« Progressive » Jewish Thought and the New Anti-Semitism (« Pensée juive "progressiste" et nouvel antisémitisme ») est un essai de 2006 rédigé par et publié par l'American Jewish Committee (AJC), avec une introduction du directeur exécutif de l'AJC, David A. HarrisAlvin H. Rosenfeld: 'Progressive' Jewish Thought and the New Anti-Semitism. American Jewish Committee. 2006.. L'essai indique, comme le résume le New York Times, qu'un « certain nombre de Juifs, par leurs discours et leurs écrits, alimentent une montée de l'antisémitisme virulent, en remettant même en question le droit à l'existence d'Israël »Patricia Cohen: Un essai reliant les Juifs libéraux à l'antisémitisme déclenche une explosion de fureur. New York Times. 31 janvier 2007; consulté le 19 mars 2007. .

L'essai Extrait :

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Motivation de Rosenfeld Rosenfeld, professeur à l'université d'Indiana, décrit sa motivation à écrire cet essai dans une interview présenté sur le blogue du campus :

Au cours des dernières années, j'ai surtout focalisé ma recherche sur l'antisémitisme actuel… Au cours de ma recherche, j'ai commencé à remarquer que certaines des personnes qui s'exprimaient avec la plus sévère hostilité étaient eux-mêmes des Juifs, et plus particulièrement des Juifs de la gauche radicale. J'ai voulu décrire et essayer d'expliquer leurs paroles qui me frappaient car elles étaient souvent extrêmesBen Greenberg. Interview d'Alvin Rosenfeld. CampusJ. 2 mars 2007. Consulté le 19 mars 2007..

Rosenfeld explique aussi sa motivation dans le New York Times, disant qu'il .

Contenu général de l'essai Dans son essai, Rosenfeld déclare que : « À une époque où la dé-légitimation et par la suite l'éradication d'Israël est un but crié avec une ferveur grandissante par les ennemis de l'État juif, il est plus que décourageant de voir des Juifs eux-mêmes rajouter à la calomnie. Que certains le fassent même au nom du judaïsme, rend la nature de leurs attaques des plus grotesques ». « Leurs contributions à ce qui est en train de devenir un discours normatif, sont toxiques. Elles permettent de rendre respectables les visées antisémites contre l'état juif, par exemple, en affirmant que c'est un État de type nazi, comparable à l'apartheid en Afrique du Sud, qui est engagé dans un nettoyage ethnique et un génocide. Ces accusations ne sont pas vraies mais peuvent avoir comme effet de délégitimer Israël ».

Critiques spécifiques Richard Cohen Rosenfeld critique Richard Cohen, chroniqueur au Washington Post pour avoir écrit dans une de ses chroniques : . Et pour avoir écrit que pendant les combats de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah.

Daniel Boyarin Rosenfeld désapprouve Daniel Boyarin pour avoir écrit : Cf. Tony Kushner et Alisa Solomon (ed.), Combat contre Sion: réponses des Juifs américains progressistes au conflit israélo-palestinien (New York: Grove Press, 2003). Consulté le 19 mars 2007.. Rosenfield accuse Boyarin d'un manque de « pensée lucide » ainsi que « d'iniquité » pour avoir effectué une comparaison entre la Shoah et le comportement du gouvernement israélien à l'égard des Palestiniens".

Radicals, Rabbis and Peacemakers Rosenfeld écrit que Matthew Yglesias. Sommes nous tous antisémites maintenant? . The Guardian Comment Is Free. 8 février 2007; consulté le 19 mars 2007.. Rosenfeld explique que le contenu du livre .

L'article du New York Times Lorsque l'essai fut publié en 2006, il n'attira guère l'attention, jusqu'à ce qu'il soit analysé fin dans un article de Patricia Cohen dans The New York Times.

Cohen écrit que l'essai de Rosenfeld arrive à une période de grande anxiété chez de nombreux Juifs, qui voient, non seulement une résurgence des attaques provenant d'ennemis traditionnels, mais aussi des condamnations sans retenues d'Israël par d'anciens alliés et des personnes respectables" et elle poursuit en notant que "des controverses violentes sur les déclarations anti-israéliennes et sur l'antisémitisme ont ébranlé les autorités gouvernementales, les universitaires, les faiseurs d'opinion et les autres au cours de l'année passée, et plus particulièrement depuis que les plus fervents supporters et les critiques les plus acharnés d'Israël, peuvent être trouvés aussi bien à droite qu'à gauche". Cohen, en plus de résumer l'essai de Rosenfeld et son contexte, est allée aussi rechercher les réactions féroces de la plupart de ceux que Rosenfeld avait nommés dans son essai, et y a consacré plusieurs colonnes de son article.

L'éditorialiste du Washington Post, Richard Cohen, s'est plaint dans The New York Times que "Alvin H. Rosenfeld a sélectionné mes citations pour son essai. Il a mal interprété ce que j'ai écrit. J'ai à certaines périodes été critique d'Israël, mais j'ai toujours été un défenseur d'Israël" et il rajoute, cependant, que parmi le grand nombre d'auteurs cités, certains ont écrit des brûlots enflammés contre Israël. "Je me suis trouvé avec un très étrange voisinage".

Tony Judt affirme dans The New York Times qu'il croit que la vraie raison de ces franches dénonciations de lui et des autres, avait pour but d'étouffer leurs critiques acerbes contre Israël et son traitement des Palestiniens. "'Le lien entre antisionisme et antisémitisme est une nouvelle création", et Tony Judt ajoute qu'il craint que "les deux deviendront si associés dans l'esprit des gens que les références à l'antisémitisme et à la Shoah seront vues comme juste une défense politique de la politique d'Israël". Judt, qui recommande une solution binationale pour résoudre le conflit israélo-palestinien, pense qu'il "ne connaît personne dans une très large partie de l'opinion qui pense qu'Israël ne devrait pas exister".

The New York Times a aussi demandé à Tony Kushner ses réactions: "La plupart des Juifs comme moi trouve ce sujet très pénible, et nous sommes conscients de la montée d'un antisémitisme vicieux dans le monde, mais nous nous sentons moralement responsables d'émettre des questions et des réserves".

L'article original du New York Times décrit l'American Jewish Committee, l'organisation qui a publié l'essai, comme un groupe de pression conservateur. Cette description a été immédiatement contestée par l'American Jewish Committee (ainsi que par d'autres, confirmant que la caractérisation originale de l'AJC est erronéeGershom Gorenberg. Shotgun Blast: Un essai attaquant les "Juifs progressifs", ne concerne réellement qu'une frange radicale. The American Prospect. 6 mars 2007; consulté le 19 mars 2007.Effectivement, l'AJC, difficilement classable, a approuvé la création d'un état palestinien à côté de l'état d'Israël. Il a récemment voté contre l'expulsion d'un groupe sioniste gauchisant d'une coalition pro-israélienne universitaire. Le texte du Times se réfère en permanence aux cibles de Rosenfeld comme étant des "Juifs libéraux". L'essai lui-même renvoie à "progressiste", comme un groupe qui empiète sur les libéraux, mais qui n'en est pas synonyme. Le texte du Times ainsi réduit l'essai de Rosenfeld à un de ces nombreux crêpages de chignon entre conservateurs et libéraux sur ce qui peut et ce qui ne peut pas être dit concernant Israël. ). En réponse, le journal publia une correction explicitant que la position de l'AJC recouvre un large spectre politique; il n'est pas 'conservateur' .

Alvin Rosenfeld a critiqué fermement le reportage du New York Times, prétendant que l'article dans sa totalité était trompeur et formulait ses arguments de façon non correcteAlvin Rosenfeld: . The New Republic. 27 février 2007; consulté le 19 mars 2007., et que la mauvaise caractérisation reconnue de l'AJC n'était juste qu'un exemple. Selon Rosenfeld, cette mauvaise caractérisation est aussi présente dans le titre de l'article, qui décrit les cibles de son essai critique comme des "Juifs libéraux", quand, "Je n'ai jamais fait référence aux Juifs libéraux, et si vous lisez attentivement mon texte vous ne trouverez tout simplement pas ce terme". Gershom Gorenberg est d'accord avec cette critique, et écrit que "l'essai lui-même se réfère aux "progressistes", un groupe qui empiète sur les libéraux mais qui n'en est pas synonyme". Rosenfeld écrit que cet article trompeur "réduit mon raisonnement à une sorte de face à face gauche-droite ou conservateurs-libéraux et conduit à ce que de nombreuses personnes interprètent mal l'essai".

Autres articles Début , Stacey Palevsky observe dans un rapport pour le Jewish News Weekly que "Il semble que chacun en parle"Stacey Palevsky. Est-ce que les Juifs sont muselés quand leur critique d'Israël va trop loin? The Jewish News Weekly. 9 février 2007; consulté le 19 mars 2007.. Les journalistes comme les Juifs sont apparemment en train d'évaluer quand la critique d'Israël se transforme de légitime à de l'antisémitisme? Pourquoi les organisations progressives et libérales sont-elles de plus en plus tolérantes au langage et aux actions antisionistes? Que signifie pour les Juifs et pour l'état juif, la montée du "nouvel antisémitisme"? Et est-ce que les Juifs eux-mêmes ne contribuent-ils pas à la rhétorique antisémite? Ou est-ce que cette accusation est contraire à la tradition juive de la liberté de pensée?

Ben Harris, dans un article fin pour le Jewish News Weekly, écrit que: "L'essai a peut-être eu l'effet opposé à celui qui était attendu", en galvanisant au contraire les groupes juifs "progressistes" qui ressentent "qu'il est immoral de rester silencieux en face de ce qu'ils voient comme un mauvais traitement des Palestiniens par Israël". Harris cite Philip Weiss: "Les choses changent…Ma perception est que la communauté juive, les Juifs progressifs, se sentent libérés et se lèvent". Weiss lui-même note deux évènements récents: le lancement de la Jewish Voice for Peace ("Voix juive pour la paix") du projet Muzzlewatch (surveillance contre le musellement) Muzzlewatch destiné à rendre compte des suppressions supposées des critiques d'Israël, et l'échec de l'Organisation sioniste américaine à faire exclure un groupe juif libéral d'une association nationale pro-israélienneBen Harris. La communauté réprime-t-elle les critiques d'Israël? The Jewish News Weekly. 26 février 2007, consulté le 19 mars 2007..

Rebecca Spence écrit dans The Forward qu'"au Royaume-Uni, un débat similaire fait rage dans les cercles juifs. La majorité des groupes juifs répriment le débat libre sur la politique israélienne et environ 130 Juifs principalement gauchistes ont formé leur propre groupe, Independent Jewish Voices ("Voix juives indépendantes")"Rebecca Spence. Les critiques d'extrême gauche d'Israël lance un blogue pour combattre l'intimidation supposée.. The Forward. 9 février 2007; consulté le 19 mars 2007..

Autres réponses Éloges et approbation Shulamit Reinharz écrit dans les colonnes du Jewish Advocate de Boston: "La plupart diront qu'ils ne sont simplement qu'antisionistes, et pas antisémites. Mais je ne suis pas d'accord, car dans un monde où il n'y a qu'un seul état juif, s'opposer violemment à lui, c'est mettre en danger la vie de Juifs"Shulamit Reinharz. . The Jewish Advocate; 26 février 2007; consulté le 19 mars 2007..

Gil Troy a écrit une tribune libre dans le Jewish Week de New York où il fait l'éloge de l'essai, mais surtout critique ses critiques: