Marcel Jouhandeau, né à Guéret (Creuse) le . et mort à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) le , est un écrivain français..

Biographie Fils d'Anne Alexandrine Marie Blanchet (1861-1936) et de Pierre Paul Jouhandeau (1860-1930), né d'un père boucher dans une famille commerçante de Guéret. installée rue de la Mairie (actuelle rue de l'Ancienne Mairie.), Marcel Henri Paul Jouhandeau est élevé jusqu'à l'âge de neuf ans par sa tante Alexandrine. Marqué au visage par une malformation labiale, il se tourne dès ses jeunes années vers un catholicisme mystique et il envisage son entrée au séminaire.

À la suite d'une lecture, en 1908, il prend conscience de son homosexualité latente et, bien plus tard, parmi ses amants il comptera Michel Leiris... Cette même année il part pour Paris, étudie quelques mois au lycée Henri-IV, puis à la faculté des lettres. Il écrit alors ses premiers contes. Il devient professeur au collège privé Saint-Jean-de-Passy à partir de .

Son homosexualité entre dès lors en conflit avec sa foi catholique et, toute sa vie, il oscillera entre la célébration du corps masculin et le vécu mortifère de sa sexualité au point qu'en , dans un élan mystique, il brûle tous ses manuscrits et tente de se suicider. La crise passée, il revient à l'écriture sur les conseils en particulier de son ami Léon Laveine. Il écrit ce qu'il appelle des contes, ce sont des chroniques inspirées par sa ville natale de Guéret qu'il baptise Chaminadour.

Durant la Première Guerre mondiale, il est versé dans le service auxiliaire et affecté à l'arrière comme secrétaire à Guéret. Il publie La Jeunesse de Théophile en 1921 et, en 1924, Les Pincengrain. Ces textes déclenchent une vive animosité des Guérétois à son égard.

Il se marie à quarante ans, le , à Paris, avec une ancienne danseuse, Élisabeth Toulemon, dite Caryathis, Élise dans son œuvre.. Amie de Jean Cocteau et de Max Jacob, elle avait été la maîtresse de Charles Dullin. Élise espère détourner son mari de ses penchants pour les garçons mais, au cours des années 1930, ceux-ci l'emporteront à nouveau et s'imposeront définitivement à la fin de sa vie. Il en parle ouvertement dans divers ouvrages comme Chronique d'une passion, Du pur amour, Tirésias..

Les Jouhandeau habitent Paris près de la porte Maillot. Ses livres sont publiés aux éditions Gallimard (sept titres chez Grasset à la suite d'une brouille avec Gaston). Professeur de latin durant 37 ans afin d'assurer sa sécurité financière à côté de son œuvre, il part à la retraite en .

De 1936 à 1941, il écrit quatre articles antisémites dont trois seront réunis dans une plaquette, Le Péril juif, éditée par Sorlot.. Il s'y félicite que grâce à l'Allemagne « le sort des juifs puisse être du moins négativement réglé pour l’Europe, en attendant une solution plus universelle ».. En 1941, il participe au « congrès de Weimar » (organisé par Goebbels) sur l'invitation de Gerhard Heller. Partent avec lui Abel Bonnard, Pierre Drieu la Rochelle, Brasillach, Fabre-Luce, Chardonne, Fraigneau, Fernandez. En , Jouhandeau publie Témoignage, un court article où il développe son admiration pour l'Allemagne, dans La NRF de Drieu.. À la Libération, son dossier sera classé sans suite. Dans ses Journaliers, longue chronique de , il reviendra à plusieurs reprises sur cette période de son œuvre.

En , Élise Jouhandeau dénonce à la Gestapo Jean Paulhan comme « Juif », et Bernard Groethuysen, comme « communiste ». Marcel Jouhandeau prévient ainsi Paulhan de l'acte de sa femme : .

Vers 1949, les Jouhandeau recueillent une fillette, Céline. Son éducation est un échec. À sa majorité elle met au monde un garçon, Marc, que les Jouhandeau adopteront (le père est reparti pour l'Italie, abandonnant mère et enfant). C'est finalement le vieux Jouhandeau (à plus de 80 ans) qui s'occupera de Marc : l'enfant est omniprésent dans les derniers Journaliers et devient la raison de vivre du vieil auteur.

En 1950, il adhère à l'Association des amis de Robert Brasillach..

Roger Peyrefitte le décrit plusieurs fois dans ses romans sous le pseudonyme transparent de Marcel Jouvenceau. Ce dernier personnage ayant été présenté dans Les Juifs comme un antisémite, Jouhandeau porte plainte contre l’auteur mais est débouté..

Élise Jouhandeau meurt en 1971. Ce couple infernal occupe une place importante dans l'œuvre.

Atteint de cécité, Marcel Jouhandeau cesse d'écrire en 1974. Il consacre ses dernières années à son petit-fils Marc et meurt d'un cancer de l'estomac en 1979 à Rueil-Malmaison, son domicile depuis 1960.

Il est inhumé au cimetière de Montmartre (division 30).

Postérité Jouhandeau est un auteur prolifique., sa production littéraire, généralement autobiographique, comportant quelque 120 livresJacques de Ricaumont, "Le dernier Jouhandeau" dans La Nouvelle Revue des Deux Mondes, mai 1979, : "Il a publié, en effet, près de cent trente ouvrages […].Tajani, Ornella. (2016). Autobiographie d’un pécheur habitué. Sur Marcel Jouhandeau. Revue italienne d’études françaises. 6. 10.4000/rief.1191 : ., même si son œuvre peut être jugée répétitive et inégale par la critique.. Une association de ses lecteurs a été constituée..

Les journaliers de Marcel Jouhandeau ont eu dans la postérité nombre de diaristes reprenant le même schéma : Jean-Patrick Manchette., Matthieu Galey, Renaud Camus, Pascal Sevran qui le cite comme son auteur de référence avec aussi Jacques Chardonne.., Yann Moix., Patrick Sansano., ..

Œuvres

Mémorial Le Livre de mon père et de ma mère - Mémorial , 1948. Le Fils du boucher - Mémorial , 1951 La Paroisse du temps jadis - Mémorial , 1952 Apprentis et garçons - Mémorial , 1953 Le Langage de la tribu - Mémorial , 1955 Les chemins de l'adolescence - Mémorial , 1958 Bon an, Mal an 1908-1928 - Mémorial , 1972

Journaliers

Correspondance

Max Jacob, Lettres à Marcel Jouhandeau, éd. Anne Kimball, Droz, 1979 Lettres de Marcel Jouhandeau à Max Jacob, 1923-1927, éd. Anne Kimball, Droz, 2002 Michel Leiris - Marcel Jouhandeau, 1923-1977, éd. Louis Yvert et Denis Hollier, Gallimard, 2021

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Claude Mauriac, Introduction à une mystique de l'enfer, Grasset, 1938. Henri Rode, Marcel Jouhandeau et ses personnages, Frédéric Chambriand, 1950. José Cabanis, Marcel Jouhandeau, Bibliothèque idéale Gallimard, 1959. Jean Gaulmier, L'Univers de Marcel Jouhandeau, Nizet, 1959. Jacques Danon, Entretiens avec Élise et Marcel Jouhandeau, Paris, Belfond, 1966. Henri Rode, Jouhandeau, éditions de la Tête de Feuilles, 1972. Marcel Jouhandeau, La Vie comme une fête, Jean-Jacques Pauvert, 1977. Patrick Négrier, Rencontres avec Marcel Jouhandeau, Issy-les-Moulineaux, 1979 (chez l'auteur). Henri Rode, Un mois chez Marcel Jouhandeau, Le cherche midi éditeur, 1979. François Dufay, Le voyage d'automne : octobre 1941, des écrivains français en Allemagne, Paris, Perrin, 2000. Jacques Roussillat, Marcel Jouhandeau, le diable de Chaminadour, Bartillat, 2002, 2006. Carnets de Chaminadour, 1 et 2. ALMJAC-Guéret, Creuse, 2006, 2007. Pierre-Marie Héron, Marcel Jouhandeau. L'orgueil de l'homme, Presses universitaires de Limoges 2009. Correspondance Marcel Jouhandeau-Jean Paulhan, présentée et annotée par Jacques Roussillat, Les Cahiers de La NRF, 2012. Martin Hervé, « Malaise dans la lecture : l’homosexualité selon Marcel Jouhandeau, entre stratégie existentielle et expérience esthétique. », Tangence, numéro 138, 2025, . DOI : https://doi.org/10.7202/1120767ar

Liens externes

Les Jouhandeau, document vidéo de la Radio télévision suisse, daté de 1963

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