'Alger à accepter un ultimatum concernant la libération des esclaves malgré de lourdes pertes humaines dans les équipages anglo-néerlandais. vignette|Libération d'esclaves chrétiens après le bombardement d'Alger. L'armada algéroise perd également un grand nombre de navires avec cinq frégates, quatre corvettes et trente chaloupes canonnières qui sont la proie des flammes.

Après la fin de la guerre, les pays européens et les États-Unis cessent de payer tribut aux États barbaresques pour déjouer les attaques contre leurs navires. Cela contribue à marquer le début de la fin de la piraterie dans cette région, qui sévissait depuis l'époque de la domination ottomane (-). En quelques décennies, les puissances européennes ont construit des navires de plus en plus sophistiqués et coûteux que les pirates barbaresques ne peuvent égaler en nombre ou en technologie.

Certains escadrons algérois participent à la guerre d'indépendance grecque à partir de 1821, en complément des forces de la flotte ottomane, et perdent plusieurs navires dans divers engagements pendant cette guerre.

En , lance un blocus naval à Alger et l'expédition d'Alger permet finalement la prise de la ville en 1830.

Colonisation française L'Algérie reste sous occupation coloniale, de 1830 jusqu'à la déclaration d'indépendance du , à la suite de la signature des accords d'Évian le .

La principale base navale de la Marine française est celle de Mers el-Kébir, qu'elle agrandit en 1868, et qu'elle occupe conformément aux accords jusqu'en 1967.

À la suite de l'armistice de , une partie de la marine française dont la Force de Raid est basée dans ce port qui est attaqué par la marine britannique le .

Les installations laissées à l'indépendance formeront la base de l'infrastructure des Forces navales algériennes et Mers el-Kébir devient lors de sa rétrocession la principale base de la nouvelle marine algérienne.

L'indépendance de l'Algérie vignette|droite|250px|Sous-marin Roméo. Durant les , la marine n’est pas une priorité des nouvelles autorités algériennes et ne dispose que de petits patrouilleurs pour la surveillance des eaux territoriales. Néanmoins plusieurs écoles militaires navales ont été créées en Algérie et de nombreuses signatures pour la formation à l’étranger des marins Algériens sont conclues avec de prestigieuses écoles navales internationales (URSS, Grande Bretagne, France, Italie, etc.). Le pays fraîchement indépendant devait d’abord former ses hommes et les entraîner avant l’acquisition de machines de combat plus sophistiquées.

Au début de l’indépendance, les caisses de l'État étant vides, la marine Algérienne a reçu à sa création que deux dragueurs de mines (YMS) de construction américaine faisant donnés par la République arabe unie, mais le Djebel Aurès fait naufrage en .

En 1969, l'effectif est de dont , et la flotte se compose du second YMS, le Sidi Fradj et des navires de construction soviétique suivants : 2 dragueurs de mines de type T 43 (, 17 nd) ; 6 escorteurs côtiers du type S0 1 (, 25 nd) ; 3/4 vedettes rapides lance-missiles classe Osa 1 (, 35 nd) ; 6/7 vedettes rapides lance-missiles classe Komar (, 40 nd) ; 8 vedettes lance-torpilles type P 6 (, 40 nd) ; 1 chalutier hydrographique de type Sekstan ; 1 ramasseur de torpilles ; plusieurs vedettes de surveillance côtière ; quelques petits auxiliaires.

À partir des années 1970, sous l’impulsion du Moudjahid le colonel Mohamed Benmoussat, dit “l’Amiral” (fondateur des forces navales Algériennes et dernier habitant de l’Amirauté d’Alger) fonde et trace une vision à moyen et long-terme pour que les forces navales Algériennes deviennent la plus grande puissance navale Africaine, la marine Algérienne monte en puissance et devient une force sous-marine de la rive sud de la Méditerranée avec l’acquisition de deux sous-marins Russes de classe Roméo en 1976 puis réceptionnés dans les années 1980.

Mohamed Bemmoussat envoie les premiers marins Algériens en formation dans les meilleures écoles navales du monde entier, signe des conventions, fonde et inaugure les écoles navales comme celle de Tamentfoust à Alger. À la suite de sa volonté de démissionner après 16 années aux commandes des forces navales, Mohamed Benmoussat recommande et cède son poste en 1978 au lieutenant (plus tard Général) Rachid Benyelles, commandant de la façade Ouest de Mers el Kebir à Oran, qui prendra les commandes en suivant et appliquant la même vision et stratégie au sein des forces navales. 220px|vignette|Des marins algériens à bord de la frégate Rais Kellich (F-902) se préparent à la phase en mer de l'exercice Phoenix Express 2017, le 12 mai.

Missions et unités des forces navales Les gardes côtes Les garde-côtes sont présents sur l'ensemble de la façade maritime et dans plusieurs villes d'Algérie notamment à Alger, Mers el Kebir, Jijel, Annaba…

Les garde-côtes ont pour mission : l’exécution des polices du balisage et des câbles sous-marins ; l'assistance et le sauvetage en mer ; la lutte contre la pollution de la mer par les hydrocarbures ; la surveillance côtière terrestre en collaboration avec la douane algérienne, la gendarmerie, et la police nationale ; la police de la navigation maritime (respect des règles de navigation maritime…) ; la police de la sécurité maritime ; la police des pêches maritimes ; la police douanière en mer ; la police pénale en mer ; la police générale en mer ; les enquêtes nautiques en mer.

Plus de cinquante navires internationaux passent en un mois à moins de des côtes et de la ZEE algérienne sur une distance côtière de (c'est l'un des trafics maritimes les plus denses au monde).

La défense côtière La défense côtière algérienne utilise des batteries mobiles côtières CSS-C-2 Silkworm, P-15 Termit ainsi que des batteries mobiles côtières de dernière génération Kh-35EU russe (missile antinavire subsonique) et les missiles supersoniques chinois et CM-302 (version export du missile YJ-12) d'une portée respective de et .

Les Forces navales disposent aussi de systèmes IFF permettant de différencier les matériels amis et ennemis, que ce soit des navires ou des avions de combat.

Les Régiments de fusiliers marins (RFM) vignette|Des fusiliers marins avec un instructeur de l'USMC en 2006.