En français, les Mongols sont : selon la Constitution de la Mongolie, le droit du sol et le droit international, les citoyens de la Mongolie et eux seuls, quelles que soient leurs langues, origines et traditions culturellesQuinzièmes rapports périodiques des États parties qui devaient être présentés en 1998 : Mongolia. 20/07/98 ; selon la définition ethnique, le droit du sang et l'appartenance linguistique et culturelle, le groupe ethnique mongol, peuple initialement nomade vivant actuellement en Mongolie, en Russie et en Chine. Les quatre ethnies principales sont les Mongols centraux (dont le khalkha est le dialecte dominant de Mongolie, et le tchakhar, celui de Mongolie-Intérieure), les Oïrates, les Bouriates et les Kalmouks. Ils sont actuellement environ 10 millions, dont environ de 5,8 millions en Chine en 2000Leur population était de en Chine en 2000 : voir China Statistical Yearbook 2003, . et 6.3 millions en 2021. Leurs langues forment un groupe spécifique de la famille serbi-mongole comportant plusieurs langues. Les principales sont le khalkha, dialecte devenu langue vernaculaire de Mongolie, le tchakhar, dialecte vernaculaire de Mongolie-Intérieure, le bouriate, parlé en Bouriatie, dans les deux Mongolies et dans d'autres républiques de Sibérie, et le kalmouk, parlé en Kalmoukie. Les Mongols pratiquent traditionnellement un bouddhisme lamaïste (dit tibétain) teinté d'animisme, voire de chamanisme.

À l'origine d'un des plus grands empires de tous les temps, qui s'étendit de la mer de Chine méridionale jusqu'au-delà de la VolgaHistoire des Mongols, de Jean-Paul Roux, éditions Bayard. au et au , ils conservent encore leur culture, malgré leur éclatement en quatre entités politiques distinctes ; outre la langue et l'histoire, cette culture profondément originale couvre des domaines tels que la musique, la religion, les fêtes, les sports, le mode de vie, et enfin l'organisation sociale.

Définition Répartition

Les Mongols sont répartis principalement dans quatre territoires, dont un seul est souverain : la Mongolie.

En Russie, ils disposent de deux républiques disposant d'une autonomie relative : la Bouriatie et la Kalmoukie. En Bouriatie, du fait du processus de colonisation russe, les Bouriates ne représentent que 25 % de la populationLien sur la Bouriatie.. Ils se démarquent des autres ethnies mongoles par une certaine conservation des anciennes croyances chamanistes, malgré leur conversion au bouddhisme.

En Chine, la majeure partie des Mongols se trouve dans la province autonome de Mongolie-Intérieure, où sont présents plus de 5 millions de Mongols, mais où ils restent une minorité vis-à-vis des Chinois Han. Il existe également des minorités mongoles dans le Xinjiang, le Qinghai et le Gansu. Ils forment l'un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine.

On compte environ 25 ethnies mongoles au totalLien sur la Mongolie.. Les Khalkhas, principalement urbains, constituent la majorité en Mongolie. Diverses petites ethnies cohabitent dans les monts Altaï, dont les Oïrates, voisins des Kalmouks. Les Oïrates sont à l'origine de l'Empire de Dzoungarie, aux , vaincu et annexé par la Chine. Les Oïrates émigrèrent alors sur les bords de la Volga, puis une partie d'entre eux repartit en Mongolie, mais ils furent décimés en cours de route par les KazakhsAtlas historique des migrations de Gérard Chaliand, Michel Jan et Jean-Pierre Rageau, éditions du Seuil 1994, 26.Migration et dispersion d'un peuple : des Oïrats aux Torgouts, . : ce sont les Oïrates actuels. Les Kalmouks sont littéralement « ceux qui sont restés ». Ces derniers faisaient partie des « peuples punis » par Staline, accusés d'avoir coopéré avec les armées blanches. En Mongolie-Intérieure, il existe diverses ethnies regroupées sous le nom de Mongols Occidentaux. Au nord, ce sont les Bouriates qui dominent.

Descriptif des ethnies mongoles D'après Jean-Christophe Tamisier, on peut classer les ethnies mongoles comme suit. :

Nom Localisation Nombre (estimation) Mode de vie Religion Groupe linguistique Baoan(s)/Bonanusita en chinois Gansu (musulmans), Qinghai (bouddhistes) agriculteurs sédentaires islam sunnite, bouddhisme lamaïste méridional Barga(s) Mongolie-Intérieure du Nord éleveurs nomades, clans exogames bourhanisme (chamanisme mélangé au bouddhisme) septentrional (deux dialectes) Bayate(s) Uvs occidental (oïrate) Bouriate(s) régions du lac Baïkal, Mongolie septentrionale, Mongolie-Intérieure du Nord éleveurs-agriculteurs autour du lac Baïkal, pasteurs nomades à l'est. Clans chamanistes et chrétiens orthodoxes autour du lac, bouddhistes à l'est septentrional (deux dialectes) Dagour(s)/Daur(s) Heilongjiang, Mongolie-Intérieure du Nord, petit groupe au Xinjiang (4000) éleveurs pastoraux, chasseurs-agriculteurs dans l'Heilongjiang chamanistes isolé Dariganga(s) Sükhbaatar éleveurs nomades oriental Darkhate(s)Les graphies pour les ethnies mongoles varient beaucoup. Ici, la graphie française a été adoptée. Voici quelques équivalents dans d'autres graphies (les plus proches de la prononciation exacte sont en premier) : Darkhate > Darhad, Darkhad, Darhan - Ouriankhaï > Urianhai, Urianhaj - Bouriate > Buriad, Buriat, Buryad - Dörbète > Dörvöd, Dörböt, Dörbet - Tzakhtchine > Zahchin, Zahčin, Zakhchin - Torgoute > Torguud, Torgut - Bayate > Bayaad, Bajad, Bayid, Bayit - Khochoute > Hoshuud, Hošuud, Khoshut - Myangate > Myangad, Mjangad, Myanghad, Mingat - Öölte > Ööld, Öölet - Youghour > Yugur, Jugur - Tchakhar > Chahar, Čahar, Chakhar - Toumète > Tumed - Ordosse > Ordos - Dagour > Dagur - Kalmouk > Halimag, Kalmyk - Khalkha > Halh, Halha - Oïrate > Oyrad, Ojrad, Oirat - Khotgoïde > Hotgoid, Khotgoid, Hotgojd - Üzemtchine > Üzemchin, Uzemčin - Khoton > Hoton - Dzoungare > Dzungar - Khartchine > Harčin, Kharchin, Qarachin - Khortchine > Horčin, Khorchin. Khövsgöl élevage nomade, cueillette, chasse et pêche. Clans patrilinéaires exogames bouddhisme lamaïste empreint de chamanisme isolé. Emprunts au khalkha, à l'oïrate et au tchakhar Dongxiang(s)/Santa(s) Gansu, petit groupe au Xinjiang agriculteurs pastoraux, commerçants itinérants. Clans islam sunnite méridional (trois dialectes). Emprunts chinois Dörbètes Qinghai, Uvs 56 000 éleveurs nomades occidental (oïrate) Kalmouk(s) Kalmoukie principalement (Europe) éleveurs nomades, pêche bouddhisme lamaïste occidental (oïrate) Khalkha(s) Mongolie Centrale et Septentrionale, Mongolie-Intérieure urbanisés bouddhisme lamaïste oriental Khartchine(s) Mongolie-Intérieure Centrale, Liaoning 600 000 oriental Khochoute(s) Hovd, Qinghai (Chine) 48 000 éleveurs nomades occidental (oïrate) Khoïte(s) Qinghai éleveurs nomades occidental (oïrate) Khortchine(s) Mongolie-Intérieure du Nord, Jilin, Heilongjiang oriental Khotgoïde(s) Khövsgöl, Zavkhan occidental (oïrate) Khoton(s) Uvs occidental (oïrate) Monguor(s)/Tu Qinghai, Gansu agriculteurs et éleveurs sédentaires (minorité nomade). Clans patrilinéaires exogamiques bouddhisme lamaïste empreint de chamanisme méridional. Emprunts chinois et tibétains. Deux dialectes. Myangate(s) Hovd occidental (oïrate) Oïrate(s)(terme générique) Chine, Mongolie, Russie divers bouddhisme lamaïste occidental Öölte(s)/Dzoungare(s) Hovd 25 000 occidental (oïrate) Ordosse(s) Mongolie-Intérieure du Sud (près de l'fleuve Jaune) éleveurs, agriculteurs bouddhisme lamaïste oriental Ouriankhaï(s) Mongolie occidentale, Xinjiang éleveurs nomades (parfois renniculteurs), chasseurs, agriculteurs. Clans exogamiques bouddhisme et chamanisme occidental (oïrate). Minorité turcophone Tchakhar(s) Mongolie-Intérieure centrale éleveurs nomades bouddhisme lamaïste oriental Tchorosse(s) Qinghai éleveurs nomades occidental (oïrate) Torgoute(s) Hovd, Xinjiang éleveurs nomades bouddhisme et chamanisme occidental (oïrate) Toumètes Mongolie-Intérieure Centrale, Liaoning oriental Tsaatan(s) Khövsgöl 2000 renniculteurs Tzakhtchine(s) Hovd 34 000 bouddhisme lamaïste occidental (oïrate) Üzemtchine(s) Dornod Youghour(s) Gansu, petit groupe au Qinghai éleveurs, chasseurs bouddhisme lamaïste méridional (emprunts turcs)

Histoire

Au premier millénaire de notre ère, les Turco-mongols vivaient probablement en chasseurs-cueilleurs en Sibérie orientaleHistoire des Turcs de Jean-Paul Roux, éditions Fayard, page ?, sur le cours supérieur du fleuve Amour. Les Mongols, les Toungouses et les Turcs ne faisaient qu'un. Tandis que les Toungouses restaient, les Mongols et les Turcs s'établirent dans les régions steppiques voire désertiques au Nord de la Chine, où ils devinrent donc nomades<ref>chapitre fondé sur lHistoire des Mongols de Jean Paul-Roux, éditions Bayard.</ref>.

thumb|upright=1.3|Évolution de l'empire mongol

En 1294 l'empire a été scindé en :

Pendant toute l'Antiquité, les Turco-Mongols vécurent en guerriers nomades, faisant régulièrement des raids en Chine, et établissant de temps en temps des empires éphémères, dirigés par des hommes de guerre forts mais s'effondrant dès la mort de ceux-ciL'Empire des Steppes de René Grousset, Payot.. Les hommes se divisaient alors en multiples tribus, ce qui les rendait beaucoup plus vulnérables. À l'instar des Romains, les Chinois se servaient parfois d'une de ces tribus pour se protéger d'une autre.

Les Turcs comme les Mongols ont conquis de nombreuses terres en occident. Certains peuples de ces deux cultures se retrouvent en Europe (Huns, Horde d'or…), où à l'Ouest de l'Asie, d'autres sont restés attachés à leurs terres comme les Kazakhs et Kirghizes (Turcs) ou certains Mongols.

Au , les Mongols se rassemblèrent sous Gengis Khan (« le roi universel » en mongol, de son vrai nom Temüdjin). Celui-ci soumit la Sibérie méridionale, le nord de la Chine, le royaume Xia (dirigé par les Tanguts), puis le Khara Kitaï et le Khwarezm en Asie Centrale. Ses successeurs bâtirent l'un des plus grands empires ayant jamais existéAvec l'empire russe, puis l'Union soviétique, qui lui succédèrent en Asie., en conquérant le reste de l'Asie Centrale et de la Chine, le Moyen-Orient, la Russie. Ils poussèrent à l'ouest jusqu'en Autriche, à l'est ils attaquèrent (en vain) le Japon, la Birmanie au Sud, et allèrent même jusqu'en Indonésie. À son apogée, l'Empire était parvenu à établir une « Pax Mongolica », développant les routes de la soie, les rencontres entre les grandes confessions et les relations entre l'Orient et l'Occident. Mais, après quelques décennies, l'empire ne tarda pas à se fracturer en plusieurs khanats, qui devinrent rivaux. Ainsi affaiblis, les khanats succombèrent l'un après l'autre aux poussées locales. L'élite mongole, de plus en plus réduite, se fondit rapidement dans les cultures locales. Ce fut la Horde d'or, à qui la Russie payait tribut, qui disparut en dernier en 1502, plus de trois siècles après l'apparition de Gengis KhanAtlas de l'histoire du Moyen Âge de Colin McEvedy, éditions Robert Laffont, .. À l'époque moderne, il existait encore des États se réclamant de l'héritage mongol : le khanat de Crimée, le khanat d'Astrakhan, les khanats ouzbeks et khazakh...

De manière progressive, les Mongols retournèrent dans leurs terres natales ou se fondirent soit aux Turcs avec qui ils partageaient la même origine et langue, soit aux Iraniens du fait de la proximité du territoire perse. Une bonne part des Mongols se convertirent au bouddhisme réformé au Mongolie Université de Laval.. Ils sont aujourd'hui tiraillés entre la Russie et la Chine. Cette dernière contient la plus grande partie du peuple mongol, mais la Russie domina la Mongolie pendant l'ère soviétique (sous le nom de République populaire de Mongolie). La Mongolie, encore préservée il y a quelques décennies, doit maintenant faire face à la modernisation : alors que le chômage et la pauvreté sévissent en ville, la plupart des foyers possèdent une télévision, même à la campagneAylal, une année en Mongolie de Linda Gardelle, Gaïa Éditions, page ?.

Caractéristiques sociales Mode de vie : le nomadisme