L'équipe de France féminine de football est l'équipe nationale qui représente la France dans les compétitions internationales féminines de football. Sous l'égide de la Fédération française de football (FFF), elle dispute les compétitions internationales majeures comme la coupe du monde, les championnats d'Europe et les Jeux olympiques.
La France est une nation de football féminin importante sur le plan mondial, comme le prouve son classement FIFA où elle se trouve à la 6e place en juin 2026. Malgré un palmarès vierge de titre, la France a participé aux 8 derniers championnats d'Europe et est parvenue à se qualifier à 5 coupes du monde (en 2003, 2011, 2015, 2019 et 2023).
Eugénie Le Sommer détient le record de sélections (200) et celui de buts marqués ( marqués).
Histoire Les années folles (1920-1936) gauche|vignette|L'équipe de France en octobre 1920. Le football féminin s'impose en France après la Première Guerre mondiale avec la mise en place d'un championnat de France en 1919 organisé par la FSFSF. Le vendredi . . à Deepdale., au stade du Preston North End FC, une sélection des meilleures joueuses françaises de la FSFSF rencontre les Dick, Kerr's Ladies FC, la formation anglaise de Preston. Devant , la France s'incline 2-0. Elle boucle sa première tournée anglaise avec 2 victoires, 1 nul et 1 défaite. Le 31 octobre 1920, assistent au stade Pershing de Paris au match retour La Vie au grand air, N° du 15 novembre 1920, sur Gallica.bnf. conclu sur un match nul 1-1Le Miroir des sports, 4 novembre 1920, (+ photos)..
Une nouvelle tournée anglaise pour l'équipe de France est organisée du 17 au 22 mai 1921. Les Bleues s'inclinent lors de leur premier match (5-1), puis signent trois courtes victoiresLa Femme sportive, N° du , sur gallica.bnf.. En octobre 1921, l'équipe d'Angleterre (en fait, l'équipe de Plymouth LadiesLa Femme sportive, N° du , sur gallica.bnf.) se déplace en France (Paris le 30, Le Havre le 31) mais, en deux rencontres face à l'équipe de France, aucun but n'est inscritLa Femme sportive, N° du , sur gallica.bnf..
Après 1921, la FFFA n'ouvre plus les colonnes de ses publications à Alice Milliat, présidente de la FSFSF. Les tournées outre-manche se poursuivent malgré l'interdiction du football féminin par la FA le . Ainsi, une tournée a lieu dès le printemps 1922La Femme sportive, N° du , sur gallica.bnf.. Battues à Plymouth (2-1), les Bleues concèdent des nuls 0-0 à Exeter et FalmouthLa Femme sportive, N° du , sur gallica.bnf.. Les matchs ont lieu du 3 au 10 avril 1922.
Le calendrier international se résume à quelques matchs France-Belgique. Le dernier match de l'équipe de France de la FSFSF se tient le . C'est un match nul 0-0 face à la Belgique à Bruxelles.
La Ligue de Paris de football féminin, fondée en 1933, reprend le flambeau et met en place une équipe de France et une équipe de Paris. Ces deux formations s'affrontent notamment le 20 mai 1934 à Juvisy (0-0)Paris-Soir, , mai 1934 sur Gallica. et le 15 décembre 1934 au Stade de Paris (Saint-Ouen)Le Matin, , décembre 1934 sur Gallica. La sélection française dispute plusieurs matchs internationaux tel les France-Belgique de 1934 au Stade de Paris (Saint-Ouen)Ouest-Eclair, avril 1934 sur Gallica ou 1936 au Stade Buffalo (Montrouge)Paris-Soir, , avril 1936 sur Gallica..
Les années interdites (1937-1970) Après l’élan des années folles, où l’équipe de France féminine dispute plusieurs rencontres internationales, la pratique féminine du football est progressivement freinée. En 1941, le régime de Vichy interdit officiellement le football féminin, jugeant ce sport « inadapté » et « nuisible » pour les femmes. Cette décision s’appuie sur des discours médicaux de l’époque, qui affirment que la pratique serait contraire à la « nature féminine ». Pendant près de trois décennies, les joueuses françaises restent privées de sélection nationale officielle et la pratique survit seulement grâce à quelques initiatives locales et à l’engagement de pionnières passionnées.
Il faut attendre la fin des années 1960 pour voir le football féminin renaître et être de nouveau reconnu par la Fédération française de football. À cette époque, les joueuses françaises, notamment les Rémoises, se mobilisent activement pour faire reconnaître l'existence du football féminin. Un an avant le feu vert fédéral, les Bleues prennent part à une Coupe d'Europe pirate, c’est-à-dire en marge de la FIFA, avec trois autres nations : Angleterre (défaite 2-0 devant ), Danemark et Italie (défaite 1-0 le devant )Laurence Prudhomme-Poncet, Histoire du football féminin au , Paris, L'Harmattan, 2003, .. L'Italie est sacrée championne.
Les années de renaissance (1971-1985)
Après la levée de l’interdiction par la FFF en 1970, les joueuses mettent sur pied une première Coupe du monde pirate remportée par le Danemark. La France n'est pas présente à cette compétition, mais quelques mois après avoir disputé le premier match officiel FFF le (victoire 4-0 face aux Pays-Bas au stade Damette à HazebrouckFootofeminin- 17 avril 1971 : il y a 40 ans, les Bleues jouaient leur premier match officiel), elle prend part à la deuxième édition qui se tient au Mexique. À Guadalajara, les Bleues peinent en phase de groupe en concédant deux défaites : le 18 août 3-0 contre le Danemark puis le 21 août 1-0 face à l'Italie.
Les joueuses devront répéter encore leurs organisations pirates jusqu'à ce que la FIFA admette l'intérêt d'une telle compétition (1991). L'UEFA cède dès 1982 en prenant en charge l'organisation des championnats d'Europe.
Le premier stage national officiel de la FFF pour l'équipe de France féminine se tient les 4 et 5 avril 1975 à l'institut national du sport pour 24 joueuses (6 de Reims, 4 de Rouen, 3 de Bergerac, 2 de Caluire, et 1 de Metz, Vendenheim, Orléans, Marseille, Plaine, Auxerre, Cavaillon et Limoges, plus l'irlandaise O'Brien de Reims) qui sont convoquées par Pierre GeoffroyFrance Football, du 25 mars 1975, . L'article nomme 24 joueuses mais en annonce 25..
Les footballeuses du Stade de Reims constituent la meilleure formation française entre la fin des années 1960 et le début des années 1980. Lors du tournoi mondial disputé du 8 au 23 octobre 1978 à Taïwan, c'est la formation rémoise au grand complet qui représente le football féminin français. Les joueuses du Stade enlèvent le titre à égalité parfaite avec les Finlandaises d'Helsinki, phase finale en poule sans finale obligeThibault Rabeux, Football féminin : les Coupes du monde officieuses .. Treize équipes prenaient part à cette compétition, dont six en poule finale : le Helsingin Jalkapalloklubi (Finlande), le (États-Unis), le SV Seebach (Suisse), le (Suède), le Stade de Reims (France) et l’équipe nationale taïwanaise.
Les années de crise (1985-1998) Après les espoirs nés durant les années précédentes, et le niveau correct atteint par les meilleures joueuses françaises, l'équipe de France pouvait espérer bien figurer dans les compétitions internationales mais en raison d'un manque de considération de la part de la fédération française, elle est souvent absente des grands tournois internationaux.
Lors des trois précédentes coupes du monde (1971, 1978 et 1988), non officiellement reconnues par la FIFA, la France avait remporté le titre de 1978, avec la Finlande (arrivée ex aequo). Depuis la mise en place de la coupe du monde sous l'égide de la FIFA à partir de 1991, la France a dû attendre la quatrième édition pour prendre enfin part à la phase finale. Éliminée en phase d'éliminatoire par la Suède en 1991Éliminatoires pour la coupe du monde 1991 zone Europe, rsssf.com., puis par l'Italie en 1995Éliminatoires pour la coupe du monde 1995 zone Europe, rsssf.com., enfin par de nouveau l'Italie et la Finlande en 1999Éliminatoires pour la coupe du monde 1999 zone Europe, rsssf.com..
Deux éditions non officielles du championnat d'Europe ont également eu lieu en 1969 () et 1979 (Phase finale de l'Euro 1979, rsssf.com.). À partir de 1984, l'UEFA met en place une compétition officielle. L'équipe de France a attendu 1997 pour prendre part à sa première phase finale avec la mise en place de la phase de poule en phase finale.
Auparavant, seuls les demi-finalistes prenaient part à la phase finale, et la France se faisait à chaque fois devancer en phase éliminatoire : par l'Italie en 1984Éliminatoires de l'Euro 1984, rsssf.com., par la Suède, les Pays-Bas et la Belgique en 1987Éliminatoires de l'Euro 1987, rsssf.com., battue en quarts de finale par l'Italie en 1989 (0-2 ; 1-2)Les quarts-de-finale ne sont pas pris en compte pour la phase finale.Éliminatoires de l'Euro 1989, rsssf.com., par la Suède en 1991Éliminatoires de l'Euro 1991, rsssf.com., par le Danemark en 1993Éliminatoires de l'Euro 1993, rsssf.com. et l'Italie en 1995Éliminatoires de l'Euro 1995, rsssf.com.. À partir de 1997, la phase finale accueille huit nations : après avoir écarté la Finlande, la France participe donc à sa première phase finale ; tenue en échec par l'Espagne (1-1) au premier match, elle s'impose ensuite contre la Russie (3-1) mais se fait battre par la Suède (1-3), ce qui ne lui permet pas de se qualifier pour les demi-finalesÉliminatoires et phase finale de l'Euro 1997, rsssf.com..
Les années Clairefontaine (1998-2006)
Sous l'impulsion d'Aimé Jacquet, le football féminin de haut niveau est pris en charge par les équipes de Clairefontaine. Les joueuses de l'équipe de France A, mais aussi les jeunes joueuses, profitent désormais de plein droit, au même titre que les garçons, des facilités offertes par les structures de Clairefontaine. Sous la houlette d'Élisabeth Loisel, qui remplace Aimé Mignot après le Championnat d'Europe 1997. Si l'équipe de France ne parvient pas à se qualifier à la Coupe du monde 1999. Elle se qualifie de nouveau pour la phase finale du championnat d'Europe en 2001 en devançant l'Espagne, les Pays-Bas et la Suède en phase éliminatoire. Durant la phase finale, elle perd ses deux premiers matchs contre la Norvège (0-3) et le Danemark (3-4) avant de remporter son seul match face à l'Italie (2-0), insuffisant pour se qualifier en demi-finaleÉliminatoires et phase finale de l'Euro 2001, rsssf.com.. Les premiers résultats apparaissent encourageants avec comme point d'orgue la première participation à une Coupe du monde FIFA en 2003. Après avoir terminé deuxième de son groupe d'éliminatoire derrière la Norvège, elle dispute des matchs de barrage contre le Danemark (2-0; 1-1) et contre l'Angleterre, les Bleues s'imposent d'abord 1-0 à Londres puis confirment à Geoffroy-Guichard (1-0) devant plus de . Cette affluence est d'autant plus importante que le match était diffusé en direct par Canal +.