Stanislas de Guaita ( à Tarquimpol (Moselle) et mort dans cette même ville le ) est un occultiste et poète français, cofondateur avec Papus et Joséphin Péladan de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.
Biographie Né en Lorraine le au château d’AltevilleAlphonse Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, aux éditions Alphonse Lemerre, tome 4, Paris, 1888, près de Tarquimpol, Stanislas de Guaita est issu, par sa mère, Marie-Amélie Grandjean, d'une famille lorraine, et par son père, François-Paul de Guaita, d'une ancienne famille noble d'origine lombarde (Italie), établie en Lorraine depuis 1800. Il avait le titre de marquis. vignette|gauche|Stanislas de Guaita à dix-neuf ans.|alt= Dès le lycée à Nancy, vers 1880, il se lie d'amitié avec Maurice Barrès, qu'il fera adhérer plus tard au martinisme. Barrès a d'ailleurs écrit la préface de l'une des éditions d'Au seuil du mystère. L'Histoire ne dit pas si les deux hommes partageaient les mêmes convictions politiques : Barrès évolua en effet d'un esthétisme individualiste dont témoigne assez bien son « culte du Moi » à une mystique nationaliste de la terre et des morts, axée sur un patriotisme lorrain et républicain. Barrès évoque Guaita avec le personnage de Saint-Phlin dans Les Déracinés.
C'est dans les écrits de son ami et colocataire de jeunesse Joséphin Peladan que Stanislas de Guaita trouve sa première porte d'entrée dans l'univers de la Tradition. Par la suite, la lecture de l'œuvre d'Éliphas Lévi, dont il se fait aussitôt le commentateur et le thuriféraire, l'initie au mysticisme chrétien ; Fabre d’Olivet l'oriente vers les grands mystères en général et vers la langue hébraïque ; et Saint-Yves d'Alveydre l'initie à la Synarchie. Il entre dans le tout récent Ordre martiniste de son ami Papus, alors étudiant en médecine, dont il raille le pseudonyme.
À la lumière de toutes ces influences, Guaita prône un spiritualisme exaltant la Tradition chrétienne, qui, grâce à la mise en place éventuelle de la synarchie – forme de gouvernement idéal –, devrait conduire à l'avènement du royaume de Dieu. En 1888, dans le même esprit, il fonde avec Péladan l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont fait aussitôt partie Papus, y adhérèrent aussi Erik Satie et le banquier des artistes, Olivier Dubs. Peladan s’en sépara ensuite pour fonder un autre ordre : la Rose-Croix catholique, alléguant son refus de la magie opérative.
En 1887, en collaboration avec son secrétaire et ami Oswald Wirth, il réalise un Tarot kabbalistique qui est reproduit dans le Tarot des Bohémiens de PapusCe tarot, redessiné par Wirth en 1926 est toujours édité à l'heure actuelle sous le nom de Tarot de Wirth.
En 1893, l’Ordre de Guaita est attaqué par Huysmans, qui l’accuse d’envoûter à distance l’abbé défroqué lyonnais Joseph-Antoine Boullan. Des duels s’ensuivent ; Huysmans et Jules Bois s’opposent à Papus et à Guaita.
Stanislas est encore ce jeune poète moins fasciné par le goût baudelairien que par la parfaite esthétique du Parnasse de Leconte Delisle et de Mallarmé. D'ailleurs, Alain MercierLes Sources ésotériques et occultes de la poésie symboliste, 1870-1914 (1969), confirmera que Guaita poète(Les Oiseaux de passage, 1881; La Muse noire, 1883; Rosa mystica, 1885), « par son classicisme de forme et d’écriture, est plus proche des parnassiens que des symbolistes. Ainsi il y eut en lui deux êtres distincts : l’hermétiste aristocrate et généreux d’une part, le poète tourmenté et inquiet d’artifices d’autre part »Rosa mystica est disponible à la Bibliothèque Universitaire de la faculté de Lettres de Nancy 2Devenue Université de Lorraine, en édition originale. C'est l'écrivain Mendès qui l'incite à lire Éliphas Lévi.
Il meurt le , à 36 ans, à Alteville. Il est inhumé à TarquimpolPhoto de la tombe. Les causes de sa mort précoce ont été expliquées par des problèmes rénaux ou par la prise de drogue. À propos des drogues, il écrivaitLe Serpent de la Genèse, septaine, chapitre V : « L'arsenal du sorcier ». : Sa riche bibliothèque, constituée d'ouvrages, parchemins, traités d'alchimie et de grimoires remontant à des temps immémoriaux, est dispersée à l'occasion de plusieurs ventes à Paris, en 1899 (Dorbon), en 1968 (Drouot) et 2014 (Piasa).
Stanislas de Guaita vu par ses contemporains
(Maurice Barrès, Un rénovateur de l'occultisme : Stanislas de Guaita ; Chamuel, 1898, ).)
(Oswald Wirth, Le Tarot des Imagiers du Moyen Âge, Émile Nourry, Paris, 1927.)
(Michel de Lézinier, Avec Huysmans : Promenades et souvenirs ; Paris, Delpeuch, 1928.)
Œuvres de Stanislas de Guaita Essais de sciences maudites I. Au seuil du Mystère, Paris, G. Carré, 1886. II. Le serpent de la Genèse : Première septaine, Le Temple de Satan, Paris, Carré, 1891. Deuxième septaine, La Clef de la Magie Noire, Paris, Carré, 1897. Troisième septaine, Le Problème du Mal (inachevé. En partie poursuivi par Oswald Wirth, et achevé par Marius Lepage). Éditions Véga, Paris, 1949, 176 p. « Discours d'initiation martiniste pour une réception martiniste tenue du 3° degré » (1889), in F.-Ch. Barlet, Ferran, Papus, Eugène Nus, Julien Lejay, Stanislas de Guaita, La Science Secrète, Paris, Georges Carré, 1890,
Poésie
Oiseaux de passage : rimes fantastiques, rimes d'ébène, Paris, Berger-Levrault, 1881, 151 p. La Muse noire, Paris, Alphonse Lemerre, Paris, 1883, 167 p. Rosa mystica, Paris, A. Lemerre, 1885, 170 p.
Postérité Un prix Stanislas de Guaita a été remis par l'Académie de Stanislas jusqu'en 1984.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie (par ordre chronologique) Maurice Barrès, Stanislas de Guaita (1861-1898) : un rénovateur de l'occultisme : souvenirs, Chamuel, Paris, 1898. Albert de Pouvourville (Matgoï). Nos Maîtres. Stanislas de Guaita. Librairie Hermétique, Paris, 1909. Oswald Wirth, Stanislas de Guaita, souvenirs de son secrétaire, Éd. du symbolisme, Paris (1935). André Billy, Stanislas de Guaita, Mercure de France, 1971. Arnaud de l'Estoile, Guaita, collection « Qui suis-je ?", Éditions Pardès, 2004. Steeve Fayadas, Les signatures, un complément d’histoire. L’exemplaire de Stanislas de Guaita, Aletheia volume 4, . Steeve Fayadas, Le symbole de la Rose-Croix au sein de l’OKRC, d’après un manuscrit inédit de Stanislas de Guaita, Les Cahiers de l'Ailleurs, . Steeve Fayadas - Dominique Dubois : Dossier Stanislas de Guaita / D.A. Courmes & lettre inédite, Les Cahiers de l'Ailleurs, . Œuvres Poétiques Complètes. Avec une Introduction d'E.-D.Kowalski. Éditions Slatkine, Coll. Bibliothèque Initiatique, série 2, n°8. Genève, 2016. . Rémi Boyer, Gilles Bucherie, Serge Caillet, Steeve Fayadas, Daniel Guéguen, Jean-Pierre Laurant, Alain Marchiset, Stanislas de Guaita Précurseur de l'occultisme, Ed. du Cosmogone, Lyon 2018. . Emmanuel Dufour-Kowalski, Stanislas de Guaita (1861-1897). Grand Maître de la Rose + Croix Kabbalistique. Aux sources poétiques et anthropologiques de son œuvre. Éditions Archè / Milano. 2021.
Articles connexes Occultisme Papus Joséphin Peladan Rose-Croix Oswald Wirth
Liens externes
La bibliographie accompagnant "La Clef de la Magie Noire" (donne un aperçu de la bibliothèque accumulée par Guaita)
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