La prise de Rome (également connu sous le nom de la brèche de Porta Pia), le , provoque l'annexion de la ville au royaume d'Italie, et le décret italien constatant la fin de l'existence des États pontificaux et du pouvoir temporel des papes, ce qui déclenche la controverse dite de la « question romaine » (qui empoisonne la vie politique italienne jusqu'à la signature des accords du Latran en 1929). L'année suivante, la capitale de l'Italie est transférée de Florence à la « Ville éternelle » par la loi 33 du .

Prélude La volonté de faire de Rome la capitale du nouveau royaume d'Italie est déjà exprimée par Cavour dans son discours devant le Parlement italien en 1860. Cavour, peu de temps après, prend contact avec Diomede Pantaleoni, un patriote romain, qui a une bonne connaissance de l'Église, pour trouver une solution qui garantisse l'indépendance du pape. Le principe est celui , la liberté de conscience, en assurant aux catholiques l'indépendance du pape envers le pouvoir civil. Initialement, l'impression est que ces négociations ne déplaisent pas à Pie IX et au cardinal Giacomo Antonelli, mais au cours des premiers mois de 1861, ils changent d'opinion et les négociations prennent fin.

Peu après, Cavour déclare, devant le Parlement, qu'il considère , et que, tôt ou tard, Rome sera la capitale, mais que cela nécessite le consentement de la France. Il espère que toute l'Europe est convaincue de l'importance de la séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, et il réaffirme donc le principe d'une .

Déjà en avril, Cavour écrit au prince Napoléon pour convaincre l'Empereur de retirer de Rome la garnison française. Il reçoit du prince un projet de convention :

Le comte Cavour espère faire céder le Pape face à la poussée unitaire et le soutien de la population romaine. La convention n'est pas conclue en raison de la mort de Cavour le .

Bettino Ricasoli, successeur de Cavour, cherche à rouvrir les négociations avec le cardinal Antonelli dès le , par une note dans laquelle il fait appel à . Encore une fois Antonelli et Pie IX se montrent réticents. L'ambassadeur français à Rome écrit à son ministre que le cardinal lui a dit :

À partir de ce moment, les activités diplomatiques sont dans une impasse alors que la pression pour une action est forte de la part de Garibaldi et de Mazzini. Il y a une série de tentatives dont celle la plus connue se termine à Aspromonte.

Au début de 1863, le gouvernement de Minghetti reprend les négociations avec Napoléon III, mais après de tels évènements, Napoléon exige de plus grandes garanties. La convention de Septembre est signée qui prévoit le retrait des troupes françaises en échange d'un engagement de la part de l'Italie à ne pas envahir les États pontificaux. À titre de garantie de la part des autorités italiennes, la France demande le transfert de la capitale de Turin à Florence. Les deux parties expriment toutefois un certain nombre de réserves; pour l'Italie, une totale liberté d'action dans le cas où un foyer révolutionnaire éclate à Rome, conditions acceptées par la France qui reconnait de cette façon les droits de l'Italie sur Rome.

En 1867 dans le cadre de la campagne de l'Agro Romano pour la libération de Rome, la bataille de Mentana a lieu qui oppose les Chemises rouges de Giuseppe Garibaldi aux troupes pontificales et françaises. Les troupes italiennes, en vertu de la convention, ne franchissent pas les frontières des États pontificaux alors que les troupes françaises, contrairement aux dispositions de l'accord, restent à Rome et le ministre français Eugène Rouher déclare devant le parlement français

En réponse, le , Giovanni Lanza, dans son discours d'investiture de la présidence de la chambre des députés, déclare que

Le le gouvernement de Napoléon III déclare la guerre à la Prusse.

L'occupation de Rome est une des causes qui empêche l'alliance militaire entre la France et l'Italie. Le , Jérôme Napoléon Bonaparte II dans un discours à l'Assemblée nationale déclarera que la conservation du pouvoir temporel avait coûté à la France l'Alsace et la Lorraine. La même année, le Pape organise à Rome un concile œcuménique qui doit résoudre le problème de l'infaillibilité pontificale. Cette position est un sujet de préoccupation, de crainte que cela ne serve au Pape pour s'immiscer dans les affaires politiques italiennes.

Le , la France, afin de renouer des relations amicales avec l'Italie, prévient le gouvernement italien qu'elle est prête à rétablir la Convention de 1864 et à retirer les troupes de Rome.

Le , à la Chambre des députés italiens, certains membres, y compris Benedetto Cairoli et Giovanni Nicotera, demandent que la convention du soit dénoncée et que l'on marche sur Rome. La réponse du gouvernement rappelle que la convention exclut les « cas particuliers » et que cette clause a permis à Napoléon III d'intervenir à Mentana. Pendant ce temps, toutefois, les Français abandonnent Rome. Encore une fois la diplomatie italienne s'active afin de demander une solution à la question romaine. L'impératrice Eugénie, qui occupe à l'époque les fonctions de régent, envoie le navire de guerre Orénoque prendre position en face de Civitavecchia. Mais les évènements de la guerre franco-prussienne s'aggravent pour les Français, et Napoléon III demande le soutien de l'Italie qui, compte tenu de l'état des relations, le lui refuse.

Le le Second Empire tombe et la Troisième République est proclamée en France. Ce bouleversement ouvre de fait, à l'Italie, la route de Rome.

Préparation diplomatique Le , le ministre des Affaires étrangères, le marquis Emilio Visconti-Venosta envoie au ministre du Roi à Paris une lettre qui expose le point de vue du gouvernement italien à présenter au gouvernement français.

Visconti-Venosta fait apparaitre que les conditions qui ont conduit à la convention de septembre entre la France et l'Italie sont caduques.

Le même jour, Visconti-Venosta transmet à tous les représentants de Sa Majesté à l'étranger une circulaire qui expose aux puissances européennes les garanties qui sont offertes au Pape pour protéger sa liberté. Il souligne la nécessité urgente de résoudre le problème qui, selon le gouvernement italien, ne peut être reportée. Le , il envoie une autre lettre dans laquelle les intentions du gouvernement sont de nouveau précisées et les motivations renforcées. Le , le ministre du roi, à Munich, le Génois , répond à Visconti-Venosta exposant les résultats de l'entrevue avec le comte de Bray, .

Des opinions similaires arrivent de Berne de Luigi Melegari, de Vienne, de Karlsruhe, du gouvernement de Bade et de Londres. Le seul gouvernement qui tarde à prendre position est celui de Bismarck qui est à Paris avec Guillaume I afin d'être couronné empereur. Seul le , depuis Berlin, il exprime une position de stricte non-ingérence. Jules Favre ministre du nouveau gouvernement français envoie, le , une indication qui affirme que le gouvernement français .

Le , le cardinal Antonelli, à son tour, adresse une requête aux gouvernements étrangers au cas où ils s'opposeraient . La plupart des gouvernements se limitent à ne pas répondre, d'autres expriment l'opinion que la chose ne les concerne pas.

Préparatifs militaires Le gouvernement procède à la mise en place d'un « corps d'observation de l'Italie centrale ». Dans ce contexte, les classes 1842/45 sont appelées dans l'armée. Le le ministre de la guerre de Giuseppe Govone convoque le général Raffaele Cadorna à qui il donne le commandement du corps avec les dispositions suivantes :

Les dispositions se terminent par :

En plus de Cadorna, le gouvernement nomme aussi les commandants des trois divisions qui composent le corps en les personnes des généraux Emilio Ferrero, Gustavo Mazè de la Roche et Nino Bixio. Cadorna exprime immédiatement ses doutes sur la présence de Bixio, qui, selon lui, est trop impétueux et, par conséquent, ne convient pas pour une mission qui . Govone, qui se retire quelques jours plus tard du gouvernement, accepte le point de vue de Cadorna et nomme, à la place de Bixio, le général Enrico Cosenz.

À la fin du mois d'août, les trois divisions sont portées à cinq et le commandement de ces nouveaux détachements est confié aux généraux et Bixio qui ne rencontre pas la sympathie du commandant du corps. Le corps se compose de plus de .

Le corps pontifical est composé d'environ de diverses nationalités. Environ sont français, principalement les Zouaves pontificaux et la légion d'Antibes ou légion Romaine forte de , et environ sont allemands. Il y a pontificaux. Avec le déclenchement de la guerre franco-prussienne l'armée française a été rappelée. Le commandement est assuré par le général Hermann Kanzler, secondé par les généraux De Courten et Zappa.

Faits

Le , quelques jours avant l'attaque, une lettre manuscrite du roi Victor-Emmanuel II est transmise au pape Pie IX par le comte , sénateur du royaume. Dans la lettre au Saint-Père, Victor-Emmanuel, après avoir expliqué ses craintes des menaces du explicite .

Le , le comte de San Martino écrit de Rome au chef du gouvernement, Giovanni Lanza, et il décrit ses rencontres de la journée précédente avec le cardinal Antonelli et en particulier celle avec le pape. Il indique qu'il a remis la lettre au Saint-Père qui se montre profondément peiné bien que conscient de l'inévitable action de l'Italie sur Rome qu'il juge illégitime. Il protestera à la face du monde.

La réponse du Pape rédigée le est succincte ; il indique que la lettre qu'il a reçue n'est pas digne d'un . Il confirme qu'il ne peut adhérer au contenu de la lettre et s'en remet à Dieu.

Le comte de San Martino rapporte verbalement les paroles de Pie IX : . Après trois jours d'attente inutile, au cours de laquelle la déclaration de reddition est attendue en vain, le matin du vers 9 heures, l'artillerie de l'armée italienne, dirigée par le général Raffaele Cadorna, ouvre une brèche d'une trentaine de mètres dans les murs de la ville, à proximité de la Porta Pia, ce qui permet à deux bataillons, un d'infanterie, l'autre de Bersaglieri, d'occuper la ville.

Pie IX condamne sévèrement l'acte par lequel la Curie romaine se voit soustraire sa domination séculaire sur Rome. Il se retire au Vatican, se déclarant prisonnier jusqu'à sa mort.

Action militaire Malgré l'importance historique des faits (la réunion de Rome à l'Italie et la fin des États pontificaux), du point de vue militaire l'opération est d'une importance limitée. En effet, les troupes françaises qui étaient garantes de l'intégrité des États pontificaux, ayant rembarqué du 4 au , l'armée pontificale (composée d'un total d'environ , comprenant les gardes suisses, des Volontaires provenant principalement de France, de Belgique, d'Autriche, des Pays-Bas, d'Espagne, mais surtout les Zouaves pontificaux et la Légion romaine dite Légion d'Antibes, sous le commandement du général Kanzler) est particulièrement symbolique.

Sur les raisons pour lesquelles Pie IX n'exerce pas une plus longue résistance, il existe plusieurs hypothèses : la plus accréditée est celle de la volonté du Vatican d'éviter un combat sans espoir. Il est connu que l'ancien secrétaire d'État, le cardinal Giacomo Antonelli, a donné l'ordre au général Kanzler de retirer ses troupes à l'intérieur des murs et de se limiter à un acte de résistance symbolique. Le général italien Cadorna accorda au général Kanzler une capitulation honorable, l'armée pontificale quitta Rome avec les honneurs de la guerre, avec drapeaux, armes et bagages. Les zouaves pontificaux et la Légion romaine embarquèrent pour la France fin septembre.

Comité gouvernemental Le , Cadorna, qui dispose d'une décide de reconnaître l'exécutif du gouvernement qui s'est créé et est constitué sous la présidence de Michelangelo Caetani, duc de Sermoneta. L'organisme prend le nom de .

Outre Caetani, les membres de l'exécutif sont :

le prince Francesco Pallavicini Emanuele Ruspoli, des princes Ruspoli le duc