L'équipe cycliste Cofidis est une formation française de cyclisme sur route créée en 1996 par François Migraine, fondateur de la société de crédit Cofidis. Elle participe au ProTour de 2005 à 2009. Sponsorisée par Cofidis, elle est implantée elle aussi dans le département du Nord (son siège social se situe à Bondues).

Depuis 2022, une équipe féminine Cofidis est également liée à la structure.

Histoire de l'équipe L'équipe Cofidis est apparue en tant que structure à la fin de l'année 1996, pour intégrer le peloton professionnel en 1997. Elle peut être considérée comme une « descendante indirecte » des équipes Castorama, Super U et Renault-Gitane dans la mesure où elle était dirigée à l'époque par Cyrille Guimard auquel lui était adjoint Bernard Quilfen, tous deux anciens dirigeants de l'équipe Castorama.

1996-2003 : les années fastes vignette|redresse=1.3| Dès sa première année, l'équipe Cofidis affiche une grande ambition et recrute des leaders de renom. De nombreux champions évolueront chez Cofidis, rencontrant parfois quelques mésaventures.

Ainsi figurent parmi les coureurs engagés pour la saison 1997 Maurizio Fondriest, Lance Armstrong et Tony Rominger. Ces deux derniers sont censés être les leaders de l'équipe pour les courses par étapes, et visent un podium voire la victoire sur les grands tours. Malheureusement, Lance Armstrong déclare un cancer des testicules dès le mois d'octobre 1996, et Tony Rominger se casse la clavicule en chutant lors de la du Tour de France« Côte fringante pour Erik Zabel, clavicule cassée pour Tony Rominger », L'Humanité, 9 juillet 1997..

Les coureurs français de l'équipe réalisent tout de même une bonne saison : Philippe Gaumont remporte Gand-Wevelgem, Nicolas Jalabert la Coupe de France, et Laurent Desbiens une étape du Tour de France.

En 1998, Cofidis change d'encadrement : Cyrille Guimard s'en va, remplacé par Bernard Quilfen. La nouvelle star de l'équipe est Francesco Casagrande. Celui-ci remporte la Classique de Saint-Sébastien mais, après avoir été contrôlé positif à la testostérone (au Tour du Trentin et au Tour de Romandie), abandonne le Tour de France dès la . Il ne reste qu'une saison au sein de Cofidis. En l'absence de son leader, l'équipe brille tout de même durant ce Tour de France mouvementé : elle remporte le classement par équipes, Bobby Julich termine du classement général, devant Christophe Rinero, et meilleur grimpeur. Roland Meier est .

L'année suivante, Cofidis se renforce pour les classiques en recrutant les Belges Nico Mattan, Peter Farazijn et Frank Vandenbroucke. Ce dernier remporte notamment Liège-Bastogne-Liège, Het Volk et 2 étapes du Tour d'Espagne, mais amorce son déclin. Afin de contraindre l'encadrement de l'équipe à le sélectionner pour Paris-Roubaix, il abandonne Gand-Wevelgem. Quelques semaines plus tard, il est arrêté avec 15 autres personnes, soupçonné d'être un client de Bernard Sainz. L'équipe le suspend plusieurs semaines. Se fracturant le poignet au début de l'année 2000, il ne court quasiment plus et est transféré vers la Lampre en 2001.

thumb|right|David Moncoutié durant le Tour de France 2002 La saison 2000 est celle de la révélation de David Millar. Ce jeune écossais, excellent rouleur, remporte la (contre-la-montre) du Tour de France. La même année, David Moncoutié se révèle en terminant du Tour de l'Avenir.

Ces deux coureurs deviennent les leaders de l'équipe pour les courses par étapes.

L'équipe Cofidis connaît alors ses meilleures années, terminant du classement UCI par équipe en 2002, en 2001 et 2003, notamment grâce à la victoire de Nico Mattan sur le GP de Plouay en 2001, à la d'Andrei Kivilev sur le Tour de France la même année, à la de David Moncoutié sur le Tour 2002, et à David Millar, qui remporte 3 victoires d'étapes sur le Tour d'Espagne et 2 sur le Tour de France entre 2001 et 2003, et devient champion du monde contre-la-montre en 2003 (titre dont il sera déclassé pour dopage par la suite).

Cette année-là, l'équipe est endeuillée par la mort d'Andrei Kivilev, victime d'une chute durant Paris-Nice.

2004 : l'affaire Cofidis thumb|right|Stuart O'Grady durant le Tour de France 2005 Pour la saison 2004, Cofidis affichait de grandes ambitions. Avec le recrutement de Stuart O'Grady et d'Igor Astarloa, l'équipe se présentait en ce début d'année forte de trois champions du monde : Igor Astarloa (sur route en ligne), David Millar (contre-la-montre) et Laurent Gané (sur piste).

Mais cette année fut marquée par l'Affaire Cofidis. Concernant d'abord d'anciens membres de Cofidis et son soigneur Bogdan Madejak, elle s'élargit à plusieurs coureurs de l'équipe : Philippe Gaumont, David Millar, Massimiliano Lelli, Médéric Clain, Cédric Vasseur. Ce dernier sera finalement mis hors de cause. Les autres coureurs sont licenciés. Igor Astarloa quitte l'équipe et rejoint la Lampre. L'encadrement est modifié par le départ du médecin Jean-Jacques Menuet et d'Alain Bondue. Ce dernier est temporairement remplacé par Francis Van Londersele. Après s'être auto-suspendue durant un mois, Cofidis fait son retour à la compétition en mai et réalise tout de même une bonne saison, notamment grâce à Stuart O'Grady qui remporte 2 étapes du Dauphiné Libéré, une étape du Tour de France, et la Hew Cyclassics. David Moncoutié est également vainqueur d'étape sur le Tour de France, performance qu'il renouvelle en 2005.

Trois des anciens coureurs de l'équipe condamnés en 2007 à des peines de sursis dans cette affaire, sont morts de façon prématurée quelques années seulement après leur retraite sportive : Frank Vandenbroucke retrouvé mort par crise cardiaque à 34 ans en octobre 2009 dans une chambre d’hôtel au Sénégal, Philippe Gaumont mort également par crise cardiaque à 40 ans en mai 2013, puis Robert Sassone suicidé en janvier 2016 en Nouvelle-Calédonie après un cancer contre lequel il s'est battu pendant plusieurs années.

L'équipe Cofidis et son nouveau manager, Éric Boyer, mettent alors en avant une nouvelle politique sportive, se voulant fers de lance de la lutte contre le dopage, notamment par la réalisation de contrôles internes, et par une moindre pression sur les coureurs quant à leurs résultats (notamment la recherche de points UCI).

2005-2009 : équipe ProTour Cofidis prend part au ProTour dès sa création en 2005, mais ne fait plus partie des 10 meilleures équipes mondiales au classement UCI. Surtout, si l'équipe remporte toujours quelques victoires d'étapes sur les grands tours, elle ne parvient plus à s'imposer sur les classiques sur lesquelles elle se distinguait les années précédentes.

Durant le Tour de France 2007, Cristian Moreni fait l'objet d'un contrôle positif à la testostérone. Bien que rien ne mette en cause ses autres membres ni son encadrement, l'équipe se retire du Tour et suspend ses activités durant 2 semainesAprès Vinokourov, le Tour de France entaché par un nouveau cas de dopage, Le Monde, ..

Après une encourageante saison 2008 (victoire d'étape sur le Tour, révélation sur les courses flandriennes), Sylvain Chavanel quitte l'équipe et rejoint la Quick Step. Malgré les efforts du leader David Moncoutié (en particulier lors du Tour d'Espagne), la saison 2009 est une déception. L'équipe perd même sa licence ProTour et évolue l'année suivante pour la première fois de son histoire en , confirmant le déclin de l'équipe.

2010-2014 : équipe référence de deuxième division Sans licence ProTour, l'équipe doit solliciter des invitations pour participer aux épreuves du calendrier UCI ProTour. Chaque année, elle est cependant une des équipes de deuxième division la plus invitée sur ces courses, bénéficiant d'une invitation systématique sur le Tour de France et le Tour d'Espagne (Cofidis est l'un des sponsors de la Vuelta). L'équipe recentre néanmoins ses activités sur la formation de jeunes coureurs et sur la participation aux épreuves du calendrier national et de l'UCI Europe Tour. En 2010, elle participe aux trois grands tours, remportant une étape sur le Tour d'Italie (Damien Monier) et le Tour d'Espagne (David Moncoutié). Moncoutié remporte également pour la troisième fois consécutive le classement du meilleur grimpeur de la Vuelta. Amaël Moinard sur Paris-Nice et Samuel Dumoulin sur le Tour de Catalogne sont également vainqueur d'étape sur une épreuve du Calendrier mondial. Leonardo Duque remporte quant à lui la Coupe de France avec un point d'avance.

La saison 2011 est marquée par des victoires prestigieuses en Espagne. Moncoutié remporte pour la quatrième et dernière fois une étape et le classement du meilleur grimpeur du Tour d'Espagne. Le grimpeur Rein Taaramäe se révèle, il se classe onzième du Tour de France et est lauréat d'une étape du Tour d'Espagne. Sur les courses d'une semaine, Samuel Dumoulin s'adjuge deux étapes au sprint du Tour de Catalogne, tandis que le jeune Tony Gallopin gagne le général de la Coupe de France.

En 2012, Samuel Dumoulin perpétue la tradition en s'offrant le classement général de la Coupe de France. Cette saison est cependant décevante, puisque l'équipe comptabilise uniquement six victoires, dont deux championnats nationaux. Si Moncoutié échoue dans sa quête du record de victoires du Grand Prix de la montagne sur la Vuelta, la saison est également ternie par le raid de la police française à l'hôtel de l'équipe lors du Tour de France pour arrêter le coureur Rémy Di Grégorio, suspecté de dopage (voir paragraphe plus bas). 2013 est une nouvelle saison difficile pour Cofidis. Elle est marquée par le départ de Samuel Dumoulin, principal pourvoyeur de victoires les années précédentes. Néanmoins, deux principales satisfactions sont à noter. D'une part Daniel Navarro, vainqueur du difficile Tour de Murcie, au Critérium du Dauphiné et animateur du Tour de France où il se classe finalement neuvième. D'autre part Nicolas Edet, auteur d'une saison intéressante, qui grâce à une lutte quotidienne s'est adjugé le Grand Prix de la montagne du Tour d'Espagne.

En 2014, Clément Venturini apporte quatre victoires en cyclo-cross, dont le titre de champion de France de cyclo-cross espoirs. Très régulier, Julien Simon permet à l'équipe de gagner une nouvelle fois la Coupe de France, tandis que Daniel Navarro s'adjuge une étape du Tour d'Espagne.

2015 à 2019 : l'ère Bouhanni thumb|left|Nacer et son frère Rayane Bouhanni lors du départ du Grand Prix de Fourmies 2015. Pour la saison 2015, l'équipe annonce la signature du vainqueur du classement par points du Tour d'Italie 2014, Nacer Bouhanni, ainsi que la venue de Dominique Rollin, Geoffrey Soupe et Steve Chainel. La signature de Bouhanni, sprinteur reconnu, doit permettre à l'équipe de renouer avec un plus grand nombre de victoires et de passer un capCofidis entame un nouveau cycle avec Bouhanni. L'équipe choisit de se concentrer exclusivement autour de son leader, ce qui entraîne le départ des deux anciens leaders Jérôme Coppel et l'Estonien Rein Taaramäe. Ce changement s'avère payant puisque Bouhanni remporte 11 des 20 victoires de l'équipe, s'adjugeant notamment la Coupe de France, deux étapes du Critérium du Dauphiné et le classement final de l'UCI Europe Tour. Il est également sixième de Milan-San Remo. Il est par la suite malchanceux sur le championnat de France où il chute dans la dernière ligne droite, puis sur le Tour de France et le Tour d'Espagne, où il abandonne à chaque fois. Emmenée par son leader, Cofidis termine deuxième du classement par équipes de l'UCI Europe Tour.

En 2016, pour les vingt ans de l'équipe, Cofidis compte 12 victoires, dont 4 de Bouhanni sur le World Tour. Cependant, forfait pour le Tour, le leader de l'équipe ne participe à aucun grand tour et termine quatrième de Milan-San Remo, gêné par un saut de chaîne. Il est également déclassé pour « sprint irrégulier » d'une étape de Paris-Nice et de l'EuroEyes Cyclassics (Classique de Hambourg), deux courses qu'il avait remportées.