Roberto Carlos da Silva Rocha dit Roberto Carlos, né le à Garça (São Paulo, Brésil), est un footballeur international et entraîneur brésilien.

Défenseur particulièrement offensif, il est notamment connu pour la puissance de ses frappes et sa vitesse de pointe. En 1997, il est deuxième au classement du meilleur footballeur de l'année FIFA, une performance rare pour un défenseur, et de la même manière il termine deuxième au Ballon d'or 2002 derrière son compatriote et ami Ronaldo. Il apparaît en 2002 dans la FIFA World Cup Dream Team et en 2004 dans la liste FIFA 100 de Pelé, désignant les meilleurs joueurs de football vivants.

Roberto Carlos évolue en sélection brésilienne dès 1992. Il dispute trois Coupes du monde en 1998, en 2002 et en 2006. Il est finaliste en 1998 et vainqueur en 2002, deux éditions dont il est élu meilleur arrière gauche. Il remporte également la Copa América en 1997 et 1999 ainsi que la Coupe des confédérations en 1997 et 2005.

En club, sa carrière est dominée par ses onze saisons au Real Madrid, où il arrive en 1996. Il y dispute 527 matchs et marque 69 buts toutes compétitions confondues, remporte quatre fois le championnat et trois fois la Ligue des champions.

En , il annonce à 39 ans sa retraite sportive. Un an plus tard, il est nommé entraîneur de Sivasspor, en Turquie, d'où il démissionne après une saison et demie après des résultats décevants. En à 42 ans, il est nommé entraîneur-joueur du club indien de Delhi Dynamos (devenu Odisha FC en 2019), en Indian Super League. Puis en , il annonce prendre sa retraite sportive pour rester seulement entraîneur.

Biographie Enfance et formation

Roberto Carlos est issu d'une famille pauvre. Originaire de Los Caños de Meca, un quartier de São Paulo, le jeune Roberto intègre l'équipe première d'União São JoãoRoberto Carlos, la gauche forte, http://www.toutlemondesenfoot.fr, 6 mai 2013. dès l'âge de 14 ans, débute sous le maillot auriverde avec les moins de 16 ans.

Révélation à Palmeiras et départ pour Milan (1993-1996) À 18 ans s'impose dans l'équipe de Palmeiras tout en savourant sa première sélection avec la grande Seleçao.

Il se distingua très vite par ses montées ravageuses sur son couloir gauche, laissant toutefois de nombreuses brèches en défense. Ce ne fut pas sans attirer la convoitise des grands d'Europe. upright|vignette|droite|Roberto Carlos tire un coup franc pour l'Inter Milan. En 1995, il franchit l'Atlantique et se retrouve dans le championnat italien, à l'Inter Milan. L'Europe découvre alors le phénomène Roberto Carlos. Sa vision de jeu, qualifiée d'ultra-offensive en tant qu'arrière gauche, paraît incompatible avec les plans de l'entraîneur. Malgré une saison pleine et agrémentée de cinq buts en championnat, l'Internazionale décide de vendre le joueur et le Real Madrid saisit l'occasion. En effet son ancien entraîneur, Roy Hodgson, jugeait que Roberto Carlos lâchait un peu trop sa défense.

Galactique du Real Madrid (1996-2007) upright|vignette|gauche|Roberto Carlos avec d'anciens madrilènes en 2018. Un an plus tard, il incorpore l'effectif du Real Madrid, où il explose véritablement sur le plan mondial, devenant l'un des meilleurs défenseurs du championnat d'Espagne. Il est très connu pour ses montées rapides, comme en finale de la Ligue des champions 2002 face au Bayer Leverkusen, où il adresse un centre conclu par un superbe but de Zinédine Zidane. Les dirigeants madrilènes achèteront d'ailleurs des joueurs plus défensifs (Iván Helguera, Claude Makelele) pour se charger de compenser ses montées. Sa marque de fabrique est sans aucun doute sa frappe de balle surpuissante, grâce à laquelle il a marqué des buts mémorables, tant avec le Real qu'avec la Seleçao.

Sa trajectoire au Real est impressionnante. Dès sa première saison, il s'impose comme l'un des piliers de la défense madrilène. Il est alors considéré comme l'un des meilleurs défenseurs au monde, réputation qu'il confirmera avec la Seleçao. Autant au Real Madrid qu’en sélection brésilienne, il s’est affirmé comme l'un des meilleurs latéraux gauche du monde. En onze ans passés au Real, il a été exemplaire : quasiment jamais blessé, toujours titulaire, en excellente forme, il a marqué les esprits des supporters.

En dix ans de présence au sein du club merengue, l'infatigable Roberto Carlos va empiler 47 buts en Liga et 16 en Ligue des champions, dont de nombreux coups francs. Il y a surtout étoffé son palmarès avec, entre autres : trois C1 et autant de titres de Champion d’Espagne. Les années de présidence Florentino Pérez semblent avoir quelque peu terni sa bonne humeur légendaire au sein d'un vestiaire où Espagnols et Brésiliens se déchirent dans une mauvaise ambiance. Mais à 33 ans, celui dont la famille a adopté l’Espagne aimerait surtout que le Real se remette sur de bons rails pour terminer sa carrière en beauté, alors qu’il a battu en le record de matches en Liga pour un étranger détenu par Alfredo Di Stéfano.

Malgré tout, à la suite sans doute de son erreur monumentale lors du match face au Bayern Munich le (contrôle manqué sur une passe peu appuyée, qui provoqua un contre immédiat du Bayern, qui s'acheva par un but de Roy Makaay, alors que le match avait commencé depuis seulement 10 secondes), Roberto Carlos décide de ne pas donner suite à son contrat au Real. Ainsi, à la fin de la saison 2006-2007, c'est-à-dire le en Espagne, l'arrière-gauche s'engage avec le club turc de Fenerbahçe.

Avec 527 matchs officiels (pour 68 buts marqués) avec le Real Madrid, il est le joueur étranger ayant le plus honoré le maillot de l'équipe madrilène.

En , il est, à la suite d'un sondage fait sur le site officiel du Real Madrid, élu quatrième meilleur joueur de l'histoire du Real Madrid par les supporters du club merengue, derrière entre autres Zinédine Zidane et Raúl.

Lors d'un match de coupe du Roi, le , à la suite d'une action repoussée par les joueurs de Tenerife, un Madrilène parvient tout de même, au gré d'un ballon flottant, à adresser une passe très profonde dans la course de Roberto Carlos. Le ballon court vers la sortie de but lorsque soudain, Roberto Carlos rattrape le ballon et exécute un modèle de centre-tir, de l'extérieur du pied gauche, qui alors que le ballon était presque au poteau de corner, part avec un léger effet rentrant pour s'engouffrer dans la lucarne opposée du gardien totalement stupéfait.

En équipe nationale du Brésil (1992-2006) Débuts titrés avec la Seleçao et finale mondiale (1992-1999) Roberto Carlos débute très jeune en équipe nationale du Brésil, à seulement 19 ans, le contre les États-Unis.

Avec le retour de Mário Zagallo, l’entraîneur du sacre de 1970, le Brésil est finaliste de la Copa América 1995, sans Bebeto ni Romário, perdue aux tirs au but face l’Uruguay. Il mène l'année suivante la sélection olympique en finale de la Gold Cup de la CONCACAF. upright|vignette|droite|Scéma de son coup-franc au Tournoi de France. En 1997, la sélection fait bonne figure lors du Tournoi de France. Lors de la compétition, contre l'équipe de France, Roberto Carlos marque sur coup franc à plus de du but, légèrement décalé sur la droite. Après sa course d’élan, le brésilien décoche une frappe puissante de l’extérieur du pied gauche qui contourne le mur par la droite. Le ballon semble non cadré mais revient vers le but grâce à l'effet donné à la frappe et termine sa course dans les filets à la suite d'un poteau rentrant sous les yeux de Fabien Barthez incrédule. Ce coup franc a un tel retentissement Greatest free-kick 'was no fluke' say physicists, Victoria Gill sur le site BBC News du 2 septembre 2010. que de nombreux scientifiques se penchent sur cette courbe impressionnante. Christophe Clanet et David Quéré de l'ESPCI ParisTech et l'École polytechnique ont établi l’équation du spiraloïde décrit par une sphère en rotation sur elle-même lancée dans un fluide. C’est une spirale dont la courbure augmente à mesure que la sphère se déplace The spinning ball spiral, Guillaume Dupeux, Anne Le Goff, David Quéré et Christophe Clanet, New Journal of Physics (2010), vol. 12:093004..

Il remporte ensuite aisément la Copa América (avec un bilan de six victoires en autant de matchs, pour 22 buts inscrits) puis la Coupe des confédérations fin 1997.

À quelques mois de la Coupe du monde 1998 en France, le tenant du titre se pose en favori logique. Les Brésiliens se qualifient aisément pour les huitièmes de finale en traverse la phase finale. En finale, le Brésil affronte la France, pays hôte, au Stade de France. Roberto Carlos commet une erreur de relance qui offre aux Bleus le corner amenant le premier but de la France. Les Français maîtrisent le match et l'emportent sèchement (3-0).

Vanderlei Luxemburgo remplace Zagallo comme sélectionneur. Avec un Rivaldo en pleine forme, le Brésil remporte la Copa América 1999 au Paraguay. Roberto Carlos n'est pas sélectionné pour la Coupe des confédérations, perdue en finale face au Mexique (4-3).

Champion du monde (2000-2006) upright|vignette|droite|Roberto Carlos avec la Seleçao en 2006. Le Brésil peine lors des qualifications à la Coupe du monde 2002. Luxemburgo est remplacé par Émerson Leão, qui n'améliore pas les résultats lors des matchs de qualifications. Roberto Carlos est absent de l'équipe du Brésil éliminée en demi-finale de la Coupe des confédérations 2001 par la France, lors d'un duel de sélections bis.

Un an avant la Coupe du monde 2002, Leão est écarté pour Luiz Felipe Scolari. En difficulté dans les éliminatoires du Mondial, le Brésil se fait éliminer en quart de finale de la Copa América 2001 par le Honduras, pays invité (2-0). Même si le Brésil n'alignait pas ses meilleurs joueurs, cela reste comme l'une des plus grosses contre-performances de son histoire.

Emmené par le « Ri-Ro-Ro » composé de Rivaldo, Ronaldinho et Ronaldo, les Brésiliens remportent tous leurs matchs, pas arrivé à un champion du monde depuis 1970, marquant 18 buts. Le Brésil s'impose en finale contre l'Allemagne. (2-0).

Avec Carlos Alberto Parreira sur le banc du Brésil qui remporte la Copa América 2004 sans lui, Roberto Carlos est sacré au terme de la Coupe des confédérations 2005.

Pour son dernier tournoi international, Roberto Carlos est retenu pour la Coupe du monde 2006. Les Brésiliens arrivent en Allemagne comme favori, ayant participé aux trois dernières finales de Coupe du Monde. La Seleção s'impose dans son groupe avec facilité. En huitième de finale, elle écarte le Ghana (3-0). En quart contre la France, le Brésil est éliminé suite à un but de Thierry Henry qui profite du mauvais placement défensif de Roberto Carlos sur un coup franc de Zidane (0-1) en quart de finale.

Fin de carrière et débuts d'entraîneur (2007-2015) upright|vignette|gauche|Roberto Carlos avec Fenerbahce. En 2007, Roberto Carlos rejoint la Turquie et le Fenerbahçe.

Le , Roberto Carlos décide de rentrer au pays et signe aux Corinthians. Son contrat commence le , et dure deux ans. Le , Roberto Carlos dispute son premier match de l'année. Après un déboulé de , qu'il affectionne tant, sur l'aile gauche, il voit son centre-tir au premier poteau détourné en corner par le gardien. Alors que les joueurs se placent dans la surface, il s'aperçoit que le gardien adverse anticipe un centre dans le paquet. Il déclenche immédiatement une frappe à mi-hauteur, brossée de l'extérieur du pied, qui finit sa course dans le petit filet opposé. À presque 38 ans, Roberto Carlos, titulaire dans l'équipe vice-championne du Brésil, prouve encore une fois qu'il n'a rien perdu des qualités qui l'ont rendu célèbre.

vignette|upright|Roberto Carlos en 2011 avec l'Anji.