La bataille de Nompatelize, également appelée bataille de La Bourgonce , s'est déroulée le lors de la guerre franco-prussienne, en rive gauche de la Meurthe, dans le département des Vosges entre les villages de Nompatelize, La Bourgonce et de Saint-Michel-sur-Meurthe, en avant des cols de la Chipotte et du Haut du Bois.
Contexte, et préliminaires Le , l'armée impériale vaincue à Sedan capitule sans conditions, l'empereur Napoléon III est fait prisonnier. À Paris, le la République est proclamée et un Gouvernement de Défense nationale constitué. Au , l'ennemi n'a pas encore paru dans les montagnes vosgiennes, les grandes batailles se sont livrées en Alsace et en Lorraine du Nord. Arrivent dans les Vosges des volontaires, des mobiles, des Francs-tireurs, des évadés, soldats de l'ex armée impériale. Le général Cambriels est chargé d'organiser une armée avec tous ces éléments disparates.
Quelques coups de main sont envisagés ; gêner les arrières de l'armée ennemie, couper ses lignes de communications et notamment de faire sauter le tunnel de Lutzelbourg où passe la ligne de chemin de fer Strasbourg - Paris et qui est restée intacte ; oubli impardonnable de la part de Mac Mahon lors de la retraite.
Au début de la de septembre, des forces françaises se trouvent réunies à Raon-l'Étape et ses environs.
Le un premier accrochage a lieu avec un détachement français envoyé en reconnaissance depuis le secteur Badonviller - Cirey-sur-Vezouze, par Pierre-Percée vers la vallée de la Plaine. Pendant quatre heures, un combat va opposer les mobiles de la Meurthe et des francs-tireurs de Neuilly à une colonne prussienne autour de la scierie Lajus.. Un monument près de la scierie, ainsi qu'une stèle placée commémorent ce combat. Les Allemands se replient ; les Français ont quatre hommes tués : Jean Baptiste Boudot de Pierre-Percée, Victor Mentrel de Baccarat, Victor Histre de Merviller, Hippolyte Sauzer de Pexonne et trois blessés.
Le , des forces allemandes de la brigade de l'armée badoise arrivent de Baccarat vers Raon-l'Étape et canonnent cette ville ; la résistance s'organise avec les mobiles et les francs-tireurs de Colmar ainsi qu'avec des habitants qui dressent des barricades. Les Allemands se retirent en fin d'après-midi. En tout sont tombés sur la ville ne causant que des dégâts matériels.
Ce même jour arrive dans la ville le commandant Perrin, officier d'artillerie chargé de prendre le commandement de toutes les forces françaises présentes. Il organise des travaux de défense, notamment des tranchées. La nuit du 2 au , une expédition est tentée sur Azerailles, là où des incursions allemandes ont été signalées, mais les troupes s'égarent durant la marche d'approche ; l'affaire tourne court.
Les troupes badoises que rend disponibles la reddition de Strasbourg le se déploient néanmoins dans la région.
Dans la nuit du 3 au , dans une grande confusion, le commandant Perrin à la tête des mobiles et franc-tireurs quittent la ville, par la rive gauche de la Meurthe et gagnent Étival puis le plateau de Saint-Remy, La Salle, La Bourgonce. Ils y rejoignent les troupes hétéroclites que le Général Dupré a rassemblées en toute hâte au terme de 48 heures de trajet en train et une cinquantaine de kilomètres de marche de nuit..
Sur ce plateau ils vont se heurter à l'avant-garde du d'armée de la coalition allemande dirigé par le général von Werder.
Forces en présence vignette|upright=0.5|Général August von Werder. vignette|upright=0.5|Général von Degenfeld.
Forces françaises Brigade d'infanterie du général Dupré : de marche - lieutenant-colonel Hocédé - . 3 bataillons régiment de mobiles des Deux-Sèvres - lieutenant-colonel Rouget - 3 bataillons batterie du régiment d'artillerie - capitaine Delahaye 6 pièces de 4Canon tirant des boulets de 4 livres = ., bataillon de la Garde nationale mobile de la Meurthe - commandant Brisac - bataillon de la Garde nationale mobile des Vosges - lieutenant-colonel Dyonnet -
Francs-tireurs - 330 hommes : Francs-tireurs de Neuilly-sur-Seine, Francs-tireurs de Colmar, Francs-tireurs du Rhône, Francs-tireurs de Lamarche
Forces allemandes Brigade du général-major Alfred von Degenfeld (détachée de la division badoise) : . 3 bataillons d'infanterie 1 bataillon
1 bataillon de fusiliers, 1 bataillon de grenadiers 2 escadrons et demi du 1 batterie d'artillerie lourde 1 batterie d'artillerie légère ()
Déroulement de la bataille vignette|droite|Carte du champ de bataille.|alt= Le terrain où va se dérouler la bataille est un plateau, vaste amphithéâtre, bordé au nord par le massif du Repy, au sud par le massif de la Madeleine. Il est fermé à l'ouest par les hauteurs de la forêt de Rambervillers que deux cols permettent de franchir : les cols du Haut du Bois et de Mon Repos. Le cours de la Meurthe borde l'est de ce territoire.
6h30 à 9h30 : déploiement de la ligne française, sur près de , du village de Saint-Remy au hameau des Feignes, par le Han, la Valdange, Nompatelize. Une demi-batterie d'artillerie est au pied du Petit-Jumeau, l'autre à la sortie Est du village de La Bourgonce. 9h30 à 11h30 : déploiement et attaque des troupes allemandes. Un bataillon de fusiliers (du ) sur Nompatelize, un bataillon du sur Biarville et le hameau des Feignes. Deux pièces d'artillerie tirent sur Nompatelize, incendiant des maisons. Les Badois avancent par échelons. L'échelon de droite attaque le des Deux-Sèvres, celui de droite attaque les mobiles de la Meurthe, ainsi que plusieurs compagnies du de marche. Les Français résistent, bloquant l'offensive, et entament même un mouvement en avant. 11h30 à 13h00 : combats à l'issue incertaine. le général badois Alfred Ludwig von Degenfeld décide de faire passer des renforts en rive gauche de la Meurthe Le Bataillon du badois. , provenant de la colonne qui se trouvait toujours sur la rive droite, et également quatre pièces d'artillerie lourde qui viennent s'installer sur une hauteur à l'ouest de Biarville. les Badois, pris sous le feu violent des francs-tireurs et des mobiles vosgiens, ne peuvent déboucher du hameau des Feignes. au centre, vers 12h00, les Français inférieurs en nombre, accablés par l'artillerie, cèdent et abandonnent le village de Nompatelize en flammes. À gauche du côté d'Étival, trois compagniesAppartenant au bataillon de fusiliers du des Grenadiers du corps. s'emparent de Saint-Remy, malgré une farouche résistance des francs-tireurs de Lamarche et de Neuilly. Le combat continue avec les troupes françaises qui occupent les bois de Saint-Benoît et du Han, amenant les Badois à reculer et occuper La Salle. 13h00 à 16h00 : recul de la ligne française. Le général Dupré se met à tête de la réserve du de marche, ainsi que 1 compagnie du batallon. et tente de reprendre Nompatelize, centre du dispositif. Le lieutenant-colonel Hocédé et le commandant Vitte sont tués. À gauche, les mobiles des Deux-Sèvres se débandent, le colonel Rouget et le commandant Perrin arrivent à arrêter leurs troupes qui continuent néanmoins à reculer. 14h00, des renforts allemands arrivent à nouveau : cavalerie, artillerie et infanterie. vignette|droite|Maison des dernières cartouches (6 octobre 1870) - fonds photographique Ad. Weick. 15h00, trois compagnies de grenadiers du corps débouchent à l'ouest de Nompatelize et se dirigent sur le village de La Salle. L'aile gauche française, débordée et disloquée par l'artillerie, se replie sur La Bourgonce. Le général Dupré est blessé par une balle qui lui traverse le cou. Au centre, le badois avance méthodiquement vers les JumeauxLes Grand et Petit Jumeau sont deux reliefs situées au sud de Nompatelize., les Français manquent de munitions, la lutte continue à l'arme blanche dans les sous-bois. L'ennemi finit par se rendre maître du secteur et arrive dans le dos des derniers défenseurs de Nompatelize qui doivent se rendre. 17h00 : retraite française La retraite devient déroute, malgré les combats qui continuent sur le Petit Jumeau. Toutes les troupes françaises retraitent de La Bourgonce et, par le col de Mon Repos, gagnent la vallée des Rouges-Eaux puis rejoignent Bruyères. L'ennemi, épuisé, ne mène pas de poursuite et bivouaque en retrait à l'est de La Bourgonce, incendiant un grand nombre de maisons dans les villages occupés.
Bilan Les chiffres varient énormément suivant les sources ; apparemment sous-estimés côté allemand, certains ouvrages donnent le chiffre de . Pertes françaises :
588 prisonniers dont 6 officiers Pertes allemandes : tués, blessés, disparus.
Épilogue Apprenant ce revers, le général Cambriels ordonne l'évacuation militaire de tout le département des Vosges. Commence alors pour les troupes locales une retraite vers Remiremont, Plombières-les-Bains, Lure et Besançon. Les mobiles vosgiens et bas-alpins tenteront vainement, à Cussey, d'interdire le passage des ponts de l'Ognon ouvrant la route de Dijon..
Voir aussi
Personnalités ayant participées à la bataille
Marie-Antoinette Lix, lieutenant et chef de section au sein de l'unité de francs-tireurs de Lamarche
Bibliographie
Armée des Vosges, Armées de la Loire et de l'Est, Journal de marche du Bataillon de la Garde nationale mobile de la Meurthe, Librairie militaire de J. Dumaine, Paris, 1872, relié, , 183 p. Lt-colonel Rousset, Histoire populaire de la Guerre de 1870-1871, Librairie illustrée Montgrédien et , Paris, 1872, 1884 p., broché, , , (appendice). . . . . , .
Notes
Références
Articles connexes Déroulement de la guerre franco-allemande de 1870-1871 Marie-Antoinette Lix, une héroïne parmi les soldats.
Liens externes FOCUS La Guerre de 1870-1871 dans le Pays d'Épinal par Pays d'art et d'Histoire du Pays d'Épinal La guerre de 1870 en images Journal d'un capitaine de francs-tireurs : campagne de France, 1870-1871 par le comte de Belleval (Narration des combats des Vosges, de Bourgogne et de Franche-Comté consultable via Gallica ) La bataille de Nompatelize par Joseph-Émile Gridel, collection de tableaux du Musée lorrain
Catégorie:Bataille de la guerre franco-allemande de 1870 Catégorie:Bataille de 1870 Catégorie:Bataille sur le sol français Catégorie:Bataille de Lorraine Catégorie:Histoire du département des Vosges Catégorie:Octobre 1870 Catégorie:1870 en France