Voith GmbH & Co. KGaA, dont le siège est situé à Heidenheim an der Brenz, dans le Bade-Wurtemberg en Allemagne, est une entreprise familiale spécialisée dans la mécanique lourde de précision.

L'entreprise est présente sur cinq secteurs différents : l'énergie, le pétrolier/gazier, les pâtes et papiers, les matières premières et enfin, les transports et l'automobile. Le groupe est actif dans environ partout dans le monde et est aujourd'hui l'une des plus grandes entreprises familiales de l'Europe.

Fondé en 1867, Voith emploie près de à travers le monde dont en Allemagne. Lors de l’année 2013/2014, le groupe a généré un chiffre d'affaires de d'euros ainsi qu'un bénéfice net de d’euros. Les commandes ont totalisé près de d'euros..

Le , la société holding a changé son nom de Voith AG en Voith GmbH.

La famille Voith

Johann Matthäus Voith En 1825, Johann Matthäus Voith (1803-1874) reprend avec l'aide de cinq ouvriers l'atelier de métallurgie de son père, Johannes, à Heidenheim an der Brenz. Sur le site de l'actuel siège, on traite les commandes de pièces de rechange et de pièces complémentaires pour des usines de papier et des entreprises textiles. Au milieu du , Voith commence à développer des machines de filage, des machines à tisser la laine ainsi que des machines à imprimer. Dès 1848, il entreprend la production de papier en masse à partir de pâte à papier et collabore dans ce but avec le fabricant de papier Heinrich Voelter (1817-1887), également originaire d'Heidenheim. Johann Voith perfectionne le procédé de fabrication, et invente, en 1859, le raffineur, une machine qui isole les fibres contenues dans le bois, produisant ainsi un papier de bien meilleure qualité. Lorsque son fils Friedrich (1840-1913) reprend l'entreprise en 1867, celle-ci comptait alors .

Friedrich Voith Friedrich Voith réalise selon ses propres plans une scierie pour l'usine de papier d'Uhingen. Il poursuit les recherches sur le raffineur qui aboutissent au premier dépôt de brevet de l'entreprise Voith en 1869. Les fabriques de papier peuvent alors, grâce à cette machine, créer un papier de bien meilleure qualité tout en réduisant les coûts de matières premières. Cette production industrielle en masse ouvre de nouvelles perspectives de fabrication du papier et est l'origine de la généralisation du papier journal que l'on utilise aujourd'hui.

À cette même période, Friedrich Voith décide de développer l'activité de fabrication des turbines hydrauliques et en 1870, Voith livre sa première turbine suivie par le premier exemplaire de turbine Francis en 1873. La même année, lors de l'Exposition universelle de Vienne, Friedrich Voith reçoit la médaille de l'innovation pour ses travaux. L'usine J.M. Voith ne limite pas son activité à la simple fabrication de composants, puisqu'elle fabrique en 1881 sa première machine à papier intégrale pour l'entreprise Gemmrigheim, Raitelhuber Bezner & Cie.

À la fin du , le réseau de contacts professionnels de Friedrich Voith s’étend au-delà de l’Europe. Son entreprise, qui couvrait toutes les étapes de la fabrication du papier, devient leader sur ce marché. En 1890, Voith apporte son expertise en tant que conseiller commercial pour le développement industriel auprès du roi de Wurtemberg Charles . En 1892, il emploie , plaçant ainsi l’entreprise parmi les plus importantes du royaume de Wurtemberg. En 1903, Friedrich Voith fonde la première filiale Voith à St. Pölten, en Autriche. À la mort de l’homme d’affaires en 1913, les usines à Heidenheim et St. Pölten emploient environ .

Ses trois fils, Walther, Hermann et Hanns, occupent alors divers postes stratégiques au sein de l’entreprise.

Walter et Hermann Voith À la mort de Friedrich Voith, Walther (1874-1947), Hermann (1879-1949) et Hanns Voith (1885-1971) dirigent ensemble l’entreprise. Walther Voith se charge de l’entreprise St. Pölten, qui compte : cette société obtiendra notamment l'adjudication des turbines des centrales de Partenstein (1924) et de Niederwartha (1927). Hermann Voith est nommé responsable du service commercial de la maison mère d’Heidenheim et Hanns du département technique. Sous leur direction, l’entreprise poursuit ses recherches dans le domaine de la technique de propulsion. En 1929, Voith produit les premiers embrayages et moteurs hydrodynamiques selon le principe de Föttinger.

Hanns Voith À la mort de ses deux frères, Hanns Voith reprend seul la direction de l’entreprise. Après la Seconde Guerre mondiale, il la fait prospérer grâce à la collaboration d’Hugo Rupf, le directeur du département commercial. C’est sous sa direction que le développement technique et la production de machines à papier atteignent leur apogée. Hanns Voith transforme l’entreprise en un groupe d’envergure internationale, amené à investir dans des rachats ou des participations. Une étape clé illustrant la croissance de Voith fut la fondation de Voith SARL en 1964 à São Paulo, au Brésil.

Époque contemporaine Le groupe est toujours détenu à 100 % par la famille Voith et cela depuis 1960. Cependant, les héritiers n’occupent pas les principaux postes de direction. La famille Voith est l’une des familles les plus riches d’Allemagne. Selon l’étude du journal Wirtschaftsblatt, en , la société occupe la dans le classement des entreprises familiales d’Allemagne.

Histoire

Les débuts En 1825, à Heidenheim, Johann Matthäus Voith reprend l'atelier de métallurgie de son père Johannes qui employait cinq ouvriers. C’est sur le site même de l’actuel siège qu’on exécutait donc les commandes de pièces de rechange et d’ajout des machines dans l’industrie papetière et textilehttp://voith.com/ca/fr/le-groupe/histoire-188.html L'histoire de Voith..

À partir du milieu du , Johann Matthäus Voith conçoit des machines de filage, des machines à tisser la laine ainsi que des machines à imprimer. Dès 1848, il travaille en collaboration avec le fabricant de papier d'Heidenheim Heinrich Voelter (1817–1887). Leur projet commun était de transformer le papier en un produit de masse. Le brevet de fabrication de papier à partir de pâte à papier, racheté par Heinrich Voelter à Friedrich Gottlob Keller en 1846, est repris par Johann Matthäus Voith, qui en améliore le procédé déposé par Keller et inventa, en 1859, le raffineur.

Fabrication des turbines Lorsque Johann Matthäus Voith cède l'entreprise à son fils Friedrich en 1867, celle-ci employait . La même année, Friedrich Voith nomme officiellement l'atelier « usine J.M. Voith » dans le registre du commerce et des sociétés allemand : ce fut le début de la célèbre histoire de l'entreprise. En 1869, Voith dépose le brevet pour sa machine d'extraction de fibres de bois. La machine de Voith permet ainsi à l'industrie papetière de produire un papier de bien meilleure qualité tout en réduisant les coûts de la matière première et pose les fondements de la fabrication du papier journal actuel. En 1881, l'entreprise J. M. Voith livre sa première machine à papier complète à l'entreprise Raithelhuber, Bezner u. Cie à Gemmrigheim. L'invention place l'entreprise dans une niche et une vague de commandes accéléra sa croissance. Dans les années 1890, Voith couvre ainsi toutes les phases de fabrication du papier.

On fabriqua en 1879, d'après le modèle de conception de Adolph Pfarr, les premiers régulateurs de turbines Voith de génération d'électricité à partir de l'énergie hydraulique. En 1890, Voith élargit son activité en livrant des turbines Pelton à haute pression. La même année, le roi du Wurtemberg, Charles , nomme Friedrich Voith au poste de conseiller commercial pour le développement industriel. Au moment où l'entreprise fête ses vingt-cinq ans, en 1892, elle emploie et fait partie des plus grandes entreprises du royaume du Wurtemberg.

En 1903, Friedrich Voith fonde la première filiale de Voith à St. Pölten, en Autriche. La même année, Voith obtient le contrat de fabrication pour celles qui sont encore () utilisées par la centrale électrique des chutes du Niagara.

Technique de propulsion En 1911, Voith fabrique dans son usine autrichienne St. Pölten la rotative la plus rapide et la plus large de son temps. À la mort de Friedrich Voith en 1913, l'entreprise est florissante : dominante sur le marché du papier et de l'énergie, elle compte . Ses trois fils se partagent alors la direction. Walther se charge de la direction de l'usine de St. Pölten, Hermann du secteur commercial de la maison mère à Heidenheim et Hanns du département technique.

À la fin de la Première Guerre mondiale, les frères décident d'élargir l'activité de l'entreprise en se tournant vers le secteur des techniques de propulsion. En 1922, Voith, s'appuyant sur ses connaissances en mécanique des fluides acquises dans les projets de fabrication de turbines, commence la production de boites de vitesses. Cet essor se fait grâce à l'invention du transfert d'énergie hydrodynamique de Hermann Föttinger. La même année, l'usine de Voith livre la première Turbine Kaplan, du nom de son inventeur Viktor Kaplan. En 1929, Voith fabrique pour l'usine de pompage-turbinage de Herdecke les premiers embrayages hydrodynamiques selon le principe de Föttinger, suivis de la production de nouveaux propulseurs de véhicules ferroviaires et routiers. L'entreprise se forge également une solide réputation dans le secteur de l'industrie grâce à ses projets d'embrayages et propulseurs hydrodynamiques.

Voith commença à développer une nouvelle gamme de produits qui assied sa future réputation dans le monde : le Propulseur Voith Schneider (VSP), un système de propulsion maritime, qui assure non seulement le pilotage, mais améliore particulièrement la manœuvre. Cette invention de l'ingénieur viennois Ernst Schneider a été conçue chez Voith. Le succès du lancement du premier bateau doté d'un propulseur Voith Schneider, Torqueo, pousse Voith, en 1937, à équiper pour la première fois d'un propulseur Voith-Schneider les transports en commun fluviaux des étroits canaux de Venise, en Italie. En 1937, lors de l'exposition universelle de Paris, Voith se voit décerner trois fois le Grand Prix pour ses travaux sur propulseurs Voith Schneider et les turbo engrenages. Un an plus tard, à Paris, deux bateaux-pompes équipés de VSP sont exploités sur la Seine.

À la mort d’Hermann Voith en 1942, Hanns Voith reprend la direction de l'usine de Heidenheim. En , les soldats américains occupent Heidenheim et Hanns Voith rend personnellement la ville aux Américains. Six cents des quatre mille employés sont tombés au front ou sont portés disparus.

Ouverture vers l’international Hanns Voith et Hugo Rupf redressent l'entreprise à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. En 1947, la livraison des turbines Voith en Norvège est la première commande internationale d'après-guerre effectuée depuis le Bade-Wurtemberg. En 1949, les projets importants qui suivirent sont les livraisons de huit Voith-Schneider-Propeller pour United Africa, ainsi que quarante-six engrenages Voith Turbo pour le Brésil et une machine à papier pour les Pays-Bas en 1951. La fabrication de l'engrenage à trois convertisseurs pour différents composants des rames automotrices et l'engrenage Diwabus poussent Voith à la pointe de la technologie.

En 1953, le secteur du développement et du montage des machines à papier connait également un rapide essor par la production de la machine à papier journal la plus rapide d'Europe pour Feldmuehle AG. Avec une vitesse de six cents mètres par minute, celle-ci produit deux cents tonnes de papier journal par jour. À l'occasion de l'Exposition Universelle de Bruxelles en 1958, Voith reçoit une médaille d'or pour les premiers moteurs turbo diesel hydraulique des locomotives du chemin de fer fédéral allemand.