Plouguiel est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. Son nom Breton est Priel.

Ses habitants sont les Plouguiellois et les Plouguielloises.

Géographie Plouguiel est située dans l'ancienne province de Bretagne du Trégor. La commune est délimitée à l'est par la rivière de Tréguier, au sud par le Guindy et au nord-ouest par le ruisseau de Lizildry qui se jette dans la rivière de Tréguier par la baie d'enfer. Le bourg de Plouguiel se situe au sud-est du territoire de la commune et est séparé de la ville de Tréguier par la ria du Guindy. Le petit port de la Roche-Jaune se situe au nord-est de la commune et donne sur la rivière de Tréguier, et donne lieu à une exploitation conchylicole. thumb|left|Carte de la commune de Plouguiel et des communes avoisinantes.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Jaudy, le Guindy et le Lizildry...

Le Jaudy, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Tréglamus et se jette dans la Manche sur la commune et de Kerbors, après avoir traversé ..

Le Guindy, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Louargat et se jette dans le Jaudy à Tréguier, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Guindy sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 476 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/1984 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlouguielLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Plouguiel est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tréguier, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lannion, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (88,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (44,1 %), zones agricoles hétérogènes (36,5 %), prairies (7,2 %), zones urbanisées (7 %), forêts (4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,8 %), zones humides côtières (0,2 %), eaux maritimes (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie thumb|Panneau d'entrée d'agglomération bilingue français-breton. Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploeguyel vers 1160, Ploeguiel en 1253, Ploeguier, Ployguiel et Pluoyguiel en 1330, Ploeguiel en 1426, Plouguiel dès 1731..

Ploeguyel, vers 1160, écrit en deux mots Ploe Guyel signifie littéralement « paroisse de Guyel ».

L'origine du nom est incertaine : selon l'abbé Allain, il proviendrait de l'ancienne chapelle disparue de Lesguiel (qui était située en Plouguiel), lieu dont il ne subsiste aucune trace de nos jours.. Une autre hypothèse est que le nom proviendrait du nom d'un chevalier, nommé Judicael de Ploeguiel, qui vivait en 1253.. Selon Bernard Tanguy Plouguiel provient de « plou- » (paroisse) et a pour éponyme un saint breton appelé Kiel. Ce nom, que l'on retrouve aussi précédé du vieux breton « lez » (« château »), dans Lesquiel, ancien lieu noble de la paroisse, est, d'après Vita sancti Pauli Aureliani, écrite en 884, où il est transcrit « Chielus », celui d'un des compagnons de saint Paul Aurélien, premier évêque du diocèse de Léon..

Histoire Moyen Âge Plouguiel serait une paroisse de l'Armorique primitive qui aurait conservé ses limites originelles. La paroisse est citée pour la première fois, sous le nom de "Ployguel" en 1330 dans le procès en canonisation de saint Yves..

Pendant la guerre de Cent Ans, en 1341, les habitants auraient exterminé des soldats anglais qui avaient débarqué au Port-Blanc..« L'endroit où se livra le combat est entre Croas-ar-Brabans et le bourg de Penvénan, au lieu où se trouve une mare d'eau qui, depuis, s'est appelée le Douet-du-Sang (Ar-Oas-Goad), à cause de l'abondance du sang qui y fut versé. » écrivent A. Marteville et P. Varin..

Jean-Baptiste Ogée écrit que la maison noble de Kerousy est très ancienne ; il cite comme représentant le plus illustre de cette famille Bizien de Kerousy, créé capitaine de vaisseau, puis lieutenant général de l'Amirauté de Bretagne, par le duc François II ; Bizien de Kerousy et sa felle Jeanne du Parc fondent en 1483 un couvent des Frères mineurs de Saint-François dans lequel viennent s'installer des Cordeliers venus de Île aux Moines dans l'archipel des Sept-Îles (ce couvent exista jusqu'en 1791).. Il cite aussi la maison noble de Keralio : un de ses membres, Guillaume de Keralio, fut tué lors d'un siège de Rhodes en 1440Guillume de Keralio est mort lors d'un siège de Rhodes en 1440 et non en 1423 comme l'écrit à tort Jean-Baptiste Ogée. ; un autre membre de cette famille fut maître d'hôtel d'Anne de Bretagne, puis, après le mariage de celle-ci avec le roi Charles VIII, chambellan de France et lieutenant général du roi en Basse Bretagne (lettres patentes du )..

Vers 1503 une communauté féminine du Tiers-Ordre fut fondée à Plouguiel par Catherine de la Bouessière.

Temps modernes

La paroisse de Plouguiel devait payer au chapitre de la cathédrale de Tréguier la dîme des terres sujettes à la douzième gerbe et devait, en plus, une autre dîme à la trente-sixième gerbe sur plusieurs terres, partagée entre ce chapitre, le chapelain de LesguielCe lieu est aujourd'hui disparu ; il était probablement proche de la chapelle Saint-Laurent en Plouguiel et le prieuré Saint-Jean (en La Roche-Derrien). thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Plouguiel et de ses environs (1790). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plouguiel en 1778 :

Révolution française François Le Quellec recteur et ses deux curés, L'Hermit et Lannier, refusèrent tous les trois de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtres réfractaires ; le recteur émigra à Londres avant de revenir à Plouguiel en 1796 et de redevenir après le Concordat recteur de Plouguiel où il mourut en 1827 ; le curé L'Hermit resta caché à Plouguiel, fut arrêté et condamné à mort, mais échappa à l'exécution ; l'autre curé, Lannier, resta aussi caché avant d'être pris, condamné à 20 ans de prison et à deux heures de pilori, qu'il subit à Guingamp avant d'être libéré après la chute de Robespierre..

Le

Jean Le Guen, dit « Jean l'aveugle »

Jean-Marie Le Guen, dit « Jean l'aveugle » (« Yann ar Gwenn ») né le à Plougrescant et décédé le à Plouguiel ; vivant au Crec'h Suliet, près de la Roche-Jaune, aux abords de la rivière de Tréguier, il gagnait péniblement sa vie en taillant du chanvre ou du lin dans les fermes de Plouguiel. Un matin de , il se trouvait place Saint-Corentin à Quimper quand il entendit l'appel des volontaires, et décida alors, faute de pouvoir être enrôlé en raison de son infirmité, de commencer à composer et à chanter des gwerz ; mendiant, sa carrière de chanteur commence vers l'âge de 26 ans ; il devint vite très célèbre : il était le boute-en-train de tous les pardons selon Olivier Souvestre. Sa femme, Marc'harit, le guide à travers le Trégor. Il devient très rapidement la gazette du peuple. Il chante les évènements de l'actualité, l'arrivée de Napoléon III, l'épidémie de choléra... et les évènements locaux.

Il fut aussi évoqué par Auguste Brizeux dans le chant XII des « Bretons » : Jean Le Guenn est assis au bord de sa cabane ; D'une longue tournée aux paroisses de Vannes. Il arrive, son sac dégarni de chansons, Mais plein de beaux deniers jetant de joyeux sons. (...)Charles Le Goffic , "Au pays d'Armor", éditions E. De Boccard, 1921. Plouguiel vers le milieu du thumb|Plan cadastral de Plouguiel (tableau d'assemblage, 1834). A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plouguiel en 1853 :