KTM AG (KTM) est un constructeur autrichien de motos dont l'établissement principal est situé à Mattighofen, au nord de Salzbourg. Ses origines remontent à 1934 avec la création d'une entreprise de mécanique par l'autrichien Hans Trunkenpolz. L'entreprise produit sa première moto en 1953 et devient célèbre pour ses motos tout-terrain à partir des années 1970. L'activité moto est reprise en 1992 par l'industriel Stefan Pierer qui en fait le plus important constructeur européen de motos au début des années 2020. En graves difficultés financières en 2024, KTM passe sous contrôle du groupe indien Bajaj Auto en 2025.
La marque est réputée pour ses modèles de cross, d'enduro, ainsi que ses roadsters Duke et trails Adventure.
Origines et histoire L'histoire de la marque KTM remonte à 1934, lorsque l'autrichien Hans Trunkenpolz crée un atelier de mécanique à Mattighoffen, près de Salzbourg. Après la Seconde Guerre Mondiale, l'activité est dénommée "Firma Moser". L'entreprise étend ses activités à la réparation de véhicules, la production de pièces détachées et la distribution de motos DKW et de voitures Opel.
C'est dans les années 1950 qu'apparait le nom KTM, dont l'origine et la signification sont incertaines : ce pourrait être "Kussin Trunkenpolz Moser", du nom du coureur moto Kussin et du financier Moser qui ont aidé à la production de la première moto de la marque, ou "Kronreif Trunkenpolz Mattighofen", du nom d'Ernst Kronreif, ingénieur et homme d'affaires autrichien qui sera l'associé de Trunkenploz à partir de 1954. La première moto KTM est produite en 1953.
Période Trunkenpolz (1953-1991) Parmi les premiers modèles de motos de la marque se trouvent la R100 (1953) à moteur deux temps Sachs, puis les 125 Tourist et Trophy. La marque s'engage en compétition dès le milieu des années 1950. Les années 1960 commencent de façon très difficile pour KTM : le marché des motos se contracte, Ernst Konreif décède en 1960 et Hanz Trunkenpolz en 1962. Son fils, Erich Trunkenpolz, prend la direction de l'entreprise, et, après avoir resserré l'offre à des modèles de faible cylindrée, relance l'activité moto en l'orientant vers le motocross, spécialité dans laquelle la marque remporte de grands succès à partir des années 1970. KTM connait alors une forte croissance : les effectifs passent de 400 à 700 personnes, et, au début des années 1980, l'entreprise atteint un chiffre d'affaires de , réalisé pour plus des trois quarts hors d'Autriche. Dans les années 1980, KTM est une entreprise industrielle diversifiée qui produit des motos ainsi que des bicyclettes, des radiateurs et diverses pièces détachées pour véhicules automobiles. Erich Trunkenpolz décède en 1989.
En quasi-faillite en 1991, KTM passe sous contrôle des banques. Elle est scindée en plusieurs sociétés : KTM Fahrrad (bicyclettes)L'activité bicyclettes a été vendue en 1992 à l'industriel Hermann Urkauf et est devenue KTM Fahrrad GmbH. Cette entreprise a vendu en 2022., KTM Sportmotorcycle (motos), KTM Khüler (radiateurs) et KTM Werkzeugbau (outillage).
Période Pierer (1992-2024) L'industriel autrichien Stefan Pierer rachète l'activité moto de KTM en 1992Le rachat de KTM par Stefan Pierer puis par l'industriel indien Bajaj font l'objet de la création et de la mise en œuvre de plusieurs sociétés et de divers montages financiers dont le détail dépasse le cadre de cet article.. Il relance la marque et met en œuvre une active politique de croissance, externe et interne, ainsi que de partenariats avec des industriels asiatiques et nord-américains.
Dès le milieu des années 1990, S. Pierer lance plusieurs actions visant à développer les ventes et la notoriété de la marque, avec notamment le slogan "Ready to Race", la couleur orange qui devient caractéristique de la marque et le lancement de modèles routiers, les roadsters Duke (1994) et les trails Adventure (1997), qui connaissent un grand succès. La croissance du groupe créé par S.PiererL'organisation juridique du groupe KTM sous l'ère Pierer comprend plusieurs sociétés et fait l'objet de plusieurs évolutions, incluant des changements de dénomination. Ces évolutions ne sont pas détaillées dans l'article. Dans toute la suite de l'article "KTM" désigne, sauf précision contraire, la marque de motos et l'ensemble des sociétés exploitant cette marque. s'appuie également sur des acquisitions, notamment celle de WP-Suspension en 1999, puis de la marque suédoise Husqvarna en 2013, de la marque espagnole Gas Gas en 2019, et enfin une prise de participation dans MV Agusta en 2022.
En 2005, KTM signe un accord avec le canadien Polaris, accord rompu en 2007, année durant laquelle KTM signe un accord de partenariat commercial, industriel et financier avec le groupe indien Bajaj Auto, l'un des plus importants constructeurs de motos indiens : Bajaj prend prend 14,7% du capital de KTMLa participation de Bajaj dans KTM augmente ensuite progressivement. Elle est de 48% en 2018., devient le distributeur de la marque en Inde et plusieurs modèles KTM sont produits par Bajaj et exportés depuis l'Inde.
En 2017, KTM crée une co-entreprise avec le groupe chinois CFMoto d'une capacité de production initiale de . CFMoto utilise des moteurs KTM pour ses propres modèles haut de gamme. Le partenariat se renforce en 2023, KTM reprenant la distribution des motos CFMoto dans plusieurs pays européens.
En 2015, le groupe KTM atteint le milliard d'euros de chiffre d'affaires, emploie et vend . Et, en 2023, KTM emploie près de pour un chiffre d'affaires de 2,7 milliards d'euros et plus de venduesLes ventes en nombre d'unités se répartissent par marque en , , , et .. KTM est alors le plus important constructeur européen de motosLe plus important concurrent européen de KTM, BMW, vend un peu plus de en 2022..
Période Bajaj (2025-)
Les ventes de KTM baissent fortement en 2024 : le groupe est en perte, son endettement atteint 1,6 milliards d'euros et sont en stock. La production s'interrompt début 2025 et sont mis au chômage.
En 2025, KTM est racheté par Bajaj qui met en place un financement de d'euros. Stefan Pierer est écarté et Bajaj renouvelle l'équipe dirigeante de KTM en recrutant un directeur général, Gottfried Neumeister, un directeur technique, Christof Lischka et un directeur commercial Stephan ReiffCh. Lischka et S. Reiff viennent de BMW.. Un plan de recentrage est lancé, comprenant notamment l'arrêt de l'activité de distribution de machines CFMoto, la vente de la participation dans MV Agusta et celle de l'activité X-Bow. Fin 2025, les stocks sont redescendus à moins de . L'exercice se clôt avec un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros pour environ vendues .
Modèles KTM est l'une des très rares marques de motos dont le catalogue a longtemps été constitué principalement, et même, à certaines périodes, exclusivement, de modèles tout-terrain. Jusqu'en 1987, les motos KTM sont généralement dotées de moteurs deux temps. La marque utilise ensuite de plus en plus de moteurs à quatre temps, et, au début des années 2020, le deux temps est réservé à certains modèles à usage exclusivement tout-terrain. Le catalogue de modèles KTM a, pour certains millésimes, compté plusieurs dizaines de modèles différents. Les paragraphes suivants donnent quelques exemples de l'offre de la marque à différentes époques.
Années 1960/1970 : petites cylindrées deux temps Le début des années 1960 est marqué par une forte contraction du marché des motos de moyenne et forte puissance, concurrencées notamment par les premières petites automobiles de grande série à prix relativement bas. KTM constitue une offre de modèles monocylindres deux temps de faible cylindrée (50 à ), notamment scooters Ponny, cyclomoteurs Comet puis MS/MSSet RS/RL, dont certains modèles sont produits jusqu'au milieu des années 1980. Les moteurs sont d'origine Sachs, Puch ou Rotax. Ces modèles sont déclinés en versions routières, sportives ou non, tout-terrain, compétition, et même chopper (L80, 1982).
Années 1970/1980: enduro et motocross de moyennes cylindrées, exportations vers les USA À partir de la fin des années 1960, KTM exporte une part croissante de sa production de modèles tout-terrain vers les États-Unis, où ces modèles sont vendus sous l'appellation "Penton", du nom de l'importateur/distributeur américain John Penton. En Europe comme sur le marché américain ces modèles, tous deux temps monocylindres, sont initialement de 100 et à moteur Sachs et boîte à cinq rapports (BV5). Cette gamme comprend des versions enduro utilisables sur route (GS) et des versions motocross (MC/MX), à usage exclusivement "off-road"Le positionnement d'usage de ces modèles est indiqué par des lettres : E ou GS pour l'enduro, MC ou MX pour le motocross. Lors de l'apparition de modèles à boîte de vitesses à 6 rapports (BV6), ces appellations sont parfois complétées du chiffre "6" . Ainsi, par exemple une 125 GS6 est un modèle enduro de à BV6..
Elle inclut progressivement des cylindrées plus importantes jusqu'à et se voit dotée de boîtes à six rapports (BV6). Quelques modèles ont des freins à disque à la fin des années 1980. À partir de 1972, certains nouveaux modèles sont équipés d'un moteur KTM, avec admission par clapets (RV) à partir de 1979. À partir de 1982, certains modèles sont dotés d'un moteur KTM à refroidissement liquide (LCDans la dénomination des modèles KTM, les lettres "LC" indiquent un moteur à refroidissement liquide ("LC" pour "Liquid Cooled"). La mention "RV" indique un monocylindre deux temps à clapets d'admission. Un modèle "LC RV" est donc doté d'un moteur monocylindre deux temps à clapets et refroidissement liquide. L'indication "LC4" correspond à un moteur monocylindre quatre temps à quatre soupapes à refroidissement liquide. Et "LC8" à un moteur bicylindre en V quatre temps à quatre soupapes/cylindre (donc huit soupapes en tout) à refroidissement liquide.)et à partir de 1983, KTM commence à équiper ses modèles tout-terrain d'une suspension arrière "Pro Lever" à un seul amortisseur.
Années 1980/1990: moteur à quatre temps (LC4), Duke, Adventure, et couleur orange En 1987, KTM lance un nouveau moteur : le LC4. Il s'agit d'un monocylindre à quatre temps, simple arbre à cames en tête, quatre soupapes et refroidissement liquide. En version de /, il équipe d'abord des modèles enduro, comme la 600 GS LC4.
En 1994, KTM élargit son offre à des modèles routiers avec la Duke 620, dotée de ce moteur en version /. La Duke 620 inaugure une longue lignée de modèles "supermotard" monocylindres qui comprend des modèles de 125 à , encore présente au catalogue de la marque en 2026.
En 1997, KTM lance une ligne de trails routiers, les Adventure, dont le premier modèle, l'Adventure 640, est doté d'un moteur LC4 de /. L'Adventure 640 inaugure une longue lignée de trails routiers monocylindres encore présente au catalogue de la marque en 2026. Et en 1998, KTM introduit la Supermoto 640, avec un moteur LC4 de /, première machine d'une lignée de modèles supermotards monocylindres qui, rebaptisée SMC à partir de 2013, est encore au catalogue de la marque en 2026.
Une autre évolution, purement esthétique, affecte les modèles des années 1990 : en 1996, KTM commence à doter ses modèles d'une couleur orange qui devient ensuite emblématique de la marque.
Années 2000 : premiers bicylindres et modèles routiers sportifs En 2003, KTM lance son premier moteur bicylindre, le LC8. Le LC8 est un bicylindre en V à quatre temps, double arbre à cames en tête, quatre soupapes par cylindre et refroidissement liquide. Il est utilisé sur plusieurs modèles des gammes Adventure/Super Adventure à partir de 2003 (Adventure 950 de /) et Duke /Super Duke à partir de 2005 (Super Duke 990 de /).
La marque utilise ce moteur également sur des modèles routiers sportifs à partir de 2008 (RC8 1190 de /).
Années 2010 : premiers bicylindres en ligne et modèles électriques