Le ginseng américain, aussi connu sous le nom de ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius), est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Araliaceae. C'est une plante herbacée vivace. C'est une plante des forêts tempérées de la moitié Est du continent nord-américain qui pousse sur des sols drainés riches en humus.

Statut En voie de disparition au Canada depuis , selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)COSEPAQ, 2012, en ligne .

Menacé d’extinction depuis 1988, selon la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinctionCITES..

Menacé au Québec.

Historique du statut Espèce désignée comme « menacée » en . Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en . Réexamen et confirmation du statut en (COSEPAC).

Description Taille :

Verticille de 1 à 4 feuilles composé de 3 à 5 folioles, obovées-oblongues, acuminées, finement dentées, de de longueur et reliées comme les doigts d’une main.

Fleurs 6 à 20, minuscules, d’un blanc verdâtre, formant une ombelle s’élevant du centre du verticille de feuilles.

Fruit : une drupe d’un rouge vif à maturité et contenant de 1 à 3 graines

Espèces voisines : Aralie à tige nue.

Traits distinctifs : feuilles distinctement palmées; inflorescence solitaire, terminale et s’élevant du centre du verticille de feuillesMinistère du développement Durable, de la Faune et des Parcs, 2012, En ligne [www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/ginseng/ginseng.htm].

Espèce indigène du Québec

La découverte vignette|gauche|, illustration du mémoire de Lafitau sur le ginseng. La découverte du ginseng à cinq folioles a fait l'objet de controverses quant à son attribution. Michel Sarrazin, médecin du Roi en Canada (Nouvelle-France), John Ray et Vaillant y ont contribué. Lafitau est bien le découvreur du ginseng au Canada.

Ce n’est qu’en 1715 qu’il fut trouvé à nouveau par le père Joseph François Lafitau, missionnaire jésuite vivant parmi les Iroquois ; il pose des questions aux Iroquois afin d'en trouver, mais leurs réponses ne l'avancèrent pas beaucoup. Finalement, Lafitau en trouve par hasard, après trois mois de recherches, près d'une maison qu'il faisait bâtir.

Dans son mémoire sur le ginseng, Lafitau écrit :

Lafitau décrit sa plante comme très semblable au ginseng de Chine, tout en laissant un doute sur ses propriétés : Étant très apprécié en Asie pour ses différents usages, un commerce d’exportation vers la Chine de racines séchées s’est mis en place. Rapidement, ce commerce est devenu le second en importance après la traite des fourrures. Petit à petit, les quantités de Ginseng naturel ont diminué. Une récolte excessive, la perte de leur habitat, corrélée à des incidents climatiques (voir « Menaces », plus bas) ont réduit la population de ginseng à seulement 23 populations de ginseng, de taille viable (min 172 plants) au Québec. On cultive aujourd’hui le ginseng pour le commerce mais il ne s’agit pas de ginseng à l’état naturel.

Biologie Le maintien des populations est principalement assuré par la longévité des adultes. Plusieurs années sont nécessaires pour arriver à maturité et l’espèce a besoin de produire des graines pour se reproduire (bien que la division de rhizomes ait été signalée) et doit donc pour cela atteindre l’état adulte. De plus la germination des graines nécessite une période de 18 à 22 mois de dormance. Cela explique en partie pourquoi la plante est sensible à la cueillette. Le Ginseng à cinq folioles commence à fleurir quand il a de trois à huit ans; puis il fleurit annuellement. Il commence à fleurir en juin et la floraison continue jusqu'en août, puis les fruits se développent en juillet et en août. Ceux-ci deviennent mûrs en août et en septembre. La période la plus fragile de sa vie est avant qu’il fasse des graines, dans ces premiers stades (Gagnon 1999) D. Gagnon, Groupe de recherche en écologie forestière Université du Québec à Montréal, 1999. An analysis of the sustainability of American Ginseng harvesting from the wild: the problem and possible solutions. Final report to the Office of Scientific Authority of the US Fish and Wildlife Service.En ligne .

Taille minimum d’une population viable estimée à 170 individus (Nantel et al. 1996)P. Nantel, D. Gagnon et A. Nault. 1996. Population viability analysis of American ginseng and wild leek harvested in stochastic environments. Conservation Biology 10: 608-620.olpm.

Utilisations Utilisé en médecine traditionnelle chinoise, c’est une plante qui a de nombreuses fonctions dont une capacité à réguler les fonctions corporelles et à stabiliser les constantes physiologiques du corps humain. En consommation régulière le Ginseng a pour effet de réduire la fatigue, de soulager le stress et d’améliorer la mémoire. Pris de manière plus ponctuelle, à court terme, il régularise le cholestérol, la tension artérielle et la glycémie. Il semblerait cependant que les effets du Ginseng Asiatique et du Ginseng Américain ne soient pas les mêmes, le premier étant un stimulant et le second un apaisant, calmant. « Les produits médicinaux du ginseng sont attribués aux molécules saponines produites par les canaux excréteurs oléifères situés dans la racineC. Fauchon, « Le ginseng dans l’érablière », 2000.« Les îles de Gaspésie », UPA, 2012..

Consommation : tisane, capsule, comprimé, boisson ou bonbon. La racine peut s’utiliser comme légumeDonnées de la FAO/Codex sur le ginseng..

Habitat Le ginseng à cinq folioles pousse en forêts décidues, dominées par l’érable à sucre, le caryer cordiforme, le frêne blanc et le tilleul riches, humides, non perturbées et relativement matures, dans des sols dont le pH est près de la neutralité et bien drainé comme sur des sols sableux par exemple. Les populations sont souvent situées près du bas de pentes douces à exposition sud-est à sud-ouest car il s’agit d’un micro-habitat relativement chaud et particulièrement riche en espèces.

Répartition Le Ginseng à cinq folioles est en voie de disparition. Poussant dans les forêts feuillues riches de l’est de l’Amérique du Nord, il atteint le sud de l’Ontario et du Québec qui représente la limite nord de son aire de répartition, où il apprécie les forêts feuillues ou les sous-bois d’érablières matures, peu perturbées et riches en espècesBiodome de Montréal, 2012, en ligne ..

Amérique du Nord Il se trouve de la Louisiane et de la Géorgie jusqu’au Minnesota et le New Hampshire, atteignant le sud de l’Ontario et du Québec. Espèce considérée comme rare ou peu commune à l’état sauvage dans la plus grande partie de son aire nord-américaine depuis de nombreuses années (White, 1988)White, D. J. 1988. . Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Service canadien de la faune, Ottawa. Rapport inédit. ..

Au Canada Il existe du Ginseng d’Amérique au Canada, 65 en Ontario et 74 au Québec Registre public des espèces en péril, 2012, En ligne .. Le seuil de viabilité (population minimale viable) des populations de ginseng à cinq folioles est d’environ 170 sujets (Nantel et al. 1996). Selon ce critère, il n’existe que sept populations viables connues en Ontario, et 15 au Québec. Cependant, seules les grandes populations ont été retenues pour l’étude. Or, White(1998) estimait que la plupart des populations ne comptait que très peu de sujets et que l’effectif réel moyen était de 10 à 20 individus. Selon lui, il pourrait exister 80 autres sites supplémentaires en Ontario. En Ontario On y a recensé . On les retrouve le long de l’escarpement du Niagara. Dans le rapport du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) de 2000, les résultats d’études plus récentes sont présentés et parmi les 20 populations vérifiées en 1996 et 1998, 25 % d’entre elles ont disparu et 50 % sont en déclin. Aujourd’hui, 83 % des sites ontariens recensés en 1988 ont disparu, ou sont menacés en raison de leur petite taille (populations inférieures à )COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le ginseng à cinq folioles (Panaxquinquefolius) au Canada − Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. .. Au Québec Nombre d’individus recensés : . La plus grande concentration de populations se trouve en Montérégie, au sud de Montréal. Mais également : Outaouais, Laurentides, Lanaudière, Estrie, Centre-du-Québec et région de la Capitale-Nationale. La plupart des 15 populations sont petites (effectif moyen : 100 sujets (White 1988)) et dispersées. Leur paysage est fragmenté et de nombreux habitats disponibles pour l’espèce se dégradent ou disparaissent rapidement. Presque 50 % des individus se trouvent dans deux grandes colonies, dont une est protégée. Selon White (1988), il pourrait exister sites supplémentaires au Québec.

Menaces Contribuent à la perte d'habitat : le débroussaillage ; la coupe forestière (qui serait responsable du déclin de 25 % des sites entre 1988 et 1997 : « [a]u Québec, sept populations ont succombé à la destruction ou à la dégradation de leur habitat ») ; la surexploitation de l’espèce dans le passé.

La cueillette, qui est un élément important, car elle touche 55 % des sites étudiés en Ontario et neuf populations seraient disparues à la suite d'une cueillette intensive. De plus les populations soumises à une cueillette ne produisent que de 12 à 25 % de la quantité de graines produite par les populations non exploitées. Sutter (1982)Sutter, R. D. 1982. « The ginseng monitoring program in North Carolina », dans Proceedings of the national ginseng conference, , Lexington, Kentucky.. En Caroline du Nord par exemple, les cueilleurs récoltent toutes les racines qu’ils trouvent, estimant que, si ce n’est pas eux, quelqu’un d’autre récoltera les individus laissés sur place (Sutter, 1982). développement urbain constant, l’expansion des terres agricoles

La petite taille des populations sensibles aux perturbations et changements climatiques les rend très vulnérables. Par exemple la grande tempête de verglas en janvier 1998 au Québec a provoqué d’importants dégâts dans le couvert forestier, ce qui nuit gravement aux populations et risque de les perturber de manière durable (c’est également ce qui arrive après des coupes forestières, même partielles).

De plus la plante fait toujours au Canada l’objet d’un commerce intérieur, mais aucune estimation du volume des ventes n’est disponible, ce qui rend impossible d’évaluer l’impact de ce commerce sur les populations sauvages. Il est d’ailleurs possible de trouver des racines sauvages dans les magasins d’aliments naturels asiatiques de Toronto (Wilkins,1998)Wilkins, H. 1998. . Fonds mondial pour la nature, Toronto. Rapport inédit. ..

Le broutage intensif, par les cerfs de Virginie par exempleBiodome de Montréal, « La conservation du Ginseng au Québec », 2012., et la prédation accrue des graines par des animaux de la forêt sont des facteurs supplémentaires.

Il est donc primordial de préserver l’espèce. Même une récolte annuelle de 5 % des racines est déconseillée car elle entraînera la disparition d’une colonie viable de Ginseng. L’exportation des racines sauvages est interdite. La culture en boisés commence à se répandre, mais elle peut perturber le milieu à cause des activités de préparation et d’entretien des sites (débroussaillage et application d’engrais et fongicides). De plus, elle entraîne l’introduction de gènes exotiques et de pathogènes souvent présents dans les semences commerciales et pouvant avoir des conséquences néfastes sur l’écosystème (Nault, 1998)Nault, A. 1998. La culture du ginseng au Québec : une menace pour les populations indigènes ? Naturaliste canadien, été 1998 : 8-12.. Le Canada n’en reste pas moins le quatrième producteur de ginseng au monde avec aujourd’hui à 2000 acres en Ontario ainsi qu’une centaine d’acres au Québec.

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