Le Bison d'Amérique (Bison bison) est le plus grand mammifère terrestre d'Amérique du Nord. C'est l'une des deux espèces de bison encore vivantes, l'autre étant le Bison d'Europe. Avant l'arrivée des colons européens en Amérique, on comptait encore de Bisons d'Amérique, vivant du Mexique au Canada. Le Bison des plaines (Bison bison bison), l'une des deux sous-espèces (l'autre étant le Bison des bois), est caractéristique des grandes prairies du Midwest et était un animal essentiel pour de nombreuses cultures amérindiennes. D'immenses troupeaux migraient au gré des saisons dans les plaines herbeuses. Plusieurs peuples autochtones des Grandes Plaines avaient un mode de vie basé sur la chasse au bison jusqu'au début des années 1880. Afin de réduire les populations d'Amérindiens dans la Conquête de l'Ouest, les colons massacrent les troupeaux à la fin du , au point de frôler l'extinction de l'espèce (il ne restait que en 1884). Des programmes de sauvegarde ont depuis été lancés et l'espèce survit dans différentes réserves privées et parcs nationaux. En , le bison devient le mammifère officiel des États-Unis à la suite de la promulgation du Acte législatif du sénat américain, voté en mai 2016 : National Bison Legacy Act.Le bison devient officiellement le mammifère national des États-Unis, FranceTVinfo, 10 mai 2016.. À cette date, environ seraient présents sur le continent américain. Néanmoins, la population sauvage regroupe seulement matures vivant en 68 hardes d'après l'UICN.

Dénominations Nom scientifique valide : Bos bison Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Bison d'Amérique, Bison américain, Bison, Bison d'Amérique du Nord, Bison des forêts, Bison du Canada Noms vernaculaires (langage courant) : amerikako bisonte (basque), bisó americà (catalan), bizon Amerika (breton)

Taxonomie Il existe deux sous-espèces de Bison bison en Amérique du Nord, le Bison des plaines (Bison bison bison) et le Bison des bois (Bison bison athabascae). Cette dernière sous-espèce, qui a toujours été moins abondante, habite le Canada (environ dans les années 1990) et est majoritairement composée d'animaux vivant en liberté. La principale différence entre les deux sous-espèces est la forme de la bosse : arrondie chez Bison bison bison, plus grande et « carrée » chez Bison bison athabascae. Les deux sous espèces ne sont pas protégées par la CITES (la sous-espèce des forêts, un temps classée en annexe II en a été retirée en 2016). Certains scientifiques (Reynolds, 1982 ) estiment qu'il n'y a pas lieu de différencier deux sous-espèces, tant elles se ressemblent.

Deux sous-espèces sont éteintes : †Bison de l'Oregon (Bison bison oregonus) †Bison de Pennsylvanie (Bison bison pennsylvanicus).

Principales caractéristiques physiques et éthologiques vignette|Bison d'Amérique en hiver. La neige sur sa face provient du fait que le bison cherche sa nourriture en écartant la neige au sol par des mouvements latéraux de sa tête. Le bison possède un manteau d'hiver aux longs poils brun foncé et un pelage d'été plus léger, d’un brun plus clair. Le bison peut atteindre au garrot, en longueur ; il pèse en moyenne entre . Les plus grands spécimens peuvent dépasser . La tête et le train avant sont énormes. Les femelles comme les mâles sont dotés de deux cornes courtes et incurvées, qu'ils utilisent dans leur lutte pour obtenir un meilleur rang à l'intérieur du troupeau et pour la défense. Le bison s’accouple en août et septembre et un seul veau de couleur rouge-brun naît au printemps suivant. Sa mère l'allaitera pendant un an. Les bisons sont adultes à l'âge de trois ans et ont une espérance de vie de , ou de en captivité.

Le bison blanc est un phénomène rare lié à un gène récessif, se manifestant chez un animal né avec une fourrure brun-rougeâtre qui devient blanche à l’âge adulte. L'animal n'est pas un véritable albinos, car la couleur de l'œil est normale, comme c’est le cas pour l’ours.

Morphologie longueur du corps : longueur des cornes : latérales, hauteur au garrot : poids adulte : pour les femelles, pour les mâles.

Physiologie thumb|Bison femelle et petit. maturité sexuelle : 2 ans 1/2 gestation : 9 mois nombre de jeunes par portée : un, très rarement deux (la mère délaisse alors le plus faible, généralement condamné) nombre de portées par an : une, période de rut en juillet-août, mises-bas en avril-mai longévité libre : captif : voire plus de .

Comportements reproductifs thumb|upright|Un jeune bison à la fin du mois de mai au parc d'État de Custer, au Dakota du Sud.

Les bisons d'Amérique sont polygames : les mâles dominants règnent sur un harem de femelles avec lesquelles ils s'accouplent. Les mâles solitaires courtisent les femelles jusqu’à ce qu’elles leur permettent de s'accoupler, les suivant et les surveillant pour chasser les mâles concurrents.

Lors des parades nuptiales, les mâles se livrent des combats avant lesquels ils se roulent dans leur urine pour s’imprégner de leur odeur hormonale et grattent la terre pour intimider leurs rivaux. Ces combats, pour la plupart de quelques secondes seulement, peuvent conduire parfois à une mise à mort portée par un coup de corne fatal Documentaire, ..

Des comportements homosexuels allant jusqu’au simulacre d’accouplement sont fréquents chez les bisons. La cérémonie de l’Okipa chez les Indiens Mandans se termine par un rituel mettant en scène ce comportement, pour . Les Lakotas se réfèrent à eux comme étant des pte winkte — pte signifiant « bison » et winkte signifiant « deux-esprits ».

Régime alimentaire Le bison est un herbivore qui consomme diverses herbacées, dont le panic érigé, l'Herbe des Indiens (Sorghastrum nutans), l (Tripsacum dactyloides), la grande et petite (respectivement Andropogon gerardii et Schizachyrium scoparium) et d'autres graminées de prairie ou de jeunes plants de végétaux ligneux.

Origines Bien avant l'arrivée des humains en Amérique du Nord, le bison a été le principal grand mammifère colonisateur du continent, y prospérant mieux que bien d'autres herbivores dont les chevaux et mammouths. Le début de son expansion et l'explication de cette aptitude à coloniser une vaste aire sont restés un mystère jusqu'à une époque récente. Des analyses génomiquesGenBank database (accession nos. KX269109, and KX269112–KX269145). récentes faites à partir de plus de , ont levé le voile, montrant que les ancêtres des actuels bisons sont arrivés entre AP (Avant le Présent), soit au moins 110.000 ans avant les humains, mais il a fallu environ à ces animaux pour se répandre sur presque tout le continentDuane Froese & al (2017) Fossil and genomic evidence constrains the timing of bison arrival in North America ; doi: 10.1073/pnas.1620754114 résumé., en profitant des zones libres de glace Bison phylogeography constrains dispersal and viability of the Ice Free Corridor in western Canada Peter D. Heintzman et al., Proc Natl Acad Sci U S A, 2016., avant d'être confrontés aux humains Ice age bison fossils shed light on early human migrations in North America University of California - Santa Cruz, ScienceDaily, 2016. et alors que d'autres grands mammifères nord-américains connaissaient une crise d'extinction entre 40.000 et 10.000 AP Mass extinction: Why did half of N. America's large mammals disappear 40,000 to 10,000 years ago? George Washington University, ScienceDaily, 2009. pour finalement aussi subir des croisements avec des bovins domestiques Preserving an icon: Impact of historical domestic cattle hybridization with American bison revealed Wiley, ScienceDaily, 2012..

Génétique et paléogénomique Selon les données génétiques et paléogénomiques rassemblées en 2026 par le projet Bison Integrated Genomics (BIG), les ancêtres du bison actuel ont traversé le détroit de Béring il y a environ 200 000 ans, avant de devenir , une ressource centrale du mode de vie des nord-amérindiens autochtones..

En séquençant les génomes complets de restes de 160 spécimens anciens (dont le plus vieux remonte à environ 50 000 ans) les chercheurs ont mis en évidence deux goulots d'étranglement génétiques majeurs dans l'histoire de l'espèce : d'abord lors de son entrée sur le continent, puis il y a environ 20 000 ans pendant le dernier maximum glaciaire), ainsi qu'une homogénéité génétique surprenante entre les troupeaux du continent sur les 10 000 dernières années, contredisant l'hypothèse jusqu'alors répandue d'une différenciation en plusieurs sous-espèces régionales liée à la diversité écologique nord-américaine.

Or, après avoir frôlé l'extinction à la fin du siècle sous l'effet de la chasse intensive liée à la colonisation européenne — les bisons, autrefois au nombre d'environ 50 millions répartis en deux sous-espèces (bison des plaines et bison des bois), ne sont plus aujourd'hui qu'environ 530 000, dispersés en troupeaux isolés en raison de la fragmentation écopaysagère de l'Amérique du Nord, et en raison de la dispersion de leurs populations relictuelles ne peuvent plus échanger leurs gènes naturellement, les exposant à des risques de consanguinité (infertilité, Malformations , maladies), au détriment de leur future capacité d'adaptation écologique, alors qu'un seul troupeau nécessiterait environ 1 000 individus pour préserver une diversité génétique saine.

Le projet BIG a montré que la diversité génétique du bison américain était presque identique avant et après le quasi-anéantissement de l'espèce au siècle, contredisant l'hypothèse répandue selon laquelle ce goulot d'étranglement démographique — documenté par les monticules de crânes de bisons abattus — aurait dû entraîner une perte génétique massive et rapide : les quelque 500 survivants du massacre portaient en réalité une part surprenante de la diversité génétique globale de l'espèce (grâce à l'homogénéité génétique continentale préexistante). Mais, depuis, cette diversité s'érode au sein des petits troupeaux isolés et, privé d'échanges génétiques, chaque population tendant désormais à devenir génétiquement identifiable selon sa localisation. Les donnés récentes (2026) corrigent aussi une étude de 2022 (controversée dans la communauté de la conservation, affirmant qu'aucun bison vivant n'était exempt de gènes bovins, hérités des croisements historiques entre bisons et bétail (notamment ceux réalisés dans les années 1870 par l'éleveur texan Charles Goodnight) : sur 45 génomes modernes analysés à l'échelle du continent, seul un tiers environ présente des traces de métissage bovin (un résultat que les chercheurs attribuent à un échantillonnage insuffisant de l'étude précédente) ; plus inattendues, ces données montrent aussi un métissage, plus important qu'on l'estimait, entre les deux sous-espèces de bison (celui des plaines et celui bison des bois) ; enfin, alors que la séparation entre les deux espèces était jusqu'ici estimée à quelques siècles seulement, la nouvelle analyse génomique la situe plutôt à environ 3 000 ans (300 générations), et ce malgré un génome partagé à 99,9 %. Les 13 bisons des bois séquencés dans l'étude portent tous une proportion de gènes de bison des plaines acquise après le déplacement, entre 1925 et 1928, de quelque 7 000 bisons des plaines vers le Parc national Wood Buffalo , ce qui laisse penser que le bison des bois « pur » est probablement éteint en tant que sous-espèce (même si quelques individus portant moins de 10 % de gènes de bison des plaines pourraient servir de base à un « programme de reproduction contrôlée » qui pourrait artificiellement restaurer une lignée plus « pure »).