Podgorica (en monténégrin cyrillique : , transcrit Podgoritsa, qui peut être traduit par « en dessous de Gorica ».), anciennement Titograd () de 1946 à 1992, est la capitale et la plus grande ville du Monténégro.
La ville est située à la confluence des rivières Morača et Ribnica. Le croisement des plaines fertiles de la Zeta et de Bjelopavlići y a encouragé l'implantation de l'homme. La ville est proche des stations de sports d'hiver des Alpes dinariques, au nord du pays, et des stations balnéaires situées sur les rivages de la mer Adriatique, au sud.
En 2003, la ville comptait et sa municipalité Књига 9, Становништво, упоредни преглед броја становника 1948, 1953, 1961, 1971, 1981, 1991, 2003, подаци по насељима, Републички завод за статистику, Подгорица, септембар 2005, COBISS-ID 8764176. En 2009, la population de la ville était estimée à . La municipalité de Podgorica représente 10,4 % de la surface totale du Monténégro et 27,3 % de sa population. Il s'agit du centre administratif du pays et de son principal lieu économique et éducatif.
Toponymie Podgorica signifie « sous la petite montagne » en monténégrin. Gorica (littéralement « petite montagne ») est aussi le nom d'une des collines qui surplombe le centre-ville. Il y a du répondant entre le nom du pays qui est « Montagne Noire » et le nom de la capitale qui est « sous la petite montagne », mais il s'agit de deux reliefs différents, la montagne noire se situant sur la côte à l'ouest du pays et la capitale se situant plus à l'est du pays. La traduction plus littérale serait « en dessous de Gorica ».
Les anciens noms de la ville furent Birziminium, à l'époque romaine, Ribnica, premier nom slave et monténégrin du au moment de l'arrivée des Turcs, et Titograd, pendant la période communiste de 1946 à 1992, signifiant « ville de Tito ».
Géographie Situation Podgorica se situe dans le centre-sud du Monténégro. La région est traversée de toutes parts par de nombreuses rivières et la ville elle-même est située à au nord du lac Skadar. Les rivières Morača et Ribnica traversent la ville, tandis que les rivières Zeta, Cijevna et Sitnica s'écoulent dans ses environs. Cette abondance en cours d'eau est une des caractéristiques de la ville.
Le relatif plat-pays dont dispose Podgorica contraste avec les terrains accidentés du reste du Monténégro. Les uniques points hauts sont les quelques collines entourant la ville, dont la colline de Gorica () qui s'élève au-dessus du centre-ville. Les autres collines sont Malo brdo (la petite colline), Velje brdo (la grosse colline), Ljubović et Čardak. Ces dernières sont relativement pentues et limitent l'expansion de la ville vers le nord.
Climat Podgorica est connue pour son climat méditerranéen chaud et sec en été, mais frais en hiver (Köppen : Csa), (Trewartha: Cfhk). En effet, bien que la ville ne soit située qu'à de la mer Adriatique, la proximité des Alpes dinariques modifie son climat.
La quantité de précipitations annuelle atteint . La température dépasse 135 jours par an en moyenne. La température moyenne de la ville est de . La moyenne des jours pluvieux s'élève à 120 par an et celle des jours venteux à 60 sur la même échéance. Un fort — et occasionnel — vent du nord hivernal influence le climat en diminuant la température perçue de quelques degrés.
Podgorica est connue pour ses étés caniculaires. La température la plus chaude jamais enregistrée fut de 44,8° le . Quant aux jours de neige, ils s'avèrent être occasionnels.
Localités de la municipalité de Podgorica
La municipalité de Podgorica compte 143 localités :
Arza Balabani Baloči Barlaj Begova Glavica Bezjovo Benkaj Beri Berislavci Bigor Bijelo Polje Bioče Bistrice Blizna Bolesestra Botun Brežine Briđe Brskut Budza Buronji Velje Brdo Veruša Vidijenje Vilac Vladni Vranj Vranjina Vrbica Vukovci Vuksanlekići Golubovci Goljemadi Goričani Gornje Stravče Gornji Kokoti Gornji Milješ Gostilj Gradac Grbavci Grbi Do Gurec Delaj Dinoša Dolovi Donje Stravče Donji Kokoti Donji Milješ Draževina Drešaj Drume Duga Dučići Dušići Duške Đurkovići Zagreda Zaugao Kiselica Klopot Kopilje Kornet Kosor Kotrabudan Koći Kržanja Kruse Krševo Kurilo Lekići Lijeva Rijeka Liješnje Liješta Lovka Lopate Lužnica Lutovo Ljajkovići Mataguži Mahala Medun Mileti Mitrovići Mojanovići Momče Mrke Mužeška Nabon Nikmaraš Ožezi Omerbožovići Opasanica Oraovice Orasi Orahovo Parci Pelev Brijeg Petrovići Pikalj Podgorica Podhum Ponari Poprat Prisoja Prifti Progonovići Radeća Radovče Rakića Kuće Raći Releza Rijeka Piperska Rudine Selište Seoca Seoštica Sjenice Skorać Slacko Spinja Srpska Staniselići Stanjevića Rupa Stijena Stjepovo Stupovi Sukuruć Trabojin Trmanje Tuzi Tuzi Ljevorečke Ćafa Ćepetići Ubalac Ubli Farmaci Fundina Helmnica Cvilin Cijevna Crvena Paprat Crnci Šušunja
Histoire L'occupation humaine de la région de Podgorica remonte à la préhistoire. Les restes matériels les plus anciens témoignent d'un passé se situant dans l'âge de la pierre tardif. Durant la période illyrienne, l'emplacement situé entre les deux vallées de la Zeta et Bijelo Polje est occupé par deux tribus illyriennes.
vignette|droite|La rivière Morača à Podgorica, un des symboles de la capitale monténégrine. vignette|droite|Sahat kula, un des rares vestiges ottomans épargnés par la Seconde Guerre mondiale.
100 À l'époque romaine, la ville apparait en tant que Birziminium, et appartient à la province romaine de Prévalitaine.
550 Au , les Slaves s'y installent et la nomment Ribnica ; lieu de naissance de Stefan Nemanja. À cette époque, la ville est témoin d'événements notables. Les peuples slaves nouvellement installés sont en guerre perpétuelle avec Byzance et tentent d'établir un nouvel État. De cette confrontation naît l'établissement d'une nouvelle colonie, probablement nommée d'après la rivière voisine. La première mention de Ribnica remonte au règne de la famille royale serbe des Nemanjić. . En occupant cette région, les Slaves créent un nouvel État, développant leur propre culture.
Royaume de Dioclée (vers 950 - vers 1190) (Doclea, Diocleia, Duklia) , voir De administrando Imperio
1326 L'appellation Podgorica a été utilisée pour la première fois en 1326, d'après un document des archives de Kotor. À cette époque, . Une route commerciale entre la ville de Dubrovnik et l'État de Nemanjić, en plein développement, est ouverte grâce à la voie menant à Podgorica et passant par les villes de Trebinje et Nikšić. En tant que . . Rascie (Raška Kraljevina Srbija), principauté serbe (650c-1346) principauté de Zeta (1356-1499)
1478 À partir de 1478, la ville passe sous domination turque. Son développement perd alors en vigueur. Les Turcs construisent une importante forteresse, munie de remparts, de tours et de portes imposantes, afin de vaincre les rebelles locaux. En 1864, Podgorica devient une municipalité de la ville de Shkodër, aujourd'hui en Albanie. La ville est également nommée Burguriçe en albanais.
1878 Avec le congrès de Berlin de 1878, Podgorica est intégrée au Monténégro, marquant la fin de quatre siècles d'occupation ottomane et le début d'une ère nouvelle pour le pays et sa capitale. La ville reprend son développement et . En 1904, la caisse d'épargne Zetska, première vraie institution financière, est créée. Elle deviendra rapidement la banque Podgorička. Des routes sont construites vers les villes voisines et en 1902, une entreprise de tabac devient la .
1914 La Première Guerre mondiale marque une forme de déclin dans la dynamique de développement de Podgorica, la plus grande ville du récent royaume du Monténégro, gouverné alors par le roi Nicolas I. De 1916 à 1918, la ville est occupée par l'Autriche-Hongrie, à l'instar du reste du pays. Après sa libération par les alliés en 1918, une assemblée se réunit dans la ville, l’Assemblée nationale de Podgorica, amenant avec elle une , puisque l'assemblée décide la fin à la souveraineté du royaume et unit ce dernier à la Serbie, au sein du royaume de Yougoslavie. Entre les deux guerres, la population de la ville est de .
1940 Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville souffre énormément des combats occasionnés. Elle est et quasiment rayée de la carte. . Podgorica est libérée le .
Avec le retour de l'État monténégrin dans la Yougoslavie de Tito, la ville est rebaptisée Titograd. En 1946, elle devient capitale de la République socialiste du Monténégro, prenant la place de Cetinje. Une période de développement inédit survient durant les quarante années de la République fédérale socialiste de Yougoslavie et marque fortement le paysage urbain de la ville. Cette dernière est . Elle redevient le centre économique et socioculturel du pays.
1990 Cette croissance diminue à nouveau lors de l'effondrement de la Yougoslavie durant les années 1990. La ville reprend son ancien nom de Podgorica le .
Les guerres balkaniques des années 1990 épargnent militairement le Monténégro, qui souffre malgré tout d'une forte récession économique. Il faut attendre les premières années du pour que la ville retrouve sa vitalité économique, avec l'accession du pays à l'indépendance en mai 2006. Podgorica émerge alors comme une , capitale d'un État souverain et indépendant. Elle grandit aujourd'hui de plus en plus, dans un .
Architecture thumb|Blocs résidentiels brutalistes de l'époque communiste.
La diversité des styles architecturaux présents à Podgorica reflète l'histoire mouvementée de la ville et du pays. Au fil des régimes, de nouveaux styles furent introduits.
Durant la période ottomane, Podgorica avait de nombreux bâtiments construits dans le plus pur style turc. Le quartier le plus ancien de la ville, Stara Varoš (vieille ville) et Drač en sont des exemples typiques avec la présence de deux mosquées, un clocher (le Sahat kula) et de petites ruelles étroites.
Quand la ville devint monténégrine, le tissu urbain s'étendit à l'autre rive de la Ribnica, où la ville se développa dans un style plus européen, avec de larges rues et un plan orthogonal. Cette partie de la ville est aujourd'hui considérée comme le centre-ville et est appelée Nova Varoš (la ville nouvelle).
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut quasiment rasée. Après la libération, la reconstruction prit place sur le modèle communiste d'autres villes de la République socialiste fédérale de Yougoslavie. Des blocs résidentiels de masse furent érigés dans un style brutaliste, typique des villes du bloc de l'Est. Tous les quartiers de la rive droite de la Moraca furent construits sur ce modèle. Ces quartiers résidentiels apportèrent des logements en nombre pour les habitants de la ville, mais furent longtemps critiqués pour leur aspect trop réaliste et inesthétique.
Les artères actuelles de la ville furent percées durant cette période et étendirent le plan de la ville au sud et à l'ouest. Le développement urbain de l'ère communiste a de fait défini l'aspect actuel d'une partie de Podgorica.
En marge de ces zones résidentielles, la ville a connu une forme d'étalement urbain informel, avec un habitat privé de faible hauteur laissant peu de place aux rues et aux trottoirs. Cette tendance connut son apogée durant les années 1990. Des efforts ont été menés depuis pour améliorer l'aménagement de ces quartiers.