LIndre-et-Loire (Prononciation en français de France standardisé retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français situé en région Centre-Val de Loire. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 37. Peuplé de , le département a pour préfecture Tours et correspond approximativement à l'ancienne province de TouraineDepuis le renouvellement des assemblées départementales de 2015, supprimant le conseil général d'Indre-et-Loire, le nom même du conseil départemental du département reprend le nom de « Touraine ».. Ce département est connu pour ses nombreux châteaux prestigieux, comme le château de Villandry, le château de Chenonceau ou d'Azay-le-Rideau.
Histoire
vignette|gauche|220px|L'Indre-et-Loire coupée par la ligne de démarcation.
Le département d'Indre-et-Loire est créé le 4 mars 1790, avec les 82 autres départements français. Son territoire reprend presque les limites de l'ancienne province de Touraine, à laquelle est ajoutée la partie orientale de l'ancienne province d'Anjou (allant de Bourgueil sur la Loire jusqu'à Château-la-Vallière au nord, en passant par le domaine de Gizeux). La ville de Richelieu, rattachée dès sa création par le cardinal Richelieu sur les plans administratifs, judiciaires et financiers au gouverneur de Saumur et au pays saumurois, est intégrée au tout nouveau département d'Indre-et-Loire en 1790. En revanche, la partie orientale de l'ancienne province de Touraine est rattachée aux départements de Loir-et-Cher (région de Montrichard) ou de l'Indre (environs de Mézières-en-Brenne et d'Écueillé).
Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes prussiennes de à .
En 1840, le département (qui relève de la cour royale d'Orléans) comporte trois arrondissements, vingt-quatre cantons et . Au recensement de 1846, le département est toujours subdivisé en trois arrondissements, vingt-quatre cantons, mais en , suite à l'annexion de Saint-Étienne-Extra par Tours en 1845. Il compte . La France métropolitaine, selon le même recensement officiel, compte environ d'habitants dans ses .
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'occupation allemande, le département est traversé par la ligne de démarcation..
Emblèmes Blason
Politique 1789–1870 : une terre conservatrice mais modérée La Touraine, séjour des rois de France, demeura longtemps une terre conservatrice, comme le note Honoré de Balzac dans plusieurs de ses romans. Néanmoins, avant tout, elle demeure une terre modérée, rarement en proie aux passions politiques. Au cours des premières années de la Troisième République, elle demeurait royaliste..
L'Indre-et-Loire sous la République : une terre radicale Vers le républicanisme rural Peu à peu néanmoins, le département d'Indre-et-Loire devint une terre de républicanisme et, plus précisément, de radicalisme tempéré puis de radical-socialisme, à dominante rurale.. C'est ainsi que le gendre du président Jules Grévy, M. Wilson, fut député de Loches. Camille Chautemps fut député d'Indre-et-Loire durant l'entre-deux-guerres. Après la victoire de 1918, la rue Royale à Tours devint la rue Nationale. Cet ancrage au centre-gauche fut une constante jusqu'à la guerre de 1939–1945, même si, les décennies passant, il se colora d'un certain conservatisme.
Saint-Pierre-des-Corps, bastion communiste vignette|La salle des fêtes de Saint-Pierre-des-Corps.
Dès sa naissance en 1920 au congrès de Tours, le Parti communiste français (PCF) a compté un bastion en Indre-et-Loire, celui de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, qui, par ses implantations ferroviaires, est doté d'une forte identité ouvrière..
De 1920 à 2020, tous les premiers magistrats de la commune sont membres du PCF, notamment Marie-France Beaufils, élue pour la première fois maire en 1983. Elle fut également sénatrice d'Indre-et-Loire de 2001 à 2017.
L'après-guerre en Touraine : Royer et Voisin L'Indre-et-Loire de l'après-guerre est assez largement dominée par deux figures fortes : celle de Jean Royer, maire de Tours de 1958 à 1995 et député du département de 1958 à 1999, infatigable bâtisseur, et celle d'André-Georges Voisin (1918–2008), conseiller général de l'Île-Bouchard, président du Conseil Général des années 1970 au début des années 1990, qui dota la Touraine de son étoile autoroutière à cinq branches et construisit un grand nombre de ponts. Ces deux personnalités gaullistes n'en demeurent pas moins singulières, et peu en phase avec les découpages partisans classiques.
Le retour à la tradition de gauche ? vignette|La gauche est arrivée en tête à Chinon lors des législatives de 2024.
Le basculement de la mairie de Tours à gauche en 1995 et celui du département en mars 2008 confirment le retour d'une gauche modérée sur la scène politique tourangelle. Jean Germain, en ce sens, s'inscrit bel et bien dans une tradition radicale et socialiste dont Yves Dauge, sénateur de Chinon, n'a cessé d'être le représentant. Quant au conseil général présidé par Claude Roiron puis Marisol Touraine, il a basculé pour la première fois à gauche lors des cantonales de ; la carte politique du département n'en est pas moins très duale, entre des campagnes massivement à droite et une agglomération tourangelle à gauche. À ce titre, il semble hasardeux de parler de retour à une tradition politique : le socialisme urbain d'aujourd'hui semble « a priori » bien éloigné du radicalisme rural d'hier et plus marqué au centre gauche social-démocrate.
Les dernières années ont été marquées par l'ascension des écologistes à Tours, avec la victoire d'Emmanuel Denis lors des municipales de 2020, puis celle de Charles Fournier dans la première circonscription d'Indre-et-Loire au cours des législatives de 2022, réélu en 2024 avec une marge supérieure.
Géographie
Situation vignette|220px|Carte d'Indre-et-Loire.
Situé géographiquement dans le centre-ouest de la France, le département d'Indre-et-Loire fait partie de la région Centre-Val de Loire, qui regroupe également les départements d'Eure-et-Loir, de Loir-et-Cher, du Loiret, de l'Indre et du Cher. Le département s'étend sur , le plaçant au national et au régional (sur 6) en superficie.
Le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine recouvre pour partie le département.
Géographie physique Le département d'Indre-et-Loire se situe à l'extrémité sud du Bassin parisien.
Il est traversé d'est en ouest par la Loire, séparant le département en deux parties : au nord la Gâtine tourangelle, au sud la Champeigne tourangelle. C'est dans ce département que le Cher, l'Indre et la Vienne se jettent dans la Loire.
Le relief du département ne dépasse pas les , mais reste vallonné au sud à proximité des rivières (Céré-la-Ronde, près de Montrichard, est le point culminant à d'altitude). Le nord demeure tabulaire (Gâtine tourangelle), bien que la rive nord longeant la Loire soit un peu plus vallonnée.
Hydrographie Les plus longues rivières traversant le département d'Indre-et-Loire (par ordre alphabétique) : Aigronne ; Amasse ; Authion ; Brenne ; Bresme ; Cher ; Choisille ; Cisse ; Claise ; Creuse ; Dême ; Dêmée ; Escotais ; Esves ; Fare ; Gartempe ; Gault ; Indre ; Indrois ; Lathan ; Long (ou Vandœuvre) ; Luire ; Mable ; Madelon ; Manse ; Maulne ; Muanne ; Négron ; Ramberge ; Roumer ; Suin ; Tourmente ; Veude ; Vienne.
Climat Le climat d'Indre-et-Loire est tempéré de type océanique dégradé, avec une température moyenne d'environ . La Loire est souvent utilisée comme frontière climatique entre le nord et le sud de la France.
Les étés sont en règle générale assez chauds (température maximale annuelle dépassant toujours les ). Des températures supérieures à ont été enregistrées en 1947 et 2003. À l'inverse, les températures très basses sont rares (seuil de franchi aux hivers 1985–1986 et 1996–1997).
La pluviométrie est assez faible (de 500 à par an), ce qui peut engendrer de graves situations de sécheresse comme en 1976, 2003 ou 2006. La neige est également rare (pas plus de dix jours par an).
Économie
Une province prospère durant le Moyen Âge et l'époque moderne vignette|Cité royale de Loches.
Au , et notamment sous les règnes de Charles VII et de Louis XI, la navigation sur la Loire et le négoce apportaient une grande activité à ToursArchives départementales de l'Indre-et-Loire, 143W17, « La Touraine à l'heure de l'expansion », exposé du général Dancourt, président du Comité de l'orientation économique de l'Indre-et-Loire, 1961.. La soierie de Touraine rivalisait avec celle de Lyon grâce aux présents au sein de la province. L'imprimerie y connaissait un rayonnement important.
Tours fut capitale de la France durant la Guerre de Cent Ans, entre 1422 et 1528, bien que Paris ait été reprise en 1436 par Charles VII, et entre 1588 et 1594, comme cela fut décidé par le roi Henri III, à la suite de la Journée des Barricades.
Le déclin économique du jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale L'entrée dans l'époque contemporaine marqua un ralentissement de la prospérité économique, avec la révolution industrielle. Le sous-sol de l'Indre-et-Loire ne disposant pas de houille, le territoire ne put bénéficier de cette révolution économique. Seuls les domaines de l'imprimerie, du meuble et de la confection tenaient à bout de bras l'économie du département.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la situation économique de l'Indre-et-Loire était toujours alarmante. L'industrie tourangelle n'employait que 20 % de la population active du département. Seuls 17 % de cette même population active travaillaient au sein des bâtiments de transformation, contre 25 % à l'échelle nationale. L'économie tourangelle déclinait, et les investissements manquaient. Il était donc nécessaire de trouver des solutions et de profiter du contexte économique favorable des Trente Glorieuses.
La décentralisation parisienne À la suite du second conflit mondial, les gouvernements qui se succédèrent cherchèrent à décentraliser les activités de Paris vers la province. Cette problématique fut abordée par exemple par le professeur Milhau dans un article consacré à l'aménagement des régions du Bas-Rhône et du Languedoc. Celui-ci faisait le constat de la nécessité d'un aménagement rationnel du territoire. En effet, durant la , la région parisienne comptait à elle seule une population largement supérieure à celle des trente-trois plus grandes villes de France. De plus, près d'un cinquième de la population active y travaillait, dont plus de 23 % provenaient de l'industrie nationale. Cela pouvait même atteindre des chiffres comme 50 % voire 60 % pour certains domaines industriels tels que l'automobile, l'industrie électrique et électronique, ou bien encore l'aéronautique. Cette zone comptabilisait également 50 % des cadres industriels et 30 % des administrateurs et dirigeants de sociétés. Il en était de même dans le secteur tertiaire (le commerce, les établissements financiers, les services de tous types). De ce fait, le général Dancourt, qui fut directeur du Comité de l'Orientation Économique de l'Indre-et-Loire, expliquait que le taux d'activité, à Paris, dans les domaines du commerce et des banques, était à hauteur du tiers de l'activité française. Quant aux services publics, la région parisienne en représentait le quart. À titre d'exemple, l'université de Paris accueillait près de 40 % des étudiants d'Outre-mer.