Béthencourt est une commune française, située dans le département du Nord en région Hauts-de-France.

Ses habitants sont appelés les Béthencourtois..

Béthencourt est une petite commune rurale proche de la ville industrielle et textile de Caudry. Au , le village partage son activité entre l'agriculture et le tissage à domicile. Sa population dépasse en 1876, mais diminue progressivement de moitié jusque dans les années 1990. Le déclin démographique semble aujourd'hui enrayé, et la commune, qui appartient à l'aire urbaine de Caudry, bénéficie de la proximité de cette ville et de son relatif dynamisme. Géographie Situation Béthencourt est un petit bourg jouxtant Caudry, situé dans le sud du département du Nord, à à l'est de Cambrai, au sud de Valenciennes, au sud-ouest de la frontière franco-belge et de Mons, au sud-ouest de Maubeuge, au nord-ouest du Cateau-Cambrésis et au nord de Saint-Quentin

Il est desservi par l'ancienne route nationale 43 (actuelle RD 643) qui le relie notamment à Cambray et au Cateau-Cambrésis.

Communes limitrophes

Géologie et relief Le Cambrésis repose sur des couches de calcaire du Crétacé, elles-mêmes recouvertes de lœss et de limons accumulés par les vents, qui rendent le sol très fertile. C'est une terre à blé et à betteraves. Le paysage d'openfield domine la plus grande partie du pays.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par l'Erclin et la Quiévy.

L'Erclin forme la limite est de la commune avec celle de Viesly, et en partie, le long du bois de Clermont, avec celle de Beaumont. D'une longueur de , il prend sa source dans la commune de Maurois et se jette dans l'Escaut canalisée à Thun-Saint-Martin en rive droite, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BéthencourtLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Escaut ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Escaut. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte Escaut et Affluents (SyMEA).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Valenciennes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Béthencourt est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de CaudryUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant quatre communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Caudry comprend une ville-centre et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Caudry, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols redresse=1.4|right|vignette|Plan de Béthencourt. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (92,2 %), zones urbanisées (7,7 %), prairies (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Habitat et logement En 2019, le nombre total de logements dans la commune était de 311, alors qu'il était de 319 en 2014 et de 299 en 2009.

Parmi ces logements, 92,8 % étaient des résidences principales, 0,3 % des résidences secondaires et 6,8 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 99 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 1 % des appartements..

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Béthencourt en 2019 en comparaison avec celle du Nord et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (0,3 %) inférieure à celle du département (1,6 %) mais supérieure à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 80,4 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (81,4 % en 2014), contre 54,7 % pour le Nord et 57,5 pour la France entière..

+ Le logement à Béthencourt en 2019. Typologie Béthencourt. Nord. France entière. Résidences principales (en %)92,890,682,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)0,31,69,7 Logements vacants (en %)6,87,88,2

En 2019 la part de résidences principales datant d'avant 1945 s'élevait à 62,2 %. Pour les constructions plus récentes, 21,7 % des logements dataient d'entre 1946 et 1990 et 16,1 % d'après 1990.

Voies de communication et transports Béthencourt est située sur la route départementale 16 de Briastre à Aubencheul-aux-Bois.

En 2012, la commune est desservie par deux lignes du réseau CambrésiX, groupement composé de six entreprises de transport locales, vers Avesnes-les-Aubert, Famars via Solesmes, et Caudry..

La station de chemin de fer la plus proche est la gare de Caudry, desservie par des trains , qui effectuent des missions entre les gares : de Saint-Quentin, ou de Busigny, et de Douai, voire de Lille-Flandres ; de Busigny et de Cambrai. Elle est également desservie par un train TER assurant un aller-retour quotidien entre Paris-Nord et Cambrai.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Bethencorth au , Bethuncurth en 1110Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne).

De nombreux noms de communes du Cambrésis (et du nord de la France, de la Belgique jusqu'à la Normandie) sont terminés par l'appellatif toponymique -court. Cet appellatif est issu du bas latin ou plutôt du gallo-roman *CORTE (> ancien français cort, curt > français cour), qui désigne un domaine rural ou un enclos autour d'une habitation. et qui a été utilisé par les Germains, notamment les Francs, à l'époque de leur installation en Gaule antérieurement à -ville. Il témoigne effectivement d'un processus de romanisation, puisqu'il traduit le germanique hof, -en (autrement graphié -hov, -en). Ainsi a-t-il pour équivalent Bettenhoven en Belgique et aussi lieu-dit à Titz (Rhénanie-Westphalie du Nord, Allemagne). Le domaine rural désigné à l'époque mérovingienne par ces noms constituait, le plus souvent, un véritable village.. Le nom de ces villages est généralement formé d'un anthroponyme germanique au cas régime, celui du propriétaire du domaine, auquel est adjoint l'élément -court : ainsi Béthencourt serait le domaine ou la ferme de BettoErnest Nègre, Op. cit. (Bet(te) au cas sujet, cf. Betteville et Betton au cas régime cf. l'homonyme Bettoncourt).

Histoire

Antiquité À l'époque gallo-romaine, le lieu appartient à la cité des Nerviens, dont la première capitale, Bavay, est remplacée par Cambrai au .

Des vestiges de constructions présumées gallo-romaines ont été mis au jour près du ravin d'Herpignies et de la route de Caudry.

Moyen Âge Un château-fort en bois, édifié dans le bois de Clermont, à deux kilomètres au nord du village, est détruit avant 1186. Il est reconstruit en pierre, entouré de douves et doté de quatre tours d'angle.

Temps modernes Devenu au la propriété de la famille d'Esclaibes, le château est détruit à trois reprises : en 1554, les soldats d'Henri II le pillent et y mettent le feu après que le roi y a logé ; en 1642, le château défendu par les Espagnols est assiégé et partiellement détruit par les Français ; en 1651, les troupes du maréchal d'Aumont le détruisent presque complètement..

Vers 1730, une demeure est édifiée sur les ruines, en brique et pierre, composée de deux logis disposés en "L", un pavillon indépendant cantonnant l'angle extérieur de ce "L".. L'ensemble se trouve sur un terre-plein maçonné, cerné de douves en eau et desservi par un pont dormant.

Des souterrains refuges ont été découverts sous le village. Révolution française et Empire Lors de la Révolution française, le dernier seigneur de Clermont est Louis-Charles-Joseph d'Esclaibes de Clairmont d'Avranville, député aux États généraux de 1789, puis émigré.

Vendu comme bien national, le château passe entre différentes mains.

Époque contemporaine Sous le Second Empire, il appartient au député-maire de Cambrai, Édouard Parsy, mort en 1876, auquel succède sa fille, Louise Parsy (1857-1900), épouse de Louis Robert de Beauchamp, fils de Louis Evariste Robert de Beauchamp. Vendu après sa mort, il reste soigneusement entretenu jusqu'en 1945. De 1913 à 1928, il abrite les colonies de vacances "Pro vita", créées à Valenciennes en 1912..

Au début de la Première Guerre mondiale, un hôpital allemand fonctionne dans le village en août et .