Vincent Peillon, né le à Suresnes (Seine, actuels Hauts-de-Seine), est un homme politique et professeur de philosophie français.

Membre dirigeant du Parti socialiste (PS), il est ministre de l'Éducation nationale dans le premier et le second gouvernement de Jean-Marc Ayrault du au . Il est député européen de 2004 à 2012, puis à nouveau de 2014 à 2019. Il est candidat à la Primaire citoyenne de 2017.

Biographie Origines familiales Vincent Benoît Camille Peillon est le fils du banquier et communiste Gilles Peillon (1928-2007). Gilles Peillon a été directeur général de la première banque soviétique hors d'URSSCandice Nedelec, Vincent Peillon, le nouvel homme-clé du PS, Gala, juin 2009., la Banque commerciale pour l'Europe du Nord - Eurobank, puis de la banque franco-algérienne Union méditerranéenne de banquewww.ufmsecretariat.org.. Du côté maternel, il est issu d'une famille juive alsaciennePaul Frank et Jean-Marie Brigard, Professeur Léon Blum, promoteur de l'insulinothérapie en France, Histoire & Patrimoine hospitalier, association Les Amis des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, , 2009. : sa mère, Françoise Blum, née en 1930, fut directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), spécialiste en physiopathologie de l'hypophyse ; son grand-père était le professeur Léon Blum (1878-1930)Paul Frank et Jean-Marie Brogard, Professeur Léon BLUM, Promoteur de l'insulinothérapie en France, Judaïsme d'Alsace et de Lorraine, 2009., spécialiste de la physiopathologie rénale à Strasbourg, initiateur de l'insulinothérapie en France, fils aîné du rabbin Félix Blum (1847-1925) et de Jeannette Lederman ; sa grand-mère Thérèse Lion (1894-1985) est la fille d'un assureur de Moselle, avocate et féministe, son militantisme a particulièrement marqué le jeune Vincent. ; son oncle maternel est le biologiste Étienne-Émile Baulieu (né Étienne Blum), co-inventeur de la pilule RU 486, professeur honoraire au Collège de France, et sa tante maternelle est Suzanne de Brunhoff économiste au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), belle-fille du créateur de Babar..

Vincent Peillon est le frère du journaliste Antoine Peillon..

Il est père de quatre enfants : deux filles nées de son premier mariage avec la philosophe Brigitte Sitbon., dont l'aînée Salomé est chargée de mission à l'Institut français d'Israël à partir de février 2013 dans le cadre d'un volontariat International., et deux fils nés de son union en secondes noces avec la journaliste Nathalie Bensahel., rédactrice en chef adjointe au service « Notre Époque » du Nouvel Observateur..

Études et profession Bachelier à seize ans, Vincent Peillon est ensuite étudiant en philosophie à la Sorbonne (université Panthéon-Sorbonne). Il fréquente rarement les bancs de l'université mais obtient sa licence à vingt ans. Après une agression, . Il travaille pour la Compagnie internationale des wagons-lits sur la ligne Paris-Copenhague. Il fonde alors une entreprise de ventes d’import-export et de diffusion du saumon avec comme slogan « du saumon norvégien pour tous », société spécialisée notamment dans la vente de saumon fumé aux comités d'entreprise..

Il prépare ensuite le concours pour le CAPES de philosophie. Nommé professeur certifié stagiaire à la rentrée 1984, au lycée Édouard-Herriot, à Lyon , il est affecté comme titulaire à la rentrée 1985 au lycée Pierre-de-Coubertin à Calais. Il enseigne aux élèves de terminale économique et sociale, et technique. Il prépare parallèlement le concours de l'agrégation de philosophie et devient professeur agrégé après une première tentative infructueuse.. Il reste deux ans à Calais, puis est muté pour être formateur à l'école normale primaire de la Nièvre..

Repéré alors par Pierre Moscovici, il est détaché en 1992 au cabinet du président de l'Assemblée nationale Henri Emmanuelli, dont il écrit les discours.. Il obtient également en 1992 un doctorat en philosophie à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne avec une thèse intitulée La tradition de l'esprit : essai sur la pensée interrogative de Merleau-Ponty... Après le changement de majorité en 1993, il enseigne au lycée Joliot-Curie à Nanterre et au lycée La Folie-Saint-James à Neuilly-sur-Seine.

Il est élu député de 1997 à 2002, puis à la suite de sa non-réélection, il est accueilli en détachement durant deux ans au CNRS sur un poste de directeur de recherche, poursuivant ses travaux sur Ferdinand Buisson et les origines de la laïcité et de la philosophie républicaine. Il est élu député européen en 2004, et réélu en 2009. Spécialiste du socialisme pré-marxiste et d’auteurs tels que Jean Jaurès, Edgar Quinet, ou Pierre Leroux, il a publié plusieurs ouvrages relatifs à l’histoire de la pensée socialiste et républicaine.

Il est nommé conseiller maître en service extraordinaire à la Cour des comptes le en Conseil des ministres..

Le , une enquête conjointe du quotidien en ligne Mediapart. et du journal cantonal suisse Arc Info. conclut à un soupçon d’emploi fictif dont aurait bénéficié Vincent Peillon à l'université de Neuchâtel quelques années après qu’il y a enseigné. Les représentants de l'université déclarent qu'une enquête sera conduite pour déterminer la véracité de ces allégations..

Le , le quotidien d'information 20 Minutes. et le site d'information Bluewin. annoncent qu'au terme d’un audit externe approfondi, qui a permis l’analyse d’une centaine de factures ou notes de frais, de 150 documents et du contenu de 27 auditions, « il ressort que soit les allégations sont fausses, soit elles relèvent d’interprétations manifestement exagérées », affirme le communiqué publié vendredi par l’UniNE. Ils précisent que l'enquête atteste de la réalité du travail scientifique du professeur associé Vincent Peillon : « La suspicion d'emploi fictif peut être écartée ». L'audit souligne aussi que les faits décrits dans des témoignages anonymes recueillis par les deux médias n’ont pas été confirmés.

Carrière politique Homme de cabinet Il entre en 1992 au PS et au cabinet d'Henri Emmanuelli, alors président de l’Assemblée nationale., puis devient secrétaire du groupe des experts du PS l'année suivante.

Bien que n'ayant pas les trois ans d'ancienneté requis par les statuts du PS, il présente la motion 2 au congrès de Liévin en 1994, aux côtés de Christophe Clergeau : il recueille 8 % des voix. Il devient membre du bureau national et délégué auprès du premier secrétaire, Lionel Jospin, de 1995 à 1997.

Député de la Somme En 1997, il est élu député de la Somme, dans la (région du Vimeu). Il devient parallèlement secrétaire national aux études du Parti socialiste de 1997 à 2000, date à laquelle il devient porte-parole du parti sous la direction de François Hollande.

Son mandat est émaillé de confrontations avec des chasseurs de sa circonscription ; en 1998, sa permanence est mise à sac.. Deux ans plus tard, au cours de l'inauguration d'une déchetterie à Ault, et doit être exfiltré par les gendarmes en hélicoptère ; l'opération est organisée par Anne Coffinier, stagiaire à la préfecture.

Le , il présente le rapport d'information de la mission d'information qu'il préside et dont le rapporteur est Arnaud Montebourg, relative aux obstacles au contrôle et à la répression de la délinquance financière et du blanchiment des capitaux en Europe..

En 2002, il perd son siège de député avec 47,54 % des voix au second tour, notamment en raison d'un conflit avec les chasseurs mécontents des nouvelles dates de fermeture de la chasse« Peillon perd d'un poil », Libération, 18 juin 2007..

Député européen et cadre du parti Il est élu en 2003 par les militants socialistes premier secrétaire de la fédération socialiste de la Somme, fonction qu’il avait déjà exercée de 1997 à 2000.

En , troisième de la liste PS dans la circonscription Nord-Ouest, il devient député européen..

En , il défend le « non » lors du référendum sur la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe.

À la suite du congrès du Mans de 2005, il se sépare de certains fondateurs du courant Nouveau Parti socialiste tels Arnaud Montebourg, Thierry Mandon ou Yvette Roudy, et accepte un compromis avec la motion majoritaire de François Hollande.

vignette|Vincent Peillon en 2009.

Dans la de la Somme, lors des élections législatives de , il est, avec 49,85 % des suffrages, battu au second tour par Jérôme Bignon, candidat de l'UMP...

Lors de la campagne présidentielle de 2007, il est un des porte-paroles de Ségolène Royal. En , Vincent Peillon décide de créer l'Institut Edgar Quinet.

Lors du congrès de Reims du PS de 2008, il rejoint la motion E portée par Ségolène Royal, candidate au poste de Première secrétaire du Parti socialiste. Après la défaite contestée de celle-ci, il s'éloigne peu à peu de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle.

En juin 2009, il est réélu député européen, cette fois dans la circonscription du Sud-Est. Sa liste obtient, à l’issue des élections du , un score de 14,49 % des voix et deux élus. Elle se classe troisième, derrière la liste UMP de Françoise Grossetête (29,35 % des voix, cinq élus), et également derrière celle d’Europe Écologie, conduite par Michèle Rivasi, adjointe au maire de Valence (18,27 % des voix, trois élus).

Le site d'information en ligne Rue89 avance que Vincent Peillon durant ses deux mandats n'a que peu d'intérêt pour la politique européenne et le désigne comme un , .. Le journaliste Jean Quatremer n'est guère plus indulgent en affirmant en 2009 que Vincent Peillon ..

En novembre 2009, il s'oppose à Ségolène Royal au sein de la motion E et crée son mouvement, le « Rassemblement social, écologique et démocrate » et organise avec succès, fin août, une université d'été à Marseille qui aura des répercussions une semaine plus tard sur le discours de Martine Aubry à La Rochelle.

La même année, il apparaît dans l'unique épisode de télé-réalité Politique à domicile, diffusé le , dans laquelle il débat avec trois français en les assistant lors de la préparation du dîner, sous l’œil des caméra du site de partage de vidéos Dailymotion...

En 2011, après avoir apporté son soutien à Dominique Strauss-Kahn en cas de candidature à la primaire citoyenne, il entre dans l'équipe de campagne de François Hollande où il s'occupe des questions d'éducation, de jeunesse, d'enseignement supérieur et de recherche. La même année, il publie un livre, Conversations républicaines, abordant divers sujets politiques dans la perspective de l'élection présidentielle. dont la vente, en quelques mois, ne dépasse pas trois cents exemplaires..

Ministre de l'Éducation nationale

thumb|Présentation de la rentrée scolaire 2012 par Vincent Peillon auprès des chefs d'établissement de l'académie de Paris.