vignette|redresse=1.5|La FAO souligne la place des forêts dans l'ensemble des biomes mondiaux, ses évaluations des ressources forestières mondiales en 2010 rappelant qu'elles couvrent 31 % de la superficie des terres émergées (soit 10 % de la surface du globe). 93 % de la superficie des forêts du monde est formée de forêts naturelles (forêts primaires et forêts secondaires qui se sont régénérées naturellement). Les forêts primaires occupent 36 % de la superficie forestière totale, les forêts secondaires 64 % (57 % de forêts naturellement régénérées et 7 % de forêts plantées).
vignette|Carte mondiale du World Resources Institute représentant les forêts plantées (planted forest) et les cultures arbustives (tree crops). thumb|Régénération en forêt de Rennes (Bretagne) thumb|Forêt de Darney (Vosges et Haute-Saône) : forêt ancienne en régénération thumb|Forêt domaniale de Bouconne (Haute-Garonne) : forêt de protection thumb|Suberaie dans le massif des Maures (Var) : ancienneté des forêts méditerranéennes modifiées thumb|Forêt du Péloponnèse : les forêts méditerranéennes ont été intensément exploitées depuis l'Antiquité thumb|Incendie de forêt en Grèce : une forêt fragilisée depuis des millénaires thumb|L'essentiel des forêts naturelles islandaises ont été coupées. Depuis quelques décennies, le pays pratique une politique de reforestation pour lutter contre l'érosion des sols : Úlfarsfell, district de Staðir (Islande) thumb|La régénération forestière par coupes successives avec un caractère jardinatoire thumb|Volume, surface terrière et nombre de tiges en forêt domaniale française de production thumb|Forêt de Mahau sound, (Nouvelle-Zélande) : la présence importante de fougères arborescentes indique une perturbation récente, anthropique ou naturelle. Le caractère complexe et stratifié de la forêt ne doit pas faire penser à un très haut degré de naturalité thumb|Forêt récente monospécifique de cajeputs (Asie du SE) thumb|Forêt d'eucalyptus, massif de la Dame du Mont, Cortes, Leiria (Portugal) : plantation équienne thumb|Forêt de Pinus radiata, mont Allan (Nouvelle-Zélande) thumb|Reforestation en Eucalyptus, Pins et Tecks : hectares, région de São Paulo (Brésil) thumb|Politiques de replantations en Chine, sur un campus thumb|Succession secondaire : les arbres conquièrent l'espace prairial, environs de Żyrardow, Parc du Paysage de Bolimów, (Pologne) thumb|Redwood endommagé par le typhon Frieda et repousse, Parc Stanley, Vancouver (Canada)
La forêt secondaire, par opposition à la forêt primaire, est une forêt qui a repoussé après avoir été déboisée, ou une forêt exploitée par l'homme de manière plus ou moins discrète, ce qui modifie sa structure et sa composition vis-à-vis de la forêt primaire qui l'a précédée.
La forêt exploitée ou gérée est un type de forêt secondaire. Elle constitue, par exemple, la grande majorité des forêts européennes depuis des siècles. La sylviculture dont elle fait l'objet optimise la production de bois, d'autres produits ou de services qui intéressent l'économie en place. Elle connait souvent des aménagements visant à faciliter sa gestion. Ces forêts sont établies par deux types de régénération provoquée, la régénération naturelle, où les arbres recolonisent naturellement les zones coupées, et la régénération artificielle, où les arbres sont plantés. Leur structure peut fortement varier, d'une forêt mélangée à une forêt monospécifique, conduite en taillis ou en futaie, et d'une forêt jardinée, où les arbres présentent des âges variés sur une même parcelle, lui conférant un aspect plus naturel, à une forêt équienne, où tous les arbres ont le même âge. Certaines de ces forêts sont en outre qualifiées de « forêt ancienne » car l’occupation des sols, forestière, n'a pas changé depuis des siècles voire des millénaires, avec un aspect parfois proche de la naturalité, bien qu'elles soient plus ou moins exploitées de longue date.
Cette terminologie n'est généralement pas utilisée pour désigner les sylvicultures plus artificielles, plus proche de l'agriculture, comme les plantations de peupliers, d'Eucalyptus (bassin méditerranéen, Brésil, Congo, île de Pâques, etc.), de Cryptomeria (La Réunion, Polynésie française), et de Pinus radiata (Nouvelle-Zélande) ou encore d'hévéas (Afrique centrale et Asie du Sud-Est) et de palmiers à huile (Malaisie, Indonésie, etc.), ...
Concept et définitions Selon la définition de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Food and Agricultural Organization, FAO), une forêt est un milieu où le feuillage des arbres couvre au moins 10 % de la superficie (en excluant les terres agricoles ou les surfaces urbanisées). Ainsi, la forêt couvre environ 30 % de la planète. De manière courante, deux grands types de forêts sont distinguées : la forêt primaire (env. 36 % de la surface forestière mondiale) et la forêt secondaire, l'une se référant à une végétation naturelle et abritant l’essentiel de la biodiversité terrestre, sans intervention humaine qui aurait laissé des séquelles importantes ou observables, l'autre fortement ou entièrement façonnée par l’homme. Elle a repoussé après avoir été détruite ou exploitée. Définitions Définir la forêt représente toujours une difficulté, lorsqu'il s'agit de la définition de celle-ci dans ses relations avec l'homme. La FAO définissait et quantifiait cinq types en 2005Les situations plus récentes de la FAO, par exemple celle de 2015, ne se réfèrent plus à cette typologie.:
les forêts primaires sont composées d'espèces indigènes, sans trace visible d'activité humaine, qui n'ont jamais été modifiées par l'homme (avec cependant la présence de petits groupes humains qui vivent de ces forêts pour la chasse et la cueillette). En 2005, les forêts primaires représentent 36,4 % des 3 952 millions d'hectares de surfaces forestières mondiales ; les forêts naturelles modifiées sont composées d'espèces indigènes, avec des traces d'activité humaine et une régénération naturelle. Les forêts naturelles modifiées représentent, en 2005, 52,7 % des forêts mondiales ; les forêts semi-naturelles sont des forêts comprenant des espèces indigènes, établies par plantation, semis ou régénération naturelle assistée. Elles représentent, en 2005, 7,1 % des surfaces forestières mondiales ; les plantations de production portent des espèces introduites (ou indigènes) par semis ou plantations pour la production de bois ou de produits non ligneux. Elles représentent, en 2005, 3,0 % des surfaces forestières mondiales ; les plantation de protection présentent des espèces introduites ou indigènes par semis ou plantations pour la protection des sols, des eaux, la conservation de la biodiversité (voir anciennes RTM). Les plantations de protection représentent, en 2005, 0,8 % des surfaces forestières mondiales. Naturalité Mieux que la différence entre primaire et secondaire qui tient en grande partie à la qualité des observations géohistoriques et paléobotaniques, il est possible de se référer au concept de naturalité. Alors, il n'y a plus véritablement opposition entre deux grandes catégories de forêts-naturelles ou anthropisées - mais un gradient qui évoque les héritages naturels et anthropiques des milieux forestiers sur des temps pluriséculaires ou millénaires. L'archéologie ne cesse de le démontrer, les hommes ont toujours vécu dans les forêts y compris dans celles considérées comme hautement et anciennement naturelles.
Reboisements Les plantations forestières ou forêts de plantation sont des peuplements forestiers créés par plantation ou ensemencement pendant le boisement ou le reboisement, en un peuplement d'espèces introduites (plantés) ou peuplement d'espèces indigènes géré intensivement (une ou deux essences, classe équienne, espacement régulier, voire clones)Service canadien des forêts : glossaire de terminologie forestière : ou . La composition et la classe d’âge des forêts sont déterminées par les cycles de perturbation et de régénération. Elles différents selon les régions et les pratiques sylvicoles (révolutions).
Le reboisement - Le renouvellement (régénération) de la forêt se fait la plupart du temps de façon naturelle. Après la récolte du bois, les jeunes pousses se développent. Il arrive qu'il soit nécessaire de reboiser pour accélérer le cycle écologique par exemple ou pallier des perturbations (épidémies de nuisibles, maladies, feux, pollution). Le reboisement consiste à favoriser les bonnes essences, adaptées aux conditions édaphologiques.
Le choix des semences - Les semences (cônes et fruits) sont cueillis sur des sites spécifiques (verger à graines au Canada) ou récoltés sur les grands arbres sélectionnés pour leurs qualités génétiques (semenciers) en forêt naturelle ou aménagée. Les semences sont adaptées au territoire écologique de reboisement.
Les caractéristiques
Les forêts secondaires sont logiquement caractérisées par des essences dites secondaires et, lorsqu'elles sont jeunes, en général, par un plus grand pourcentage d'espèces pionnières.
Durant une longue période, elle sera différente de la forêt primaire, avec notamment : un moindre nombre d'arbres très anciens, moins d'arbres sénescents, moins de gros arbres morts et moins de nécromasse de bois mort, une moindre diversité génétique, un nombre d'espèces autochtones rares également plus faible. une moindre naturalité, et en zone tempérée : moins de zones humides, car ce sont souvent des forêts qui ont été drainées, une fragmentation écologique plus importante (par routes, layons, cloisonnement et autres pistes forestières).
Néanmoins, il existe un large éventail de forêts secondaires, des plus artificialisées à des forêts d'apparence presque naturelle (que la gestion de type prosilva ou des écocertification de type FSC encouragent).
Souvent en zone tropicale, on trouve des forêts primaires dans lesquelles on peut distinguer des chapelets des parcelles plus secondaires (régénération de zones d'agriculture sur brûlis, souvent à proximité des fleuves mais pas en zone inondée en période de crue).
Si les altérations n'ont pas été trop importantes ou que les parcelles détruites étaient petites, des espèces indigènes variées y sont encore très significativement présentes. Dans certains cas (forêt humide tropicale ou équatoriale), il faut plusieurs siècles à plusieurs milliers d'années pour retrouver les caractères d'une forêt primaires après une perturbation de type coupe rase ou incendie.
Évolution des forêts secondaires Si tant est que toutes les régions du monde s'accordent sur leur définition, ces forêts ont considérablement évolué au cours de l'histoire au gré des besoins et des pratiques sylvicoles, de l'introduction de nouvelles essences et, plus récemment des préoccupations environnementales et du regard sur les services écosystémiques rendus.
La superficie de la forêt secondaire a fortement augmenté au Moyen Âge en Europe (taillis-sous-futaies), aux en Amérique du Nord, puis à la fin du en zone tropicale humideFAO (en raison de l'exploitation croissante de la forêt primaire. Gómez-Pompa et Vasquez-Yanes (1974)Gomez-Pompa A., Vasquez-Yanes C., 1974 - Studies on secondary succession of tropical lowlands ; the life cycle of secondary species. In Proceedings of the First International Congress of Ecology, La Haye, 336-342 ont défini leur époque comme "l'ère des forêts secondaires" dans la car, hormis dans quelques cas exceptionnels, dans la plupart des pays tropicaux, les statistiques ont montré que la superficie de la forêt secondaire avait dépassé ou tendait à dépasserEstimations fondées sur les taux de déboisement, par manque d'informations précises sur la superficie occupée par des forêts secondaires, parfois difficiles à différencier sur les images satellites celle de la forêt primaireFinegan B., 1992 - El potencial de manejo de los bosques húmedos secundarios neotropicales de tierras bajas. Centro Agronómico de Investigación y Enseñanza, CATIE, Turrialba, Costa Rica, 27 p.