En France, comme dans la grande majorité des pays, les études en architecture durent cinq ans et se déroulent dans l'une des vingt-et-une Écoles nationales supérieures d'architecture (ENSA), placées actuellement sous la tutelle du ministère de la Culture. Les études d'architecture dans les ENSA sont organisées en trois cycles licence-master-doctorat. L'obtention du titre d'architecte et celui de docteur sont néanmoins deux parcours indépendants.

Certaines de ces écoles d’architecture sont associées à des universités. Trois autres établissements, l’un public sous tutelle du ministère chargé de l’enseignement supérieur (l'Institut national des sciences appliquées (INSA) à Strasbourg), deux autres privés (l’École spéciale d’architecture (ESA) à Paris et l'école internationale Confluence. à Paris) proposent également des formations. Elles mènent à des diplômes reconnus par le Ministère de la Culture, ou en cours de reconnaissance pour Confluence. Près de sont inscrits dans les vingt-et-une ENSA..

Historique L'enseignement de l'architecture en France relève d'une longue tradition, héritière des Académies royales d'architecture, avec une école académique fondée en 1671 à Paris, puis la première Académie royale en province fondée en 1751 à Toulouse.

Sous la Révolution française, l'École et l'Académie d'architecture sont supprimées, et il est créé en 1794, à l'initiative de Lamblardie, Monge et Carnot, l'« École centrale des travaux publics » (qui prendra le nom d'École polytechnique) avec une section d'enseignement de l'architecture ayant comme professeur J.-N.-L. Durand, collaborateur de Boulée; il publie en 1805 Précis des leçons d'architecture données à l'École polytechnique dont les préceptes influenceront l'enseignement de l'architecture à l'École polytechnique jusqu'à la nomination en 1837 de Léonce Reynaud.

En 1865, il est créé à l'initiative d'Eugène Viollet-le-Duc par Émile Trélat, ingénieur de l'École centrale des arts et manufactures, professeur de construction civile au Conservatoire des arts et métiers, l'« École centrale d'architecture » (qui prendra le nom d'École spéciale d'architecture).

L'architecture est traditionnellement intégrée aux métiers liés à la mise en œuvre et l'édification de construction. Bien que ce lien se soit ténu dans une grande majorité des pays, au , le système français s'est marginalisé en opérant une scission entre architecture et génie civil. L'architecture a alors été considérée comme l’une des quatre disciplines des beaux-arts, avec la gravure, la sculpture et la peinture.

Jusqu’en 1968, son enseignement était assuré par l’École des beaux-arts de Paris et ses 3 annexes en province (Lille, Bordeaux, Marseille) dépendant de la section d’architecture de l’Académie des beaux-arts. L'académie organisait les concours de sélection et d’émulation, en particulier le prix de Rome dont les lauréats étaient récompensés par un séjour à la Villa Médicis au cours duquel ils avaient à produire plusieurs « envois », travaux graphiques longtemps basé sur le relevé des vestiges antiques et d'un projet d'envergure.

En 1968, les contestataires du mouvement étudiant revendiquent le rattachement à l'université. À la rentrée universitaire 1968-1969, le ministre de la Culture André Malraux, pour rompre avec l'académisme, crée une douzaine d'« unités pédagogiques d'architecture » (UPA) dont six puis huit à ParisP. ex., l'UP7., les autres remplaçant les écoles d’architecture de Toulouse, Bordeaux, Marseille, Nancy, puis de nouvelles UPA à Rennes, Lyon, Rouen, StrasbourgSur ce thème, voir Michel Denès, «La refondation», Des Beaux-Arts à l'Université. Enseigner l'architecture à Strasbourg, Éditions Recherches/ENSA Strasbourg, 2013, , vol. 1. ., Saint-Étienne, etc. La section de l'école des beaux-arts de Paris ainsi disséminée, l'unité des disciplines des Beaux-Arts est rompue. Les nouvelles unités pédagogiques bénéficieront d'une relative indépendance pour gérer la formation qu'elles souhaitent délivrer, ce sans lien réel avec l'université..

Des réformes successives modifient le nombre d'années d'études. Pendant les années 1970, la sixième année était l'équivalent d'une première année de thèse et l'équivalence a été accordée pendant 3 ans au niveau doctoratCommission Culturelle, Scientifique et Technique.. Pendant les années 1980, le diplôme est à niveau Bac + 7 (3 cycles de 2 ans + une année pour l'établissement du diplôme (mémoire et projet de fin d'études) et certains des étudiants travaillent comme salariés, « font la place », pendant 2 à 10 ans avant de présenter leur diplôme de fin d'études et d'obtenir le diplôme délivré par le gouvernement ou d'autres établissement d'enseignements habilités. Pendant les années 1990, la longueur des études est rabaissée à 5 années. À la rentrée 1998, le tronc commun revient une formation en trois cycles de deux ans chacun.

Les études d'architecture sont organisées en trois cycles entre 1997 et 2007. qui rallonge d'une année la durée des études et intègre une mise en situation professionnelle sous la forme d'un stage de 6 mois.

Un premier cycle d'études générales d'une durée de deux ans, conduisant au diplôme de premier cycle des études d'architecture, diplôme national de l'enseignement supérieur ; Un deuxième cycle d'études fondamentales d'une durée de deux ans, conduisant au diplôme de deuxième cycle des études d'architecture, diplôme national de l'enseignement supérieur ; Un troisième cycle d'approfondissement des connaissances, conduisant soit au diplôme d'architecte délivré par le Gouvernement (DPLG), soit à un diplôme national de troisième cycle de l'enseignement supérieur dans les domaines de l'architecture. Le troisième cycle conduisant au diplôme d'architecte DPLG est d'une durée de deux ans.

Les écoles sont accessibles après le baccalauréat sur sélection (dossier et entretien). Avant la fin des études, dans le cadre du , les étudiants devaient effectuer un stage pratique en agence de minimum 6 mois, et rédiger un mémoire accompagnant un projet (le TPFE, travail personnel de fin d’études) avec une préparation en moyenne de 1 an), lui permettait d'obtenir le diplôme d'architecte délivré par le gouvernement avec ou sans mention (Sémantique : le diplôme est « délivré par le gouvernement » et l'étudiante ou l'étudiant est « diplômée ou diplômé par le gouvernement ». Quand il s'agit de travailler dans le secteur de la construction et de l'aménagement du cadre de vie, l'architecte a pour titre « Architecte DPLG », son détenteur a pour titre professionnel « Titulaire d'un diplôme d'architecte DPLG (DE-HMONP, depuis 2008) »Décret n° 80-218 du 20 mars 1980, pris en application de Loi sur l'architecture de 1977..

Les anciennes unités pédagogiques d'architecture, rattachées au ministère de l'Équipement et du Logement, deviennent, en 1985, des « écoles d'architecture », qui retrouvent leur affiliation au ministère de la Culture, puis en 2005, sont nommées « écoles nationales supérieures d'architecture » (ENSA), codifié dans le code de l'éducation aux articles R672-1 et suivants.. Les réformes européennes consécutives au processus de Bologne ont poussé les ENSA à consolider leur offre pédagogique. À ce jour en France, comme dans la quasi-totalité des pays, la formation initiale en cinq ans se dispense en deux cycles. Elle ne permet ni de porter le titre d'architecte, ni d'exercer la profession.

En 2015, le ministère de la Culture (alors dirigé par Fleur Pellerin) publie une Stratégie nationale pour l'architecture (30 mesures, en six axes), dont une partie porte sur la formation, ainsi que sur l'articulation et le rapprochement des métiers de l'architecture avec l'univers des professionnels de la construction et du cadre de vie. Elle annonce notamment la création d'un statut d'enseignant-chercheur et une évaluation nationale de l'habilitation (HMONP) du titulaire d'un diplôme d'architecte d’État. La ministre invite à sensibiliser à l'architecture via notamment des formations sur les problématiques architecturales destinées aux fonctionnaires de l’État, aux collectivités territoriales et aux élus ; elle propose d'introduire dans les écoles des « fablab », des incubateurs et autres espaces de co-travail ou «coworking», et à créer des chaires partenariales de rechercheBatiactu (2015) Stratégie nationale pour l'architecture : 30 mesures, 6 axes, Publié le 20/10/2015, consulté 21/10/2015.. Un « permis de faire » pourra être expérimenté, permettant à certaines conditions de déroger à certaines règles, afin de ne pas bloquer certaines innovations architecturales méritant d'être testées.

En février 2025, Rachida Dati, en tant que ministre de la Culture a présenté une nouvelle feuille de route (stratégie nationale pour l'architecture, ou SNA-2) qui complète la stratégie de 2015. Elle vise, de 2025 à 2029, à faire évoluer la formation et son accès en acceptant plus d'étudiants (objectif : +20 % en 10 ans), en redéfinissant , et promouvoir plus largement l'architecture dans le pays. . Une nouvelle école nationale supérieure d'architecture est créée en 2025 à La Réunion (entre autres, en lien avec le projet de reconstruire Mayotte après le passage du cyclone Chido), ainsi qu'une formation post-master par le réseau Perspectives rurales via l'École nationale supérieure d'architecture de Clermont-Ferrand pour lutter contre les « déserts architecturaux » en milieu rural. La ministre veut généraliser (en deux ans) la formation en alternance dans toutes les écoles d'architecture, et faire en sorte qu'en 5 ans, 20 % des étudiants viennent de filières professionnelles ou technologiques. Dès 2025 la mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques renforcera son soutien aux élus locaux et aux associations en matière de formation et d'ingénierie, et l'accès aux contenus pédagogiques liés à l'architecture seront encouragés par le pass Culture et le développement de ressources numériques. Enfin, 100 contrats doctoraux supplémentaires sont prévus sur 5 ans pour accélérer la transition écologique, tout cela sous l'égide d'un nouveau ...

Diplômes délivrés Diplômes d'architecte Les études d'architecture dans les ENSA et les établissements habilités sont organisées en trois cycles sur la base du schéma LMD (licence, master, doctorat) selon un programme établi par le ministère de la Culture, et dont les modalités sont fixées par l'arrêté du ..

Le cycle, d’une durée de 3 ans, conduit au diplôme d’études en architecture (DEEA), qui confère le grade universitaire de licence (Bac + 3). Le cycle, d’une durée de 2 ans, conduit au diplôme d'État d’architecte (DEA), qui confère le grade universitaire de master (Bac + 5). Quelques formations post-diplômes de cycle sont possibles. Une année de formation continue après le cycle conduit à l'« habilitation à l'exercice de la maîtrise d'œuvre en son nom propre » (HMONP). Elle donne le droit de porter le titre d'architecte et d'exercer la profession. D'autres formations post-diplômes de cycle mènent à des diplômes de spécialisation et d’approfondissement en architecture (DSA), diplômes nationaux de l’enseignement supérieur, à des diplômes propres aux écoles d'architecture (DPEA), dont la durée de formation varie entre 1 et 2 ans. Le cycle, d'une durée de 3 ans, correspond au doctorat, délivré de manière conjointe avec une université habilitée. Les doctorantes et doctorants sont inscrits au sein d'une école doctorale de cette université et rattaché à une unité de recherche.

La ou le titulaire d'un diplôme d'architecte délivré par l’État complété de l'habilitation « HMONP » peut demander à être inscrite ou inscrite au tableau de l'Ordre des architectes pour porter le titre d'architecte et, si le mode d'exercice retenu le permet, exercer la profession d'architecte. Sans habilitation « HMONP », ces titulaires d'un diplôme d'architecte ne peuvent ni porter le titre d'architecte, ni exercer la profession.