est une locution latine, littéralement traduite par : « Que les armes cèdent à la toge », ou traditionnellement rendue par l'expression : « L'épée le cède à la togeCicéron, De officiis (Des devoirs), I, 22. ».
Elle est le premier hémistiche d'un vers de Cicéron pour son propre hommage, en souvenir de son consulat. Cette sentence s'emploie pour signifier la ; le gouvernement militaire, représenté par les armes, cédant le pas au gouvernement civil, qui porte la toge.
Le vers complet est : Source : Tome 20, page 249, Œuvres complètes de Cicéron - Paris : Garnier frères, 1866-1874. - 20 vol. ; in-18. Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-18949 (20).D'autres sources indiquent : . que l'on pourrait traduire par : « Que les armes cèdent à la toge, les lauriers à l'éloquence ».
Dans son invective prononcée devant le Sénat en , le Contre Pison, Cicéron fait l'exégèse de ce vers : « Je n'ai pas dit “ma” toge, celle dont je suis revêtu, ni entendu par le mot d'armes le bouclier et l'épée d'un seul général, mais, parce que la toge est le symbole de la paix et du calme, les armes, au contraire, celui des troubles et de la guerre, j'ai voulu faire entendre, à la manière des poètes, que la guerre et les troubles doivent s'effacer devant la paix et le calme »Paragraphe 57. Traduction de P. Grimal dans son édition du discours dans la Collection des Universités de France (coll. Budé), 1966..
Citations littéraires Alexandre Dumas utilise cette formule au du Comte de Monte-Cristo (1844) pour décrire la situation en France lors de la Première Restauration (1814-1815) « — Ma chère, dit la marquise, mêlez-vous de vos colibris, de vos épagneuls et de vos chiffons, et laissez votre futur époux faire son état. Aujourd’hui les armes se reposent et la robe est en crédit ; il y a là-dessus un mot latin d’une grande profondeur. — Cedant arma togœ, dit en s’inclinant Villefort. — Je n’osais point parler latin, répondit la marquise. » Alexandre Dumas (1802-1870), Le Comte de Monte-Cristo (1844), chapitre VI (« Le substitut du procureur du roi. » ; page 74 du tome 1 dans l’édition C. Lévy (1889), voir dans Wikisource la page 74 et son fac similé. Consulté le 8 juillet 2016..
Pierre Nord utilise cette formule au de la deuxième partie de Terre d'angoisse (1937) pour souligner le refus d'un fonctionnaire français de se lever à l'entrée dans son bureau de deux officiers allemands lors de la Première Guerre mondiale « Les deux jeunes officiers étant entrés sans frapper dans son bureau où, par la force de l'habitude, et bien qu'il n'eût plus rien à y faire, le voyer de la ville passait huit heures par jour, ce fonctionnaire jugea que sa dignité lui commandait de ne pas se lever. À travers les siècles, lointain descendant d'une civilisation où le Cedant arma togœ était la règle, il n'entendait pas faire d'exception pour l'ennemi héréditaire et méprisé.» Pierre Nord (1900-1985), Terre d'angoisse (1937), chapitre III de la deuxième partie (« Les hésitations de Kompars. » ; page 167 dans la réédition Livre de Poche (1968)..
Devise héraldique Cedant arma togae est la devise héraldique de : Bălți, ville de Moldavie ; l’État de Wyoming lorsqu’il n’était qu’un territoire ; la famille Danckelmann (famille prussienne de diplomates et autres) () ; Jean Geoffroy, conseiller du roi à Épernay (Henri Jadard, Les bibliophiles rhémois)Alphonse Chassant, Dictionnaire des devises historiques et héraldiques, supplément par H. Tausin, Paris, 1895, tome I, page 66. ; la famille Parthon de Von (Belgique)Alfred De Ridder, Devises et cris de guerre de la noblesse belge, Bruxelles, 1894, . ; la famille Reade (baronnets anglais) () ; George Weidenfeld (1919-2016), baron Weidenfeld de Chelsea.
Blasons évoquant la citation
Notes et références
Bibliographie
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