La rue Huysmans est une voie du de Paris.

Situation et accès Elle relie le boulevard Raspail, au niveau de la rue du Montparnasse, à la rue Duguay-Trouin. Elle est à sens unique pour la circulation automobile et pourvue d'un double-sens cyclable ; le stationnement y est unilatéral.

La rue Huysmans est emblématique de l'architecture parisienne des années 1910.

La rue Huysmans est desservie par les lignes 4 à la station Saint-Placide et 12 à la station Notre-Dame-des-Champs.

Odonymie vignette|redresse|gauche|Joris-Karl Huysmans vers 1900, photographié par André Taponier. Cette rue honore l'écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907) qui naquit, vécut et mourut à diverses adresses du , en 1912. L'idée de donner son nom à une voie parisienne a été formulée en conseil municipal dès sa mort en 1907 (Cf. La création de la rue Huysmans).

Histoire vignette|gauche|redresse|Plan-projet de 1785 avec la nouvelle foire Saint-Germain. vignette|gauche|redresse|Plan-projet de 1809, avec le tracé d'une transversale arborée. vignette|gauche|redresse|Projet de percée prolongeant la rue du Montparnasse sur un plan de 1853. vignette|gauche|redresse|État parcellaire de l'emplacement de la rue Huysmans à la fin du , avant le percement du boulevard Raspail et de la rue. vignette|gauche|redresse|Emplacement de la rue juste avant son ouverture. vignette|gauche|redresse|La rue dans son environnement actuel.

Exploitation des carrières Avant le , l'emprise de la rue Huysmans est occupée par des jardins non bâtis. Au , des carrières de pierre à bâtir calcaire sont exploitées dans le sous-sol de ces terrains.

Le bâtiment abritant la foire Saint-Germain brûla en 1762 et, celui reconstruit l'année suivante ne donnant pas satisfaction, on envisagea dans les années 1780 d'en élever un nouveau sur un vaste terrain gagné sur le jardin du Luxembourg et compris entre celui-là, la pépinière des Chartreux, le cul-de-Sac Notre-Dame-des-Champs (c'est-à-dire la partie australe de la rue de Fleurus actuelle) et la rue de VaugirardLe projet est visible notamment sur le plan de 1785 de Lattré et le plan de 1789 d'Esnauts et Rapilly.. Le terrain se serait étendu pour partie sur l'emplacement de la rue Huysmans et aurait modifié la physionomie du quartier. Le marché fut finalement rebâti entre 1813 et 1818 par Jean-Baptiste Blondel et Auguste Lusson sur son emplacement originel, le long de la rue MabillonJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, édition, 1985, p.82..

Le banc de calcaire se trouve à une profondeur relativement faible de Nexus, Plan des catacombes de Paris 2011, version 5. Voir également la planche 10 de l'atlas souterrain de la Ville de Paris exécuté en 1859 par l'Inspecteur général des carrières Eugène de Fourcy sur ordre du préfet Georges Eugène Haussmann., si bien que la rue Duguay-Trouin est ouverte sous la Révolution, non pour la circulation comme le démontre son tracé, mais pour l'extraction des pierres par un puits situé dans son coude, sous l'actuel de la rue HuysmansIrène Delage et Chantal Prévot, Atlas de Paris au temps de Napoléon, Parigramme, 2014, .. Ainsi, les immeubles des , côté impair, et 2 à 10, côté pair, sont sous-minés. La carrière qui s'étendait sous cette emprise a fait l'objet d'un effondrement presque généralisé entre la fin du .

Dès la première moitié du , les équipes de l'atelier du Luxembourg de l'Inspection générale des carrières avaient consolidé les cloches de fontis et remblayé la carrière selon la méthode dite par hagues et bourrages et, en 1855, il ne subsistait plus qu'une galerie d'inspection sous l'actuel côté pair de la rue HuysmansCf. Fourcy, ibid. Note : les f. reportés sur le plan correspondent à des fontis, c'est-à-dire à des effondrements du ciel de carrière qui menacent la stabilité du sol et finissent généralement par venir au jour et engloutir les éventuelles constructions qui s'y trouvent.. Seule la galerie d'inspection sous la rue Duguay-Trouin existe encore aujourd'hui.

Dès l'achèvement du boulevard du Montparnasse, un projet visant à le relier au jardin du Luxembourg est émis. L'« avenue projetée » d'un plan projet de 1768 emprunte strictement le tracé finalement donné à la rue HuysmansProjet de communication du Luxembourg au Nouveau Boulevard, chez Le Rouge, 1768.. Sous le Premier Empire, un nouveau projet de transversale connectant les rues Notre-Dame-des-Champs et « de l'Ouest » (c'est-à-dire d'Assas) est formé, malgré l'ouverture récente de la rue de Fleurus jouant ce rôle. La voie, toujours arborée, devait aboutir à l'ouest de la rue Duguay-Trouin, presque à l'angle des rues Madame et de l'OuestVoir le Plan routier de la ville et fauxbourgs de Paris : divisé en douze mairies, publié chez Jean en 1809.. L'entreprise resta à l'état de projet.

Percement du boulevard Raspail vignette|gauche|redresse|Maison habitée par Victor Hugo de 1827 à 1830, à l'emplacement de laquelle se trouve la rue Huysmans. C'est finalement la percée d'un autre boulevard, plus proche qui concrétisa la liaison entre les deux pénétrantes rue d'Assas et rue Notre-Dame-des-Champs, au début du .

Le quartier Notre-Dame-des-Champs est historiquement occupé par des congrégations religieuses, dont un certain nombre a des activités d'enseignement ou d'accueil des malades. Aussi, les parcelles comprises entre la rue Notre-Dame-des-Champs et la rue longtemps nommée « de l'Ouest » , sont des terrains bâtis de maisons anciennes en bordure de voie publique derrière lesquelles s'étendent de grands jardins. L'achèvement du percement du boulevard Raspail entre les rues Stanislas et de Vaugirard en 1905 a entraîné la destruction d'un certain nombre de bâtiments sur la rue Notre-Dame-des-Champs ; l'emprise de la future rue Huysmans concerne quatre parcelles : aux : l'École secondaire ecclésiastique, ou Petit Séminaire, qui s'étendait sur près d'un hectare, 2 mars 1905, ., amputé des trois quarts de sa superficie par l'opération, y compris tout une partie au nord du nouveau boulevard, et qui ferma en 1914Petit séminaire de Notre-Dame-des-Champs, page de l'institution en tant qu'éditeur sur le site data.bnf.fr.Les bâtiments des subsistent aujourd'hui, amputés de leur partie nord au niveau du boulevard et du terrain qui en dépendait. ; au : une petite maison ; au : une loge de concierge sur la rue Notre-Dame-des-Champs, derrière laquelle partait un passage de de long et trois de large qui menait à une maison entourée d'un vaste jardin qui se déployait jusqu'à la rue Duguay-Trouin, sur laquelle la parcelle était numérotée 9 et 11. C'est à la largeur de cette parcelle que correspond l'actuelle rue Huysmans (y compris les immeubles)La comparaison des parcellaires est claire à cet égard.. Entre 1827 et 1830, Victor Hugo logeait au premier étage de cette maison. Son fils François-Victor y est né et c'est là qu'il écrivit Cromwell, Les Orientales, Le Dernier Jour d'un condamné, Marion de Lorme, et surtout Hernani, qui fut l'occasion d'une telle polémique que l'agitation en son domicile poussa la propriétaire de la maison, , à chasser le jeune ménageLucien Lambeau, « La maison de Victor Hugo rue Notre-Dame-des-Champs », , 15 décembre 1904, .Les héritiers Goupy ont été expropriés de la totalité de la parcelle sise 27, rue Notre-Dame-des-Champs et 9-11, rue Duguay-Trouin en avril 1904, , 16 avril 1904, .. C'est le mur de cette propriété que Balzac évoque en 1845 dans la nouvelle Une rue de Paris et son habitant, Honoré de Balzac, Une rue de Paris et son habitant, in Oeuvres complètes de H. de Balzac, vol. 20, 1882, p. 424. Lire en ligne. ; au : hôtel particulier dont le jardin a été entouré de petites constructions.

Le bâti, alors bien moins dense qu'aujourd'hui, se trouvait généralement en bordure de la voie publique plutôt qu'en fond de parcelle. Aussi, les constructions se trouvaient le long de la rue Notre-Dame-des-Champs et donc, pour les parcelles concernées, pour l'essentiel sur l'emprise du boulevard. Au nord de la percée se trouvaient leurs jardins ; séparés des bâtiments ou même désormais sans constructions, ces derniers devinrent dès lors à affecter. L'esprit de la percée haussmannienne ne souffrant aucune rupture dans l'alignement des immeubles bordant les boulevardsVoir notamment le règlement du 27 juillet 1859, cf. l'article « Règlements d'urbanisme de Paris »., les terrains furent lotis puis vendus pour être bâtis.

L'ampleur de la parcelle du 27, rue Notre-Dame-des-Champs, la configuration de la rue Duguay-Trouin et le besoin de logements à Paris incitèrent à ouvrir une voie selon un axe sud-ouest/nord-est.

Création de la rue Huysmans La création d'une voie partant de la rue Duguay-Trouin dans le cadre des travaux du boulevard Raspail est évoquée dès le mois de , 16 janvier 1904, .. Le « raccordement de la rue du Montparnasse et de la rue Duguay-Trouin » est résolu en Conseil municipal le , 20 avril 1910, .. Une enquête est alors ouverte à la mairie du pour évaluer l'intérêt du projet. « Considérant que l'ouverture de cette voie nouvelle rendra des services appréciables à la circulation générale et que l'utilité, à cet égard, justifie amplement la dépense […] prévue pour cette opération, 17 janvier 1912, . », le Conseil municipal du autorise le Préfet de la Seine à provoquer un décret déclarant d'utilité publique l'ouverture de la rue projetée, permettant à la rue Duguay-Trouin de retrouver une utilité dans le réseau viaire : depuis un siècle, elle naissait et aboutissait à la même rue d'Assas. Dans le cadre d'un grand emprunt municipal de de francs visant à mener des opérations d'urbanisme dans toute la ville, un million est affecté à la création de cette voie nouvelle et à l'élargissement de la rue Madame, parmi lesquels seuls servent à l'ouverture de la future rue Huysmans, dont sont consacrés à la viabilisation, 12 janvier 1912, ..

C'est ainsi qu'en 1912, à la faveur des travaux du boulevard Raspail, une voie, d'abord privée et presque aussitôt publique, est ouverte sur une parcelle tout en longueur qui reliait à l'origine la rue Notre-Dame-des-Champs au coude que forme la rue Duguay-Trouin, en vue de la border d'immeubles d'habitation.

, le conseiller municipal de Paris Pierre Quentin-BauchartPierre Quentin-Bauchart (1881-1916), historien et conseiller municipal de Paris, tué au champ d'honneur, fils de Maurice Quentin-Bauchart, est l'objet de l'hommage de la rue Quentin-Bauchart à Paris. formule en 1907, au nom de ses collègues Fortuné d'Andigné et Adrien Mithouard, la proposition d'attribuer le nom de Joris-Karl Huysmans à une rue de Paris, sans qu'il soit décidé laquelle, 11 juillet 1907, .. Henri Galli reprend la proposition en 1912 et, avec l'accord des propriétaires qui venaient d'acquérir les terrains à bâtir, 5 avril 1912, ., il est attribué à la rue le nom de l'écrivain qui naquit, vécut et mourut à diverses adresses du (il est né 9, rue SugerMaisons d'écrivains : Joris-Karl Huysmans. Rue Suger, . Façade de sa maison natale, Bibliothèque historique de la Ville de Paris., a vécu 11, rue de SèvresMaisons d'écrivains : Joris-Karl Huysmans. Rue de Sèvres, (1872 à 1898). Cour intérieure, Bibliothèque historique de la Ville de Paris. et est mort 31, rue Saint-PlacideMaisons d'écrivains : Joris-Karl Huysmans. Rue Saint-Placide, , maison où il mourut. Partie de la façade avec plaque commémorative, Bibliothèque historique de la Ville de Paris.).

La construction des immeubles d'habitation s'est faite aussitôt, ce qui donne une homogénéité urbanistique et architecturale à l'alignement. La rue est de ce fait signalée au PLU pour son intérêt patrimonial et paysager en tant qu'« ensemble architectural cohérent d'immeubles d'habitation du tournant du Protections patrimoniales du , annexe VI au Plan local d'urbanisme. ».