L'industrie aux États-Unis est un secteur important de l'économie. Les États-Unis occupent la première place mondiale pour la production industrielle en 2004 .
Histoire
vignette|Les Union Stock Yards (grands abattoirs de Chicago) furent entre 1865 et 1971 le centre de l'industrie américaine du conditionnement de la viande . Ils transformèrent plus de viande que n'importe quel autre endroit dans le monde. En 1900, environ 82 % de la viande consommée aux États-Unis provenait des abattoirs de Chicago.. L'industrialisation transforme les États-Unis au cours du . L'agriculture et les manufactures se mécanisent alors que les services connaissent une standardisation précoce. Les innovations technologiques et l'emploi de machines-outils y sont donc plus importants qu'ailleurs. Le téléphone, inventé par Alexander Bell est diffusé à un million d'exemplaires en 1900Pierre Mélandri, op. cit., p.32. Les industriels du Nord ont fait adopter par le congrès des droits de douane exorbitants: 47 % en moyenne sur les importationsPierre Mélandri, Histoire des États-Unis depuis 1865, Nathan, 1976, p.35. Entre 1860 et 1900, 14 millions d'immigrants arrivent aux États-Unis qui représentent une main-d'œuvre peu exigeante pour l'industrie en plein essor. Vers 1860, l'industrie emploie un tiers de la population active. Entre 1860 et 1890, la production industrielle est multipliée par 11. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de charbon.
L'industrialisation profite surtout à la Manufacturing Belt (« ceinture des industries »), dans le Midwest et le Nord-Est des États-Unis. Le Sud a développé des industries de transformation mais reste sous la dépendance économique du Nord. En 1873, le produit par tête aux États-Unis a dépassé le produit par tête au Royaume-Uni, alors la première puissance économique mondiale.
L'essor industriel du pays provoque l'urbanisation du pays et la modernisation des villes. La ville est le berceau d'un nouveau mythe américain, celui du self-made manHomme ayant acquis sa fortune ou son statut social, par son mérite personnel, en partant de rien ou avec peu de chose. incarné par Andrew Carnegie. Comme dans tous les pays en voie industrialisation, la condition ouvrière est particulièrement difficile. Cependant, dans l'Amérique de « l'âge du toc », aucun mouvement syndical puissant ne parvient à se développer. Sans organisation efficace, délaissés par les partis politiques, les ouvriers multiplient les grèves. Ce n'est qu'en 1886 que naît la première grande organisation syndicale, l'American Federation of Labor (AFL), une fédération des métiers hautement spécialisésPierre Mélandri, Histoire des États-Unis depuis 1865, Nathan, 1976, p.47.
La période se caractérise en outre par une tendance à la concentration des entreprises qu'il est possible d'attribuer au désir de contrôler le marché, de faire des économies d'échelle et aux capitaux des plus en plus importants que nécessitent le développement industriel. Le cas le plus connu est celui de Rockefeller qui rachète les droits de vote des actionnaires d'une quarantaine de compagnies pétrolières pour les contrôler. Ces dernières forment un trust sous sa direction.
À la fin des années 1880, une quinzaine de trusts se sont ainsi constitués. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts. Les capitaines d'industrie choisissent alors la holding comme forme de concentration. La compagnie Carnegie fournit 25 à 30 % de l'acier américain. Elle possède aussi ses mines de charbon et de fer, ses bateaux et ses trains. La compagnie Carnegie est ainsi un remarquable exemple des mouvements de concentration horizontale et verticale du capitalisme américain.
Guerre civile et reconstruction
Au milieu du , le Sud des États-Unis reste rural et dépendant des États du Nord pour les capitaux et les biens manufacturés. Les intérêts économiques des planteurs sont préservés tant que le Sud contrôle le gouvernement fédéral. Le Parti républicain est fondé en 1856 et défend les intérêts du Nord industriel. Il porte au pouvoir Abraham Lincoln qui met en place un tarif protectionniste. Le premier chemin de fer du Pacifique est décidé en 1862, et l'année suivante, un système bancaire national est établi pour financer la guerre de Sécession. La supériorité économique du Nord lui permet de remporter la guerre civile (1861 - 1865). L'esclavage est alors aboli et la Manufacturing Belt se développa. Les grands magnats de l'industrie gagnent de plus en plus d'influence dans la vie politique du pays. L'aristocratie des planteurs disparaît. Il faut reconstruire l'économie sudiste, mais celle-ci repose toujours sur l'agriculture.
Le capitalisme américain La période se caractérise en outre par une tendance à la concentration des entreprises qu'il est possible d'attribuer au désir de contrôler le marché, de faire des économies d'échelle et aux capitaux des plus en plus importants que nécessitent le développement industriel. Le cas le plus connu est celui de Rockefeller qui rachète les droits de vote des actionnaires d'une quarantaine de compagnies pétrolières pour les contrôler. Ces dernières forment un trust sous sa direction. À la fin des années 1880, une quinzaine de trusts se sont ainsi constitués. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts. Les capitaines d'industrie choisissent alors la holding comme forme de concentration. La compagnie Carnegie fournit 25 à 30 % de l'acier américain. Elle possède aussi ses mines de charbon et de fer, ses bateaux et ses trains. La compagnie Carnegie est ainsi un remarquable exemple des mouvements de concentration horizontale et verticale du capitalisme américain.
Essor et mutations
Entre 1860 et 1890, la production industrielle est multipliée par 11. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de charbon. L'industrialisation profite surtout à la Manufacturing Belt, dans le nord-est des États-Unis. Le Sud a développé des industries de transformation mais reste sous la dépendance économique du Nord.
L'essor industriel du pays provoque d'importantes mutations sociales : la population devient de plus en plus urbaine. Les gratte-ciel, les tramways, le métro, l'éclairage urbain électrique et d'autres innovations technologiques caractérisent les grandes villes américaines. Les villes sont des lieux d'accueil pour les immigrants et les agriculteurs ruinés. Ils y trouvent travail et instruction. C'est à la ville que naît le nouveau mythe américain, celui du « self-made man » incarné par Andrew Carnegie. Comme dans tous les pays en voie industrialisation, la condition ouvrière est particulièrement difficile, avec des journées de travail de 12 à 14 heures, des salaires faibles, des logements indécents.
Mother Jones décrit ainsi le travail des enfants dans une filature de coton, en 1906 : « Petites filles et petits garçons, pieds nus, allaient et venaient entre les rangées de broches interminables, ils approchaient des machines leurs petites mains décharnées pour renouer les fils cassés. Ils rampaient sous les machines pour les huiler. Jour et nuit, nuit et jour, ils changeaient les broches. Des petits enfants de six ans, aux visages de vieux de soixante ans, faisaient leurs huit heures par jour pour dix cents. Quand ils s'endormaient, on leur lançait de l'eau froide à la figure et la voix du directeur tonnait par-dessus le fracas incessant des machines ». Au cours de la seule année 1913, 25 000 travailleurs moururent au travail et 750 000 furent gravement blessés.
Cependant, dans les États-Unis de « l'âge du toc », aucun mouvement syndical puissant ne parvient à se développer. Sans organisation efficace, délaissés par les partis politiques, les ouvriers multiplient les grèves. Ce n'est qu'en 1886 que naît la première grande organisation syndicale, l'American Federation of Labor (AFL), une fédération des métiers hautement spécialisés. Elle renonce à toute référence révolutionnaire ou passéiste. L'échec des mouvements ouvriers peut s'expliquer par la présence de nombreux ouvriers déracinés venus des régions pauvres d'Europe et qui voient dans la condition ouvrière américaine une nette amélioration de leur sort. Pendant cette période le monde agricole connaît une grave crise. En effet, à partir de 1873, les prix agricoles baissent. L'augmentation de la productivité ne compense pas la chute des prix. Les fermiers tentent de s'organiser : mouvement des Grangers vers 1870, des Greenbackers vers 1880, alliance des fermiers et des populistes vers 1890. Les farmers réclament l'inflation monétaire pour compenser la baisse mondiale des cours de produits agricoles et réduire leur endettement.
En 1869, pour la première fois dans l'histoire de cette nation, la valeur ajoutée industrielle dépasse celle de l'agriculture.
Le premier pays industriel du monde En valeur, les États-Unis sont la première puissance industrielle du monde avec 1 545,4 milliards de dollarsNation Master. Le secteur secondaire emploie 13,6 millions de personnes en 2005 et représente 22,8 % du PIB . 81,54 % des exportations américaines sont des produits manufacturés..
Atouts et facteurs de la puissance industrielle américaine
La puissance industrielle américaine repose d'abord sur un territoire immense et maîtrisé par les réseaux de transport. Ce territoire procure d'importantes ressources naturelles, même si les gisements de matières premières sont souvent éloignés des centres de production et de consommation. Aujourd'hui, avec le déclin des industries traditionnelles, les richesses du sous-sol sont néanmoins moins déterminantes qu'avant, p.420. Les installations de production énergétique procurent de l'électricité aux usines. Les industriels peuvent compter sur une main d'œuvre abondante (154 millions en ) et qualifiée, ainsi que sur des travailleurs immigrés. Ces derniers représentent une main d'œuvre flexible et peu payée (Mexicains par exemple) mais aussi des cols blancs très qualifiés (fuite des cerveaux), p.424. Les États-Unis représentent un marché de consommation développé où la demande repose en partie sur le crédit. L'industrie est soutenue par la libre entreprise et la culture de l'innovation. Les investissements privés et publics dans la recherche et le développement sont importants. En 2006, 2,62 % du PIB américain était investi dans la RDSource : Current Query: United States, OECD Stat Extracts. De nombreuses entreprises travaillent en liaison avec les universités et laboratoires. Les interventions de l'État fédéral permettent de soutenir et de protéger les industries en difficulté (acier, plan de relance de l'automobile en 2008). Washington commande également des armes, des véhicules aéronautiques ou des équipements spatiaux. Enfin, l'American Way of Life est un vecteur de diffusion des produits américains dans le monde, que ce soit pour l'agro-alimentaire (Coca-Cola, MacDonald's, Marlboro) ou le textile (jeans, Gap, Nike).
Difficultés et concurrence internationale
Comme dans d'autres pays du monde, les industries lourdes sont confrontées à la raréfaction des ressources naturelles et sont sensibles au renchérissement des matières premières. Les groupes pétroliers souhaitent exploiter les réserves d'hydrocarbures en Alaska et se heurtent à l'opposition des écologistes. Ces derniers militent pour empêcher l'ouverture de nouvelles usines polluantes. Plusieurs régions sont particulièrement touchées par la pollution industrielle : le couloir de la chimie dans le sud de la Louisiane ou encore la région de Houston au Texas où se concentrent les raffineries. Les Grands Lacs sont affectés par les rejets industriels et urbains. À l'instar d'autres États développés, les États-Unis subissent la concurrence des pays à faible coût de main d'œuvre. De nombreuses entreprises américaines délocalisent leurs unités de production vers le Mexique (maquiladoras) ou encore vers la Chine.