Saint-Thurien est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie Situation La commune de Saint-Thurien est située au sud-est du Finistère. La commune se trouve à vol d'oiseau à au nord-ouest de Quimperlé, à au nord-ouest de Lorient, à à l'est de Quimper, à au sud-est de Brest et à à l'est de la Pointe du Raz.
Relief
Son territoire est vallonné et s'étage entre (la vallée de l'Isole à son point le plus bas) et d'altitude (au nord-ouest au voisinage du village de Kerviguen). Le bourg occupe une position centrale au sein du finage et se situe à une altitude comprise entre . La commune est située sur une des grandes failles du Massif armoricain allant de Nantes à la Pointe du Raz.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Isole et divers autres petits cours d'eau. Le territoire communal est bordé à l'ouest et au sud par l'Isole, une rivière dont le cours sinueux décrit des méandres plus ou moins larges. Cette rivière coule au fond d'une vallée boisée et profonde d'une cinquantaine de mètres. Au nord coule un de ses affluents, le ruisseau de Saint-Éloi. La rivière Isole sert de frontière naturelle entre la commune de Saint-Thurien et les communes de Scaër, Bannalec et Mellac.
L'Isole, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Roudouallec et se jette dans l'Ellé à Quimperlé, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Isole sont données par la station hydrologique située sur la commune de Scaër. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 542 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/03/1979 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-ThurienLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Coray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Thurien est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimperlé, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols
Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 1,9 % 40Terres arables hors périmètres d'irrigation 39,0 % 833Prairies et autres surfaces toujours en herbe 0,7 % 15Systèmes culturaux et parcellaires complexes 35,3 % 755Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 11,8 % 253Forêts de feuillus 11,3 % 241Source : Corine Land Cover.
Morphologie urbaine
Le Bourg constitue l'agglomération principale. Le reste de la population se disperse dans une cinquantaine de lieux-dits et écartsDe Quimperlé aux Montagnes Noires, Pierre Hollocou, ancien Professeur d'histoire et de géographie, et Jean-Yves Plourin, Maître de conférence à l'UBO de Brest, Emgleo Breiz, 2006, ..
Champ Fleuri Coat Cleo Coat Kerroux Coat Pin Creach Feot Creach Mine Creach Mine Bihan Creach Quillierou Crozuel Crozuel Izella Faouedic Goaremmou Helles Hent Karrig Kamm Ker Kerroue Keralain Kerauffret Kerbail Kerbellec Kerberes Kerbihan Kerbiriou Kerboudou Kerboudou Vras Kerbras Kerbriand Kerdiamant Kerdilis Kerdilis Bihan Kerellen Kerfraval Kergac Kergall Kerganet Kerganet Bihan Kergoulaouen Kerguern Kerguyader Kerhenry Kerhervet Kermal Kerminiou Kernabat Kerner Kerpichon Kerprima Kerroux Kersaint Kersaleguen Kerserve Kerveguen Kervennou Le Cleuziou Le Guernic Les Salles Loj ar Bleiz Lojou Luzurien Magorou Moulin de Pont Croach Moulin de Saint Eloi Moulin Kerchuz Moulin Neuf Moulin Richet Noyelou Pouillet Poulmoudou Prajoual Quelennec Quillos Rosquimerch Rostrennec Roué Roz Ar Bourhis Roz Fontaine Roz Roudou Rusuliec Stang Feunteun Stang Kerdilin Stang Leon Stang Lojou Stang Neuzec Trevennou Troysol Ty Roudou Ty Viguennou
Toponymie En 1278, Saint-Thurien est mentionné pour la première fois sous la forme Saincthourchan., Sainct Tourhan en 1599, Sainct Tourhan 1599, Saint Thurien en 1669..
Saint-Thurien ou Saint-Turien est issu d'un nom de chapelle, d'église ou de lieu dédié à saint Gourien ou saint Turiau.
Histoire Préhistoire et Antiquité
Des toponymes de lieux-dits comme Kerroux (un relais en brique rouge sur une ancienne voie romaine), Magourou (du breton maguer, poste militaire) ou Ty-Rodou (vieux chemin) illustrent une occupation humaine à l'époque gallo-romaine, la région étant alors le fundiUn fundi est un domaine agricole de l'époque gallo-romaine. d'Yulac.
Origine de la paroisse Saint-Thurien semble être un ancien démembrement de la vaste paroisse (une ploue de l'Armorique primitive) de Niulac ou Yuliac (de Yulacum ou domaine de Jules), d'une superficie de (son suffixe -ac montre l'origine gallo-romaine de la plebs Niulac.) qui englobait les territoires actuels des communes de Querrien, Saint-Thurien, Locunolé et TrémévenMarcel Cado, Monographie sur la commune de Querrien, Liv'Éditions, Lonrai, 1998..
Le 1030: Le cartulaire de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé cite le bourg de Bannalec dans une charte sous la dénomination de plebs banadluc et évoque deux "villes parochialles" (trèves) attachées à ce bourg : Treu Tabalac (Trebalay en Bannalec) et Treu Guennou (Trévennou en Saint Thurien). Le comte de Cornouaille Alain Canhiart a cédé ces deux hameaux à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé pour la remercier de son appui dans son conflit avec le comte de Léon. À la Révolution la trève de Trévennou est annexée par Saint-Thurien.
Le
En 1426, lors de la réformation des fouages du duché de Bretagne, Saint-Thurien et Trevennou [Trévenou] formaient deux paroisses distinctes. À cette époque le seigneur de Quimerch en Bannalec était seigneur supérieur de l'ensemble de la paroisse de Saint-Thurien à l'exception de 3 villages. L'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé exerçait son autorité sur l'ensemble de la paroisse de Trévenou dont elle avait la plupart des fonds des villages. La paroisse de Trévenou était composée des villages suivants : la ville paroissiale de Trefguennou, Le Clueziou (Le Cleuziou), Kercaznevet (Kerganet), Le Fauoedic (Le Faouedic), Kersaraguen (Kersaliguen), Kerliver Pontgroach (Pont Croac'h), Helles (Hellez), Kerozerch (Kermal). La paroisse de Saint-Thurien était composée des villages suivants : Quillors (Quilos), Quelenech (Quelennec), Le Magorerou (Magorou), Lusurian (Luzurien), Le Roez (Le Roué), Prat Rivallen (Prajoual), Le Kerbihan (Kerbihan), Keraezri (Kerhenry), Kerauffroy (Kerboudou), Kerpierres (Kerberes), Rosdraennec (Rostrennec)Pierre Hollocou et Jean-Yves Plourin Les noms de lieux et leur histoire De Quimperlé aux montagnes noires, Emgleo Breiz, 2007..
Le vignette|Le monument aux morts de Saint-Thurien, le calvaire et la stèle christianisée dite du Père Maunoir situés près de l'église (carte postale ancienne). Vers 1645 de fâcheuses rumeurs parvinrent aux oreilles de l'évêque de Quimper concernant sa paroisse de Saint-Thurien : le recteur y vivait en concubinage notoire et le vicaire y avait scandaleusement célébré la messe dans l'une des nombreuses auberges du bourg. L'année suivante il demanda au prédicateur Julien Maunoir et à son équipe de missionnaires de s'y rendre.. Les paroissiens, le recteur à leur tête, cailloux en mains, signifièrent aux missionnaires qu'ils n'avaient rien à y faire et les chassèrent. En guise de punition la paroisse rebelle fut frappée pendant deux années d'interdit religieux par l'évêque. Le père Maunoir revint dix-sept ans plus tard en 1663 effectuer une nouvelle mission dans la paroisse. Celle-ci se solda par un succès. Pour sceller la réussite de la seconde mission une croix fut érigée au sommet de la stèle haute gauloise située près de la sacristie. Depuis, elle est surnommée la stèle du Père Maunoirtopic-topos.
En 1680, Messire Joseph Hyacinthe de chef et nom de TinténiacJoseph Hyacinthe de Tinténiac, né en 1655, décédé en 1733., chevalier seigneur de Quimerch, Lamarre, Moguel, Le Combout, Livinot, Garsgadec et autres lieux demeurant en son manoir de Quimerch, paroisse de Bannalec, déclare être le seul prééminencier et supérieur après le roi en l'église paroissiale dudit Saint-Thurien et avoir plusieurs écussons et ses armes tant aux vitres et murailles que charpente de la dite église[Archives Nationales cote AN P1700 page 28 Terriers Quimperlé].
L'église paroissiale est reconstruite en 1683, remplaçant l'église antérieure qui datait du haut Moyen Âge..
Le
vignette|160px|Stèle christianisée dite du Père Maunoir dont la croix est maintenant cassée.
Un arrêté du parlement de Bretagne en date du interdit tout enterrement dans les églises et chapelles publiques pour des raisons de salubrité. Mais cet arrêté suscita le mécontentement d'une partie de la population. C'est ainsi que le à l'enterrement de Gillette Ropers du village de Cuz en Querrien, le recteur de Querrien fut insulté par Gilles Ropers, sonneur de cloches de Saint-Thurien et par un groupe de filles, également de Saint-ThurienMarcel Cado, monographie sur la commune de Querrien, page 90, Liv'Editions, 1998.