Óscar Freire Gómez, né le à Torrelavega (Cantabrie), est un cycliste espagnol, spécialiste des sprints, professionnel de 1998 à 2012. Avec ses trois titres mondiaux, il co-détient le record de titres de champions du monde aux côtés d'Alfredo Binda, Rik Van Steenbergen, Eddy Merckx et Peter Sagan.
Il a remporté plus de 70 courses dans sa carrière, dont quatre étapes du Tour de France et sept du Tour d'Espagne. Il a également remporté le maillot vert du Tour de France 2008. Mais Freire s'illustre surtout sur les grandes courses d'un jour. Révélé au grand public à l'occasion de sa victoire, à la surprise générale, au championnat du monde sur route 1999 à Vérone, il a fait de cette épreuve sa course favorite, la remportant deux autres fois, en 2001 à Lisbonne et à nouveau à Vérone en 2004. Il a par ailleurs notamment gagné trois fois Milan-San Remo, et une fois la Vattenfall Cyclassics, Gand-Wevelgem et Paris-Tours.
Comptant parmi les plus grands sprinteurs de sa génération, capable de s'illustrer aussi sur des terrains plus difficiles, sa carrière a cependant été marquée par des soucis de santé importants, qui lui valurent de longues périodes d'arrêt.
Biographie Jeunesse et carrière amateur Óscar Freire naît le à Torrelavega, en Cantabrie Il commence le cyclisme à l'âge de neuf ans, après avoir accompagné son frère aîné lors d'une promenade à vélo..
1998-1999 : Vitalicio Seguros, le premier titre Vice-champion du monde espoirs en 1997, Óscar Freire passe professionnel en 1998 dans l'équipe espagnole Vitalicio Seguros. Dès sa première saison, il s'affirme comme un sprinteur prometteur, remportant d'emblée sa première victoire, la du Tour de Castille-et-León, et prenant la de Paris-Tours. Il s'illustre aussi sur plusieurs courses d'un jour espagnoles, terminant sur le podium de la Clásica de Almería, du Circuit de Getxo, et surtout du championnat d'Espagne sur route.
Sa saison 1999 est marquée par une blessure au tendon du genou droithttps://autobus.cyclingnews.com/results/1999/worlds99/results/eliterrresults99.html, An Oscar Winning Move From Oscar, cyclingnews.com, 10 octobre 1999, et il ne court que 11 jours de février à septembre. Sur ces rares jours de course, il ne remporte aucune victoire importante, prenant seulement la deuxième place du . Il est tout de même sélectionné au sein de l'équipe d'Espagne pour le championnat du monde sur route à Vérone, après la défection de plusieurs coureurs. Alors qu'il semble devoir jouer un rôle d'équipier, il se trouve dans le groupe de 9 coureurs qui se dispute la victoire, et profite du marquage des favoris pour les surprendre par une attaque aux et remporter la course à la surprise générale. Freire offre alors sa prime de victoire à sa grand-mère, à qui il achète un ascenseur...
2000-2002 : Mapei, le deuxième titre 2000 Pour la saison 2000, Freire rejoint l'équipe Mapei, alors classée meilleure équipe mondiale depuis 1994. Il prouve rapidement qu'il est bien à 24 ans un des meilleurs sprinteurs au monde. Dès le début de saison, il remporte le Trofeo Mallorca et une étape du Tour de la Communauté valencienne, et prend la deuxième place du Trofeo Luis Puig derrière Erik Zabel. Sur Tirreno-Adriatico, la principale course de préparation à Milan-San Remo, il remporte la , porte une journée le maillot de leader, puis gagne la . Quelques jours plus tard, il termine au sprint troisième de Milan-San Remo, son premier podium sur une grande classique.
Après avoir remporté au sprint deux nouvelles étapes du Tour d'Aragon en avril, Freire s'emploie à prouver qu'il n'est pas qu'un sprinteur. Sa victoire aux championnats du monde le laissait pressentir : il est aussi redoutable sur les courses d'un jour plus vallonnées. Il prend ainsi la de l'Amstel Gold Race, puis la sur la Classique de Saint-Sébastien, qui se termine au sprint malgré le relief, et termine enfin sixième du Championnat de Zurich, au sein d'un groupe de grimpeurs renommés. Il participe également à son premier grand tour, le Tour d'Espagne, dont il remporte la et la au sprint avant d'abandonner. En fin de saison, il perd son titre de champion du monde à Plouay face à Romāns Vainšteins, mais prend tout de même la troisième place. Il confirme ses prédispositions pour les classiques en prenant la du difficile Tour de Lombardie, puis termine deuxième de l'Escalade de Montjuïc, dont il remporte l'étape en ligne. Freire termine ainsi la saison avec dix victoires, dont plusieurs prestigieuses, s'affirmant comme un grand sprinteur. Il termine ainsi du classement UCI. Sa remarquable régularité dans les classiques, sur tous les terrains, lui vaut en outre la de la Coupe du monde.
2001
En 2001, Freire est confronté à d'importants problèmes de dos, qui l'empêchent de courir toute la première partie de la saison. Début juin, il remporte une étape du Tour d'Allemagne, mais est ensuite hospitalisé pour un problème viral. Il ne reprend la compétition qu'en août, où il remporte une étape du Tour de Burgos. Il doit ensuite abandonner le Tour d'Espagne, sur lequel il est dominé dans les sprints par Erik Zabel. Cependant, Óscar Freire sauve une saison décevante en seulement deux semaines. Le , il termine deuxième de la classique Paris-Tours, remportant le sprint du peloton à deux secondes de l'échappé, le Français Richard Virenque. Puis le 14, il remporte au sprint à Lisbonne son deuxième titre de champion du monde sur route, à seulement 25 ans.
2002 La saison 2002 de Freire commence sous les meilleurs auspices. Il remporte dès le début février le Trofeo Manacor et le Trofeo Cala Millor. Sur Tirreno-Adriatico, il s'illustre peu au sprint, mais réussit un bon contre la montre, et termine troisième du classement final, ce qui en fait un des favoris de Milan-San Remo, dont il n'obtient finalement que la cinquième place. Au cours des classiques du mois d'avril, il confirme ses qualités de puncheur. Il prend la cinquième place de l'Amstel Gold Race en remportant le sprint du groupe des poursuivants, puis termine quatrième du Grand Prix de Francfort. En juillet, il participe à son premier Tour de France. Il remporte la , une des rares à s'être disputées au sprint, avant d'abandonner au pied des Pyrénées. Dans la foulée, il termine de la Classique de Saint-Sébastien, mais déçoit ensuite sur le Tour d'Espagne, qu'il abandonne. Malgré cette saison moins fructueuse, il termine de la Coupe du monde.
2003-2011 : Rabobank, le troisième titre 2003 En 2003, Freire s'engage dans l'équipe néerlandaise Rabobankhttps://www.cyclingnews.com/news/?id=2002/oct02/oct11news, Freire signs with Rabobank, cyclingnews.com, 11 octobre 2002. Il réalise à nouveau un très bon début de saison, remportant les deux premières étapes du Tour de la Communauté valencienne avant de céder le maillot de leader à l'Espagnol Javier Pascual Llorente. Il remporte également la dernière étape de Tirreno-Adriatico, mais échoue une nouvelle fois sur un Milan-San Remo dévolu aux puncheurs et remporté par Paolo Bettini. Freire prend la septième place. Il court pour la première fois la totalité de la campagne de classiques, de Milan-San Remo à Liège-Bastogne-Liège, et prend notamment la deuxième place de la Flèche brabançonne derrière son coéquipier Michael Boogerd. Il termine également de l'Amstel Gold Race et quatrième du Grand Prix de Francfort. Il reprend la compétition en juin, et remporte la du Tour de Catalogne avant de participer à son deuxième Tour de France. Pour la première fois de sa carrière, il termine un grand tour, à la , mais il déçoit dans les sprints, nettement dominé par Alessandro Petacchi notamment. Il n'est que du classement par points. Sa saison se poursuit en demi-teinte, mais Freire remporte les deux premières étapes du Tour de la province de Lucques, et en remporte le classement final en l'ayant dominé de bout en bout. Deux semaines plus tard, il prend la neuvième place de sa course favorite, le championnat du monde sur route.
2004 thumb|Freire en 2004 Le début de saison espagnol d'Óscar Freire en 2004 est de bon augure. À Majorque, il remporte le Trofeo Alcudia et termine sur le podium du Trofeo Mallorca et du Trofeo Soller. Il s'illustre également dans les sprints de la Ruta del Sol, puis gagne le Trofeo Luis Puig pour la deuxième fois. Sur Tirreno-Adriatico, il est dominé par les meilleurs sprinteurs lors des deux premières étapes, mais profite d'un profil plus difficile pour remporter la , et s'emparer du maillot de leader. Il le perd le lendemain au profit de Paolo Bettini, mais termine tout de même à la deuxième place finale. À nouveau parmi les grands favoris de Milan-San Remo, il ne laisse pas passer sa chance. Il profite de ce qu'Erik Zabel lève les bras trop tôt pour lui prendre la victoire sur la ligne pour trois centimètreshttps://www.cyclingnews.com/road/2004/worldcup04/msr04/?id=results, Last metre flair by Freire bests Zabel in La Primavera, cyclingnews.com, 20 mars 2004https://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2009/mar09/mar20news, Glory on the via Roma, cyclingnews.com', 20 mars 2009</ref>. Le double champion du monde remporte ainsi sa première grande classique.
Au mois d'avril, il termine de l'Amstel Gold Race et de Liège-Bastogne-Liège. En août, il se montre à nouveau à son avantage sur les classiques de la Coupe du monde, terminant quatrième de la HEW Cyclassics, de la Classique de Saint-Sébastien et du Championnat de Zurich. Freire participe alors une nouvelle fois au Tour d'Espagne. Malgré la présence d'Erik Zabel et Alessandro Petacchi, qui le devancent à plusieurs reprises, il parvient à remporter la à Castellón de la Planahttps://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2004/sep04/sep10news, If at first you don't succeed..., cyclingnews.com, 10 septembre 2004. Enfin, le à Vérone, sur le circuit où il a remporté son premier titre en 1999, Freire est sacré pour la troisième fois champion du monde sur route, égalant le record d'Alfredo Binda, de Rik Van Steenbergen et d'Eddy Merckx. Il profite du travail de trois coéquipiers espagnols dans son groupe, et notamment d'Alejandro Valverde, qui sacrifie ses chances pour Freire jusqu'à de la ligne d'arrivée, pour l'emporterhttps://www.cyclingnews.com/road/2004/worlds04/?id=results/worlds0410, Hat-trick for Freire in Verona, cyclingnews.com, 3 octobre 2004https://www.cyclingnews.com/news.php?id=news/2004/oct04/oct05news, Spanish Armada explains its success, cyclingnews.com, 5 octobre 2004. À 28 ans, il devient le plus jeune triple champion du monde de l'histoire.
Quelques jours plus tard, Freire parachève sa saison en terminant troisième de Paris-Tours, battu comme en 2001 par un échappé solitaire, Erik Dekker. Cette saison, marquée par cinq victoires dont le doublé championnat du monde - Milan-San Remo, est la plus aboutie d'Óscar Freire. Il termine cinquième du classement UCI, et troisième de la Coupe du monde.
2005