vignette|Venezuela, au présent
L'histoire du Venezuela commence avec les premières occupations humaines du territoire actuel par les natifs aborigènes entre et AP. Son histoire moderne débute avec l'arrivée des navigateurs et colons venant d'Espagne en 1498, puis de manière plus générale à partir du avec le commencement de la conquête espagnole.
Après le gouvernement des cabildos, est constituée la province de Venezuela (1527) avant que soit formée la capitainerie générale du Venezuela avec six autres provinces de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade en 1777.
À la fin du , les premiers mouvements séparatistes surgissent et dans les années 1810's il se constitue nation indépendante de l'Espagne comme d'autres pays de la région à la suite des guerres d'indépendance latino-américaines.
Au restant du , son histoire est très liée à son histoire politique agitée avec des conflits internes, des guerres civiles, la guerre fédérale, entre autres révolutions des régimes de nature militaire qui se succèdent.. Au , c'est le début de sa démocratie et de son essor économique et urbain grâce à l'activité pétrolière qui le définissent.
Au début du , le pays subit de fortes crises et des tensions internes qui affectent la région et la géopolitique internationale.
La population est estimée à environ de Vénézuéliens en 2024, sans prendre en compte des mouvements de population et des diasporas. La population était approximativement de 2 millions en 1881, 3 millions en 1930, 5 millions en 1950.
Avant 1500 : peuples indigènes
La période "paléo-indienne" (5000-1000 AEC) livre des amas coquilliers et des polisseurs de grès, de populations de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs.
À la période "méso-indienne" (2700-1000 AEC), apparaissent les premières céramiques, et la culture du manioc et de la patate douce (dans la région amazonienne), avec sédentarisation.
À la période "indienne" (dernier millénaire AEC), les sites de Caño del Oso et La Betania permettent d'observer champs de culture avec des crêtes artificielles, des terrasses pour l'agriculture, des buttes pour l'habitation.
Les populations sont Arawaks, Kali'na (Karib, Galibi), , .
Vers 800-1000, apparaissent des villages, avec silos souterrains, cultures à flanc de colline (maïs, tubercules, haricots, fruits).
Vers 1500, il existe des chefferies, avec des caciques, dont certains sont connus : Guaicaipuro (1530-1568), , , .
Il ne semble pas avoir existé de formes d'État significatives, puisque les chroniqueurs n'en évoquent pas, tout comme les archéologues. La population indigène totale paraît difficile à chiffrer, du moins hors des côtes.
Galerie Timoto-Cuica
: conquête espagnole, courte administration allemande vignette|Voyages de Alonso de Ojeda Colonisation espagnole de la terre ferme d'Amérique, Tierra Firme L'installation des humains sur le territoire du Venezuela daterait d'il y a environ , résultat de la migration de populations de l'Amazonie, des Andes et des Caraïbes. Le site préhistorique de Taima-Taima, situé dans la région côtière du nord-ouest du Venezuela, est un lieu de chasse et d'abattage de faune préhistorique car des nombreux artefacts furent trouvés sur les lieux: pointes de lance et outils lithiques de la culture "El Jobo" qui se développa entre et dans le nord-est de l'Amérique du Sud.
Le , Christophe Colomb touche le Venezuela alors qu'il commence son troisième voyage vers les Indes Occidentales. Parti plus au sud que lors de ses précédents voyages, il pénètre dans le golfe de Paria remarquant des évidences d'un grand fleuve ou source d'eau douce en Mer.
Lorsque l'année suivante le Florentin Amerigo Vespucci et l'Espagnol Alonso de Ojeda explorent cette région pour la première fois (côte nord-ouest de l'actuel pays), ils découvrent des indigènes (dont des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagatos), vivant principalement d'agriculture et de chasse, installés le long de la côte, de la Cordillère des Andes et du fleuve Orénoque. Les maisons sur pilotis des Indiens du golfe de Maracaibo leur font penser à une petite Venise, Venezziola, ce qui aurait motivé, selon l'hypothèse la plus répandue, le nom du pays..
Après la première colonie permanente, à Nueva Cadiz créée en 1522 par les Espagnols, la famille Welser, des marchands allemands mandatés par Charles Quint, tenta la première colonisation en profondeur. En 1506-1507, Bartholomé Welser a participé aux voyages portugais vers les Indes, dans le cadre de la Feitoria de Flandres. Il reçoit le droit de coloniser le Venezuela, comme gage d'un emprunt, fait à l'empire espagnol, qui a subi en 1519 des échecs face aux Amérindiens dans la région du Darién, appelée Castille d'Or, qui regroupe alors les pays actuels du Panama, de la Colombie et du Venezuela, obligeant l'Espagne à déplacer la capitale de Santa María la Antigua del Darién à Panama, dans les années 1515, qui voient Bartolomé de las Casas dénoncer les violences contre les Amérindiens.
Welser s'engage à fournir des esclaves noirs à la nouvelle colonie. En 1526, il envoie à Hispaniola son agent Ambrosius Ehinger, qui y fonde une factorerie, c'est-à-dire un comptoir commercial. Le , l'empereur espagnol Charles Quint accorde à ses agents Henri Ehinger et Jérôme Sayler une charte ou "capitulation", pour l'exploitation de la province de Santa Marta, dans l'actuelle Colombie, et de la région comprise entre les caps de la Vela et Maracapana : Klein-Venedig (1528-1546), Colons et intérêts allemands en Amérique latine.
Une seconde capitulation, du , transfère le bénéfice de la première aux frères Antoine et Bartholomé Welser. Cette concession ne diffère pas des chartes accordées à Christophe Colomb. Mêmes droits, mêmes privilèges, mêmes pouvoirs d'administrationColonisation et émigration allemandes en Amérique, par René Le Conte, Journal de la Société des Américanistes, Volume 14, page 83. Une clause fixe l'obligation d'introduire 50 maîtres mineurs pour l'exploitation des mines de la colonie, qui est de fait mal observée, ces contremaîtres étant repartis presque tous dès 1535. Seuls les dirigeants et quelques officiers du corps expéditionnaire sont allemands.
Le , Henri Ehinger et Jérôme Sayler arrivent à Coro sur trois navires de Cadix, avec 700 fantassins et 80 cavaliers de nationalités diverses. Les conflits entre Allemands et Espagnols, sur fond d'expéditions à la recherche de l'Eldorado, aboutissent à l'assassinat de Philipp von Hutten et de Bartholomé Welser en 1546 à Tocuso par les Espagnols Juan de Carvajal et Pedro de Limpias, ce qui marque le début de la fin du temps de la famille Welser dans les territoires.
Le bilan économique se réduit à la découverte d'huîtres perlières et à la fondation de Maracaibo. Dès 1546, les derniers Allemands quittent le Venezuela. Le , les Welser sont déclarés déchus de leur concession par une décision du Conseil des Indes, siégeant à Madrid. Le Venezuela est rattaché à la couronne espagnole mais il faut attendre 1567 pour la fondation de Caracas, avec l'aide cette fois de flamands.
Aux s, le Venezuela est une colonie assez négligée, car les Espagnols se concentrent surtout sur l'extraction de l'or dans d'autres régions d'Amérique du Sud. C'est pourquoi les explorateurs anglais n'hésitent pas à effectuer des reconnaissances dans cette région qu'ils appellent « Guiana » : ainsi l'expédition de Robert Dudley (1574-1649)Cf. . le long de l’Orénoque en 1594, et celles de Walter RaleighCf. . en 1597 et 1617. vignette|Caraïbes et Terre-Ferme vers 1600
: essor du cacao L'histoire de la culture du cacao est stimulée par des marchands juifs hollandais de Curaçao, venus d'Amsterdam en 1651 et 1659, puis des zones où trois puissances coloniales les chassent, pour prendre leurs technologies sucrières : les Portugais au Pernambouc en 1654, les Anglais à Pomeroon-Supenaam en 1665, et les Français à la Martinique en 1685. Conscients que le sucre commence à être encombré, ils jouent la carte du cacao, acheté aux Amérindiens de la rivière Yaracuy.
En 1688, le trésor anglais autorise Pieter Henriques, juif de Londres, à importer de cacao du VenezuelaChocolate: history, culture, and heritage, par Louis E. Grivetti et Howard-Yana Shapiro. En 1693, la Guerre de la Ligue d'Augsbourg rapproche la Hollande et l'Espagne: des juifs de Curaçao, créent une ville à Tucacas, à soixante kilomètres à l'ouest de Caracas pour mieux collecter le cacao des amérindiens de l'intérieur des terresW.Klooster, Contraband Trade by Curaçao's Jews with countries of idolatry, 1660-1800, par Studia Rosenthaliana, . Beaucoup de juifs, venus de Pomeroon-Supenaam., parlent l'espagnol.
Des convois de mules amènent le cacao des vallées de Barquisimiento, Barinas, Turiano, et Coro. Les juifs offrent en échange des textiles des Pays-Bas, des toiles de lin d'Allemagne, du vin, de la cannelle et du poivreW.Klooster, The Jews in Suriname and Curaçao, . L'armée espagnole attaque Tucacas, mais se heurte aux amérindiensC.A. Arauz Monfante, El Contrabando Holandes en el Caribe, Durante la primera mitad de Siglo XVII (1984); M. Arbell, "Rediscovering Tucacas, " in: American Jewish Archives, (1996), pages 35–43. La colonie hollandaise est commandée par Jorge Christian, Marquis de Tucacas, président de la congrégation appelée "Santa Irmandad", et de Samuel Hebreo, alias Samuel Gradis Gabai, "Señor de las Tucacas"..
vignette|Un état des possessions espagnols en Amérique du Sud, vers 1750 En 1711, 12.000 bales de cacao sortent de Tucacas, selon Juan Jacobo Montero de Espinos, maire de Coro, qui attaque un des convois de mules. En 1717, le Venezuela intègre la Nouvelle-Grenade, qui inclut aussi la Colombie et l'Équateur. Le vice-roi Jorge de Villalonga, en raison des pressions de l'église catholique, décide d'éliminer Tucacas. Pedro Jose de Olivarriaga est nommé commissionnaire contre la "contrebande" . À la tête de 40 navires, il s'empare de Tucacas en 1720. La synagogue est détruite, les juifs fuient à Curaçao sur 30 à 40 navires. Cependant, les populations demandent à conserver des contacts commerciaux avec eux. En 1722, les juifs reviennent à Tucacas pour les foires commerciales, en janvier et juin mais aussi la collecte.
Les Espagnols créent en 1728 la Compagnie Guipuscoane de Caracas, formée de corsaires baques, pour capter le trafic du cacao, toujours orchestré par les Hollandais de Curaçao. De 1730 à 1733, la compagnie affronte une révolte des amérindiens de la rivière Yaracuy, menés par Andresote, soutenue par les hollandais, finalement matée par une armée de 1500 Espagnols.
La moitié du cacao de rivière Yaracuy continue à sortir via la contrebande hollandaise, qui offrait de meilleures marchandisesThe town of San Felipe and colonial cacao economies, par Eugenio Piñero, page 113. La quantité de cacao importée en Espagne augmente cependant entre 1728 et 1748. Le prix chuta, de 80 pesos la fanega de en 1728, à 45 pesosLes documents manuscrits du British Museum relatifs à la colonisation espagnole en Amérique et particulièrement au Venezuela, par J Humbert, pages 53 à 57.
Le cédule royale du autorise la compagnie à introduire deux mille esclaves noirs dans la province de Caracas, surtout à Ocumare de la Costa, trente kilomètres à l'ouest, de Caracas. On y compte en moyenne à arbres, par plantation au milieu du , les deux plus importantes appartenant aux sœurs de l'immaculée conception, tandis qu'elles attirent ensuite quatre familles de colon des îles Canariespage 701. L'arrivée des esclaves amena la Colonie française du Darién, principale concurrente, à envisager la même expérience, aboutissant à la colère des indiens Kunas, qui chassèrent leurs associés français en 1760. À la fin du , le cycle du cacao au Venezuela est cassé par la surproduction, la guerre civile et la dispersion des esclaves.
: indépendance d'avec l'Espagne Indépendance du Venezuela