Kim Jong Un (, prononcé En coréen, le postnom Jong-un ou Jong Un se prononce quand il est prononcé isolément.), aussi orthographié Kim Jong-eun ou Kim Jong-un selon la norme sud-coréenne, né le (officiellement) ou 1983 ou 1984 à Pyongyang ou à Wonsan (Corée du Nord), est un homme d'État nord-coréen, actuel dirigeant suprême de la Corée du Nord, où il occupe les postes de président, puis de secrétaire général du Parti du travail de Corée, de commandant suprême de l'Armée populaire de Corée et de président de la Commission des affaires de l'État. Il dirige un régime autoritaire et dictatorial guidé par le juche, une idéologie collectiviste et nationaliste prônant l'indépendance nationale, le socialisme et l'autosuffisance. Le régime fonctionne selon une logique totalitaire qui a l'un des plus bas niveaux de respect des droits de l'homme au monde.
Successeur de son père Kim Jong-il, qui lui-même avait succédé à son père Kim Il-sung, Kim Jong Un est le troisième représentant de la lignée du mont Paektu.
En 2010, il est nommé général quatre étoiles et vice-président du Comité de la défense nationale. À la fin de l’année suivante, à la suite de la mort de son père, il est proclamé de l'Armée populaire de Corée et prend ses fonctions de président du Parti du travail de Corée. En 2012, il est nommé président du Comité de la défense nationale.
Après avoir appelé à un apaisement avec la Corée du Sud, Kim Jong Un se lance dans une escalade verbale, menaçant de guerre nucléaire ce pays, ainsi que les États-Unis et le Japon. Ces déclarations sont suivies de multiples tests de missiles balistiques intercontinentaux et d'essais de bombe à hydrogène. Mais, début 2018, il amorce une détente vis-à-vis de ses ennemis historiques. Il rencontre le président sud-coréen Moon Jae-in pour un sommet historique au cours duquel les deux Corées manifestent leur volonté de réconciliation, puis, fait inédit, rencontre le président américain Donald Trump à Singapour.
En , une réforme de la constitution entre en vigueur et il devient le chef de l'État officiel de Corée du Nord. En , il est nommé secrétaire général du Parti du travail de Corée, remplaçant ainsi son père.
Le , lors de la première session de la 15e législature de l’Assemblée populaire suprême de la Corée du Nord, Kim Jong-un est réélu président des affaires d’État. Les 687 députés de l’assemblée, élus le de la même année avec un taux de participation officiel de 99,9 %, confirment ainsi son maintien au poste suprême de l’État.
Enfance et adolescence Naissance et enfance Kim Jong Un est né en 1983 ou 1984. Cependant, le régime nord-coréen indiquerait l'année 1982, qui coïnciderait avec l'année de naissance de son grand-père Kim Il-sung, né en 1912, et celle de son père Kim Jong-il, en 1942. Ce procédé a déjà été utilisé avec Kim Jong-il, né en 1941, mais dont la biographie officielle mentionne 1942. Kim Jong Un est le deuxième des trois enfants que Kim Jong-il a eu avec Ko Young-hee. Née à Osaka en juin 1953, elle arrive en Corée du Nord en 1961 avec sa famille, dans le cadre d'un programme de rapatriement de masse des résidents coréens du Japon. Son frère aîné est Kim Jong-chol (né en 1981) et sa sœur cadette est Kim Yo-jong (née en 1987). Des autres lits de son père, il possède également trois demi-sœurs et un demi-frère, Kim Jong-nam.
Dû à leur naissance illégitime, à ce lien avec le Japon de leur mère (faisant de son songbun le plus bas possible dans le système nord-coréen) et leur père voulant conserver sa place dans la succession dynastique, Kim Jong Un et sa fratrie n'ont jamais rencontré leur grand-père Kim Il-sung et celui-ci est mort sans jamais avoir appris leur existence.
Contrairement à ses prédécesseurs, le régime nord-coréen n'a jamais communiqué de version officielle concernant le lieu de naissance exact de Kim Jong Un. Selon les experts internationaux, les services de renseignements sud-coréens et les témoignages de membres de son entourage ayant fait défection, il serait très probablement né à Pyongyang (la capitale) ou à Wonsan (une ville portuaire sur la côte est). La piste de Wonsan a longtemps été privilégiée car la famille dirigeante y possède un vaste complexe résidentiel où l'actuel dirigeant a passé une grande partie de son enfance, bien que des témoignages récents de transfuges pointent vers une villa du district de Samsok à Pyongyang.
Il passe son enfance dans une maison au centre de Pyongyang, entouré de domestiques, de gardes du corps et de milliers de jouets. Son père Kim Jong-il fait en sorte que lui, son frère et sa sœur n'aient non seulement aucun contact avec leur grand-père, mais aussi avec leurs autres demi-sœurs et leur demi-frère et les autres enfants des élites. Seuls la famille et les proches du côté maternel, les domestiques au service de Kim Jong-il et ses gardes du corps sont mis dans le secret de la liaison et des trois enfants qui en sont issus. Dans les années 1980 Kim Jong-il a d'ailleurs menacé d'exécution toute personne révélant sa liaison avec Ko Young-hee et l'existence de leurs enfants.
Le , il se rend au Japon en utilisant un vrai passeport brésilien avec une fausse identité (« Joseph Pak ») pour visiter, avec sa mère, Tokyo Disneyland (Kim Jong-un est en effet un grand passionné de dessins animés Walt Disney). Il ne séjourne que onze jours sur le territoire nippon. En 1994, il voyage en Europe. La même année, son père devient le nouveau dirigeant suprême de la Corée du Nord.
Études en Suisse Kim Jong Un étudie de 1996 à 1998 à l', à Gümligen, dans le canton de Berne en Suisse, où son frère Kim Jong-chol est scolarisé depuis 1992 sous le nom de Pak Chol. De 1998 à 2000, Kim Jong Un est élève de , de puis de (soit , et dans le système scolaire français) à l'école publique de Liebefeld, sous l'identité de Pak Un. Il obtient de bons résultats en mathématiques et en arts plastiques mais il se distingue surtout par ses talents de joueur de basketball. Il se passionne pour les matchs de la NBA, admire Michael Jordan et montre avec fierté des photographies où il pose en compagnie de Toni Kukoč des Bulls de Chicago et de Kobe Bryant des Lakers de Los Angeles. Il possède plusieurs paires de baskets Nike d'une valeur de la paire. Il apprécie par ailleurs les films d’action de Jean-Claude Van Damme et de Jackie Chan. Pendant tout son séjour en Suisse, il est placé sous la surveillance de Ri Tcheul, né en 1940, représentant permanent de la Corée du Nord auprès des agences de l'ONU à Genève et ambassadeur à Berne de 1988 à 2001, un homme de confiance de Kim Jong-il, chargé notamment de recruter des médecins français et de gérer la fortune placée à l'étranger par le régime. Selon les médias sud-coréens, le fils de Kim Jong-il ne quitte guère son domicile, un appartement sur deux étages au 10, Kirchstraße à Liebefeld. Il est toujours entouré de deux femmes qui s’occupent de lui et d’un homme qui lui sert de chauffeur. Il interrompt ses études en Suisse sans avoir obtenu de diplôme.
Retour en Corée du Nord De retour en Corée du Nord, il reçoit l'enseignement de Kang Sok-sung, directeur de l'Institut d'histoire du Parti du travail de Corée mort le 2001. De 2002 à 2007, il suit la formation de trois ans des officiers d'infanterie à l'Académie militaire Kim-Il-sung à Pyongyang et un programme de recherche de deux ans à l'école d'artillerie. À l'université, il dispose de professeurs particuliers et n'a pas de contact avec les autres étudiants. Il aurait enfin reçu des leçons d'informatique d'un « brillant » diplômé de l'université Paris-X qui dirigeait le département d'informatique de l'université de technologie Kim Chaek à Pyongyang.
Durant cette période, il eut comme petite amie Hyon Song-wol, la chanteuse de Pochonbo Electronic Ensemble.
Prétendant au pouvoir
La question de la succession est évoquée depuis au moins 2004, lorsque Kim Jong Un et son frère Kim Jong-chol accompagnent Kim Jong-il dans ses inspections d'installations militaires. Le , la radio d'État nord-coréenne rapporte que Kim Jong-il veut respecter les instructions de son père Kim Il-sung selon lesquelles la révolution devait être conduite par son fils puis par son petit-fils. En 2006, des badges à l’effigie de Kim Jong Un sont distribués aux officiels et aux haut gradés de l’armée et la même année, il dirige la construction de l'université de musique de Pyongyang. En 2007, il aurait été affecté soit au département administratif du Parti du Travail de Corée, soit au Bureau politique général de l'armée populaire de Corée. Les préparatifs s'accélèrent après que Kim Jong-il a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) en . Le , celui-ci annonce aux dirigeants du parti qu'il avait choisi Kim Jong-un pour successeur. Le , lors d'une tournée d'inspection au Wonsan, Kim Jong-il exige que les cadres du parti de Wonsan lui demandent de prendre soin de Kim Jong-un. Le , il informe les responsables de l'Armée populaire de Corée, le præsidium de l'Assemblée populaire suprême, les ministres et les diplomates nord-coréens en poste à l'étranger que son plus jeune fils lui succéderait. Kim Jong-il leur demande « de promettre fidélité » à Kim Jong Un.
Début de carrière Dès lors, la carrière de celui-ci progresse rapidement. Directeur et auteur de la Société de production de littérature du (Chosongul : 4•15문학창작단 단장), il est élu à l'Assemblée populaire suprême le dans la électorale située dans le Pyongan du Nord en référence à la date de naissance de son père né un (2•16), mais l'information est gardée secrète jusqu'en . En (selon d'autres sources fin 2009), il est en outre placé à la tête du département de la Sécurité d'État. Nommé en au Comité de la défense nationale de la RPDC et directeur adjoint du département administratif du parti, il est élu par l'armée délégué au Congrès du Parti du Travail de Corée le et promu général quatre étoiles (대장 Daejang) le . Le il est élu membre du comité central du Parti du Travail de Corée et vice-président de la Commission centrale militaire. Des photographies de lui sont alors publiées dans la presse. La première apparition publique de Kim Jong Un a lieu lors d'un défilé militaire organisé en l'honneur du de la fondation du Parti du Travail de Corée, à Pyongyang, le . Sa sœur, l'époux de cette dernière, et leur père Kim Jong-il sont également présents lors de ce rassemblement.
Vice-président du Comité de la défense nationale Depuis le , il est vice-président du Comité de la défense nationale de la RPDC, « l’organe suprême du pouvoir d’État pour la direction de la défense nationale » d'après l'article 106 de la constitution nord-coréenne.